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Réveil Communiste

Stalinienne “pur sucre” ?

5 Mai 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

je ne le pense pas par danielle Bleitrach

by histoireetsociete

légende: photo de la salle de bain de Frida Kahlo par Iturbe...

En attendant les résultats de dimanche soit, quelques réflexions jetées comme ça sur un clavier de plus en plus défaillant et sur lequel je tape au petit bonheur la chance. Sur ce  blog, je vois un lien avec l'aricle que j'ai récemment écrit à propos du débat entre Hollande et Sarkozy. De qui s'agit-il, le site est anarchiste mais  j'y tombe sur le commentaire suivant: "un article d'une stalinienne pur sucre qui pour une fois ne dit pas que des conneries"... Gloup !!!

Honnêtement je crois que le qualificatif ne me convient pas. Non seulement parce que je n'ai pas de sympathie pour Staline mais parce que je suis au contraire convaincue qu'avec mon esprit de contradiction et ma langue bien pendue j'aurais terminé vite fait bien fait dans un goulag quelconque voir pire... Les véritables staliniens sont ceux qui sont du côté du manche et approuvent toujours, ils font carrière et aujourd'hui il y en a peu qui sont au PCF mais s'il en reste ils sont les plus fidèles soutiens de la direction quoiqu'elle dise ou fasse, ce qui n'est vraiment pas mon cas... Si je suis une stalinienne je suis la plus incapable de la catégorie, frappée de censure par tous de la presse bourgeoise à l'humanité qui pourtant n'est pas trés regardante ces derniers temps, même chose pour la plupart des sites, je combat le négationnisme de ceux qui se prétendent d'extrême-gauche autant que l'alignement sur les idées reçues des autres dont je continue à estimer qu'elles ne sont souvent que ragots liés à l'ignorance... Bref je suis arrivée à être la seule de mon avis ce qui est aux antipodes de la pratique stalinienne autant que la preuve que je n'ai aucun sens politique.

Autre chose et le fait que j'ai la passion de l'Histoire plus encore que de la politique et que rien ne ménerve plus que la manière dont on trafique le rôle de l'URSS. La notion de totalitarisme me donne des boutons et je ne suis pas la seule, de nombreux historiens considèrent qu'il y a dans cette notion idéologique un empêchement à étudier la spécificité de la société soviétique  par rapport à des dictatures fascistes qui se sont ingéniées pour tromper les masses à copier la dite expérience socialiste. je considère qu'il faut étudier cette expérience socialiste en Union soviétique et ailleurs, en faire une analyse sans complaisance mais sans suivre les propagandes qui ne cessent de se développer pour nous faire considérer qu'il s'agit de la fin de l'Histoire.

Si la contrerévolution néo-libérale en tant qu'espérance libératrice n'a pas duré plus de dix ans son influence se poursuit comme l'erre d'un bateau pourtant arrêté et jetant sa marée noire autour de lui. Les victimes de cette pollution d'un capitalisme sénile contemplent impuissant le désastre, semblables à des oiseaux englués dans la nappe noire. La force d'inertie dépend de l'absence de perspective politique à la hauteur de enjeux, cela  pese sur nous non seulement en,accentuant le poids de la crise mais en menaçant de nous entraîner vers un maeleström, le fascisme si le capital doit recourir à cette solution pour nous imposer ce dont nous ne voulons pas. un certain nombre d'entre nous commencent à le percevoir. Il y en a même qui se demandent s'il ne vaut pas mieux s'abstenir puisque les dés sont pipés et que la Constitution ni le système électoral ne laisseront le moindre espace à un candidat qui romprait le consensus de l'espace "légitime". Mais ce serait selon moi ne pas voir à quel point Sarkozy a plus fait pour légitimer et renforcer l'extrême-droite que n'importe qui et qu'il a toute chance s'il est élu d'amplifier la tendance. Mais quels que soient les résultats le danger est là. Nous sommes entrés dans "cette carrière-là" et le chemin menace d'être plus dramatique que ce que nous ne le voulons. Donc il nous faut impérativement démonter l'idée que l'on peut changer "un petit quelque chose" pour que tout aille mieux, la déception qui s'en suivra sera terrible et fera encore avancer "la bête immonde". Si c'est prévoir cela que d'être stalinienne, alors j'accepte le qualificatif mais si cela signifie que j'adhère à un quelconque despotisme c'est tout à fait le contraire.Je propose au contraire que l'on fasse porter toute notre réflexion sur ce qui peut renforcer cette intervention populaire et lui donner un poids de résistance et de transformation. Cette force là ne peut pas être une simple machine électorale, un spectateur actif de temps en temps, elle a besoin d'idées forces matérielles autant que d'organisations.

