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Réveil Communiste

Retour sur la partielle de l'Oise : abstention, FN et politique gouvernementale, vus par le M'PEP

29 Avril 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

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Texte complet

Cette élection législative partielle avait été provoquée à la suite de l’invalidation, par le Conseil constitutionnel, du scrutin du 17 juin 2012 remporté par Jean-François Mancel (UMP). Le Conseil constitutionnel avait retenu le grief d’un tract, au sujet d’un projet de quartier, distribué le vendredi avant le deuxième tour et mettant en cause Sylvie Houssin, l’adversaire PS de Jean-François Mancel. En outre, l’écart de voix séparant les deux candidats n’était que de quelques dizaines de voix.

Les résultats du 1er tour le 17 mars 2013 sont les suivants :

  • Abstention : 67%.
  • Jean-François Mancel (UMP) : 11 073 (40,6%).
  • Florence Italiani (FN) : 7 249 (26,6%).
  • Sylvie Houssin (PS) : 5 828 (21,4%).
  • Pierre Ripart (Front de gauche) : 1 811 (6,6%).
  • Clément Lesaege (Parti pirate) : 538 (2%).
  • Renée Potchovik (LO) : 428 (1,6%).
  • Michel Ramel (sans étiquette) : 342 (1,3%).

Les résultats du 2e tour le 24 mars 2013 sont les suivants :

  • Abstention : 65%.
  • Jean-François Mancel (UMP) : 13 958 (51,41%) + 2 885.
  • Florence Italiani (FN) : 13 190 (48,59%) + 5 941.
 L’abstention bat de nouveaux records

L’abstention, de 65% au deuxième tour, est en légère baisse par rapport au premier tour, où elle avait atteint 67%. Ce sont deux tiers des électeurs qui ne se sont pas déplacés. Aux législatives de juin 2012, l’abstention dans la circonscription n’était « que » de 40%. Par ce geste les citoyens ont manifesté un rejet global de la classe politique qui incarne des politiques destructrices provoquant le déclassement social dans des zones reléguées.

 La candidate du Parti socialiste est écrasée

La candidate PS, Sylvie Houssin, arrivée en troisième position et n’ayant pas obtenu 12,5% des inscrits, nécessaires pour figurer au second tour, était donc éliminée. Les citoyens de cette circonscription ont condamné la politique gouvernementale, sans issue, d’élimination des services publics, de casse de l‘industrie et de l’emploi, de compression des salaires et des retraites.

La direction nationale du Parti socialiste, dans un communiqué, a demandé à l’UMP « plus de clarté vis-à-vis de l’extrême droite ». C’est une réaction hors sujet qui démontre l’incompréhension totale des hiérarques socialistes face à la protestation des citoyens devant l’état de délabrement de la société française.

 La candidate du Front national bénéficie de circonstances favorables

Aux législatives de 2012, Florence Italiani avait recueilli 11.534 suffrages, soit quelque 4 000 voix de plus qu’à l’élection partielle. Une partie de l’électorat du FN s’est donc elle aussi abstenue. Par ailleurs, le FN a toujours obtenu des scores élevés dans l’Oise. À la présidentielle de 2012, ce département est un des quinze où Marine Le Pen, présidente du FN, est arrivée deuxième avec 27,9% des voix. En mars 2011, au premier tour des cantonales, scrutin qui n’est guère favorable au FN, les candidats de Marine Le Pen avaient recueilli 24,8% des voix dans l’Oise. Le FN était même arrivé en tête dans quatre cantons du département (Noyon, Crépy-en-Valois, Mouy et Noailles). Les résultats électoraux de Florence Italiani pour ce second tour de la partielle de l’Oise confirment que les bastions du FN se trouvent, pour la plupart, dans les petites et moyennes villes périurbaines.

Ajoutons que cette élection se déroulait dans un contexte marqué par les affaires Cahuzac et Sarkozy, l’affaire de la crèche Baby-Loup, la crise chypriote…

La candidate du FN gagne 22% de plus qu’au premier tour. Qui sont ces électeurs ? Pour l’IFOP, c’est 40% de l’électorat PS du premier tour (43% pour un chercheur), auxquels s’ajoutent 15% de l’électorat du Front de gauche. Selon une enquête, 51% des sympathisants UMP seraient favorables à des alliances avec le Front national, et 66% des sympathisants du FN.

