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Réveil Communiste

L'ingérence lourde des États Unis à Hong Kong

10 Octobre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine

Envoyé par alain rondeau, origine, le blog d'Olivier Berruyer "les crises".

 

 

 
 
 

Tony Cartalucci est un analyste en géopoltiique américian basé en Thaïlande.

Son site présente un regard un peu différent sur les évènements actuels.

N’ayant pas creusé le sujet (je ne peux tout faire), je n’ai aucune idée de s’il a tort ou raison (comme notre presse), mais ce contrepoint semble crédible, et peut nous inciter à nous poser les bonnes questions. A lire donc, comme toujours, avec un regard critique.

Espérons en tout cas que les choses ne dégénéreront pas – et qu’en effet la Démocratie progressera dans la région… [note OB]

Les États-Unis approuvent ouvertement le chaos qu’ils ont créé à Hong Kong

Image : Les États-Unis soutiennent désormais ouvertement le chaos qui s’est emparé des rues de Hong Kong, et ce après avoir condamné plus tôt dans l’année les mouvements de protestation de type “Occupy” à Bangkok. La différence étant qu’en Thaïlande, les manifestations visaient à évincer un gouvernement œuvrant pour les États-Unis, alors qu’à Hong Kong, elles visent justement à en placer un au pouvoir.

30 septembre 2014 (Tony Cartalucci – LD) – Les manifestations du mouvement “Occupy Central” se poursuivent – déstabilisant la petite île du sud de la Chine célèbre pour être une plate-forme au service des intérêts des grandes entreprises financières et, avant cela, pour avoir servi les ambitions coloniales de l’Empire britannique. Ces intérêts ont conspiré pendant des années pour détacher l’île de l’influence de Pékin après qu’elle eut été rendue de mauvaise grâce à la Chine à la fin des années 1990, et l’ont utilisée comme tremplin pour déstabiliser davantage la Chine continentale.

Derrière les manifestations de “Occupy Central”, qui se déguise en mouvement “pro-démocratique” cherchant à obtenir le “suffrage universel” et la “pleine démocratie”, se cache un profond et sournois entrelacs de réseaux financiers, politiques et médiatiques soutenu par des intérêts étrangers. Le plus notable d’entre eux est le Secrétariat d’État aux Affaires Étrangères des États Unis d’Amérique à travers sa Fondation Nationale pour la Démocratie [National Endowment for Democracy (NED)] et sa filiale l’Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales [National Democratic Institute (NDI)].

Maintenant, les États-Unis ont pris une position beaucoup plus franche dans leur soutien au chaos que leurs propres réseaux de manipulation ont préparé et que maintenant ils orchestrent. Il est maintenant officiel que la Maison Blanche a soutenu le mouvement “Occupy Central”. Dans son article “La Maison Blanche affiche son soutien aux aspirations des Hongkongais“, Reuters annonce :

La Maison Blanche suit attentivement les manifestations pour la démocratie qui se déroulent à Hong Kong et soutient les “aspirations des Hongkongais”, a déclaré lundi Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche.

“Les États-Unis soutiennent le suffrage universel à Hong Kong conformément au Droit International, et nous soutenons les aspirations des Hongkongais” a déclaré Earnest, qui a par ailleurs appelé les deux parties à la retenue.

Le Département d’État américain a créé et dirige “Occupy Central”

Image : les États-Unis à travers le NED et ses filiales ont une longue histoire de subversion et de division en Chine.