Si affirmer cela c'est être stalinien alors je suis  stalinienne mais je ne le crois pas, le stalinisme - la fin de l'Union soviétique l'a prouvé- multiplie les appareils inertes et les bureaucrates aptes à se retourner pour prendre leur part du gâteau tandis que les autres qu'on a habitué à la légitimité des directions et la croyance dans l'infaillibilité du dogme dirigeant sont frappés de paralysie. Pour autant je ne crois pas que l'UNion Soviétique n'ait pas eu un caractère socialiste, il a fallu la détruire pour imposer le retour au capitalisme. je pense avec les historiens de l'Ecole de cambridge que nous avions à faire avec une réalité trés contradictoire qu'il faut étudier non comme un objet sacré de propagande mais comme un objet historique. Et il faut combattre la caricature qui est faite pour nous interdire de penser toute révolution au point que ce sont désormais les acquis de l'école historique française sur notre révolution qui sont tronqués.

La ridicule utilisation du drapeau rouge par Sarkozy pour transformer Hollande en Joukov fonçant sur l'épargne des français à la tête de tanks de la deuxième guerre mondiale prouve à quel point il y a ignorance de l'Histoire de France et du caractère autochtone de ce drapeau. L'histoire des vaincus, celle des révolutionnaires doit être ignorée comme dans toutes contrerévolution.

Nous sommes à cause de cela enfoncés dans une vision réactionnaire qui ne relève pas de l'Histoire mais bien d'un enjeu politique immédiat et qui engendre des perceptions de ce qu'est la dite Histoire complètement absurde, jamais nous n'avons été depuis le siécle des lumières ballotés ainsi entre un fatalisme sur une nature humaine éternelle qui comme par hasard correspond à l'avidité capitaliste et une vision irrationnelle des processus sociaux commandés par une petit nombre d'acteurs malfaisants en complot permanent. Je pense que certes les complots existent sans eux on imagine mal la fin d'Allende et celle de Mossadegh, mais les complots n'ont sur'une incidence secondaire sur le cours de l'histoire et leur réussite dépend de contradictions sociales à l'oeuvre. Tout voir en terme d'acteurs malfaisants et conscients est simplement le pendant du fatalisme des masses. Si penser cela est être stalinien alors je le suis mais je ne le crois pas parce que justement je crois que l'acceptation du despote ne peut être limité à cette caricature d'un maître tout puissant... Il faut réfléchir aussi et c'est urgent sur ce que La Boétie appelait "la servitude volontaire" et là c'est urgent parce que nous sommes en plein dedans...

Le fatalisme, l'acceptation s'ancrent sur des visions politiques de l'histoire dans lesquelle nous baignons;  il y a ceux qui ne voient que dans le retour au passé, la peur de tout développement scientifique considéré comme porteur de destruction de l'âme humaine la seule issue face à la crise du capitalisme. Il y a ceux qui veulent bien convenir que la société démocratique, les aspirations égalitaires sont issues de la Révolution française, qu'il n'y a eu de progrès dans le monde que comme le résultat d'une intervention populaire, ce que dans d'autres temps ils auraient appelé la lutte des classes oui mais ceci est bon pour le passé, voir pour les sociétés du Moyen Orient mais certainement pas pour la France. Là le produit de la Révolution doit être momifié dans des procédures archaïques. Bref le progrés, l'amélioration de la condition humaine dans la crise que nous traversons est devenue une lutte a-historique, l'histoire s'arrêtant à un antagonisme éternel entre la raison humaniste et l'irrationnel feodalo-absolutiste. Et ce sont les plus "progressistes" ce qui les conduit non seulement à toutes les compromissions mais encore à lire le mouvement du monde avec ces lunettes là.Et on les retrouve de ce fait en train d'appuyer toutes les expéditions impérialistes au nom d'une conception momifiée de "la révolution". Comme d'ailleurs ici en proie à la fatalité de la domination des marchés et du capital, tentant simplement de dégager un peu de justice...

Alors oui je crois qu'il y a là une vision de l'histoire à repenser et je suis tellement peu "stalinienne" que je souhaite une véritable analyse du stalinisme pas de caricature mais une reflexion sur ce que serait une véritable révolution, pas une aventure sanglante qui est en général celle de la contre-révolution et de l'affrontement mais bien une réflexion de fond sur la nécessité d'une intervention populaire pour changer radicalement cette société qui en a bien besoin.

