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Réveil Communiste

Sur la réunion d'Aix du 30 avril, observations de Danielle Bleitrach

2 Mai 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

Post de Daniele Bleitrach, sous son article de critique économique : La situation en Grèce et dans d’autres pays signifie que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la crise par danielle Bleitrach’

 

Il contient un comte rendu désabusé et plutôt désespéré de la rencontre d'Aix du 30 avril. Comment créer un réseau de résistance ? LE VENDREDI 30 AVRIL 2010 à 19H00 Au 16 bis rue de la Fourane 13090 AIX EN PROVENCE

 

(...) Non nous ne sommes pas acculés, le peuple grec fait la seule chose de possible résister à cet ordre ou plutôt chaos mondial, et il le fait de la bonne manière, sans provocation, en isolant au contraire les “enfants” perdus et en privilégiant le travail de masse. Ils ne peuvent le faire que parce qu’il existe dans ce pays des organisations de classe digne de ce nom, autrement c’est à la fois l’aventurisme et la soumission… L’un va avec l’autre.


C’est ce qui se passe ici, la trahison des organisations comme le PCf et même les directions syndicales complètement inféodées, achetées par cette Europe, toute la combattivité dévoyée dans des groupuscules, y compris fascisants et parallélement le repliement de ceux qui n’avanceront que s’ils se sentent forts de la masse. Ce n’esdt pas qu’ils ne soient pas en colère mais ils n’ont pas confiance et ils n’ont pas tort, je partage leur sentiment.


C’est de cela que le capitalisme tire sa force. je le dis avec gravité les militants du PCF qui ont accompagné avec leur immonde suivisme cette dérive portent une lourde responsabilité dans ce qui se passe. Ils ont détruit le parti en croyant le conserver et ils continuent jusqu’à la caricature. S’il y a une critique à faire du stalinisme, du dogmatisme, de l’obéissance aveugle, c’est bien l’état où il laisse les hommes et les organisations. Si je suis prête à admettre les exigences de la lutte révolutionnaire et pour ce faire (comme j’ai tenté de l’expliquer dans Babel le révolutionnaire misérécordieux) faire violence à tout l’humanisme spontané qui revient à perdre, je crois que le PCf dans ce qu’il est devenu témoigne du fait que l’on peut totalement abandonner toute prétention à la lutte en conservant le dogmatisme et la soumission. On a les dirigeants que l’on mérite. La seule excuse est qur’il n’y a rien d’autre et que la lutte des fractions se donne des chefs qui n’offrent pas d’issue. C’est la réproduction en interne de ce qui vit le peuple français et bien d’autres dans le monde.


Quand il n’y a pas d’offre en matière d’issue politique y a-t-il responsabilité dans ceux qui se soumettent et entretiennent les pires dirigeants, peut-on accuser les français d’avoiir à leur tête un Sarkozy ? Peut-on accuser les militants communistes des chefs qu’ils se donnent à chaque congrès depuis la fin de l’Union soviétique? Doit-on accuser ceux qui sont partis, ou ceux qui sont restés en défendant l’indéfendable ? le fait est… Aujourd’hui encore ils acceptent des dirigeants qui proclament “nous sommes les meilleurs européens”, qui au lieu de se préoccuper de leur peuple qui souffre courent derrière une énième fraction qui depuis des années torpille de l’intérieur ce parti… Ils les supplient de “revenir”, est-ce pour cela que des gens ont donné leur vie ?
Dans une telle situation reste-t-il une issue et laquelle ?


J’ai fait des expériences, et partout je n’ai trouvé que groupuscules autour de gourous attachés à leur pouvoir sur des bases de secte. Plus intéressé à leurs problèmes internes qu’à ce peuple qui souffre et qu’ils prétendent servir. résister c’est bien mais encore faut-il savoir à quoi et à qui on résiste, et sous quelle forme. Les grecs ont tranché, ils ont puisé dans leur passé, dans la manière dont le capital leur a imposé la dictature et ils ont crié dans un premier mai massif “NON à la junte du FMI et de l’UE”, ils ont défendu leur souveraineté sur des bases de classe. Ils ont eu la chance d’avoir un parti communiste, un syndicat de masse qui refuse l’aventurisme et les rassemble. Voilà ce qui nous manque. le problème est que je suis pessimiste sur la capacité à le refaire surgir tant ce qui occupe le terrain est mortifère.

 

vendredi soir la réunion dont je vous avais parlé a eu lieu. Ce fut le constat désespéré et desespérant de l’état réel où nous avais mené cette autodestruction du PCF. je vais vous en faire une description que l’on pourra juger totalement négative, elle reflète simplement l’état réel de la situation et pour une part ce qui tue toute démarche groupusculaire. ce n’est pas la faute des individus, même si la description pouvait le faire croire.