Les commentaires de Earnest reproduisent textuellement les demandes des leaders de “Occupy Central” mais, plus important encore, ils reproduisent textuellement les plans préparés depuis longtemps que le NDI du Département d’État américain présentent clairement sur son site internet, consacré à son ingérence en cours dans les contestations à Hong Kong. Le terme “suffrage universel” et la référence à la “Loi Fondamentale”, et son “interprétation” comme signifiant “démocratie réelle” sont clairement formulés sur le site de la NDI, qui affirme :

La “Loi Fondamentale” met en place un cadre de gouvernement, où des groupes d’intérêts particuliers, ou “constitutions fonctionnelles”, gardent la moitié des sièges dans le Conseil Législatif (LegCo). Pour le moment, le chef de l’exécutif de Hong Kong est aussi nommé par un comité dont les membres sont choisis de façon non démocratique. Selon les mots de la “Loi Fondamentale”, cependant, le “suffrage universel” est le “but ultime”. Bien que le terme “suffrage universel” ne soit pas défini dans la loi, les citoyens hongkongais l’ont interprété comme signifiant vraie démocratie.

Pour poursuivre cet objectif – qui consiste essentiellement à empêcher Pékin d’enquêter sur les candidats à l’administration de Hong Kong et ouvrir ainsi des portes aux politiciens ouvertement soutenus, financés et dirigés par le département d’État américain – la NDI a listé les actes d’ingérence en cours sur l’île. Elle établit :

Depuis 1997, la NDI a mené une série de missions à Hong Kong pour examiner l’évolution du cadre électoral à Hong Kong “post-rétrocession”, le statut d’autonomie, l’application de la loi et les libertés civiles sous souveraineté chinoise, les perspectives et les défis en matière de démocratisation.

Elle déclare également :

En 2005, la NDI a initié un programme de six mois pour les jeunes leaders politiques visant à former un groupe de nouveaux partis politiques, ainsi que des membres de groupes politiques, à la communication politique.

Et :

Le NDI a également travaillé à réunir des partis politiques, des chefs de gouvernement et des acteurs de la société civile dans des forums publics pour y discuter du développement des partis politiques, du rôle des partis à Hong Kong et des réformes politiques. En 2012, par exemple, une conférence tenue par le groupe de réflexion Hong Kong SynergyNet, soutenu par le NDI présentait des participants issus de partis couvrant tout le spectre idéologique, a exploré la façon dont l’adoption d’un gouvernement de coalition pourrait mener à un processus législatif plus réactif.

Le NDI admet aussi qu’il a créé, financé et soutenu d’autres organisations qui opèrent à Hong Kong afin de réaliser les objectifs de subversion du contrôle de Pékin sur l’île qu’a le département d’État américain :

En 2007, l’institut a lancé un programme de participation politique des femmes coordonné au Women’s Political Participation Network (WPPN) (Réseau de participation politique des femmes) et à la Hong Kong Federation of Women’s Centres (HKFWC) (Fédération des centres de femmes de Hong Kong) pour améliorer la participation des femmes aux prises de décisions politiques, encourager leur participation croissante à la politique, et s’assurer de la prise en compte des enjeux des femmes dans les décisions politiques.

Et sur une page séparée, le NDI décrit les programmes qu’il poursuit avec l’université de Hong Kong pour mener à bien son projet :

Le Centre for Comparative and Public Law (CCPL) [Centre pour le droit public comparé] de l’université de Hong Kong, avec le soutien du NDI, travaille à amplifier les revendications citoyennes dans ce processus consultatif en créant Design Democracy Hong Kong (www.designdemocracy.hk), un site internet unique et neutre servant de plate-forme citoyenne pour les discussions sur l’avenir du système électoral de Hong Kong.

Ce ne sera donc pas une surprise pour le lecteur de découvrir qu’ absolument tous les leaders du mouvement “Occupy Central” sont soit directement liés au département d’État américain, à la NED ou à la NDI, soit impliqués dans l’une des nombreuses conspirations de la NDI.

Image : Benny Tai, leader de “Occupy Central”, a été pendant des années associé au département d’État américain et a aussi bénéficié de financement et de soutien de sa part.