Danielle Bleitrach

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GQ 11/05/2012 10:35


Il y a beaucoup de vrai à grands traits dans ce commentaire, mais il néglige la contradiction de la bourgeoisie mondiale sans laquelle l'URSS aurait été écrasée dans l'isolement. Le rôle de la
bourgeoisie antifasciste en occident est important, en particulier dans l'entourage de Roosevelt. Il néglige aussi le rôle du patriotisme en Grande Bretagne, en Chine, et même en France


Sur Staline, moins le fait de condamner des communistes, car la détention d'une carte du parti ou d'un passé glorieux ne justifie pas qu'on se place au dessus du sort commun, je lui reproche
d'avoir infligé, laissé faire, ou de n'avoir pas annulé dans tous les cas des châtiments collectifs injustes, justement par leur caractère collectif (koulaks, officiers polonais, peuples du
Caucase et de Crimée, répresson indifférenciée contre le peuple Allemand et les prisonniers en 1945, etc). c'est le seul point des accusations du rapport K au XXème congrès qui sonne juste.


Encore faut il observer que ce n'est pas S seul mais le groupe dirgeant entier qui en porte la resposabilité. de plus il semble qu'à partir de 1948 le contrôle effectif de Staline sur groupe
dirigeant s'affaiblisse nettement au profit des factions béria et Khrouchtchev (comme ce qui est arrivé à mao entre 1959 et 1965 : encensé, mais réduit à l'impuissance).

CCL 11/05/2012 09:30


Oui, rendons a Staline ce qui appartient a Staline!


Il suffirait meme de citer la creme de la creme de la bourgeoisie.


Par exemple, un certain Winston Churchill: "Staline est entre sur la scene dans la Russie des charrues, il l'a quittee dans la Russie des piles atomiques".


Et pourquoi pas l'imperialo des imperialos Henri Kissinger a propos du pacte de non-aggression d'aout 39 : "Staline a reussit le coup de poker le plus genial de l'histoire"


Si l'on ne doit pas rejeter en bloc l'oeuvre du fils de serfs du Caucase, on doit aussi admettre ses fautes et ses crimes. Et quand je dis crimes, je ne parle pas des violences de la
revolution a l'encontre de classes coupables de 20 siecles de sevices contre les damnes de la terre russe (tsars, feodaux, koulaks, capitalistes). Classes dechues qui n'hesiterent pas une
seconde a faire appel aux armees de 14 puissances etrangeres pour "etrangler le bolchevisme au berceau" (pour reprendre une autre expression de Churchill)


 Non pour moi , les crimes de Staline, ce sont les violences a l'encontre des camarades honnetes, la plupart bolcheviks, qui furent accuses comme "ennemis du peuple" durant les annees
"d'espionnite aigue" (1937-1939).


J'ajouterais que Staline a fait preuve d'une certaine naivete par rapport a ses illusions sur la "grande alliance" a partir de juin 41 (URSS-USA-Angleterre).


La "guerre froide" etait totalement previsible, elle ne fut pas l'effet de la 2eme guerre mondiale, ELLE EN FUT LA CAUSE !!!


Le grand capital US a finance l'industrie lourde allemande dans les annees 30, car le nazisme protegeait leurs investissements contre "les desordres" et demontrait comment mater les
"velleites revolutionnaires".


Les bourgeoisies anglo-francaises ont vu dans Hitler l'occasion de revee de regler son compte a la "peste bolchevique" une fois pour toutes. Ils ont pousse Hitler dans la direction ou il
penchait, "nach osten" , vers l'est. Jusque meme au debut 1939, Chamberlain confiait a l'ambassadeur nazi, sa sincere admiration pour ce qu'avait accomplit le Fuhrer
"dans notre lutte commune contre le bolchevisme".


C'est alors que Staline fit sa prise de judo historique "geniale" en retournant contre les anglo-francais le poignard nazi qu'ils tendaient contre l'URSS (pacte de non-aggression avec
l'Allemagne).