 

Il y avait des vieux dont je faisais partie qui poursuivait leur rêve d’un ancien PCF, celui qu’ils avaient connu et qui aurait pu répondre aux exigences du moment. Ils étaient chacun à leur manière incapables de répondre à la bande qui s’était rassemblée et qui sans le savoir étaient des fascistes. Complexe! Sont-ils réelement des fasciste? ils suivaient Soral qui leur donnait “une formation”, ils refusaient Le Pen,et prétendaient que Soral avait rompu, mais au moins certains d’entre eux étaient admirateurs de Dieudonné , refusaient de reconnaître la moindre responsabilité dans la Shoa, et même dans le colonialisme, le fait que les germes de tout cela était encore vivace en eux était nié. Et ils ne comprenaient pas que cette négation les travaillait, les avait amené à supporter un Le pen, un Dieudonné. Et peut-être à comprendre que l’on tentait de développer en France la même idée que celle du colonialisme, l’existence d’une Europe protégée, dominant les Grecs, une nation supérieure aux autres, même dans le paternalisme, pour mieux à la fin imposer au peuple français les mêmes mesures que celles que l’on crée pour les Grecs aujourd’hui et demain pour d’autres… Tant que comme le disait Sartre, les français ne feront pas leur streap tease moral, ils seront (comme d’ailleurs une bonne partie des européens) prêts à toutes les aventures fascistes pour conserver cette vision dominatrice d’eux-mêmes… Le marxisme, le communisme avait presque réussi à partir de ce terreau français et de le mener à l’internationalisme, à la solidarité, mais en se détruisant il n’est plus resté que la niaiserie actuelle de la direction du PCf suivant le PS pour comprendre le monde sur la base de pseudo droits de l’homme, et le dévoiement de l’extrême-droite.

la plupart de ces jeunes gens étaient pour la plupart nés au sein d’une famille aparentée au PCF, mais ils en étaient les rejetons sans mémoire, décérébré et convaincus d’avoir été trahis, eux et leur chère nation française… Ceux qui avaient organisé cette réunion m’avaient menti, ils étaient en fait bel et bien ce contre quoi on m’avait mis en garde, ils avaient adhéré au pcf, mais ils n’y militaient pas , ils voulaient rester les chefs d’une bande de fascistes proche de Soral et Dieudonné. Il cherchaient comme, tous leaders groupusculaires à aller vite, et s’imaginaient qu’il leur suffisait de parler pour convaincre, ils ignoraient que de ce fait ils ne pouvaient qu’entretenir le repliement, autant sinon plus que la trahison des directions syndicales et politiques.


Le pire était qu’il y avait là un vrai désir de combat, de formation, l’un d’eux nous a expliqué pendant une heure qu’il était en train de lire Proudhon “philosophie de la misère” que c’était passionnant. Pour moi c’était terrible, la réponse de Marx “misère de la philosophie” avait disparu, c’était le retour à ce réactionnaire de Proudhon qui se conciliait trés bien avec le pétainisme et ce pauvre enfant, un jeune prolo, fils de cheminot était plein de bonne volonté autodidacte qui le conduisait vers le pire. Tout était comme ça, un véritable kaléidoscope de toutes les errances de l’autodidactisme militant.


Là nous sommes sur qui m’est apparu un point important: quand un jeune adhérait au parti, il trouvait un lieu de formation aux idées, à une culture autant qu’à l’organisation révolutionnaire, il savait qu’il avait à apprendre. Là, nous sommes dans la perversion de la transmission de toutes les formes de savoir, l’opposition entre les vieux et les jeunes. Avec son double effet négatif, l’impuissance de ceux qui se sentent vieillir et à qui la société n ie toute capacité tout en exigeant un plus long temps de travail, et qui sont prêts à toutes les démagogies pour avoir de jeunes combattants. Les jeunes en question qui viennent raconter du n’importe quoi et qui surestiment leurs “découvertes” qui n’en sont que pour eux.. C’est la destruction fondamentale de toute expérience au profit d’un jeunisme qui est et a été utilisé pour détruire les organisations. Résultat les “vieux” radotent, doutent d’eux mêmes au moint de répéter ce qu’ils ont répété une vie durant tandis que les jeunes inventent l’eau chaude.. Et quand cela se tend, on disqualifie l’autre par l’une ou l’autre catégorisation… Un vrai triomphe… Alors qu’il y a désir de formation, combativité.