Le leader autoproclamé d’”Occupy Central”, Benny Tai, est professeur de droit à l’université susmentionnée de Hong Kong et collaborateur régulier du CCPL que finance le NDI. En 2006-2007 (rapport annuel, .pdf), il a été nommé membre du comité de direction – une position qu’il a conservée jusqu’à l’année dernière. Dans le rapport annuel de 2011-2013 du CCPL (.pdf), le NDI est mentionné comme ayant apporté des fonds à cette organisation pour “concevoir et mettre en application un portail en ligne intitulé “Modèles de suffrage universel”, où tout un chacun pourra discuter et faire part de ses idées de manière interactive sur la méthode de suffrage universel la plus adaptée à Hong Kong.”

Étrangement, le dernier rapport annuel pour 2013-2014 du CCPL (.pdf) ne mentionne pas Benny Tai comme membre du comité de direction. Il est signalé pour avoir participé à trois conférences organisées par le CCPL et comme chef d’au moins un projet du CCPL. On l’a vu intervenir dans une conférence au moins, côte-à-côte avec une autre figure proéminente d’”Occupy Central”, Audrey Eu. Le rapport annuel cite aussi le NDI comme finançant le CCPL.

La secrétaire du Parti civique Audrey Eu Yuet-mee, en plus de ses discours conjoints avec Benny Tai aux réunions du CCPL-NDI, a des liens serrés avec le Département d’État américain et ailleurs avec son NDI. Elle participe régulièrement à des forums patronnés par la NED et son satellite, la NDI. En 2009, elle était intervenante dans un forum public parrainé par la NDI et hébergé par “SynergyNet”, également financé par la NDI. En 2012, elle était intervenante invitée du “Jour international des femmes” du Centre des femmes financé par la NDI, hébergé par le Hong Kong Council of Women (HKCW) (le Conseil des Femmes de Hong Kong), qui est également financé à l’année par le NDI.

Image : Martin Lee et Anson Chan se pressent à une table avec le vice-président des USA Joe Biden à Washington DC cette année. Au cours de leur voyage, Lee et Chan ont participé à une causerie animée par la NED sur “l’avenir de la démocratie” à Hong Kong. Sans aucun doute, “Occupy Central” et le soutien qu’il reçoit de Washington était un sujet réservé à des discussions à huis clos.

Il y a aussi Martin Lee, président fondateur du Parti démocrate de Hong Kong, une autre figure importante à s’être manifestée en faveur d’”Occupy Central”. Cette année, Lee était à Washington pour y rencontrer le vice-président des USA Joe Biden, le membre du Congrès Nancy Pelosi, et il a même pris part à un débat organisé par la NED spécialement pour lui et son agenda “démocratique” à Hong Kong. La NED lui a même dédié une page depuis qu’il a reçu, en 1997, le “Democracy Award” de la NED. Avec lui, à Washington, se trouvait Anson Chan, une autre figure importante qui en ce moment soutient le soulèvement dans les rues de Hong Kong.

Le programme extrêmement impopulaire du mouvement “Occupy Central”

Si la démocratie est définie par l’autogestion, alors un mouvement comme “Occupy Central” dans lequel toutes les figures de premier plan sont les bénéficiaires et sont les obligés de fonds d’origine étrangère, de soutiens étrangers et d’un programme établi à l’étranger, n’a rien du tout à voir avec la démocratie. En revanche, ce mouvement a tout à voir avec le dévoiement de la démocratie dans le but de saper le contrôle de Pékin sur Hong Kong et d’ouvrir la porte à des candidats clairement inféodés à des intérêts étrangers, non à ceux de la Chine ou même des Hongkongais.

Image : la NED et ses diverses entités, y compris le National Democratic Institute, est un organisme soutenu par de gros intérêts financiers dont le programme hégémonique est couché en embuscade derrière une “promotion de la Démocratie” et de la “Liberté” dans le monde. Ci-dessus, une représentation des intérêts présents dans le Conseil de direction de la NED.