Quand 22 mois plus tard, Hitler passa aux choses serieuses et entrepris sa croisade anti-bolchevique, un certain senateur US du nom de Harry Truman dit tout haut ce que les dirigeants americains
pensaient tout bas : " Si nous voyons les allemands gagner contre les russes nous devrons aider la Russie, si nous voyons les russes gagner, dans ce cas nous devrons aider l'Allemagne, car ce qui
compte c'est qu'ils s'entre-tuent le plus possible"


De 41 a 44 les anglo-americains refuserent d'ouvrir un second front en Europe, en donnant les pretextes les plus divers. La verite est qu'ils voulaient que les russes et allemands
"s'entre-tuent". Ils savaient que la defaite d'Hitler n'etait qu'une question de temps, mais ils escomptaient que celui-ci saigne a blanc le bolchevisme. Une strategie tres pointue mais qui
pouvait se retourner contre eux, ce qu'ils ont compris apres Stalingrad. Les sovietiques avaient le vent en poupe du Caucase a la Baltique. Les guerillas anti-nazies dirigees par les
communistes faisaient gronder  l'Europe de la Mer Noire a l'Atlantique.


Le risque existait que les chars qui defileraient sur les Champs Elyses un de ces jours , soient ornes de l'etoile rouge plutot que de l'etoile blanche.


 Les anglo-americains se sont alors rues sur la Normandie, moins pour ecraser la Bete Immonde que pour endiguer le tsunami rouge.


La preuve , les nazis ont laisse rentrer les armees anglo-US en Allemagne comme dans du beurre en leur opposant guere plus d'une dizaine de divisions de combat. A l'est par contre , ce furent
plus de 100 divisions, toute vouees au combat qui ont acceuilli l'Armee Rouge.


Juste pour la prise de Berlin en mars-avril 45 , l'URSS a perdu plus d'hommes que l'US Army durant toute la 2eme guerre mondiale sur les 2 theatres d'operation (Europe/Pacifique).


Le fleuron de l'US Army , Patton, osa meme proposer en mai 45 de RE-armer les divisions Waffen SS pour aller "botter le cul" des rouges !


Et malgre tout cela, Staline accorda aux anglo-americains-francais des zones sur Berlin. Il n'avait pas a le faire. Ils le remercierent en recyclant des milliers de nazis dans
leurs services secrets. Au meme moment les piliers economiques du regime hitlerien se muterent du jour au lendemain du nazisme a l'atlantisme, de la facon la plus naturelle et indolore. On se met
bien a leur place car "bizness is bizness"


Notre ancien senateur US Harry Truman devint alors president, et le reve naif de Staline d'une Grande Alliance entre puissances anti-fascistes partit en fumee , comme le champignon
nucleaire de Truman a Hiroshima-Nagazaki.

GQ 09/05/2012 17:31


En fait il ne s'agit pas de réhabiliter Staline pour choquer le bourgeois, mais de combattre les accusations injustifiées contre lui et l'URSS de son temps et les lieux communs de la propagande
de guerre froide qui circulent maintenant dans les médias et les programmes scolaires pratiquement sans contradiction, et qui étayent une œuvre de diabolisation du communisme et de la révolution
de très longue portée.


Et cela signifie aussi qu'il y a un résidu important dans la politique stalinienne qui reste condamnable, du point de vue de l'intérêt de la révolution même, et de la morale élémentaire, qui vont
ensemble. En faisant bien entendu la part des circonstances et de l'esprit des temps qui a considérablement changé.


Le stalinisme, on peut le regretter, mais il est indissociable de l'aventure révolutionnaire du siècle dernier, et de la victoire contre le fascisme, comme la Terreur est indissociable, que ça
plaise ou non, de la Révolution française. Sans terreur, sans "stalinisme", ces expériences nécessaires auraient été prématurément vaincues.

Luis 09/05/2012 12:13


erreur ! le seul vrai stalinien pur jus de la toile, c'est le stoni 1983 ! et lui il s'en vante et il le revendique avec un sens de l'humour qui manque à bien des blogueurs !

marcel raym 06/05/2012 05:33


Merci pour la photo ! Frida et Diego ont été exclus du Parti parce qu'ils avaient pris fait et cause pour Trotski qu'ils ont accueilli chez eux. Frida a eu une liaison avec Léon. Après la
guerre Frida est devenue 'une stalinienne pur sucre' consacrant à Joseph ses derniers tableaux. Elle avait sur le montant de son lit les photos de Staline et de Mao. Hollywood qui a fait un film
pas trop mauvais sur le sujet avec madame François-Henri Pinault dans le rôle, insiste sur Trotski et oublie totalement le pur sucre. Comme quoi la lutte idéologique est partout.


Dans la file d'attente pour le film j'ai vu sortir de la salle successivement Jack Lang ravi et un peu plus tard Arlette Laguiller épanouie... ça ne s 'invente pas .