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Réveil Communiste

Syrie : quatre vérités pour ceux qui disent "on ne peux tout de même pas rester là sans rien faire"!

17 Juillet 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ

Ce texte a été publié le 2 mars 2012 sur RC, peu de chose ayant changé dans la passivité lamentable de la "gauche" antitrucmachin, je le republie tel quel (spéciale dédicace à "Acrimed" qui continue à faire l'autruche dans une affaire qui pourrait tout de même interpeler davantage un organisme qui s'est autoproclamé "critique des médias". Et au "Diplo" sans doute empétré dans ses alliances tacites avec les "frères"). Lire également : Intervention au CN du PCF du 16 janvier 2012 : le communiqué du parti sur la Syrie du 30 décembre 2011 est une erreur

 

Beaucoup de gens de gauche regardent trop la télévision et sont sous l’influence de ce qu’ils y voient depuis un an. C'est pourquoi ils restent fermés à la critique de l’impérialisme et de ses agressions contre la Syrie, et qu’ils disent avec des trémolos dans la voix « qu’on ne peut tout de même pas rester les bras croisés face à de telles atrocités ». Les arguments qui s’appuient sur la nécessité du respect du droit international ne sont pas compris, ou sont écartés avec mépris, car ils sont considérés comme négligeables face à la charge émotionnelle produite par les images savamment offertes en spectacle manichéen à l’opinion mondiale.


Il faudrait inlassablement leur rappeler quatre vérités ! Quatre points à ne jamais oublier dans cette affaire:


La vérité sur les faits qui se produisent en Syrie depuis une année n'est pas du tout établie, et contrairement à ce qu'affirment les participants au bourrage de crâne médiatique universel, la responsabilité du pouvoir est rien moins qu'évidente dans la majorité des violences qui se sont produites. Médias, presse, journalistes trahissent complètement leur mission d’informer et atteignent les sommets de la tartufferie. Cette campagne est particulièrement forte et efficace parce que des médias d’habitude plus ou moins opposés sur la question palestinienne y contribuent de concert, ce qui reflète au niveau de la communication l’alliance nouvelle contractée sous l’influence de l’administration Obama, entre intégristes musulmans et Occidentaux [note du 17 juillet 2012 : Sur ce premier point, on peut dire aujourd'hui sans crainte d'erreur que l'essentiel des atrocités qui ont lieu en Syrie depuis seize mois est à mettre au compte de l'opposition armée, de ses protecteurs de l'OTAN et des pétromonarchies, avec la complicité morale de 95% de nos médias. Et cela quoiqu'il en soit de l'entêtement d'une "gauche multiple" complètement à l'ouest à soutenir les assassins assoiffés de sang de l'opposition syrienne, bâtards de salafisme et de CIA qui ont hérité des meilleures qualités des deux parents ].


La victoire de l'opposition syrienne telle qu'elle est serait la pire des choses, sur le terrain elle est prise en main par les salafistes et d’autres obscurantistes violents, et son succès serait bien plus dommageable à la démocratie et aux droits de l'homme, et encore davantage aux droits des femmes, que la victoire du gouvernement, sans parler du fait qu'elle plongerait la Syrie dans le même chaos sanglant qui règne en Afghanistan, en Irak ou en Libye. A titre de comparaison, il faut savoir que la guerre américaine en Irak a causé la mort de 120 000 irakiens nommément identifiés, et une surmortalité globale dans le pays de l'ordre d'un million de personnes depuis 2003 qui s'ajoute au million causé par l'embargo de 1991 à 2003, tout cela dans un pays de 20 millions d'habitants à l'époque.


Il s'agit en fait d'une guerre internationale classique, d'une agression impérialiste qui utilise des moyens subversifs modernes mais pas si nouveaux pour qu'on s'y laisse prendre si facilement. L'opposition qui est soutenue de l'étranger et par le consensus médiatique est illégitime, elle représente bien davantage les pétromonarchies intégristes et les services secrets occidentaux que les Syriens eux mêmes. Ne pas s'y opposer, ne pas la dénoncer est impensable pour des militants un peu cohérents avec leurs principes et créerait un précédent très dangereux pouvant s’appliquer à n’importe quel pays indépendant déplaisant à l’Empire (Cuba, Venezuela, voire la Russie ou la Chine).


Le devoir de tout militant communiste digne de ce nom est de lutter concrètement pour la paix en s'opposant aux menées interventionnistes et néocolonialistes de son propre gouvernement, quelque soit le prétexte mis en avant par des gouvernants qui n'ont aucune crédibilité sur le plan des droits de l'homme.


Alors à ceux qui disent qu'on ne peut tout de même pas rester les bras ballants sans rien faire il faut répondre « en effet, il faut certainement agir contre l'agression occidentale en cours contre la Syrie, et pour empêcher celle qui est programmée contre l'Iran ».

