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Réveil Communiste

Choisir le socialisme !

24 Février 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #GQ, #Front historique, #Qu'est-ce que la "gauche", #Mille raisons de regretter l'URSS

Choisir le socialisme !

Choisir le socialisme

Le socialisme est la propriété collective des moyens de production.

Le socialisme est le résultat du développement historique des contradictions du capitalisme qui tracent la route de l’évolution future de la société humaine, c’est le résultat de la transformation du capitalisme en une société rationnellement organisée et (donc) égalitaire. En théorie (marxiste), la classe bourgeoise supprime la classe des féodaux, et/ou des rentiers de la terre, généralise le mode de production capitaliste à toute la terre, crée le prolétariat ouvrier, et est supprimée à son tour par lui. Mais dans la réalité, avant d’aboutir à ce retournement, la bourgeoise change ses alliances, et s’appuie sur les restes des groupes sociaux survivants du féodalisme qu’elle a combattu auparavant pour échapper à ce funeste destin. Classe historique du talent et du travail dur et frugal, elle s’inverse à la recherche du temps perdu en nouvelle aristocratie oisive et décadente.

La division de la société en classe, sur le modèle des anciens rapports de production qui existaient antérieurement au capitalisme bloque l’évolution historique au milieu du gué. Aller plus loin implique donc un choix volontaire et conscient de l’humanité, ou plus exactement d’un parti déterminé de l’humanité, et une lutte contre les partis opposés, conservateurs et/ou réactionnaires; entre les deux, la gauche, historiquement, est le parti bourgeois-capitaliste de « l’égalité des chances » qui pense que le choix radical du collectivisme n’est pas nécessaire, et que l’on peut se fier à l’évolution naturelle de l’économie pour parvenir à son but : une société meilleure et plus riche, le meilleur des mondes possibles. L’expérience de deux siècles montre que ce n’est pas possible : les moyens les plus extrêmes, essentiellement la manipulation des masses, la guerre et la dictature, ont été utilisés pour l’empêcher, et le meilleur des mondes s’est avéré impossible. La gauche pourtant continue de battre la même monnaie de Clemenceau à Léon Blum, de Guy Mollet à Mitterrand. Ces radicaux et ces socialistes qui ne sont ni radicaux, ni socialistes.

De nombreuses raisons sont prodiguées et de nombreux préjugés sont cultivés pour ne pas conduire cette évolution vers le socialisme jusqu’à son terme et pour proclamer que la société divisées en classes est une bonne chose, une organisation « optimale » comme l’affirment les économistes marginalistes, et qu’elle est de toute manière donnée de toute éternité. Ou en partant d’un autre point de vue, que seule une telle société peut créer de la beauté et fonder de nouvelles valeurs, comme l’affirme Nietzsche. Du coup, il faut rappeler quelques évidences qui se sont brouillées. Sur les notions fondamentales de la politique sociale, les analphabètes de 1848 en savaient bien plus long que les diplômés du XXIème siècle, la vie leur apprenait ce que la culture a depuis caché à nos contemporains.

Le socialisme est un projet simple et clair : de l’éducation, de la santé , un emploi et un logement pour tous, et pas de deuxième choix. Le destin piteux des réalisations sociales du capitalisme, cités, hôpitaux, écoles, métros, lorsqu’il n’est plus sous la pression de la classe ouvrière, la dégradation et la désaffection des biens sociaux proviennent des moyens insuffisants qui sont consacrés à leur entretien à cause du prélèvement des classes privilégiées, mais plus fondamentalement encore du spectacle démoralisant offert aux pauvres d’une richesse ostentatoire et impudente qui prêche le dédain des biens communs.