Quoi de plus parlant que le référendum illégal “Occupy Central” qui s’est tenu plus tôt cette année dans le but de justifier le chaos à venir, planifié dans les rues de Hong Kong. Le référendum était axé sur l’objectif du Département d’État américain de mettre en œuvre un “suffrage universel” – cependant, seul un cinquième de l’électorat hongkongais a participé à ce référendum, et ceux qui y ont participé ne se voyaient proposer pour choix que les organisations soutenues par les États-Unis et leurs objectifs respectifs pour miner l’influence de Pékin.

La BBC rapporte, dans son article “le référendum de la démocratie a Hong Kong rassemble presque 800 000 participants“, que :

Un total de 792 808 votants ont participé à un référendum non officiel sur le suffrage universel à Hong Kong, selon les organisateurs.

Le scrutin était organisé sur 10 jours par le groupe de protestation “Occupy Central”.

Les militants demandent que le public soit en mesure d’élire le dirigeant de Hong Kong, à savoir le chef de l’exécutif.

Le gouvernement de Hong Kong déclare que ce vote n’a aucune valeur légale.

Presque 42% des votants se sont prononcés en faveur d’une proposition permettant au public, à un comité de sélection et aux partis politiques, de nommer les candidats pour ce poste.

Pour un mouvement qui se revendique de la “démocratie”, compris comme voulant dire la volonté des gens, son programme est très impopulaire et a été rejeté sans appel par la grande majorité des Hongkongais – et maintenant il sème la confusion dans l’île et prend la population ainsi que la stabilité en otages pour en accélérer la mise en œuvre. Tout cela étant orchestré et appuyé par les États-Unis, leur Département d’État et ses réseaux de sédition planétaires qui opèrent sous l’égide de la NED et de son satellite, le NDI.

Alors que les médias occidentaux montrent des foules composées de “milliers” de participants conduisant à croire que le “peuple” soutient le chaos dans les rues de Hong Kong, le référendum de “Occupy Central”, mis en scène par lui-même et illégal, prouve qu’il n’a pas le soutien du peuple et que son plan est en fait rejeté à la fois par la Chine continentale et les Hongkongais.

Mettre au grand jour la nature insidieuse, fourbe et pilotée de l’extérieur d’”Occupy Central” est important. Il est également important d’examiner objectivement tout mouvement de manifestation qui surgit dans le monde. Un regard superficiel ne peut permettre de relier un mouvement à un autre, ou un groupe à des intérêts particuliers cachés. On doit, au contraire, s’appliquer à identifier et cerner le profil des meneurs, suivre les flux de financement, identifier leurs véritables motivations, et trouver des informations sur leurs liens avec des intérêts particuliers à l’extérieur ou à l’intérieur du pays dans lequel ces manifestations ont lieu.

De cette façon, les mouvements comme “Occupy Central” peuvent être dévoilés, neutralisés et repoussés avant que la destruction et le chaos que les efforts de déstabilisation nourris par les États-Unis ont imposés ailleurs – c’est-à-dire au Moyen-Orient et en Ukraine – ne puissent s’installer à Hong Kong.

Source : LandDestroyer, 30/09/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


Le mouvement de protestation hongkongais “Occupy Central” est appuyé par les États-Unis

L’objectif des États-Unis à Hong Kong est clair : faire de l’île l’épicentre d’un mouvement de contestation, financé par l’étranger, à partir duquel la Chine continentale pourra être infectée plus directement.

1er octobre 2014 (Tony Cartalucci – NEO) – Des manifestants du mouvement “Occupy Central” à Hong Kong crient les slogans habituels et adoptent les tactiques familières que l’on a vues tout autour du monde comme faisant partie de l’immense entreprise de déstabilisation politique et de changement de régime des États-Unis. Identifier les meneurs, suivre le parcours de l’argent et examiner la couverture occidentale de ces événements révèle avec certitude que, encore une fois, Washington et Wall Street sont en plein travail pour rendre l’île chinoise de Hong Kong aussi difficile à gouverner que possible pour Pékin.

