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Réveil Communiste

Succès électoraux du PC japonais, 3 articles

16 Décembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale

Un article de AC  (lu sur PCF Bassin) :

JCP

 

Percée historique du Parti communiste japonais avec 12 % des voix et 21 députés : son deuxième meilleur résultat depuis 1945 !

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Dans la deuxième puissance capitaliste au monde, le soleil qui se lève est rouge écarlate. Le Parti communiste japonais vient d'obtenir un des meilleurs scores de sa longue histoire, il est aussi le parti qui connaît la plus forte progression depuis le début de la crise.

Cela fait des années que la presse nippone prédit la fin du communisme au Japon. Quelle ironie, en 2014, le Parti communiste japonais (PCJ) réalise un score qu'il n'avait jamais connu durant toute la guerre froide, à peine égalé par son record historique de 1996 (13,1 %, 26 députés).

Le PC japonais double son score : de 3 à 6 millions d'électeurs !

Les élections législatives du 14 décembre ont vu le PCJ obtenir la confiance de 6 millions d'électeurs, soit 11,4 % des voix au scrutin proportionnel. Avec 21 députés, il obtient sa plus forte représentation parlementaire depuis 1996, gagnant 13 places à la Diète.

Le PCJ connaît un boom qui a totalement pris de court les instituts de sondage. De fait, il a plus que doublé son score. En 2012, il avait obtenu 6,2 % des voix, représentant 3,5 millions d'électeurs.

Selon les analystes, le Parti communiste a su incarner l'opposition au Parti libéral-démocrate (PLD) qui passe de 27 à 33 % des voix. Parti traditionnel du capitalisme monopoliste d’État, il a pris un tournant nettement nationaliste et belliciste sous la direction de Shinjo Abe.

Il talonne désormais le parti de centre-gauche, le Parti démocrate (18 %), une opposition timide si ce n'est complaisante ainsi que l'allié du PLD, le parti religieux conservateur Komeito (13%) et enfin la formation d'extrême-droite, nationaliste et néo-libérale Parti de l'innovation (15%).

Le PCJ a visiblement su convaincre, au-delà de sa base électorale traditionnelle populaire – le Parti n'est jamais descendu en-dessous de 5 % depuis 1968 – les électeurs mécontents et indécis, par son identité de parti incorruptible et opposé au système dominant incarné par le PLD.

Non à la hausse de la TVA, au Traité trans-atlantique et à la militarisation !

Son programme, simple, reposait sur quatre « Non » à la politique du gouvernement :

  • Non au pillage des travailleurs japonais au profit des monopoles : c'est le refus de l'augmentation de la TVA, déjà relevé de 5 à 8 %, et que le gouvernement veut faire passer à 10 %. Le PCJ propose à la place une augmentation du progressif Impôt sur le revenu ;

  • Non à la soumission, économique et politique, à l'impérialisme américain : c'est concrètement le refus de ratifier l'Accord de Partenariat Pacifique (TPP), l'équivalent du NAFTA pour l'Europe, un traité de libre-échange pour la zone Pacifique. Le PCJ continue par ailleurs à réclamer le départ des bases militaires américaines, notamment à Okinawa ;

  • Non à la relance de l'industrie du nucléaire : après la catastrophe de Fukushima en 2011, le PC japonais qui avait dénoncé la logique de privatisation du nucléaire, a proposé une sortie progressive du nucléaire ;

  • Non à la re-militarisation du Japon : cela suppose un refus de la ré-écriture de la Constitution pacifique du pays, écrite après 1945. Une ré-écriture imposée par les Etats-unis, voulue par certaines fractions du capital monopoliste nippon afin de faire barrage à l'émergence de la Chine populaire ;

Ce programme a visiblement rencontré les aspirations de millions d'électeurs. Le Parti aurait aussi profiter de sa remarquable structuration, qui lui a permis de réagir vite à la dissolution surprise de l'Assemblée nationale.

A Okinawa, le candidat communiste humilie le candidat du pouvoir !