 

Rappel du même auteur: Syrie : pourquoi la Russie et la Chine ont raison


GQ, 28 février 2012

 

ps pour info : Rencontre avec Samir Amin : « Washington ne veut pas libérer la Syrie, mais l’affaiblir »

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GQ 19/07/2012 21:03


Je conseille aux lecteurs de demander aux webmasters d'Acrimed pourquoi ils ne dénoncent pas les manifestes manipulations médiatiques sur la situation en Syrie. On sera surpris de la réponse !
chercher le formulaire contact ici : acrimed (observatoire des médias)

GQ 18/07/2012 17:30


En combinant des raids terroristes montés depuis l'étranger, des attentats ciblés, et des actions diplomatiques de harcèlement, l'Occident tente de faire céder la Syrie.  en démoralisant le
peuple. c'est une opération militaire d'un nouveau genre où les médias sont considérés comme un terrain décisif.

Jonathan 18/07/2012 09:42


D'ailleurs, je précise encore deux choses :
- à l'issue du coup d'Etat au Mali, le PCF a publié un communiqué exprimant son soutien au parti SADI, dit de gauche, qui était le seul à soutenir la junte militaire ; belle lucidité ;


- j'ai oublié de mentionné qu'Ançar Dine a connu une scission, le MUJAO, qui est une autre officine islamiste qui domine Gao.

Jonathan 18/07/2012 09:37


Sur le Mali, voilà ce que je peux vous dire. D'abord, c'est un pays très vaste, ethniquement non-homogène, puisqu'y vivent les Peuls, Touaregs, Dogons, Soninkés, Bambaras, Bozos, etc., chaque
ethnie avec ses propres représentations et sa propre langue. Les bambaras étant majoritaires, leur langue est la langue officielle, avec le français. Et depuis l'indépendance, le pays a toujours
été dirigé par un bambara, c'est-à-dire un noir du sud (je précise, car les Peuls, par exemple, regardent la couleur de peau de très près, par exemple sur le plan esthétique, et n'hésite pas à
dire "ce noir-là" à propos d'un bambara...) ; je précise aussi "du sud", car les touaregs vivent au nord, et que cette division, dans un pays si grand, est importante.


Historiquement, les touaregs ont toujours été réticents à l'idée d'intégrée la nation malienne, ceci depuis l'indépendance en 1960 ; certains disent que de Gaulle a délibérément composé les
frontières de ce pays pour l'affaiblir... toujours est-il que les touaregs ont périodiquement toujours animé une rébellion contre l'Etat central, depuis des décennies. Il est vrai, par ailleurs,
que celui-ci a massivement sous-investi dans le nord, au niveau de l'infrastructure, de la santé, de l'éducation, de l'eau, etc., et que le sentiment d'abandon des touaregs est légitime.


La situation au Sahel a commencé à se dégrader il y a plusieurs années, avec des enlèvements ou assassinats d'européens depuis au moins 2007 (Mauritanie) ; au Mali, il y a eu des enlèvements à
partir de 2010. Leurs auteurs sont des membres d'AQMI, qui est elle-même issue du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), héritier du Groupe Islamique Armé (GIA), issu d'Algérie
(ce qui nous ramène à la guerre civile de ce pays dans les années 90). En parallèle, l'islam s'est fait de plus en plus présent au nord du Mali depuis quelques années, par installation d'écoles
coraniques dirigées par des pakistanais. L'islam au Mali est cependant très ouvert, tolérant, et syncrétique avec les croyances animistes locales ; d'où l'importance accordée aux marabouts, aux
lieux sacrés, aux masques, etc.


Toujours est-il que depuis les enlèvements de 2010, le Mali s'est vidé de son tourisme, essentiellement parce que la France, qui en envoyait beaucoup, a classé ce pays en rouge et orange quant à
la sécurité ; il s'agissait peut-être, aussi, d'une façon de faire payer au président malien son refus de signer les accords de rapatriement des sans-papiers que Sarkozy a voulu imposer aux
Africains. Dans un pays si pauvre, la perte de l'activité touristique, notamment au nord (Djenné, Mopti, pays dogon, Tombouctou) a rendu la situation encore plus difficile, d'autant que les
saisons des pluies ne sont plus si arrosées, si bien que des graves problèmes alimentaires sont apparus ces dernières années.


Il y a eu ensuite l'élément déclencheur : la guerre en Libye. Beaucoup de touaregs travaillaient et combattaient pour Kadhafi, "rois des rois d'Afrique". A la tête du pays le plus riche du
continent après l'Afrique du Sud, il a largement arrosé autour, pour financer des projets agricoles ou de développement. Après l'échec de sa stratégie panarabe, le panafricanisme était devenu sa
ligne directrice. Et force est de constater qu'il jouissait d'une popularité importante en Afrique de l'ouest (je l'ai constaté au Sénégal, auprès de mes amis maliens, ainsi qu'au Burkina Faso),
notamment parce qu'il incarnait une forme de fierté face à l'arrogance occidentale ; le ressenti sur celui-ci est à nuancer, car entre Chirac, adulé en Afrique et chez les Arabes, et Sarkozy, qui
au contraire avait une image très mauvaise, la France a donné des images très contradictoire d'elle-même.