Le socialisme est un système juste. Il crée une égalité réelle entre les êtres humains, il proscrit les inégalités de revenus et de fortune. Rien de rationnel ne peut être invoqué pour justifier ces inégalités, mais il y a dans la culture commune beaucoup de raisonnements sophistiqués pour les excuser et les revendiquer. Or dans une société inégale, la comparaisons des statuts sociaux devient la substance de toutes valeurs et tous les désirs, la société de classe devenant aliénée des deux cotés, riches et pauvres courant après du vent. Ce qui est gratuit et offert à tous n’a littéralement plus aucune valeur puisqu’il n’y a de valeur que par la distinction qu’accorde un haut niveau de consommation privée et de gaspillage.

Le socialisme est un système efficace. En fait toute entreprise capitaliste efficace fonctionne vue de l’intérieur comme une société socialiste, par coopération des travailleurs, spontanée et passionnée par le but collectif. L’entrepreneur à succès est le dictateur local qui réussit à capter cette énergie créatrice essentiellement sociale à son profit privé. La mise en concurrence de tous contre tous, loin d’être créatrice provoque une anarchie destructrice, malveillante et stérile.

Le socialisme est un progrès de civilisation. Au terme de son avènement, les humains ne seront plus régis par la peur et l’envie. Et c’est pour cela que ces deux concepts, « progrès », et « civilisation », sont contestés dans la culture post moderne ; « postmoderne » ne signifie pas autre chose que « postérieurement à l’échec de la révolution socialiste ».

Le socialisme par ailleurs est un système organisé de part en part par l'État, sachant que l’État est la conscience collective, et qu’il en est d'ailleurs la seule forme concrète. Dans une société socialiste, nous sommes tous des fonctionnaires, et cela est bien. C’est bien d’avoir la sécurité de l’emploi, une retraite suffisante, des droits et des conditions de travail favorables et une grille de carrière fondée sur des critères objectifs, c’est ce qui permet à l’homme ordinaire qui ne cherche pas à monter sur le dos de ses frères d’être libre, c’est ce qui lui permet de faire des projets, ce qui permet aussi à l’information de circuler dans les organisations sans être faussées par la concurrence entre leurs agents et dénaturée par les ambitions personnelles.

Dans la société capitaliste, nous sommes voués à devenir des égoïstes stupides, des dissimulateurs cyniques, des débiteurs anxieux, des simulateurs et des arnaqueurs petits ou grands.

Par destination, le socialisme est un système mondial. Avec comme perspective la coexistence pacifique de quelques nations culturelles bien distinctes, différentes mais pacifiques. Le socialisme c’est la paix. Aucune valeur humaine ne surgit de la mort des soldats ni de la destruction de la vie et des biens d’humains ordinaires par d’autres humains ordinaires. Et dans ce domaine aussi, le capitalisme pervers, décadent et tardif a développé une libido de la guerre et de la violence à toutes les échelles qui n’en est pas moins délétère de se développer principalement dans le domaine du jeu et du loisir.

Marx, le principal penseur socialiste et le seul véritablement rigoureux, a analysé le passage au socialisme comme le produit de la lutte des exploités contre les exploiteurs et comme la question de la réappropriation du travail gratuit. Il démontre dans le Capital que le capitalisme contient une zone obscure, en ce qu'il repose comme tous les modes de production qui l’ont précédé sur l’extorsion de travail gratuit, et qu’il doit procéder à cette extorsion en la dissimulant. Cette zone d’ombre finit par falsifier toute sa production culturelle et à l’inverser en force de destruction de la raison. C’est la protection de ce secret honteux qui conduit la civilisation à sa perte.

Il faut être très clair sur un point : le socialisme ne supprime pas le travail gratuit, il le socialise. Si l’humanité socialisée décide, par exemple, de guérir le cancer ou de coloniser la planète Mars, il faudra pour ça beaucoup de travail gratuit. Ce qui explique pourquoi les expériences du socialisme réellement existant ne peuvent que scandaliser la mentalité de l’extrême gauche qui imagine l’avenir radieux de l’humanité comme le remplacement du travail productif par une réunion infinie dont l’ordre du jour est de déterminer son ordre du jour.