 

Ce désir de formation et de combat était tout entier contre “le mondialisme”, l’impérialisme, la dimension de classe avait disparu derrière ce terme, leur haine de l’Europe trouvait aliment dans ce qui se passait en Grèce, chez nous, mais faute de comprendre cela tournait à vide, il aurait suffi de rien pourtant, ils étaient proches de ça, ils avaient fondé un groupe de presse qui allait dans tous les conflits sociaux de la région pour les populariser, ils faisaient de la video. Ils m’expliquaient en aparté que j’avais tort de les refuser, que s’ils soutenaient Dieudonné c’était parce qu’il était victime d’une injustice, Zemmour disait pire que lui et il conservait toutes ses positions acquises. Moi je ne pouvais pas… Que l’on me comprenne bien , ce n’est même pas parce que Dieudonné est antisémite, ces jeunes gens ne l’étaient pas, pas plus alors pour certains que la moyenne des Français, et de toute manière comme je ne cesse de l’expliquer ce ne sont pas tant les positions antisémites qui m’écoeurent mais le danger politique d’un dévoiement raciste quel qu’il soit, la confusion, le refus de comprendre dont le refus d’un positionnement dans l’espace et dans le temps. C’est une pensée illogique, à la recherche de bouc émissaires, sur des bases d’ignorance et de stéréotype. Sans parler de l’absence de confiance dans ceux qui peuvent mentir. La résistance dont nous avons besoin doit être non seulement de masse et pas aventuriste et groupusculaire, mais elle doit reposer autant sur une ethique que sur des positions de classe, de justice sociale, partir de la satisfaction des victimes du capital, et dans le même temps aller jusqu’à l’humanisme, à la cubaine. Mais comment dire tout cela ?

 

Et ceux qui étaient encore au parti, moi y compris, nous étions incapables de trouver les mots simples qui auraient aidé cette jeunesse complètement perdue… Il y avait même un membre du Comité national qui est venu nous expliquer sa lutte interne. Comme si ces gens avaient besoin de ça…

 

Il y avait un type relativement connu, très gentil, qui cherchait à fourguer ses obsessions, en l’occurence un mode de désignation des représentants du peuple par tirage au sort. Complétement fermé sur lui-même, il n’entendait rien d’autre que ce qu’il avait à dire, comme d’ailleurs le vieux militants qui était arrivé avec les texte du congrès du PCF dont tout le monde se foutait et qui expliquait que le PCF “avait changé” (qui ça interesse ?) et que toutes les réponses étaient là. Tu parles d’un changement.

 

Il y avait un pauvre gars, qui est venu nous dire qu’il représentait la FSM, c’était tragique si la FSM capable de se battre en Grèce avait choisi ce type de représentant national pour la France. Cela virait au cauchemar.

 

La quarantaine de personne rassemblée là cherchait désespérement les voies d’une force inexistante et faisait la preuve chacun à leur manière de leur incapacité à la construire. Mais nous étions tous pathétiques et héroïques, de temps en temps des choses fortes étaient dites mais elles étaient noyées dans l’impuissance et dévoyées dans des chemins sans issue. Personnellement peut-être est-ce que je me trompe, ce qui me paraissait fort c’était l’idée sous jacente que toute organisation avait besoin d’apporter à ses membres une solidarité effective, une aide réelle, parce qu’autrement les idées ça ne suffisait plus. On retrouvait la base du collectif populaire, la sécurité en situation de crise.

 

J’ai pensé avec desespoir au peuple grec, à la chance qu’il avait d’avoir les instruments d’une bataille collective, ce matin je lis le communiqué du parti communiste espagnol et du portugal, je m’y reconnais et je songe à cette débâcle du premier mai en France, qui dans le fond ne fait que reproduire celle de la réunion à Aix la veille.
En découvrant que les organisateurs m’avaient menti, je me suis dit que je n’allais pas me déshonorer moi et celui que j’avais connu , aimé, et qui pour moi dans une certaine mesure représentait la capacité de résistance du PCF en m’épuisant dans des quêtes vaines.

 

Donc je sais désormais que je vais continuer la seule résistance qui s’offre à moi, je vais poursuivre ce blog, tous les gens de ce vendredi soir croyez bien que je ne m’en moque pas, ils avaient en eux encore cette volonté de se rejoindre d’agir ensemble, mais le capital avait réussi son opération d’isolement, de division, d’incapacité à dire l’essentiel, chacun dans son obsession la plus isolante possible de l’autre y compris moi…

 

Pour le moment je n’ai pas de solution, la situation est bien celle de ce premier mai raté mais je sais aussi qu’alors qu’on s’y attendra le moins le peuple français repartira à l’assaut, voudra se battre et à partir de ce moment là peut-être beaucoup de choses changeront. je sais que les organisations telles qu’elles sont vont alors tout faire pour détruire, pour nous confiner dans l’isolement, mais je ne répondrai pas comme certains qu’il faut s’en passer et rester dans le mouvement parce que je ne crois pas au spontanéisme mais j’espère de tout coeur alors que ces organisations trouveront en elle la ressource pour balayer tout ça et pour se reconstruire sur d’autres bases, pas des luttes de fraction interne, pas le suivisme mortifère, mais la seule force, l’unité , la discipline, la formation et le combat où chacun retrouvera sa place. Nous en sommes apparemment loin et c’est pour cela qu’ils font ripaille mais peut-être je l’espère c’est le bout du tunnel, que chacun fasse ce qu’il peut.

Danielle Bleitrach

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