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Réveil Communiste

Réunion de Vénissieux du 23 mars 2013 : intervention de GQ

9 Mai 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Réseaux communistes

(Objet : le réseau "faire vivre et renforcer le PCF", et "les assises du communisme" de juin 2013 à Aix en Provence)


Notes de GQ :

Sur la discussion précédente :

Je suis d’accord avec les nombreux intervenants qui veulent structurer davantage le réseau, et espèrent des décisions concrètes dans ce sens. J’ai relevé dans le rapport introductif de Marie Christine l’idée que le réseau qui est l’hériter d’un longue lutte interne depuis le congrès de Martigues et même avant, et qu’il fallait en fixer l’identité, et donc conserver la dénomination « faire vivre et renforcer le PCF ». Tout en reconnaissant le bien fondé de l’argument, personnellement je préfère « Unir les communistes », désignation abrégée de notre dernier texte de congrès que je trouve plus forte.

En effet, je pense que les conditions de la lutte interne dans le PCF vont bientôt devenir trop défavorables pour pouvoir se limiter à ce cadre. Il ne faut pas sacrifier le PCF, mais indiquer clairement que nous nous adressons à tous les communistes avec sans ou avec une autre carte. La règle des trois tiers va assécher ce qui reste de cellules et d’organisation authentiquement populaire, ce qui signifie que le PCF évolue malheureusement vers la « coquille vide » électoraliste dont parlait André Gerin au congrès précédent.

Les modifications des statuts rendront une liste alternative à l’avenir quasi impossible, comme l’a relevé Jean Jacques Karman. Si nous ne voulons pas être réduit au niveau de caution démocratique d’un parti dont le fonctionnement l’est de moins en moins, essayons d’avoir un coup d’avance et de sortir du carcan où l’on veut nous enfermer. Ce qui, je précise, ne signifie aucunement sortir du PCF.

Les camarades du parti sont en règle générale soit d’accord avec la direction « humaniste », soit critiques mais entêtés dans une conception  erronée du centralisme démocratique qui, comme l’a bien relevé Jean Pierre Meyer, fait de ceux qui nous sont le plus proche dans les idées souvent les moins prêts à accepter quelque critique de la direction et des dirigeants que ce soit. Ceux qui ne supportent plus la ligne et le discours directionnels, souvent les mêmes après quelques années, sont minoritaires et divisés, et souvent quittent le parti.

La rédaction du texte commun avec Georges Gastaud (l’appel aux travailleurs Mars 2013 : Ensemble, des militants communistes s’adressent aux travailleurs en lutte) indique une ouverture et une souplesse plus grande du coté du PRCF, qui est presque entièrement composé d’anciens militants récents du PCF. Diffusons ce texte qui peut être une chance à saisir.

 

Réflexions préparées à l’avance et proposées sur le sens à donner aux assises du communisme (juin 2013) :

Leur donner un but clair : il ne s’agirait pas d’une université d’été mais d’une réunion politique pour constituer un réseau formel bien identifié comprenant les communistes favorables à la lutte des classes et à l’application pratique de la théorie marxiste léniniste, appartenant ou non à diverses organisations dont le PCF, sans limitation a priori mais à l’exclusion de ceux qui ont montré leur nature sectaire, avec une existence légale et une direction, un financement, avec une ligne claire qui ne sera pas difficile de déterminer en reprenant les idées communes des participants potentiels (au minimum dans ce réseau pour qu’il fasse événement j’imagine la participation de notre réseau dans le PCF, des différents groupes régionaux des Rouges vifs, le PRCF, le MPEP … liste non limitative bien sûr).

Socialisme au programme, patriotisme sans chauvinisme et maintien du cadre national français, refus de l’austérité et de l’arbitraire européens, de l’euro, de l’OTAN et lutte contre l’impérialisme, défense de la classe ouvrière et ré industrialisation, hausse des salaires et de l’emploi, développement des services publics, renationalisations et nationalisations, laïcité (ce thème ne fera pas unanimité mais il est essentiel pour l’unité du peuple).