Le socialisme résout en partie le problème du mal, car on ne peut pas nier qu’une grande partie du mal provient de l’inégalité qui introduit la perversion dans le désir individuel du pauvre comme du riche (dont la seule jouissance concrète de sa richesse est de parader devant le pauvre). Il n’est pas encore possible de savoir s’il le résoudra entièrement, ou s’il en restera un résidu métaphysique. Cependant, les forces d’éternisation du capitalisme sont incontestablement des forces obscures et qui doivent être réprimées.

Ce qui est étonnant chez les penseurs d’extrême gauche, c’est que dans leur désir de supprimer les prisons ils ne disent jamais ce qu’ils comptent faire des partisans du capitalisme s'ils ne parviennent pas à les convaincre tous !

Le socialisme résoudra le problème écologique, parce que c’est le règne de la raison qui est seul à même d’affronter les problèmes concernant la totalité de l’humanité et de la planète. Dans le régime capitaliste, les capitaux massivement investis dans les secteurs séparés (pétrole, armes, technologies, etc.) influencent les partis et les médias et sèment chacun la graine d’une faction qui défend des intérêts à court terme et prêche le faux au détriment des intérêts généraux de l’humanité.

Et le communisme ?

Le communisme comme l’ont bien deviné ses adversaires a pour horizon la suppression de la propriété des biens de consommation, ou ce qui revient au même la totale fluidité de la circulation de ces biens, ce qui suppose un changement de mentalité considérable, procuré par la satisfaction des besoins que seul le socialisme installé dans la longue durée peut produire. Dans le communisme, ta voiture est ma voiture et ta maison est ma maison, et réciproquement. Mais bien avant d’en venir là il y a une anticipation immédiate du communisme : on pourra s’attaquer à la propriété intellectuelle, qui concerne tout autant les biens de production que les biens de consommation, et on a déjà commencé à le faire, comme le veut le développement actuel des forces de productions.

Une des causes principales de la stabilité courante du capitalisme est la division régionale du monde entre un Nord impérial, colonial et ingérent, et un Sud exploité économiquement et dominé politiquement, depuis Christophe Colomb, en pays de niveaux de développement inégaux. L'impérialisme est non seulement « le stade suprême du capitalisme » comme le disait Lénine, mais aussi sa forme la plus durable qui lui permet de se ressourcer et d’échapper à ses contradictions internes. L’émergence de la Chine comme première puissance économique sonne le glas de cette division du monde cinq fois séculaire et porte un coup très rude au capitalisme, indépendamment des intentions à son encontre que peuvent nourrir – ou non - les dirigeants de ce grand pays.

Les conditions objectives de la révolution socialiste dans le monde sont réunies. Les masses populaires n’en ont pas encore conscience et elles peuvent continuer longtemps à tourner en rond d’une élection à l’autre. Elles peuvent aussi choisir le socialisme. Et bien évidemment, lorsqu’elles le feront à nouveau, elles le feront pour commencer à nouveau dans un seul pays.

GQ, 11 février 2021

 

 

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Comte 12/02/2021 16:54

Pas un commentaire, mais deux questions : Pourquoi (au début de l'article) parler de "transformer" le capitalisme, alors qu'il s'agit bien de le détruire en s'emparant des outils de production qu'il a développés. Et pourquoi (en conclusion) affirmer comme évident "dans un seul pays" ?.

Réveil Communiste 13/02/2021 09:37

Dans Marx, j'ai lu que le capitalisme posait les fondations du socialisme. Le socialisme n'est pas une simple destruction, mais une "suppression" c'est à dire une négation-conservation du capitalisme , un "dépassement" selon le concept hégélien.

Dans un seul pays, ou dans un petit nombre de pays : le continent du socialisme doit coexister un certain temps avec le reste du monde capitaliste, ce qui cause une nouvelle sorte de difficultés. La formule est là pour avertir contre le "trotskysme" conceptuel qui trouve que la réalité concrète du socialisme n'est jamais assez bonne, et qu'il faut donc renvoyer capitalisme et socialisme réels dos à dos.