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Réveil Communiste

thèses de Michel Mélinand pour le PCF de demain

17 Avril 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

                               Thèses pour le parti communiste de demain


                              Appel à contribution (les thèses se modifient par un travail collectif)

 

1/ Introduction aux thèses


 2/ Quelques propositions


A/  Reconstruire, organiser le parti communiste révolutionnaire de demain pour qu'il œuvre par la classe ouvrière et les groupes de salariés, (employés, chercheurs, salariés des services de santé, de l’enseignement etc.) et non pas comme dans les expériences passées, pour la classe et toujours en s’inspirant des concepts marxistes pour le renversement du système capitaliste, vers le socialisme et le communisme

B/ Pour une large participation des travailleurs producteurs de richesses.

C/ Pour une nouvelle République faisant, dans les villes et les campagnes, une large part a l'organisation de contre pouvoirs nécessaires à l'exercice populaire de la démocratie ouvrant la voie au socialisme.

D/ Construire un nouvel internationalisme

E/ L’Europe

                                                        _____________________________

1/ Introduction

La situation politique et l'évolution du salariat dans notre pays depuis la fin de la guerre mondiale sont liées à la progression du capitalisme mondial dans sa phase de concentration des moyens de productions et d'échanges, dans son pouvoir de domination par la finance dans son étape de mondialisation capitaliste.

 

Depuis la disparition de L'URSS, quelles que soient ses erreurs, peu de forces se révèlent susceptibles aujourd'hui de contraindre ce capitalisme à une position défensive. Pendant les 70 ans d'existence du pouvoir soviétique les travailleurs du monde industrialisé ont pu forcer le patronat à concéder des avancées sociales considérables et les peuples opprimés ont reçu  très souvent un soutien à leur lutte de libération nationale.

Depuis la disparition de cet Etat le capitalisme tente de reprendre ces concessions, c'est bien l'orientation  actuelle des Sarkozy et autres politiciens, agents objectifs de ce capitalisme vainqueur d'une bataille, mais laquais impuissants de sa crise permanente.

L'idéologie bourgeoise, pour pérenniser le système, tente de cultiver un rejet de la révolution ouvrière de 1917. Cette bourgeoisie essaie, par exemple, de faire croire que le capitalisme est la fin de l'histoire,  que toutes idées contraires sont vouées à l'échec. De pseudos philosophes ou historiens écrivent sans fin des mensonges sur le premier pouvoir ouvrier. Les dirigeants de Vilnius, Varsovie, Prague, tentent de faire interdire le mot même de communisme pendant que dans le même temps ils réhabilitent les anciennes ligues factieuses et anciennes divisions SS de leurs pays respectifs.

 

L'évolution du travail dans notre pays depuis une cinquantaine d'années est caractérisée par moins de travail industriel, (plus de 2 millions de postes perdus depuis les années 80 rien qu'en France au profit des pays moins développés).Dans la dernière période les délocalisations se multiplient dans les secteurs de l'automobile, de la chimie, de l'électronique etc.   Elles entraînent  chômage, et repliement sur soi, égoïsme (culture propre au capitalisme), elles poussent les travailleurs à s'opposer les uns aux  autres, pour la protection de leurs propres emplois. Le redéploiement de la main d'œuvre dans les activités tertiaires (qui sont aussi productrices de plus value et de profit) s'opère souvent au prix d'une déqualification, d'une précarisation et d'une sous rémunération dont sont victimes principalement les femmes, les jeunes et les immigrés.

Ces conditions matérielles et idéologiques sont présentes dans la culture sociale de notre nation et particulièrement dans le PCF. Pour échapper à la régression, notre parti se réfugie dans des positions sociétales et un électoralisme poussé, tendant à accepter toutes les alliances possibles pour la conservation de quelques postes. Cette position droitière pousse ces dirigeants à transformer le parti en aile gauche de la sociale démocratie, nous pensons que cette " transformation  / disparition " est arrivée à maturité et les présidentielles constitueront avec le congrès du parti le seuil de non retour. Cette situation explique aussi le refus des dirigeants de mettre en pratique les principes marxistes de batailles des classes sociales.

Pendant ce temps la classe ouvrière et l'ensemble des salariés voient leur niveau de vie s'amoindrir. Techniciens et petits cadres,  aristocratie ouvrière et couches moyennes se voient prolétarisés. La paysannerie familiale est conduite vers sa disparition, pour baisser le coût de reproduction de la force de travail salariée .Tous sont aujourd'hui orphelins d'un parti et de syndicats révolutionnaires.

 

2 /Quelques Propositions

 

A/ Construire ou Reconstruire le Parti  en tenant compte de l'évolution du capitalisme


Depuis la révolution soviétique notre culture politique a été imprégnée par l'orientation d'un parti qui indiquait aux travailleurs ce qu'il fallait faire, l'objectif étant la prise de pouvoir politique par le parti " pour " ou au " service " de la population.

