Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Sécurité, insécurité Lettre de la gauche communiste n° 44 - septembre 2010

2 Septembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Publications



L’été 2010 a été instructif à plusieurs titres. Le tour de vis sécuritaire du pouvoir est la preuve des difficultés du gouvernement Sarkozy-Fillon, qui cherche à rallier l’électorat le plus rétrograde pour poursuivre sa politique de régression sociale.

L’« affaire Woerth-Bettencourt » est une véritable boite de Pandore. Tous les scandales qu’elle met à jour – les ordres donnés au plus haut sommet de l’Etat pour protéger la milliardaire en empêchant des contrôles fiscaux ; l’argent liquide distribué généreusement par Mme Bettencourt pour financer la campagne présidentielle de l’UMP ; la légion d’honneur demandée par Sarkozy lui-même pour le gestionnaire de fortune de la famille Bettencourt ; le recrutement de la femme du ministre Woerth par ce même gestionnaire de fortune ; le licenciement abusif des délégués syndicaux de Molex sur ordre d’un conseiller du ministre par ailleurs avocat de Molex ; le bradage de l’hippodrome de Chantilly par le même ministre… illustrent la malhonnêteté foncière des élites qui se servent de l’Etat pour défendre des intérêts privés.

Comme elles n’ont aucun sens du bien commun, elles prétendent « réformer » le système en cassant tout ce qui peut freiner un tant soit peu l’exploitation capitaliste. Et pour faire passer la pilule, Sarkozy, Fillon et Hortefeux lancent en pâture à la vindicte populaire les plus précaires, Tsiganes, sans papiers, « jeunes » des « quartiers » selon la novlangue en vigueur.

Mais qui sont les véritables criminels ? Les pauvres qui survivent en ramassant dans les poubelles ? Les sans papiers exploités par le patronat ? Les personnes qui se révoltent ? Les petits délinquants ? Ou les grandes fortunes, qui accroissent leur capital en pressurant les salariés, en délocalisant, en organisant en un mot l’appauvrissement du pays et de sa population ? Et que dire des responsables politiques qui les servent, avec leurs lois de casse sociale, et leur pendant, les lois liberticides ?

Dès aujourd’hui se profilent les élections présidentielles de 2012. Nous ne sommes pas naïfs : nous savons parfaitement que l’indignation vertueuse des socialistes est liée à cette échéance électorale. Le véritable problème n’est pas tant les lois liberticides que la politique de régression sociale systématique du gouvernement. Si demain Strauss-Kahn est élu président, il appliquera la même politique que Papandreou, président de la 2e Internationale, en Grèce. En un mot, la même politique que Sarkozy. Martine Aubry ne fera pas mieux. En tant que communistes, qu’on ne nous demande pas à nouveau de choisir entre la peste et le choléra.

La seule alternative, c’est un mouvement social fort, qui fasse reculer le pouvoir actuel. Elle passe par la reconstruction d’un Parti communiste de lutte, qui soit l’expression des classes populaires, et qui fasse pression sur le pouvoir pour ne pas rééditer les expériences calamiteuses de 1981-1984 et de 1997-2002.

Nous avons des rendez-vous immédiats comme la manifestation du 7 septembre pour la défense des retraites. Mais nous ne nous laisserons pas embringuer dans une nouvelle alliance de type gauche plurielle, qui ne sera bénéfique ni à notre peuple ni à notre parti. L’urgence, ce ne sont pas des tractations en vue d’hypothétiques strapontins ministériels, mais la participation des communistes à un mouvement populaire d’ampleur contre les politiques d’austérité imposées par l’Union européenne et contre la casse des acquis sociaux.

Brèves
La chasse aux Roms est ouverte

Un ministre parade à la télévision pour expliquer que les Roms sont responsables de 20 % des actes de petite délinquance en France, et que les expulsions vers la Roumanie et la Bulgarie sont donc parfaitement justifiées. Evidemment, aucun journaliste ne lui demande d’où viennent ses chiffres.

Les partis, les associations, les responsables religieux et même l’Union européenne trouvent que le gouvernement français en fait beaucoup trop.

S’en prendre aux Roms d’Europe de l’Est, ça ne coûte rien, mais ça risque aussi de ne pas rapporter grand chose, sauf une réprobation générale.

Déchoir de la nationalité française…

Nouvelle escalade dans la démagogie : la proposition de Brice Hortefeux de déchoir de la nationalité française les personnes qui auraient commis des délits.

Prenons Brice Hortefeux au mot et exigeons la déchéance de la nationalité française tous les fraudeurs qui pratiquent l’évasion fiscale en Suisse, à Monaco, en Belgique… privant ainsi notre pays de rentrées fiscales appréciables. Voilà un moyen efficace de lutter contre la délinquance en col blanc.

Aide médicale d’Etat : taxer les plus pauvres

Le gouvernement a trouvé de nouveaux boucs émissaires dans les personnes prises en charge par l’Aide médicale d’Etat (AME). Il propose de faire payer un « droit d’entrée » de 30 euros par an. Cette mesure va priver de soins des milliers de personnes très pauvres qui n’ont pas les moyens de payer une telle somme.

Les salariés étrangers employés par les grands cabinets d’avocats internationaux, les grandes banques d’affaires, les multinationales… qui ne cotisent pas, mais qui bénéficient tout de même de la couverture sociale française, ne font curieusement pas l’objet du même traitement. A quand une évaluation de ce qu’ils coûtent à la Sécurité sociale ?

Rentrée scolaire : vive la réforme !