Ce succès se mesure aussi à l'ampleur d'une victoire inédite depuis 1996. Il faut savoir que le scrutin au Japon est divisé en deux parties : une pour les 2/5 ème des députés à la proportionnelle, une autre pour les 3/5 ème des sièges sur la base d'un scrutin uninominal majoritaire à un tour.

Pour le PCJ, il est très difficile voire impossible de remporter une bataille électorale au scrutin majoritaire à un tour face à la puissance des partis traditionnels (PLD, PD), et son isolement dans cette scène politique dominée par l'anti-communisme.

Pourtant, en 2014, le Parti communiste japonais a réussi l'exploit de remporter un siège. Qui plus est face au Parti libéral-démocrate (PLD), avec ses réseaux de pouvoir, son clientélisme, sa légitimité bureaucratique et traditionnelle.

A Okinawa bien sûr, où il y a quelques semaines le candidat soutenu par le Parti communiste avait déjà remporté le poste de gouverneur, ainsi que la plus grande ville de l'île.

Cette fois, c'est un communiste qui a remporté un siège de député. Seiken Akamine est un ancien professeur de collège, conseiller municipal. Il a grandi près d'une base militaire à Okinawa, et a participé dans sa jeunesse aux mobilisations contre la guerre du Vietnam.

Okinawa était jusqu'en 1972 une île sous contrôle direct américain. Elle reste une île perlée de bases américaines : 32, abritant 26 000 soldats.

Le mouvement local contre les bases, contre la guerre est puissant. Il se mobilise actuellement contre la re-location d'une base sur l'île. Il a trouvé dans le Parti communiste, un relais fiable, un point d'appui fidèle depuis des décennies dans la lutte pour la paix et l'indépendance.

« Changer de nom ? Pas question ! »

Cela fait des années que le communisme connaît un regain d'intérêt au Japon. Un intérêt qui a circulé jusque dans la presse occidentale : les traductions du Capital en manga, l'afflux de jeunes précaires vers le Parti, la renaissance de l'original marxisme nippon.

En dépit des tentatives pour minorer cet intérêt renouvelé – ce à quoi les sondages ont contribué au Japon, ils ne donnaient que 3-4 % aux communistes ! – celui-ci est désormais indéniable, pour un Parti qui compte 400 000 adhérents, avec une publication quotidienne Akahata (le Drapeau rouge), qui dépasse le million d'exemplaires.

Le PCJ a une longue, riche et fière histoire. Persécuté sous le militarisme japonais dans les années 1930 et 1940, il l'a encore été dans le Japon autoritaire sous influence américaine, en particulier dans les décennies 1940, 1950 et 1960. Il a toujours représenté le parti de la classe ouvrière et surtout de la paix, de l'indépendance – y compris face à la Chine, l'URSS – et du progrès social.

Un parti communiste qui connaît un tel succès, pour l'idéologie dominante, il doit « se moderniser », « évoluer » donc « changer de nom ». Pour le président Kazuo Shii, pas question.

En août 2013, il avait déclaré : « Ce nom, de Parti communiste, c'est le symbole d'un parti qui ne change pas de cap ». Pour lui, ces partis qui changent de nom, font des coalitions éphémères, ne récoltent que la méfiance des électeurs. Le résultat de dimanche montre que c'est bien vu !

Bravo à nos camarades japonais qui ne mettent pas leur drapeau rouge dans leur poche ! Vive le Parti communiste japonais qui, à 92 ans, connaît une nouvelle jeunesse et est plus fort que jamais pour faire barrage à la re-militarisation du pays.

 

Deux articles sur le blog de Nicolas Maury :

Les résultats pour les scrutins à la proportionnelle sont tombés, le Parti Communiste Japonais remporte 21 députés (dont 1 sur circonscription) et 6,5 millions de voix (12,19% des suffrages). Il réalise son meilleurs score dans la région de Tokyo (15,37%) - article et traduction Nico Maury
6,5 millions de voix et 12,19% des suffrages pour le Parti Communiste Japonais (JCP)
180 députés pour la Chambre des représentants du Japon (chambre basse de la Diète) sont élus à la proportionnelle dans 11 grands « blocs législatifs » correspondant plus ou moins aux régions. Les 300 autres représentants, sont élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans des circonscriptions territoriales découpées dans les 47 préfectures du Japon.