Toujours est-il qu'une fois Kadhafi battu, les touaregs à son service sont repartis chez eux, avec des armes. Ceci a abouti à l'ouverture de l'offensive de ceux-ci au Mali, en janvier dernier.
Face à la débandade de l'armée malienne (mal équipée, mal formée aux terrains du nord, car étant composée de noirs du sud, etc.), et alors que des élections présidentielles devaient avoir lieu
fin avril, des sous-officiers, dirigés par le capitaine Sanogo, ont renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT) le 22 mars, pour redresser l'Etat et l'armée. Sauf que ça n'a fait
qu'accentuer la déliquescence de l'Etat malien. Pendant ce temps, beaucoup de réfugiés quittaient le pays pour la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso. Et surtout, AQMI entrait dans la danse
en faisant alliance avec le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) des touaregs. Les objectifs de ces deux mouvements ne sont pas les mêmes : AQMI était composé d'arabes voulant
imposer la charia, tandis que le MNLA est composé de touaregs voulant libérer l'Azwad (région du nord du Mali) pour en faire un Etat indépendant et laïc ; il est à noter aussi, à titre
illustratif, que la place de la femme est très protégée chez les touaregs, et qu'elle y jouit d'une grande liberté (une femme fait ainsi partie de la direction du MNLA). C'est le MNLA qui a
déclaré l'indépendance de l'Azawad en mai. Mais un autre acteur est arrivé : Ançar Dine, issu d'AQMI, mais composé de touaregs prêchant un islam radical. Après une tentative de rapprochement
entre le MNLA et cette organisation en mai, leurs relations se dégradent en juin, au point que Ançar Dine finit par combattre le MNLA et le faire reculer partout. Ce sont donc les islamistes qui
prennent le contrôle de Gao, Kidal et Tombouctou, mais le MNLA qui a endossé tout le risque politique (déclenchement de l'insurrection, déclaration d'indépendance). Il y impose la charia,
violente femmes et enfants, et détruit les mausolées de la ville de Tombouctou inscrits au patrimoine de l'UNESCO, et issus de la longue et brillante tradition érudite de cette ville, haut-lieu
de l'islam savant, ayant su s'intégrer aux croyances locales. Se sont agglomérés autours des islamistes de l'Azawad toute la fine fleur de l'islamisme mondial : Afghans, Pakistanais, membres de
la secte Boko Haram du Nigéria, etc. Le Qatar est clairement identifié comme pourvoyeur de fonds et de matériel pour Ançar Dine ; mais de cela, la France ne dit rien.


Pendant ce temps, le capitaine Sanogo a quitté le pouvoir à Bamako, pressé par la CEDEAO, au profit de Diocounda Traoré qui, après s'être fait agressé dans son palais, est toujours en
convalescence en France ; le premier ministre est l'astrophysicien Cheik Modibo Diarra. Mais le pouvoir central malien semble paralysé, laissant les mains libres aux islamistes.


La situation est donc celle-ci aujourd'hui. Les Etats africains discutent d'une intervention militaire ; y sont favorables notamment le Tchad et la Guinée. L'Algérie est étrangement passive,
tandis que d'autres pays craignent la désintégration de la région. Mais une intervention militaire africaine se heurterait à l'hostilité des maliens, très jaloux de leur souveraineté. Pendant ce
temps, les USA, qui ont des bases au Burkina et en Mauritanie (au Mali je ne sais pas), observent attentivement, et la France, en tant que gendarme de l'OTAN pour l'Afrique de l'Ouest, également.
Il faut dire que, pour récupérer des otages (avec le succès que l'on sait), la France a déjà procédé ces dernières années à deux violation de l'intégrité territoriale du Mali, avec la Mauritanie
une fois, le Niger la seconde. La France ne semble pas vouloir participer aux combats les armes à la main, mais appuyer logistiquement les armées africaines, qui sont bien mal préparées, en
nombre et en technique, au terrain de l'Azawad.


La question que je posais dans un commentaire précédent est donc celle-ci. Alors que le PCF et la gauche en général n'ont pas été très virulents pour protester contre la guerre en Libye, qui
consistait à soutenir les milices islamistes contre la dictature, laïque, de Kadhafi, il semble que là, alors que l'adversaire islamiste est clairement identifié, le PCF se montre beaucoup plus
vindicatif contre une intervention armée. Il est très vrai, je le reconnais, que le risque de "somalisation" de la région est bien réel, et qu'une guerre n'ajouterait probablement que du malheur
au malheur ; et l'exemple afghan nous montre que les islamistes savent finalement bien gérer et combattre même face aux armées super-équipées. En même temps, je doute qu'Ançar Dine accepte de
quitter gentiment les villes du nord seulement avec u

GQ 17/07/2012 18:26


Sur le Mali :


le PCF condamne le projet d'intervention militaire avec le soutien direct de la France


Le PCF condamne le projet d'intervention militaire avec le soutien direct de la France Après Laurent Fabius, c'est le Président de la République lui-même, François Hollande, lors de son interview
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