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Réveil Communiste

Retour sur Christa Wolf (1929 2011)

29 Décembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Lu sur le blog "une allemagne socialiste"

 

 

Christa Wolf et Walter Ulbricht le 7 octobre 1964. L'écrivain obtint ce jour-là le

Prix national de la République démocratique allemande. 

 

Ces derniers jours, nombre de publicistes et de commentateurs, patentés ou non, en arriveraient presque à décerner à titre posthume à l’écrivain Christa Wolf le diplôme de « dissidente » ! Pour eux, on ne peut pas être à la fois un grand écrivain et une communiste fidèle, douter et croire en même temps. Cette dualité n’échappe pourtant pas à mon curé de campagne.

Si Christa Wolf fut parfois critique à l’égard du régime, elle défendait le socialisme et dans une large mesure ceux qui le « mettaient en musique ».

De 1963 à 1967 elle fut membre suppléante du comité central du SED et, à partir de 1974, membre de l'Académie des arts de la RDA 1. Selon les sources, son départ du comité central était soit une démission, soit une exclusion. Les deux interprétations me semblent valables et ont le même effet ! En revanche, les causes du départ de l’écrivain, connue pour ses avis parfois « hétérodoxes », ne me paraissent pas aussi évidentes que pour certains…

En 1976, elle recevait un « blâme sévère » de la direction du SED en raison de son soutien public à Wolf Biermann.

Le 26 novembre 1989, elle soutenait l'appel « Für unser Land » (« Pour notre pays ») [la RDA] et « contre le bradage de nos valeurs matérielles et morales ». Cet appel affirmait qu’il était encore possible de construire une alternative socialiste à la RFA en se référant aux idéaux antifascistes et humanistes 2.

Dans Auf dem Weg nach, Adieu aux fantômes, paru en 1994, elle critiquait vivement la façon dont s'était faite la réunification : « Beaucoup de gens qui vivaient en RDA se sont sentis bafoués, humiliés, exclus, on ne les pas reconnus. C'est sûrement ce qui m'a fait le plus mal » 3

 

Sources :

1. « Von 1963 bis 1967 war sie Kandidatin des ZK der SED und seit 1974 Mitglied der Akademie der Künste der DDR. », http://de.wikipedia.org/wiki/Christa_Wolf#Politisches_Leben_und_Literaturstreit ;

2. http://www.ddr89.de/ddr89/texte/land.html ;

3. http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/12/01/christa-wolf-ecrivain-de-l-ex-rda-laisse-une-uvre-marquee-par-le-doute-et-l-espoir_1612135_3382.html.

 

 

Après ces quelques mises au point, l’article paru dans l’Humanité ne me semble pas inintéressant. Et surtout je n’ai pas eu trop de mal à l’écrire !

 

J’ajouterais à la liste donnée par l’Huma la nouvelle traduction de Der geteilte Himmel parue récemment chez Stock sous le titre Le ciel divisé.

 

« Christa Wolf, la plus grande romancière est-allemande est morte

Elle est morte jeudi à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Une des figures incontournable de la littérature allemande, mais aussi de l’engagement politique s’est éteinte.

Il n’y a pas si longtemps, elle fêtait son quatre-vingtième anniversaire à l’académie de Berlin des Beaux Arts, c’était l’occasion pour l’Humanité de lui rendre à hommage, en compagnie d’écrivains, politiques et universitaires du monde entier qui considèrent Christa Wolf non seulement comme [un grand écrivain], mais aussi comme une maître à penser. François Mathieu écrivait alors plein d’espoir à son sujet : « On vient de fêter le quatre-vingtième anniversaire d'un grand auteur de langue allemande. Le jury Nobel, qui attribua récemment son prix à Günter Grass et Elfriede Jelinek, pourrait en raison d'une vie et d'une œuvre, miroir de tous nos combats, lui attribuer son prix 2009. » (…)

 Auteur qu’on a connue très tôt en France. Dès son premier ouvrage, Le Ciel partagé, un roman d'amour avec pour fond la division de l'Allemagne, est publié en RDA en 1963 et paraît l'année suivante aux Éditeurs français réunis. Par la suite, ses romans ont été très vite traduits et édité en France. Née en Prusse Orientale en 1929, Christa Wolf fuit en 1945 avec sa famille devant l'Armée rouge dans le Mecklembourg. De nombreux thèmes hérités de cette période, comme la guerre, la captivité, la perte du pays natal, de la confiance et du sens de la vie, les illusions, la peur de la mort, seront au cœur de ses romans.  Après des études de germanistique, Christa Wolf travaille dans l'édition. Communiste convaincue, elle s'oppose néanmoins à la soumission de l'art et de la culture au pouvoir politique. Son opposition lui vaut la perte de son siège au comité central du Parti socialiste unifié, et sa mise sous surveillance par la sécurité - d'État. C’est alors qu’elle « revisite » le romantisme allemand et nombre de ses œuvres et vies d'écrivains. Jusqu’à proposer un dialogue entre deux des plus grands suicidés de la littérature romantique allemande.

En 1990, elle publie Ce qui reste où elle révélait ses accointances avec la STASI en tant que «collaboratrice non officielle» de 1959 à 1962, soulevant une vague d'indignation dans les médias. Un peu après, elle s’en est expliquée dans une conférence terriblement émouvante : Ils ne m'auront pas, article publié dans l’Humanité en 1996.

(…)

Bibliographie sélective

- Correspondance entre Christa Wolf et Franz Fühmann (1968-1984). Monsieur, nous nous retrouverons, Aufbau-Verlag, Berlin, octobre 1995.

- Ce qui reste, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1990.

- Cassandre, roman traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein.

- Christa T., roman traduit par Marie-Simone Rollin, Seuil, 1972.

- Le Ciel partagé, roman traduit par Bernard Robert, Editeurs français réunis, 1964.

- Trame d'enfance, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1971.

- Aucun lieu, nulle part, traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein, Alinéa, 1985.

 

 

                                                                                 Jean-Claude LEBRUN

Source : http://www.humanite.fr/culture/christa-wolf-la-plus-grande-romanciere-est-allemande-est-morte-485087 »

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