Des noms : Qui est derrière “Occupy Central” ?

Plusieurs noms reviennent souvent dans la couverture médiatique de ce qui est appelé “Occupy Central”, la dernière née d’une longue lignée de révolutions colorées manigancées par les États-Unis, faisant partie de la vaste et ambitieuse réorganisation géopolitique mondiale lancée en 2011 sous la forme des prétendus “Printemps Arabes“.

Benny Tai, maître de conférence en Droit à l’Université de Hong Kong, est cité par différentes sources dans les médias occidentaux comme le principal organisateur – cependant beaucoup d’autres “co-organisateurs” sont mentionnés à part lui. Un article du South China Morning Post, intitulé “Occupy Central est arrivé : Benny Tai surfe sur une vague de protestations étudiantes pour lancer le mouvement“, mentionne la plupart d’entre eux (surligné par nos soins) :

Les poids lourds politiques incluant la présidente du Parti Civique Audrey Eu Yuet-mee, l’ancien chef du diocèse catholique le cardinal Jospeh Zen Zi-kiun et le président fondateur du Parti Démocratique Martin Lee Chu-ming se sont adressés à la foule.

Le Post mentionne également (surligné par nos soins) :

Jimmy Lai Chi-Ying, le patron dans la tourmente de Next Media, sous le coup d’une enquête de la Commission Indépendante Contre la Corruption pour des donations à des politiciens pan-démocrates, a déclaré être arrivé immédiatement après un appel de Martin Lee Chu-ming.

Benny Tai assiste régulièrement aux forums financés et/ou organisés par le Département d’État américain, le National Endowment for Democracy (NED) et sa filiale le National Democratic Institute (NDI). Rien que ce mois-ci, il a pris la parole à une conférence sur la réforme politique lors de Design Democracy Hong Kong (financé par le NDI) . Il est également actif au Centre de Droit Public et Comparé de l’Université de Hong Kong [University of Hong Kong's Centre for Comparative and Public Law] (CCPL) – également financé par le NDI. Le rapport annuel 2013/2014 de la CCPL montre Benny Tai occupant d’au moins trois fonctions dans ce centre, ainsi que dirigeant un des projets du centre.

Il est confirmé que Martin Lee, Jimmy Lai et Joseph Zen sont tous à la fois des leaders du mouvement “Occupy Central” et des collaborateurs du Département d’État américain. Martin Lee, président fondateur du Parti Démocratique de Hong Kong, va jusqu’à voyager aux États-Unis cette année pour conspirer directement avec la NED et des politiciens de Washington. Plus tôt cette année, Lee est même allé jusqu’à monter sur scène lors de la manifestation de la NED organisée sous la bannière : “Pourquoi la démocratie à Hong Kong est importante“. Il y a été rejoint par Anson Chan, une autre figure importante qui soutient actuellement les troubles en cours dans les rues de Hong Kong.

On a rapporté une rencontre entre le magnat des médias Jimmy Lai et le néo-conservateur et ancien président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, en juin 2014. China Daily a rapporté, dans un article intitulé “Le Bureau s’oppose à l’interférence étrangère à Hong Kong“, que :

Une édition spéciale de Eastweek a montré Lai, propriétaire de Next Media et de Apple Daily, rencontrant Paul Wolfowitz, ancien secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis dans le gouvernement de Georges W. Bush. Tous deux se sont rencontrés sur le yacht privé de Lai pendant 5 heures, fin mai.

Wolfowitz, qui a aussi été président de la Banque Mondiale entre 2005 et 2007, est bien connu aux USA pour ses positions néo-conservatrices et sa foi en une politique étrangère unilatérale. Wolfowitz avait aussi occupé le poste de sous-secrétaire à la Défense entre 1989 et 1993. Il est actuellement chercheur invité à l’American Entreprise Institute.

