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Réveil Communiste

La déclaration du Parti communiste écossais sur le RÉFÉRENDUM portant sur l'indépendance de L'ÉCOSSE (c'est NON!)

18 Septembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Royaume-Uni

Lu sur el Diablo :

 

Ecosse-carte

Communiqué de Tommy Morrison,

secrétaire écossais du Parti communiste de Grande-Bretagne



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le référendum sur l'indépendance écossaise approche. Les sondages sont très serrés. Si il y a un vote « Oui », l’Écosse fera sécession en moins de deux ans, en mars 2016. Les députés écossais quitteront alors Westminster. Et si un gouvernement travailliste est élu en 2015, il devrait tomber : sur 59 députés écossais, un seul est conservateur, 44 sont travaillistes.

Les communistes d’Écosse ne soutiennent pas l'indépendance en ces termes. Depuis les années 1930, la revendication des communistes a été celle du fédéralisme progressiste, une revendication soutenue également dans les années 1970 par la STUC (Congrès des syndicats écossais) et le mouvement ouvrier écossais.

Qu'est-ce que signifie « progressiste » ? C'est un fédéralisme qui ne soit pas simplement un arrangement constitutionnel mais un instrument qui facilitera la lutte pour le changement social progressiste dans toutes les nations de Grande-Bretagne – qui permette une redistribution sociale des richesses et du pouvoir.

Sous un fédéralisme progressiste, le gouvernement fédéral au niveau britannique contrôlerait la politique économique générale et serait constitutionnellement contraint à redistribuer les revenus géographiquement en proportion des besoins sociaux.

Les Parlements en Écosse, au Pays de Galles, et, si ils soutenus localement, dans les régions d'Angleterre, auront le pouvoir de reprendre possession publique de services essentiels, d'intervenir industriellement pour soutenir l'emploi et augmenter le contrôle de la classe ouvrière sur les ressources de leur pays.

C'était la vision de l'Assemblée écossaise de 1972 : pour un « parlement ouvrier » - dont les actions aideront à relayer les luttes ailleurs, à unir et non à diviser.

L'indépendance que propose le « Livre blanc » du gouvernement SNP (Parti national écossais) est très différente et, nous communistes le pensons, un piège pour les travailleurs. Cela affaiblira, et non renforcera, leur position contre le grand capital et les banques.

La recette du « Livre blanc » pour la croissance économique est de baisser l'Impôt sur les sociétés. Il cherche à offrir une stabilité pour que le secteur financier important en Écosse reste dans la zone Livre et à garantir le droits du grand capital étranger, qui détient plus de 80 % de l'industrie manufacturière écossaise, en recherchant l'adhésion à l'UE.

Sans une banque centrale ou sa propre monnaie, le budget écossais serait toujours fixé par Westminster – et une Westminster gouverné par les Conservateurs (Tories). L'austérité continuera. Et elle sera orchestrée par l'Union européenne.

Le Traité de Stabilité de 2012 de l'UE, que l’Écosse devra incorporer dans sa Constitution, spécifique que les déficits annuels ne doivent pas excéder 0,5 % et, si la dette à long-terme ou la dette nationale excède 60 % du PIB, il convient de la rabaisser de 5 % par an. La dette de l’Écosse est actuellement estimée à 85 % du PIB.

Ainsi une indépendance dirigée par le SNP aggraverait l'austérité. La propriété publique ou les subventions publiques pour l'industrie, vous pouvez oublier. Ce n'est pas permis par les règles de l'UE.

De façon surprenante, certaines parties de la gauche se sont engagées dans la campagne pour le « Oui » : le Parti socialiste écossais, le Parti des travailleurs socialistes, Solidarité, le Groupe socialiste international, le Parti socialiste en Écosse et même certains éléments du Parti travailliste font désormais partie de la Coalition radicale indépendante.

Il y a deux raisons. Premièrement, le SNP a très intelligemment pris l'engagement d'une Convention constitutionnelle qui devrait se tenir immédiatement après les premières élections au Parlement écossais en 2016. Elle aura la liberté d'analyser toutes les options constitutionnelles pour une Écosse indépendante. Comme le disent les partisans radicaux de l'Indépendance : « tout sera ouvert ».

