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Réveil Communiste

Sarkozy ou Bruxelles : le piège !

15 Septembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

 

ON NE CHOISIT PAS

ENTRE LES TENTACULES D'UNE MÊME PIEUVRE ...

 

par Jean LEVY

 

Un mouvement social de grande ampleur se développe en France.

Aujourd’hui, Il s'est focalisé sur la contre réforme du système des retraites, sur fond de rejet massif  du pouvoir en place et de sa politique.

 

Cette situation alarme le Capital.

 

Nicolas Sarkozy, son clan et la fraction de l’oligarchie financière, dont il est l’émanation, cherchent un soutien direct de l’électorat du Front National pour rééquilibrer la majorité de droite, qui se réduit comme peau de chagrin.

Cette perspective explique l’orientation provocatrice, ouvertement xénophobe, prise par l’Elysée.

Mais cette inflexion autoritaire du régime en place nourrit la désaffection de plus en plus grande de couches sociales , qui subissent à leur tour les effets de la politique menée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement.

Cette évolution correspond à l’effritement de la base sur laquelle repose le pouvoir de la grande bourgeoisie.

La situation pose donc question aux forces économiques qui contrôlent le pays et à nombre de ses soutiens politiques. D’où les réactions de certains leaders de la majorité, qui prennent quelques distances avec le président de la République.

 

Au-delà de nos frontières, face à la crise de confiance, qui s’amplifie en France, et aux luttes sociales en développement, l’Union européenne s'inquiète. d'un climat jugé, par elle, dangereux. Aussi, la Commission de Bruxelles intervient dans le débat français pour tenter de trouver une issue conforme aux intérêts de BusinessEurope, le Medef de l’Union européenne.

 

C’est ainsi que s’expliquent le vote de l’Assemblée européenne, contre la politique présidentielle en matière d’immigration, la "véhémente colère" exprimée sur ce sujet au sein du Conseil européen et les propos de  Viviane Reding, la   commissaire européenne à la Justice, parlant de « honte » et évoquant des poursuites judiciaires à l’égard de la France.

 

Nous assistons donc à une véritable campagne contre la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration, au nom de « l’Europe des valeurs », campagne menée en commun par la sociale démocratie et la démocratie chrétienne, relayant celle du Vatican et de l’épiscopat français, contre la politique « sécuritaire » de Nicolas Sarkozy.

 

Nous sommes ainsi confrontés à une double menace, qui se nourrissent l’une l’autre.

 

D’un côté, celle dont le président de la République est le meneur de jeu : une fascisation soft de la société française, en écho (ou en accord), avec le Front national.

 

De l’autre, une offensive européenne visant à dicter à notre pays les décisions concoctées à l’étranger, pour imposer à la France une intégration politique, plus radicale encore, au sein de l’UE, au nom de la suprématie des « directives » de Bruxelles sur les lois de la République.

 

Chacun peut comprendre les avantages que pourrait tirer Nicolas Sarkozy d’une telle perspective. Il jouerait alors sur du velours en se drapant démagogiquement dans les plis du drapeau tricolore, au nom du « patriotisme ». Qui sait si cette posture ne lui permettrait pas de retrouver une audience électorale, à lui qui, sans état d’âme, a sacrifié l’indépendance nationale et bafoué la souveraineté populaire en refusant  de donner la parole au peuple français, lors de la ratification du traité de Lisbonne ?

Or, c’est le contenu de celui-ci, qui sert aujourd’hui de base à l’offensive européenne contre la France.

 

Il faut donc être vigilant. Si par « antisarkozysme » et rejet de la xénophobie, nous tombions dans le piège tendu par les partisans les plus acharnés de l’Europe intégrée, si nous étions sensibles aux sirènes « humanistes » des politiciens de Paris, de Bruxelles et de Strasbourg, comme les moutons de la fable, nous nous jetterions dans les eaux troubles européennes pour éviter de nous mouiller.

Il faut quand même se rappeler que l’Union européenne, soit disant si vertueuse en matière de « droits de l’homme », semble davantage préoccupée par le sort des Roms que par celui du peuple palestinien martyrisé, les 27 (France comprise), s’estimant solidaire, en toutes circonstances, de son bourreau, Israël.

 

Les Français n’ont pas à choisir entre la peste et le choléra.