Lai aurait aussi cherché l’aide de Wolfowitz pour s’assurer diverses affaires en Birmanie. Le journal South China Morning Post, dans son article “Jimmy Lai a payé à Paul Wolfowitz 75 000 dollars pour son aide en Birmanie“, rapporte que :

Des révélations fuitées font état de documents montrant que le fondateur du Apple Daily Jimmy Chee-ying a payé à l’ancien député et secrétaire de la Défense Paul Wolfowitz 75 000 dollars pour son aide dans ses projets en Birmanie.

Selon un récépissé du 22 juillet 2013 de la Banque Shanghai Commercial and Savings, Wolfowitz a reçu de l’argent de Lai au titre de “compensation pour ses services rendus concernant la Birmanie. “

Les liens de Lai avec le célèbre Néo-Con Wolfowitz ne devraient pas être une surprise – puisque la NED, principale entité gérant le vaste portefeuille qu’a Washington d’agitateurs politiques répandus partout dans le monde, est riche en Neo-Cons. Neo-Cons que l’on retrouve tant parmi les directeurs de la NED, qu’au sein de divers “laboratoires d’idées” financés par des grandes entreprises. La NED elle-même est simplement un prête-nom, exprimant des intérêts géopolitiques et financiers sous couvert de la “promotion de la liberté” et de la “démocratie à travers le monde”,

Il y a aussi le “leader étudiant” Joshua Wong, qui a été arrêté parmi les manifestants. La carrière de Wong a suivi la voie tracée par le projet “NDItech” du NDI depuis au moins 2012. Dans un article titré “À Hong Kong, le changement commence-t-il par un simple pas ? “, le NDI raconte :

Le fondateur du groupe “Scholarism”, Joshua Wong Chi-Fung, âgé de 15 ans, est devenu une icône du mouvement et ses habiles interactions avec les médias ont été élevées au rang de monument et répandues par Youtube. Grâce à ce site, la jeunesse hongkongaise s’est rassemblée autour de messages et d’images communs – par exemple assimilant MNE au “lavage de cerveau” et faisant se faisant l’écho de thèmes rappelant le mouvement pro-démocratie de la place Tian’anmen de 1989.

L’utilité du travail de Wong est de contrer les tentatives de Pékin pour rétablir des institutions chinoises sur l’île en préservant les institutions à l’occidentale (et cooptées), y compris le système éducatif.

La présidente du Parti Civique Audrey Eu Yuet-mee, mentionnée ci-dessus, est aussi intimement liée avec le NED américain, participant régulièrement aux forums parrainés par le NED et sa filiale le NDI. En 2009 elle fut intervenante à un forum politique public du NDI hébergé par “SynergyNet”, elle aussi financée par le NDI. En 2012 elle participa au titre de conférencière aux Journées du Centre International des Femmes, toujours financé par le NDI. Le Conseil des Femmes de Hong Kong est lui même financé annuellement par le NDI. Dès cette année, elle devrait être associée à CCPL, occupant une des fonctions à côté du dirigeant d’Occupy Central, Benny Tai lui-même.

En plus de Synergynet, CCPL et HKCW, plusieurs autres Organisations Non-Gouvernementales financées par les USA soutiennent, légitiment et justifient “Occupy Central” et hébergent ceux qui le dirigent. Parmi elles il y a le “Hong Kong Transition Project“, financé par la NED qui prétend “tracer la voie de la transition des hongkongais de l’état de sujets vers celui de citoyens”. Rien que par le nom et la mission déclarée, l’objectif des USA à Hong Kong est clair – transformer Hong Kong en un épicentre de subversion subventionné par l’étranger avec lequel infecter la Chine continentale plus directement.