Sauf que cela ne sera pas le cas. Les propositions du SNP notent que la composition de la Convention devra refléter la volonté démocratique du peuple écossais exprimée dans l'élection précédente. La Gauche radicale sera bien heureuse de gagner 5 %. Dans les conditions actuelles, elle aurait moins de 2 %.

Et ce sera alors trop tard de toute façon. L'adhésion à l'UE, l'OTAN et la zone Sterling sera négociée, selon le SNP, dans les quinze mois précédant la Convention constitutionnelle. Et sur la question de l'UE, la plus importante, la Coalition radicale indépendante est elle-même profondément divisée.

Mais il y a une seconde, probablement plus importante, raison à ce soutien de la gauche. C'est la conduite de la campagne pour le « Non ». La Campagne « mieux ensemble » est une coalition du Parti travailliste, des libéraux-démocrates et des conservateurs, elle est donc incapable de proposer une perspective qui [et?] ne peut pas séduire la gauche

Pire, elle insinue l'adoption de menaces qui viseraient à saboter l'indépendance : menaçant le retrait de contrats de défense et refusant, même si ce sont pour de bonnes raisons économiques, l'adhésion de l’Écosse à la zone Livre.

Les voix de gauche dans le camp du « Non » sont limitées à la Campagne « travailler ensemble », soutenues par un certain nombre de syndicats et au « Livre rouge » et au groupes « le Socialisme d'abord » que les communistes soutiennent.

Ces campagnes ne disposent que de ressources financières limitées et sont ignorées par les médias de masse. Le Sunday Herald, propriété de la multi-nationale américaine Newsquest/Gannet, a déjà déclaré son soutien à l'indépendance. La presse de Murdoch qui a soutenu le SNP en 2012 pourrait bien faire de même.

Voilà pourquoi les syndicalistes et la gauche de toute la Grande-Bretagne doivent prendre conscience de la réalité de la situation en Écosse. Il y a un danger sérieux qu'en l'espace de quelques mois le mouvement ouvrier britannique soit grandement affaibli et que l'Angleterre et le Pays de Galles (et indirectement l’Écosse) soit condamné pour longtemps à un gouvernement conservateur.

La gauche trotskiste prétend que l'indépendance portera un coup à l'impérialisme. Hélas, l'inverse sera le cas. L'an dernier, le vote historique contre l'action militaire anglo-américaine envers la Syrie aurait été autre sans les députés écossais.

Les millionnaires écossais et les gestionnaires de fonds de pension qui abreuvent de fonds le SNP ne le feraient pas si leurs soutiens financiers à la City de Londres voient leurs intérêts menacés. L’arrimage du SNP à la zone livre, l'UE et l'OTAN le garantit.

Qu'est-ce qui peut inverser la situation ? Seule une campagne forte de la Gauche pour un changement constitutionnel qui favorise la justice sociale. De façon plus importante, nous avons besoin de revendiquer une démocratie économique – permettant aux travailleurs d'exercer un contrôle sur le capital.

Et, pour avoir une crédibilité en Écosse, ces revendications auront besoin du soutien des syndicats et de la gauche au niveau de la Grande-Bretagne et intégrer les questions plus larges des changements constitutionnels progressistes à ce niveau.

Non moins important, le mouvement a besoin d'affronter la réalité anti-ouvrière de l'UE. Que ce soit l’Écosse ou la Grande-Bretagne, l'adhésion à l'UE empêche toute avancée vers la démocratie économique – un sujet toujours esquivé par ceux qui adoptent une position pro-indépendance.

Plus important, il y a la question de la confiance dans l'actualité d'une ligne de classe. Ce sont les luttes unies des années 1970, des dockers de Londres, des chantiers navals écossais, des ingénieurs et des mineurs de Birmingham, qui ont donné ensuite de la crédibilité aux revendications de changement constitutionnel progressiste.