Leur seul chemin, c’est de poursuivre et d’amplifier le combat de classe qu’ils mènent contre le Capital, qu’il soit « français », européen ou étasunien.

 

Le 23 septembre prochain, les salariés, les privés d’emplois, les retraités, quelle que soit la couleur de leur peau, feront grève et descendront massivement dans la rue contre la politique de contre révolution sociale, menée par Nicolas Sarkozy. Or, cette stratégie est l’émanation directe des orientations communes des 27 Etats de l’Union européenne. 

Ces orientations ont été élaborées de Maastricht à Lisbonne, et mises en œuvre par l’ensemble des politiciens, de gauche comme de droite, sur l’ensemble du continent, à l’Elysée comme à Bruxelles.

 

C’est dire où se trouvent nos ennemis.

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el diablo 18/09/2010 19:12



Cette "menace terroriste qui pèserait sur notre pays" évoquée par Hortefeux est pour le moins suspecte. En principe, les services qui travaillent pour déjouer les éventuelles menaces ont besoin
de discrétion pour être efficace. Alors s'agit-il de faire " un effet de peur sur les passants"? Avant des manifestations énormes qui s'annoncent pour le retrait de la contre-réforme Sarkozy çà
peut être utile.



Eric RUIZ 18/09/2010 10:32



JMP, ce que tu soulèves, c'est le problème du glissement du Parti du "Politique" vers le "Sociétal". Forcément, c'est gentillet, sans plus.


Si on regarde l'actualité : la pression sociale monte, l'affaire Woerth continue et  le putsch parlementaire du 15 septembre décrédibilise un peu plus le pouvoir, bref, tous les éléments
sont présents pour une potentielle explosion sociale. L'arrivée de la menace terroriste tombe plutôt bien.


Ma crainte ? Qu'il ne s'agisse pas seulement de manipulation mais qu'un attentat se déroule judicieusement en pleine mobilisation sociale. On a vu ça ailleurs et avec le pouvoir actuel....
J'espère me tromper.



JMP 18/09/2010 08:57



Entièrement d'accord avec tous sur ce sujet (et aussi à raccorder à la menace terroriste...).


L'ouverture des frontières, la mise en concurrence des peuples et des sytèmes de protection sociale etc... Et capitaliser à droite sur une pseudo-réaction à ces faits avérés et consentis par les
mêmes, tous représentants et membre de la classe possédante, tout ça ne résiste pas à une analyse vraiment communiste, de classe.


J'ajoute une chose préoccupante dite telle quelle par un collègue de travail pas du tout dépolitisé, pas gauchiste et néanmoins non-inscrit sur liste électorale depuis 20 ans : "la droite merde
sur les roms mais alors la gauche aussi".


Il conclut là une opinion partagée chez beaucoup de collègues - le peuple travailleur qui habite ça et là dans des quartiers pas bobos du tout - qui ne peut pas gerber le discours uniquement
droit de l'hommiste de la gôche et y compris du Parti.


Le communiqué en une du site du PCF (ce jour 18/09/2010) http://www.pcf.fr/spip.php?article5044 est particulièrement désolant et non-communiste : tous les poncifs écoeurant de sentimentalité patriotique (le déshonneur de la Nation) et de
charlatanisme social (logement social et hébergement d'urgence) y passent et si moi - et quelques autres... - j'en ai rien à battre que sarkozy engueule barroso et la commissaire "luxe en
bourgeoise", tout ça c'est ennemi de classe, par contre je ne peux pas accepter que MON parti se désintéresse à ce point du combat de classe contre le capital et ne fasse pas tout pour que le
peuple réagisse à ce pouvoir fascisant, sur cette question en l'occurence, sur des bases claires et communistes.



Eric RUIZ 16/09/2010 09:40



D'accord avec ce texte et avec le commentaire de Gilles.


Il est important de mettre l'Union européenne et Sarkozy devant leurs responsabilités politiques : le libéralisme total, la chasse aux clandestins, l'appui total à Israël contre les palestiniens,
l'anticommunisme, l'atlantisme sont des valeurs communes aux deux.


Enfin, il faut noter que seul Berlusconi appuie officiellement Sarkozy sur le dossier des Roms. On a les alliés qu'on mérite !



GQ 15/09/2010 22:52



les indignations des commissaires européens risquent en efet de crédibiliser la droite