Le Projet Transition avait reçu pour tâche de légitimer le “référendum pro-démocratie” d’Occupy Central tenu plus tôt cette année – lequel a ensuite servi de prétexte a accroître les troubles dans les rues de Hong Kong. Le Guardian, dans un article de juin 2014 intitulé “Le référendum officieux pro-démocratie de Hong Kong irrite Pékin“, rapporte :

Environ 730 000 résidents de Hong Kong, l’équivalent d’un cinquième du corps électoral, ont voté lors d’un “référendum” officieux qui a fait enrager Pékin et entraîné une rafale d’éditoriaux au vitriol, d’exercices d’entraînement policiers et de cyber-attaques. “

Occupy Central with Love And Peace (OCLP), le mouvement pro-démocratie qui a organisé le scrutin, espère faire pression sur Pékin pour qu’il autorise les 7,2 millions d’habitants de Hong Kong à choisir leurs propres dirigeants en 2017. Si Pékin refuse, assure OCLP, le mouvement mobilisera dix mille personnes le mois suivant pour bloquer les principales avenues dans Central District [le quartier des affaires], une forêt de gratte-ciels abritant les bureaux d’entreprises et d’administrations sur la côte nord de l’île de Hong Kong.

Le Projet Transition est lié à d’autres organisations à financement américain, y compris le “think tank” basé à Hong Kong Civic Exchange. Financé par Exxon, le NDI du Département d’État américain, le British Council, le Fonds des frères Rockfeller, Morgan Stanley, Citi Group, le consulat britannique lui-même et beaucoup d’autres, sa prétention d’être “le think-tank de politique publique indépendant à Hong Kong” est scandaleux.

 

L’agenda : que veut réellement Occupy Central ?

Le NDI américain déclare ouvertement sur sa page web consacrée à son ingérence politique à Hong Kong :

En 2005, le NDI a entamé un programme de formation de jeunes leaders politiques sur six mois, centré sur la formation aux méthodes de communication politique des membres de nouveaux partis et groupes politiques. En 2006, le NDI a lancé une école de campagne électorale pour les candidats et les chefs de campagne en vue des élections aux conseils de districts de 2007. “

Le NDI a également œuvré au rapprochement des partis politiques, des élus et des acteurs de la société civile dans les forums publics pour y discuter du développement des partis politiques, du rôle de ces partis à Hong Kong ainsi que de réforme politique. En 2012, par exemple, une conférence du think-tank hongkongais SynergyNet (financé par le NDI) a vu la participation de représentants de tout l’échiquier politique qui se sont demandé comment l’adoption d’un système de gouvernement de coalition pourrait mener vers un processus législatif plus réactif.

Effectivement, chaque organisation, forum et parti politique qui est associé et qui dirige le mouvement Occupy Central, est la création d’intérêts étrangers – précisément du Département d’État américain par le biais du NDI. La “démocratie” étant supposée être “autonomie” et chaque étape de Occupy Central ayant vu l’implication d’intérêts étrangers, la “démocratie” n’est certainement pas le véritable objectif du mouvement.

À la place, il s’agit d’une recolonisation en douceur par Washington, Wall Street et Londres. Si Occupy Central l’emporte et si jamais Pékin accepte stupidement d’autoriser les leaders de cette vaste plaisanterie orchestrée depuis l’étranger à se présenter aux élections, Hong Kong ne sera pas gouvernée par le peuple mais par des intérêts étrangers par le biais de mandataires évidents qui se nourriront sans honte de l’argent américain, de l’appui politique et du soutien des immenses ressources médiatiques de l’Occident.

 

La longue guerre occidentale contre la Chine.

“Occupy Central” est simplement une des nombreuses manœuvres en cours que les États-Unis déploient contre Pékin. Une visite du site de la NED révèle non pas une mais quatre pages dédiées à l’ingérence dans les politiques internes chinoises. Les activités de la NED sont réparties entre la Chine en général, le Tibet, le Xinjiang – désigné sous le nom se “Turkestan Est” comme l’appellent les séparatistes violents que les USA soutiennent – et Hong Kong. Tous les fonds de la NED vont à des groupes de subversion politique alignés sur et dépendants de l’Occident, tout en étant hostiles à Pékin. La gamme d’interventions va des organisations de “surveillance” et de “médias” aux partis politiques, aussi bien qu’à des prête-noms d’extrémistes violents. Aussi impressionnant que ce réseau de subversion politique puisse être, il n’est encore qu’une seule partie d’un vaste projet géopolitique pour encercler, contenir et finalement faire s’effondrer l’ordre politique de Pékin, le remplacer par un autre ordre qui soit favorable à Wall Street et Washington.

