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Réveil Communiste

Une fois pour toute le communisme, c'est quoi? (à jour 8 février 2014)

9 Février 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ

Mis à jour :

 

MARX-ENGELS.jpg

 

Marx et Engels à l'Alexander Platz à Berlin, janvier 2007

 

Le communisme est une idée simple qui ne nécessite pas pour l'expliquer de couper les cheveux en quatre !

Le projet communiste moderne naît avec le Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels, publié en 1848 à Londres quatre jours avant le déclenchement de la Révolution à Paris. C'est l'idée de donner un but au progrès qui s'accélère vertigineusement, au progrès des forces productives et du savoir humain, et ce but est une société sans classes, où règne l'abondance et où cesse l'obligation du travail.



Une société où chacun apporte ce qu'il peut et où chacun prend ce qu'il veut. Ce qui est rendu possible par l'abolition des classes sociales.



Le communisme vise à remplacer le travail contraint par l'activité libre. Choisir d'assigner à l'Histoire ce but à long terme, bien différent du but actuel du progrès qui est d'accumuler les aliénations et de détruire la planète, nécessite le renversement de la bourgeoisie par le prolétariat.

 

Le prolétariat, c'est la classe des exploités : paysans, ouvriers manuels et intellectuels, simples travailleurs, techniciens ou cadres techniques, agents du service public. La situation révolutionnaire qui peut porter le prolétariat au pouvoir et lui donner la possibilité de supprimer les classes résulte du développement des contradictions internes du capitalisme.

 

Le jeu de ces contradictions, dans l'histoire réelle et dans la pensée, c'est ce qu'on nomme la dialectique. Lorsque les contradictions du capitalisme deviennent antagoniques, dans un mouvement irrépressible, c'est la révolution sociale, dont l'issue possible est le socialisme.

 

La période de transition vers le communisme, où subsiste le travail et l'État répressif, c'est le socialisme. Se passer de cette étape pour sauter à pieds joints dans le communisme est tout simplement impossible.



Si on n'est pas d'accord pour donner un tel but au progrès, si par exemple on pense que la domination de classe est indépassable, qu'elle est à jamais nécessaire pour motiver l'être humain à créer, à dépasser sa condition, si on pense que le travail et la guerre sont éternels, on ne peut être communiste. Si on pense qu'une telle société n'est pas possible, qu'elle n'est pas souhaitable, ou ni l'un ni l'autre, on n'est pas communiste. Si on pense qu'on peut la réaliser dans la misère d'un squat, on est un pseudo communiste : un gauchiste. Si l'on dit que la bourgeoisie va se laisser faire, on est un social-démocrate (et si on le pense vraiment, on est un idiot).

 

 

Et si l'on ne croit pas au progrès, on ne peut pas être communiste non plus. Ce qui ne signifie pas qu'il faille se prosterner devant toutes les nouveautés techniques produites au service de l'exploitation et de l'aliénation. La victoire ultime du communisme est inscrite à l'horizon de l'humanité, et c'est le seul qu'elle ait. Reste à savoir si le capitalisme ne l'aura pas détruite auparavant.



Comme on le voit, ce n'est pas bien compliqué de comprendre ce qu'est le communisme. La première tentative de construire une société orientée dans ce but et dirigée par le prolétariat, la Commune de Paris de 1871, a duré 62 jours. La deuxième, le socialisme réellement existant de L'Union Soviétique, a duré 74 ans. Une telle tentative est toujours en cours aujourd'hui à Cuba, malgré l'hostilité implacable des États-Unis voisins, principales bases mondiales du capitalisme.

 

Le communisme n'est pas qu'un projet, c'est aussi le matérialisme historique, la science réelle de l'histoire, de la société et de l'économie, dont les linéaments ont été tracés par Marx dans Le Capital, chef d'œuvre de la pensée humaine, dont le premier volume, le seul qu'il ait achevé, a été publié en 1867. Cette science n'est pas enseignée dans les universités, on ne peut l'apprendre que dans les luttes, à l'aide des classiques de la révolution, et au premier chef dans l'œuvre de Lénine, à condition de n'y voir pas un dogme, mais un guide pour l'action.

 

Et qu'est ce que le communisme n'est pas ? Il n'est pas "le partage", il n'est pas "l'humain d'abord", il n'est pas la "citoyenneté", il n'est pas le retour au troc, ou la mise en commun de la misère. Le communisme n'est pas un lot de consolation pour les affligés. Le communisme n'est pas moral, il est réel, comme le seul horizon de l'humanité. Pour paraphraser Nietzsche, un de ses principaux adversaires pourtant, il est par delà le bien et le mal.



Et un communiste? C'est une homme ou une femme qui veut une révolution de la base économique et sociale, pour réaliser, à terme, le dépassement définitif de l'esclavage, et qui travaille et fait la guerre pour supprimer le travail et la guerre. Car le communisme est aussi "la lutte réelle qui supprime les conditions existantes".



GQ 21 septembre 2007 - complété le 6 octobre 2013 et 8 février 2014

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GQ 16/02/2014 10:48


Rosa Luxembourg a dit "la liberté, c'est la liberté de celui qui ne pense pas comme moi", et elle avait raison dans l'absolu, mais elle avait tort dans l'occasion où elle l'a dit, dans des
conditions de mauvaise information sur la situationc'est à dire pour critiquer le parti bolchevique qui venait de réussir la révolution d'octobre. car cette tolérance ne doit pas s'étendre à la
liberté d'agir contre moi dans une sitauton de guerre !

GQ 16/02/2014 10:39


En fait, comme les révolutionnaires de 1789 à 1794, les communistes se réfèrent en fait pour la vie quotidienne à une morale élémentaire, naturelle ou universelle mais acceptable par tous, et ne
sont pas obligés de prendre position sur les limites conflictuelles de cette morale, sur les cas difficile (comme l'euthanasie par exemple). De plus, comme l'opportunisme cynique est aussi une
morale, les communistes sont sur le rapport de la morale des gens tout à fait ordinnaires. Mais chacun sait que la morale ordinnaire n'a pas court dans la politique, ou alors seulement sous la
forme de l'hypocrisie. La victoire du parti communiste (au sens historique du terme et non au sens administratif) est un but supérieur aux normes de moralité. Mais le mépris cynique de ces normes
est en fait néfaste à la réussite de cette tâche historique. Il est donc de l'intérêt historique des communistes de respecter les conventions génralement acceptée que sont les "droits de
l'homme", mais n'acassaire aussi d'en exclure les agents historiques du maintien de capitalisme au delà de son stade de maturité historique.

GQ 10/02/2014 21:28


Pour répondre à une question : pourquoi "par delà le bien et lemal"?


Parce que , d'abord, les communistes ne reconnaissent pas la morale bourgeoise, ils lui en substituent une nouvelle. Lorsque l'on fonde une nouvelle morale, on n'est justiciable d'aucune.


Ensuite, le communisme reste fondamentalement un projet de l'ordre de la science, donc du réel et du rationnel, et non un jugement condamnant le réel au nom d'un monde meilleur, qui n'existe pas.


 

GQ 07/02/2014 20:14


Cette page, qui a été aussi publiée dans le Numéro 1 de "Unir les communistes" reçoit de plus en plus de visiteurs, et à mon avis ce suscès pour cette simple tentative de définition montre qu'il
y a tout un travail d'éducation populaire à faire, et que le public ne demande que ça. A condition de le prendre là où il est, c'est à dire bien loin malheureusement du monde des militants.