Avez-vous entendu le ministre de l’Education nationale ? Les IUFM sont fermés, plus de 11 000 postes sont supprimés, plus de 2 millions d'heures n'ont pas été remplacées l'année dernière, plus de 1 800 nouveaux enseignants vont devoir enseigner sans aucune formation.

Mais le ministre l’affirme, tout se passe pour le mieux. Qu'est-ce que ce serait si les choses n'allaient pas bien !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

pierre-yves gautier 03/09/2010 17:41



je viens de lire un article où Jo Briant militant de gauche, ancien professeur de philosophie, bien connu à Grenoble dit qu'il ne quittera jamais la Villeneuve de Grenoble malgré tout ce qui s'y
est passé (en juillet 2010 et avant) :


http://www.gauchemip.org/spip.php?article13732


Extrait :


"comment expliquer que le quartier de la Villeneuve, dont la création remonte aux années 72 sur la base d’une utopie collective qui a effectivement été essayée et réalisée partiellement jusqu’aux
années 90, se soit à ce point« ghettoïsé », appauvri, dégradé à ce point ? Pourquoi cette concentration progressive d’une population de plus en plus précarisée, en grande majorité
d’origine immigrée, en état de grande souffrance économique et sociale, notamment les jeunes dont au moins 50% sont sans emploi et sans aucune perspective ? Avec la fuite parallèle d’une
proportion significative de la classe moyenne intellectuelle, dont je fais partie, dont beaucoup d’éléments n’ont pu supporter cette dégradation ?"


Pourquoi Jo Briant ne veut pas répondre à toutes ces questions dont il connaît la réponse ?


Pourquoi, alors qu'en tant que militant du PG, il pourrait désigner les élus du temps de Carignon qui ont "chargé" la villeneuve de toutes les familles primo arrivantes.


Parce que oui, il y a bien des responsables du peuplement, et à Grenoble (+ agglo), ce sont les élus qui proposent les candidats aux logements vacants aux commission d'attribution des organismes
(unique en France ou alors très rare).


Et quand les élus sont, comme à Grenoble-ville présidents de Office Municipal HLM, tout est verrouillé : les élues de Carignon s'y sont données à coeur joie.


Pourquoi Jo Briant est gêné de dénoncer ce que les élues de droite ont fait en matière de peuplement ? 


Parce que ce serait reconnaître que le comportement des familles du maghreb ont posé problèmes dans de très nombreux cas et qu'il faudrait critiquer toutes les politiques d'immigration en France.


Jo Briant intervient 30 ans après, à la limite de la rupture, mais j'ai discuté récemment avec un camarade qui choqué lui aussi par les émeutes de la Vileneuve voisine me parlait du début des
années 70 au moment où les familles maghrébines arrivaient à la Villeneuve d'Echirolles dans une petite opération de 230 logements (quartier du Limousin devenu complètement infréquentable lui
aussi) et du temps qu'il passait avec les gamins pour tenter de calmer leurs comportements inciviques (c'était un prof dans une AFPA et il pratiquait ailleurs les publics en question).


Essayons entre camarades de se dire les choses !


Ceux qui traitent de racistes ceux qui parlent de ces problèmes sont disqualifiés : ils n'y connaissent rien !


Au boulot, camarades



el diablo 03/09/2010 14:45



Je ne sais pas si les manifestants des cortèges syndicaux votent FN, UMP ou s'ils sont abstentionnistes, mais je sais qu'il est parfois difficile d'aborder les questions de l'immigration dans
certains milieux de gauche sans se faire accuser de "facho". La boboïsation de la dite gauche n'y est pas pour rien. Il fut un temps où le PCF (dirigé par G.Marchais) a su courageusement aborder
la question d'un point de vue de classe. C'était le temps où le PCF (avec 20 % des voix nationalement)était implanté dans les cités populaires mais ce temps est révolu... 



pierre-yves gautier 03/09/2010 14:41



Si les ouvriers américains se sont tournés vers Bush, est-ce par volonté d'allégeance ou par rejet du boboisme des démocrates déconnectés des réalités de ce que vivent les gens tout en étant
comme les républicains dans le système des lobbies ?


Il y a un moment où ceux qui sont censés être de ta famille politique sont tellement en décalage avec les réalités que la cassure intervient de manière excessive et pour longtemps irréversible.


Je pense que Sarkozy l'a bien compris, comme Bush en son temps.


N'oublions pas par ailleurs que les USA sont habitués aux 50% d'abstentions depuis des décennies et que nous y sommes arrivés depuis le début des années 2000.



gilles questiaux 03/09/2010 09:59



Serge Halimi a écrit un article dans le diplo en 2004 qui analyse l'évolution vers la droite des ouvriers américains, dans l'état traditionnel bastion du syndicalisme des mineurs qu'était la
Virginie Occidentale. les syndicués américains avaient voté Busch contre Kerry. La droitisation des couches populaires (base de l'électorat de la lega en italie) est générale dans les pays
industrialisés. Une exception significative : la résistance électorale du KPRF en Russie.



Pierre-Yves Gautier 03/09/2010 08:36



André Gerin a dit récemment que le FN est le 1er parti ouvrier de France.


Tout ce que j'ai pu constater depuis 25 ans à Echirolles et Vénissieux c'était que les meilleurs scores du FN (environ 30%) étaient dans les quartiers populaires lors des élections nationales.


C'est dans ces mêmes quartiers que les maires communistes recueillaient les plus forts %ages aux municipales.


Dans les quartiers les plus à droite, le FN faisait un score moyen voire faible.


Point commun : la très forte abstention ds les quartiers populaires quelle que soit l'élection.


La direction du pcf a nié cela parlant de droitisation de la politique en france