Déjà aussi loin en arrière qu’à l’époque de la guerre du Vietnam, avec la publication en 1969 des “documents du Pentagone”, on a su que le conflit était une simple part d’une stratégie plus grande visant à isoler et contrôler la Chine. Même si les USA ont finalement perdu la guerre et donc toute chance de pouvoir utiliser les forces vietnamiennes pour leur compte dans leur lutte contre Pékin, la longue guerre contre la Chine se poursuit par d’autres moyens.

 

Cette stratégie d’endiguement a été mise à jour et détaillée en 2006, dans le rapport de l’Institut d’Études Stratégiques “Cordon de perles : le défi de la nouvelle puissance chinoise dans les régions du littoral asiatique” qui trace les grandes lignes des efforts de la Chine pour sécuriser son approvisionnement en pétrole depuis le Moyen-Orient jusqu’à ses côtes en mer de Chine méridionale, ainsi que des moyens par lesquels les États-Unis peuvent maintenir leur domination dans les océans Indien et Pacifique. L’hypothèse de départ est que, si la politique étrangère occidentale devait échouer à attirer comme partie prenante digne de confiance la Chine dans le “système international”, alors une attitude de plus en plus conflictuelle devrait être adoptée pour contenir la nation montante.

Ceci comprend le financement, l’armement et le soutien à des groupes terroristes et à des régimes agissant pour le compte de États-Unis, à travers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie centrale, l’Asie du sud-est et même à l’intérieur du territoire chinois lui-même. Les soutiens bien documentés de tels mouvements incluent non seulement les séparatistes du Xinjiang, mais aussi les militants et séparatistes du Baluchistan pakistanais, où l’Occident cherche à désorganiser un port nouvellement inauguré et un oléoduc chinois, et encore les partisans brandissant des machettes de Aung San Suu Kyi dans l’état du Rakhine en Birmanie – encore une autre place où les Chinois espèrent établir une plate-forme logistique.

Intervenir en Thaïlande, attiser la confrontation entre la Chine et un prête-nom adverse pouvant être le Vietnam, les Philippines et le Japon sont aussi des composantes de cette politique d’endiguement d’envergure.

Indépendamment des griefs que les foules d’”Occupy Central” peuvent avoir, elles ont perdu à la fois leur crédit et leur légitimité, sans parler d’une quelconque chance de vraiment aboutir à un progrès démocratique. En effet, comme le “printemps arabe” fomenté par les États-Unis l’a illustré, rien de bon ne peut advenir lorsque l’on sert des intérêts étrangers insidieux déguisés en “promotion de la démocratie”. Le but “d’Occupy Central” est de rendre Hong Kong ingouvernable à n’importe quel prix, particulièrement aux dépens des populations locales – non parce que ce serait le but des participants stupides, quoique bien intentionnés, induits en erreur par les troupes de séditieux émissaires de Washington, mais parce que c’est le but de ceux qui financent et en fin de compte dirigent ce mouvement depuis l’étranger.

Tony Cartalucci, chercheur en géopolitique basé à Bangkok et rédacteur, notamment pour le magazine en ligne “New Eastern Outlook” [Nouvelle Perspective Orientale].

Source : Land Destroyer Report, Lien, 01/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

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GQ 10/10/2014 17:50


Si Pékin ne peut pas contrôler les candidats qui se présentent aux élections à HK et retoquer les agents étrangers, cela signifie que le territoire jouit d'une indépendance de fait. Il s'agit en
fait d'un mouvement séparatiste.