 

C'est bien d'une déviation du marxisme dont il s'agit ; qui, rappelons-le, appelle les travailleurs à briser leurs chaines par eux- mêmes, pour eux-mêmes. Il n'y a aucune raison pour eux d'accepter de déléguer en permanence ce rôle à des politiciens étrangers à leurs conditions productives et sociales. C'est bien le cœur du problème posé en URSS avec le développement d'une bourgeoisie bureaucratique, phénomène constaté très tôt par Alexandra Kollontaï (l'opposition ouvrière) et qui exige de notre part une réponse, sur les solutions alternatives à proposer à une délégation permanente dans l'appareil d'Etat.

 

Si ce sont bien les masses qui font l'histoire, si les masses attendent de la délégation de pouvoirs la réponse à la crise pour leurs acquis, nous, moins que quiconque, ne devons nous étonner que ces acquis partent à veau l'eau ! Les expériences de la gauche plurielle (entre autre) montrent bien qu’il est nécessaire que les élus à qui le peuple confie une mission doivent être révocables s’ils ne gardent pas les orientations précisées dans leur programme.

 

Dans la dernière période des idées ont circulé parmi les militants communistes ces idées laissent à penser que la " forme parti " n'est plus adaptée ! Ce n'est pas, selon nous, analyser le problème correctement ; le parti communiste de type révolutionnaire est nécessaire pour fournir aux masses des outils politiques en vue de leurs combats. Si les travailleurs ne s'y retrouvent plus ce sont les bases politiques et les formes d'organisations du mouvement ouvrier qui sont en cause.

 

Ce qui est nécessaire dans le mouvement des salariés, ce sont des diffusions popularisant les thèses de Marx et des marxistes qui lui ont  succédé, pour faire pénétrer les idées du changement radical de la société. Des efforts considérables doivent à présent être faits pour retravailler les idées sur ce terrain afin de battre l'idéologie bourgeoise. Ceci suppose la renaissance d'écoles de bases, d'écoles fédérales et de l'école centrale. Ceci suppose également de faire paraître des textes politiques fondamentaux  et de les diffuser à l'atelier ou au bureau. Il est urgent de reconstruire des cellules d’entreprise.

 

Nous devons échapper aux  analyses et pratiques économistes et nous consacrer à la bataille pour la disparition du capitalisme ; sans détour avec détermination, sortant de nos déviations droitières électoralistes, de leurs déviations politiques social- démocrates et réformistes, sans oublier les analyses médiocre concernant la réalité contemporaine qui sont pratiquées par cette direction nationale déficiente.

 

Nous devons travailler à l'organisation de rassemblements populaires mais  sur des bases qui mettent en cause le capital, avec des propositions qui attaquent ses fondements, la propriété privée des moyens de productions et d'échanges, ainsi que les moyens de domination par la finance du capitalisme ;  la réindustrialisation et le réaménagement du territoire. Si nous ne travaillons pas dans ce sens il ne faut pas s'étonner du désengagement des salariés à notre égard.

 

Reconstruire c'est aussi accepter l'avis de minorités dans un parti comme le notre. Rappelons que la vitalité du PC bolchevique avant et après la révolution, n'as jamais été égalée par la suite lors de la glaciation du centralisme (dit démocratique) et de l'interdiction des tendances ce fut la porte ouverte aux procès en sorcellerie de Moscou ou a Paris, ce fut la disparition de la démocratie dans nos organisations, ceci perdure aujourd'hui, masqué par des votes à répétions sans que les orientations ne soient discutées a priori.

 

Reconstruire ce doit être la volonté de faire rentrer dans la réalité que les directions politiques à tous les niveaux soient confiées à une proportion considérable de travailleurs en activité au détriment des permanents fonctionnaires et des élus du parti, (La direction nationale est saturée par ces derniers environ 90%)

Les méthodes de désignation des responsables a tous les niveaux doivent se faire démocratiquement dans le respect de la diversité des opinions des camarades. Les désignations doivent être faites par élections de la base vers la direction nationale et non par tous systèmes de cooptations ou de désignations du haut vers le bas.

Toutes les orientations doivent être connues avant les assemblées qui sont amenées à les discuter.

Les élus ne sont pas appelés a exercer leur propre politique mais doivent seulement appliquer les décisions des organismes compétents a tous niveaux ; les mandats ne pouvant être réattribués  éternellement.

Les alliances électorales

La question des alliances ne peut être disjointe de celle du projet final que nous entendons promouvoir.

S’en tenir au nom du réalisme aux seules alliances possibles au niveau des directions politiques, et fixer comme projet, le compromis qu’elles sont amenées à soutenir, ne peut déboucher que sur des relations conflictuelles et a-principielles.

Nous avons des alliés possibles pour les différents stades que le développement que notre société doit parcourir, (démocratisme républicain, socialisme, communisme).