 

Pour reprendre les mots de James Connolly, la cause de l'Ecosse et la cause de la classe ouvrière ne peuvent être séparées.

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GQ 21/09/2014 16:19


Sur la VRAIE histoire de la Grande Bretagne :






Journée d’études : Vendredi 26 septembre 2014 : La grève des mineurs britanniques de 1984-85


Participeront notamment à cette journée des militants syndicaux britanniques impliqués dans la grève et des représentants de l’Orgreave Truth and Justice Campaign
(http://otjc.org.uk/about/).…


Pour lire la suite cliquez ici






 

GQ 21/09/2014 15:49






Indépendance et Europe des Régions :Glasgow plus "européiste" que Londres "Si le OUI l'avait emporté...


Indépendance et Europe des Régions Glasgow plus "européiste" que Londres "Si le OUI l'avait emporté... Coulisses de Bruxelles Ecosse: quitter Londres, était-ce quitter Bruxelles? Une
Écosse…


Pour lire la suite cliquez ici






 

GQ 19/09/2014 18:36


Le séparatisme doit être  distingué de la lutte de libération nationale : que ce soient dans les régions françaises où il existe des partis autonomistes (Corse, Alsace, Bretagne, Languedoc
etc), l'Ecosse, la Catalogne, le Québec, le Tibet, le séparatisme n'est pas une lutte anticoloniale, ces régions font partie intégrante de nations unitaires plurilinguistiques. Par contre
l'Irlande était bel et bien une colonie et dans une certaine mesure le cas intermédiaire existe dans le midi italien et au kurdistan, mais dans ces derniers cas l'indépendance n'est pas la
solution. enfin, dans le cas de l'ukraine, le "séparatisme" de Nouvelle Russie est en fait anti-séparatiste, une réaction au putsh séparatiste ukrainien antisoviétique de 1991. La séparation
d'entités nationales nouvelles étant le plus souvent le signe d'une ingérence étrangère. l'Ukraine n'a pu devenir indépendante, qu'à la suite de 70 ans de subversion patiemment entretenues par
l'Allemagne, le Vatican, et les États Unis.


Pour en revenir à l'Écosse, cette nation n'a jamais été orppimée par l'Angleterre, c'est un partenaire mineur au sein de l'Union qui en a bien profité.

GQ 18/09/2014 18:11


En principe je suis plutôt contre le séparatisme, et je ne crois pas qu'on peut mettre l'Écosse au nombre des pays colonisés; plutôt un partenaire mineur de l'oppression comme la Hongrie de
l'Autriche Hongrie. Mais une camarade britannique m'envoie ici des arguments pour le "OUI" :


Merci pour l'article Gilles. Ca
fait réfléchir. J’ai trouvé ca intéressant que les syndicats (TUC en écosses) ne prends pas de position officiellement sur le vote.


J'ai trouvé cet article qui
représente un autre point de vue un peu plus positive sur pourquoi le vote sur l'independence en écosse n'est pas de toute une question nationaliste mais une question de classe. C’est long mais
tu peux voir juste le dernier parti « Coming Battles » qui répond un peu aux critiques dans l’article de parti communiste.  Je prends inspiration aussi sur ce qui s'est passe en
Amérique latine (Venezuela, Bolivia, Ecuador etc..) et qui ont pu arriver au chemin de socialisme a travers des étapes divers, mais surtout commencent avec l'abolition de pouvoir colonialiste.
Personnellement je vois ce vote un peu comme un rejet d'un pouvoir colonialiste même si c'est un colonialisme qui se date des années! Je prends inspiration aussi par le fait que la plupart des
gens qui vote « oui » surtout des jeunes, sont des gens qui cherchent une société beaucoup plus égalitaire et juste.


A discuter peut-etre:)


Scottish independence and the struggle for socialism | Links International Journal of Socialist
Renewal


Vidéo d’un jeune qui s’exprime.


http://internationalsocialist.org.uk/index.php/2014/09/my-enemy-is-britain-why-im-voting-yes/


 

Emmanuel Lyasse 18/09/2014 15:55


C'est beau comme du Dimicoli.