Et une politique de communication. Ce réseau doit avoir un média bien identifié aussi, un journal c’est sans doute trop cher, mais un site c’est peu visible. Peut être peut il s’allier à une revue (Fakir ?), ou une agence de presse déjà existants ?

Le réseau viserait en priorité par cette communication-action les militants ouvriers et syndicaux, et les classes populaires qui se sont détournées de la politique vers l’abstention et le vote FN, voire l’intégrisme. Il importe de définir très précisément ce qui peut être communiqué dans cette direction.

Le langage ne serait pas passéiste, nostalgique du PCF Marchais ou de l’URSS, mais en termes modernes se devrait de défendre le bilan de ce passé quand c’est utile. L’histoire du mouvement est assumée, elle n’est pas au centre du discours. Le langage doit être direct, populaire, imagé, il ne doit pas donner l’impression d’une leçon. Bien distinguer et rééquilibrer théorie, propagande, agitation. La priorité absolue est d’obtenir un minimum de crédibilité dans un environnement médiatique très hostile (Le PTB belge y est parvenu).

Sur les questions sociétales il faut trouver un équilibre : en parler le moins possible pour éviter d’être détourné du terrain des luttes sociales, mais cela ne signifie pas endosser des positions moralement réactionnaires par esprit de contradiction. On peut aussi se mettre d’accord pour neutraliser certains débats manifestement ouverts pour détourner le public des questions de fond.

On pourrait à plus long terme travailler à la sélection d’un groupe dirigeant, composés de camarades alliant expérience du travail, expérience politique et ou syndicale, relative jeunesse, sincérité et dynamisme. Pas pour un nouveau parti, mais pour animer un vrai réseau avec pignon sur rue.

La question de quitter ou de rentrer dans le PCF est un faux problème. Le PCF reste un milieu intellectuel, un lieu de vie et de rencontre, même s’il n’est plus une organisation efficace et qu’il peut s’avérer un leurre politique.

Ce réseau peut exister et se faire connaitre en se donnant des buts réalistes et modestes pour commencer mais parlants pour les classes populaires,  en participant à des actions fortes, en direction du monde ouvrier, des quartiers pour rompre la glace. Il doit donc comporter des porte-paroles, des figures connues et populaires, si possibles issues des luttes, mais dont la notoriété ne les empêche pas de travailler collectif.

Au fond, le modèle provisoire d’organisation serait peut être celui d’un Front dont le sens politique serait l’inverse du Front de gauche, un front regroupant non pas la « gauche » verbeuse pseudo radicale, mais un front communiste ouvrier (la chose mais pas le mot, il ne s’appellerait certainement pas ainsi, pour ne pas donner l’impression « d’une secte gauchiste de plus »). Il se reconnaitrait dans les faits à sa position sur l’Europe, le socialisme, l’OTAN, le bilan de l’URSS, la solidarité internationale, mais surtout sur sa participation concrète à la lutte des classes.

La force du Réseau dépendrait bien sur de l’autodiscipline de ses membres, et de leur capacité à éviter les cacophonies, comme celle à laquelle donnent  lieu les questions de tactique électorale. Pas plus que le PCF, la FDG ne devrait apparaitre comme un adversaire, un rival, voire un traitre à la cause, parce que le public n’y comprendrait rien. Malgré ses implications sinistres sous-jacentes, il vaudrait mieux le décrire comme une impasse tactique. Mélenchon, et après ?

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sam 82 25/03/2013 17:47


soutenant depuis pas mal d'années le PRCF ,qui agit a juste raison , depuis longtemps pour la construction d'un vrai parti communiste . ayant constaté pour ma part avec d'autres camarades qu'il
était impossible a l'intérieur du parti d'avoir une prise politique sur la dérive réformiste du PCF , nous avons sacrifié sans états d'âmes le PCF ,étant donné qu'il est devenu un adversaire
politique et un traître a la classe ouvrière . quand au réseau ,a son rôle un pied dedans un pied dehors , ne me dit rien de bon , serai-ce un nouveau CERES représentant ( l'aile gauche ) du PCF
avec un rôle de récupérateur récitant Marx et autres ,faisant référence a la classe ouvrière ,bien qu'au niveau des animateurs ,les ouvriers sont je pense absent . de plus certains ont été
compromis dans les collectifs anti libéraux ,avec Bové et compagnie . pour tout dire je n'ai aucune confiance politique dans cette mouvance dite communiste .  sam  82 .