Il s’agit pour nous et à chaque stade de convaincre ceux, dont les intérêts satisfaits, qu’ils peuvent aussi trouver une nouvelles source de développement et d’épanouissement dans les stades suivants.

 

B/ Pour une large participation des travailleurs


Le changement de société vers le socialisme (phase intermédiaire de lutte de classe pour aller vers le communisme), ne peut pas se faire sans la participation effective du monde du travail producteur de plus value et de profit. Ce sont les travailleurs manuels et intellectuels qui doivent faire naître et construire la société nouvelle socialiste ils seront accompagnés par les autres forces démocratiques de la nation.

 

 cette société devra être placée sous leur contrôle effectif et permanent par des organisations propres (syndicats révolutionnaires, multiples organisations de contre pouvoir etc.) .

 

Les comités d’entreprises seront appelés a jouer un rôle de contrôle sur les activités des entreprises y compris sur les orientations commerciales et financières de celles-ci. Ainsi que tout ce qui concerne les nouvelles implantations ou délocalisations

Les représentants ouvriers / employés de ces comités d’entreprises devront posséder des droits de vetos

 

C/ Pour une nouvelle République  

 

faisant, dans les villes et les campagnes, une large part a l'organisation de contre pouvoirs nécessaires à l'exercice réel et populaire de la démocratie, menant vers l'amoindrissement du rôle de l'Etat.

L'orientation marxiste de l'amoindrissement du pouvoir de l'Etat est un objectif prioritaire de notre politique mais que proposons nous concrètement pour y parvenir ?

Quelques chemins pour cette future république

1/Constitution d’une nouvelle chambre des représentants des salariés  Elus a la proportionnelle intégrale par collèges employés / ouvriers en majorité et avec des représentants des salariés cadre et maitrise.

Les prérogatives de cette chambre devraient s’exprimer sur les droits du travail, la politique d’industrialisation du pays, les décisions sociales etc.  Les lois issues de cette chambre ne pouvant pas être remises en cause par les autres chambres, (sénat par ex).

 

2/ pour éviter le bipartisme, suppression de l’élection du président de la république au suffrage universel.

Dans la période actuelle des candidatures communistes sont incontournables pour permettre la popularisation de nos propositions.

 

3/ retour aux scrutins a la proportionnelle intégrale.

 

4/ Révocabilité des élus par leurs électeurs sous conditions de référendums populaires, accompagné par l’obligation faite aux élus de pratiquer régulièrement et publiquement a des comptes-rendus de mandats

 

5/ limitation du nombre d’années de mandature, (il s’agit de faire en sorte que les élus ne deviennent pas des professionnels de la politique)

 

D/ Construire un nouvel internationalisme :

 

Créer une organisation révolutionnaire mondiale est dans l'air du temps, nous y sommes favorables. Il faut développer un nouveau projet économique et social mondial qui nous fasse rompre avec l'impérialisme. Mais une internationale a- principielle ou nostalgique de la social-démocratie d'avant 14, ne nous aidera pas, au contraire. L'internationale communiste nouvelle voilà ce qu'il nous faut. Nous devons multiplier nos efforts vers les autres PC d'Europe et du monde, participer aux assemblées qui tentent de mettre cette stratégie sur pieds.

 

E/ L’Europe :


Notre Pays est ancré sur l’Europe capitaliste ; cette institution dirige le démentellement des systèmes sociaux mis en place grâce aux actions des salariés qui se sont battus depuis des décennies  pour de meilleures conditions de vie et de travail, (nota les victoires de 36 jusque 81)

Le capital englué dans ses contradictions et ses crises est parvenu a la solution de la gouvernance Européenne pour tenter de reprendre les parts de plus values concédées aux travailleurs, répondant ainsi a son principe immuable de l’exploitation du travail a outrance pour augmenter les bénéfices toujours insuffisant aux yeux du capitalisme !

La social-démocratie accompagne le changement de la société qui est le résultat de la politique Européenne, ce qui ne peut nous surprendre mais par contre ce qui est détestable c’est de noter les positions du parti qui trop souvent sont des positions pro européennes et qui trompent les salariés sur l’impossibilité de changement concernant cette structure de gouvernance qui passe au dessus des nations

Il va sans dire que l’orientation d’un parti communiste que nous désirons doit fermement rejeter la CE et nous devons clairement préciser les axes politiques pour sortir de ce carcan de l’exploitation du capital mondialisé

Les premières mesures que nous pouvons mettre en avant :

 -Sortie immédiate de l’OTAN

-création de notre monnaie nationale, le Franc, sous l’organisation de la banque de France nationalisée

-dénonciation des traités entravant la politique sociale possible dans notre pays

-Nationalisation des grosses entreprises qui délocalisent

 

Groupe " unitecommuniste "

                                             (Mars - Avril 2010)

                                   Faites nous part de vos réflexions pour enrichir ces thèses

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