De plus, Sylvie Houssin (PS) n’avait pas donné de consignes de vote en faveur de Jean-François Mancel (UMP). Mais la direction nationale du PS avait appelé dès le soir du 1er tour « sans hésitation à faire barrage au Front national » lors du second tour.

Abasourdis, désorientés, déçus, les citoyens se tournent vers une force politique qui ne leur semble pas impliquée dans leurs difficultés et qui prétend pouvoir les en sortir : le FN. C’est une illusion, un mirage, un mensonge dont la démonstration serait trop longue à développer ici mais que l’on retrouvera détaillée dans l’ouvrage de Jacques Nikonoff La Confrontation, Le Temps des Cerises, 2012. Le FN ne fait qu’alimenter de faux espoirs. Il n’offre aucune alternative.

Il n’y pas de secret à la déconfiture de la candidate PS ni au score du FN. Ce n’est pas, comme le disent nombre de commentateurs, une nouvelle montée du « populisme », c’est le résultat prévisible des politiques conduites par la majorité actuelle. Que constate-t-on ? Les citoyens rejettent la stratégie de l’épouvantail « populiste » qui ne pourra éternellement contenir leur mécontentement. C’est l’exaspération à gauche et dans l’électorat du PS qui se considère à gauche. Il y a aussi un « effet mouvement d’humeur » qui permet à des électeurs de sanctionner le gouvernement en lui donnant un avertissement.

La stratégie des triangulaires, voulue par le PS, est en échec. Le FN n’est plus seulement un parti de premier tour, il devient un parti de deuxième tout comme on l’avait déjà vu avec l’élection de monsieur Collard dans le Gard. Ainsi le FN passe la barre des 50% dans quatre des huit cantons de la circonscription : Grandvilliers (58%), Coudray (53%), Formerie (51,7%), Songeons (50,7%).

 Le candidat de l’UMP a failli perdre

Élu pour la première fois en 1978, monsieur Mancel traîne de nombreuses casseroles derrières lui, de type politico-judiciaires. Néanmoins la droite reste très forte, et le gouvernement Ayrault est sous la menace permanente.

 Le Front de gauche n’apparaît pas comme une alternative

Avec 6,6%, le candidat du Front de gauche fait un peu plus qu’en 2012 où il avait obtenu 5,25%. Il y avait aussi à cette époque un candidat d’extrême gauche qui avait réalisé 0,41%, soit 5,66% pour les forces se plaçant à la gauche du PS. En 2007 le PCF seul avait fait 2,40%, et plusieurs candidats d’extrême gauche 1,28%, 1,97%, 3,01%. Total : 8,66%.

Avec des résultats et une progression aussi faibles, le Front de gauche n’apparaît pas comme une alternative. La raison est assez simple à comprendre : en refusant obstinément de lutter pour la sortie de l’Union européenne et de l’euro, il démontre sa volonté de vouloir rester dans le système. Les citoyens ne se retrouvent pas dans les propositions de cette gauche institutionnelle (PCF, PG, Front de gauche) car ils n’y trouvent pas les mesures courageuses qui permettraient d’améliorer véritablement et durablement, leur vie quotidienne.

 Un contexte national qui a pesé lourd dans la balance

Les citoyens rejettent les forces politiques dominantes, de plus en plus perçues comme non démocratiques et, depuis le coup d’État du traité de Lisbonne, comme hostiles à la souveraineté du peuple. Les citoyens rejettent les politiques néolibérales imposées aux peuples par l’Union européenne, la Banque centrale européenne, le FMI et par tous les organismes non démocratiquement élus.

 Les perspectives

Malgré les difficultés et les heures grises que nous vivons, des victoires sont possibles comme le montre le référendum en Alsace. Pour cela, il est urgent de montrer à chaque citoyen, à chaque travailleur, à chaque privé d’emploi, à chaque délocalisé, à chaque flexibilisé, la possibilité d’un programme de gouvernement profondément social comme l’était le programme du Conseil national de la Résistance « Les jours heureux ». Quoi de plus urgent pour tous les citoyens que de se rassembler, comme l’ont fait nos prédécesseurs, en passant outre les clivages politiques, pour regagner ensemble notre souveraineté nationale, condition préalable indispensable à toute politique sociale.

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