MARAT EL MOKRANI 25/03/2013 13:12


ce texte permet de rassembler tous les communistes qu'ils soient au PCF ou en dehors,la denomination Front Communiste me convient totalement .Il est urgent de lutter contre l'emietement des
revolutionnaires de France.il faut defendre  l'independendance de la France ,et marier les drapeau rouge avec le drapeau tricolore.


 


En Avant !


VIVE LA REPUBLIQUE VIVE LA FRANCE ET L'ALGERIE

JMP 25/03/2013 08:32


Merci Gilles pour ce compte-rendu.


Au nom du PRCF, je réagis à ces propos :


"La rédaction du texte commun avec Georges Gastaud (l’appel aux travailleurs Mars 2013 : Ensemble, des militants communistes
s’adressent aux travailleurs en lutte) indique une ouverture et une souplesse plus grande du coté du PRCF, qui est presque entièrement composé d’anciens militants récents du PCF. Diffusons ce
texte qui peut être une chance à saisir."

Il me semble qu'il n'y avait pas moins d'ouverture et de souplesse qu'avant, de la part du PRCF... et d'autres ; simplement des positions et stratégies trop éloignées, tant sur les problèmes
politiques - L'Europe, l'Euro, le PGE - que sur la lutte pour remettre d'aplomb le parti. Ceci est derrière nous.


De même, au PRCF, il n'ya pas que des militants récents mais des militants en désaccord dès le 22ème congrès et qui l'ont quitté - où ont été exclus ! - dans les années 90, 2000... Maintenant le
parti - qui aime l'argent parce qu'il en a de moins en moins - ne vire plus. On le quitte de son plein gré.


Enfin, le plus essentiel, oui il faut diffuser le texte des communistes qui s'adressent aux travailleurs en lutte dans les boites et dans les quartiers, la maquette va bientôt arriver, je pense
qu'on va arriver à quelque chose rapidement et très concrètement sur le terrain. A bientôt donc. Fraternellement.


JMP


 


PS en regardant sur internet sur le 22ème congrès du PCF, je suis tombé sur ce résumé et citations http://www.cinearchives.org/Films-447-325-0-0.html où l'on peut lire côte à côte les interventions de Malberg et de
Krasucki... Voyez l'écart et voyez la faillite, la démission d'aujourd'hui à l'aune des propos d'Henri Krasucki :


Henri MALBERG, délégué de la Fédération de Paris : « C'est justement pourquoi - au nom du socialisme que nous voulons construire - comme au nom du socialisme dont nous sommes solidaires, que nous
critiquons comme nous l'avons fait les manquements à la démocratie socialiste lorsqu'ils se produisent. Ce n'est pas seulement l'intérêt de la marche au socialisme en France qui nous guide, mais
aussi le fait que nous sommes communistes, internationalistes et partie prenante du mouvement vers le socialisme. »


 


Henri KRASUCKI, membre du Bureau politique : « Elle (la classe ouvrière) a besoin d'un Parti assuré sur les positions de classe, étranger à toute idée de collaboration de classes, résolu à
combattre pour la transformation de la société. Avec la Parti communiste, elle a la certitude que ses intérêts seront défendus, la certitude que les sirènes de la bourgeoisie n'auront jamais
aucune audience, la certitude que le contenu du Programme commun ne restera pas lettre morte. De même que rien ne sera fait sans la classe ouvrière, rien ne se fera si le Parti communiste n'est
pas assez fort, assez organisé, assez influent, assez présent dans tous les combats. »