Les résultats pour la proportionnelle montre l'extraordinaire percée du JCP pour ces législatives. Les communistes recueillent 6.505.459 voix (12,19% des suffrages). Le JCP double presque son score de 2012 (6,13%) et gagne + 2.816.300 voix en 2 ans.

Dans les « blocs législatifs », le JCP remporte son meilleurs score dans la région de Tokyo avec 15,37% des voix (885.927 suffrages). Dans les autres blocs les résultats sont positifs, le JCP n'est jamais en dessous de 9% des voix.

6,5 millions de voix et 12,19% des suffrages pour le Parti Communiste Japonais (JCP)
A Hokkaido, le JCP recueille 12,09% des voix (744.748)
A Tohoku, le JCP recueille 9,99% des voix (379.811)
A North Kanto, le JCP recueille 11,67% des voix (686.893)
A South Kanto, le JCP recueille 11,90% des voix (813.634)
A Hokuriku Shin-Etsu, le JCP recueille 10,14% des voix (315.071)
A Tokai, le JCP recueille 9,59% des voix (618.695)
A Kinki, le JCP recueille 12,84% des voix (1.084.154)
En Mer de Chine (Tottori – Shimane), le JCP recueille 9,19% des voix (285.224)
A Shikoku, le JCP recueille 10,12% des voix (158.848)
A Kyushu, le JCP recueille 9,13% des voix (532.454)

Les résultats des votes dans les circonscriptions ne sont pas encore disponibles.
Nicolas Maury

 

Les résultats électoraux sont bénéfiques aux communistes japonais. En plus des 20 sièges gagnés dimanche au scrutin proportionnel, le JCP remporte la 1ère circonscription d'Okinawa, une victoire historique car les communistes n'avaient plus de députés élus par circonscription depuis 1996 - article et traduction Nico Maury
Le Parti communiste japonais (JCP) remporte la 1ère circonscription d'Okinawa, une première en 18 ans
Le Parti communiste japonais est à la fête après la percée réalisée lors des élections législatives de dimanche. De plus il réalise une prouesse historique en remportant une circonscription électorale, le 1er district d'Okinawa.

"Je suis très heureux que nous ayons gagné un siège dans une circonscription uninominale" déclare le chef du JCP, Kazuo Shii, aux journalistes à Tokyo. En effet Seiken Akamine remporte l'élection dans le 1er district d'Okinawa, c'est une première victoire, en 18 ans, pour le Parti communiste dans une circonscription uninominale. Le JCP qui pensait remporter 14 sièges (contre 8 sortants) se retrouve à la tête d'un groupe de 21 députés.

Okinawa, une triomphe lié au travail des communistes contre la présence des militaires étasuniens

Lors de l'élection du gouverneur de l'île japonaise, le 16 novembre dernier, le candidat soutenu par le Parti communiste, Takeshi Onaga, avait vaincu Hirokazu Nakaima, le candidat du parti du Premier Ministre Abe (Parti libéral-démocrate).

Seiken Akamine
Seiken Akamine
Le Parti communiste japonais, depuis plusieurs années, menait des manifestations massives, pacifistes pour exiger le départ de la base étasunienne (Base de Futenma), située dans une zone densément peuplée. Le JCP a rencontré un soutien massif dans la population. Le premier ministre Abe souhaite déplacer la base US plus au sud, un scénario que refuse les communistes et les populations locales.

Okinawa est une île sous domination étasunienne depuis 1945, elle était sous administration US jusqu'en 1972. Il y a 32 bases et près de 26.000 soldats US sur son territoire (20 % du territoire est encore administré par les Etats-unis).

Le JCP, le retour en force de l’opposition

Depuis juin 2013, lors des élections à l'Assemblée métropolitaine de Tokyo, le JCP avait remporté 17 sièges contre huit avant l'élection. Lors de l'élection de la Chambre des Conseillers (sénat japonais), le parti communiste remportait des gains similaires, doublant presque ses sièges à la chambre haute et passant de 6 à 11 sénateurs.

Le JCP remporte depuis ces années de nombreuses élections locales. Il trouve au près de la population un écho de plus en plus important.
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