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Réveil Communiste

Quelques remarques rapides sur la déroute de la gauche et celle du PCF

31 Mars 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

Danille Bleitrach, sur son blog :

:1

la campagne a tenté de transformer la colère et la déception des français en manoeuvres politiciennes, c’est un échec le taux d’abstention le prouve. Une grande partie de l’élctorat de gauche refuse les manoeuvres et le dit en se détournant des urnes.
la campagne obstinée en faveur de la promotion du Front National lui assure une représentativité qu’il n’a jamais eu même si nous sommes très loin de la vague bleue.
Pour la première fois la stratégie de Mitterrand consistant à faire monter le Front National et réduire le PCF pour affaiblir la droite et assurer la suprématie au PS, n’a pas tout à fait réussi.
En effet la promotion obstinée, indécente du Front National n’a pas déclenché la vague bleue marine mais a au contraire amplifié la vague de la droite qui réussit un triomphe dans un contexte marqué par l’abstention.
En revanche la destruction du PCF s’accentue avec la disparition de bastion comme Bobigny ou Villejuif, c’est une stratégie qui a été poursuivie dans le même temps que l’on nous faisait peur avec le front national. Bartelone dans la Seine Saint Denis est l’homme de cette stratégie mais elle s’est étendue au Val De Marne et dans d’autres villes. Le PS dans sa destruction obstinée du PCF a un peu joué le rôle du scorpion demandant à la grenouille de lui faire traverser le gué et la piquant mortellement en chemin "c’était dans sa nature". cela dit le département de bartelone , la Seine Saint denis qui passe à droite et voit la réélection de maires communistes par ailleurs témoigne de la folie d’une telle tactique à gauche. Le PS voit s’accélérer le désaveu de gauche, ne bénéficie plus du report des électeurs PCF et il a trouvé son propre scorpion avec les écologistes (Jean Luc Melenchon devrait méditer ce petit jeu des porteurs de venin)
Il est vrai que le PCF a fait tout ce qu’il fallait pour qu’il en soit ainsi.
Il a subi un quadruple phénomène:

le premier a été la chute de l’union soviétique

Le second a été l’intégration européenne qui a amplifié le bipartisme inscrit dans la Constitution de la Vème

Le troisième est d’ordre sociologique, avec la politique de desindustrialisation, le néolibéralisme, la pression constante sur les salaires, le peuple qui votait communiste s’est scindé en plusieurs catégories. Ceux qu’on a appelé les bobos et qui sont souvent des salariés de deux ordres, ceux avec des salaires élevés liés au tertiaire à la recherche, à la mondialisation dont une partie vote à droite mais une autre conserve un vote PS voire écologiste. Une partie qui soit travaille dans les milieux de la communication, artistes, enseignants. Ce qui caractérise donc ceux qu’on appelle les bobos est un fort capital culturel. Ils constituent le dernier bastion de la gauche, celle qui vote PS ou écologiste comme à Grenoble. En revanche et c’est ce qui a laminé le PCF, l’essentiel de ce qui formait jadis sa clientèle politique, les ouvriers, les employés soit sont allés dans l’ancien tissu rural, soit dans les banlieues avec forte paupérisation. Mais le PS paye lui aussi son abandon de ces couches populaires et de multiples manières. Si les villes mondialisées, tertiarisées comme Lyon, Lille, Paris et Grenoble conservent leur implantation, les communautés urbaines passent à la droite. De même, le PS ne bénéficie pas de report. Enfin une partie importante de ceux qui votaient pS sont allés au front national comme dans le cas de la mairie du 13e à Marseille. Dans la mesure où les électeurs du PCF se sont retirés, l’appel à la peur du front national ne joue plus. Donc si pour la première fois la montée du front national à cause de cette abstention ne joue pas en faveur du PS, cela amplifie donc le ressac du PS et joue de ce fait sur bon nombre de mairies communistes ayant fait alliance avec le PS.

Là-dessus en quatre, il y a les erreurs stratégiques du PCF en réponse à chacune de ces situations

I Face à la chute de l’Union soviétique, il n’y a eu aucune réflexion conséquente mais l’adoption de la condamnation du capital, une ignorance manifeste y compris des nouveaux rapports de force dans le monde, un repliement sur l’hexagone avec une seule stratégie, conserver des élus et sacrifier l’organisation militante et la formation à ce seul enjeu. Pour conserver des élus il fallait accepter la soumission au PS quitte à se soumettre à la stratégie mortifère de ce dernier.

II Dans un tel contexte, la question de l’Europe est devenue totalement inaudible et là encore de fait il y a eu soumission au PS avec l’idée que l’Europe en soi était bien mais que cette Europe là était mauvaise. Aucune réflexion sur ces espaces régionaux que les multinationales financiarisées constituaient partout et donc aucune proposition crédible, laissant au chauvinisme du Front National le soin de récupérer le thème. Il est clair que les prochaines européennes vont poursuivre sur cette lancée.

III- Il n’ya plus de stratégie mais des tactiques à chaque élection pour tenter de sortir la tête hors de l’eau quitte à s’enfoncer plus profondéments. Ainsi pour faire face à la présidentielle et à ses conséquences législatives le PCF a choisi de se donner à Jean Luc melenchon, tout en refusant les conséquences. Celles-ci sont multiples. Elles font un peu plus disparaître ce qui a constitué l’originalité du PCF. Le parti communiste a continué de dissoudre son appareil militant proche des victimes de la crise, dans les entreprises et dans les établissements scolaires et universitaires au profit d’un Front purement électoraliste. Ce qui a été négatif à la fois pour son implantation dans les quartiers populaires et pour les orientations syndicales de plus en plus attirées dans l’orbite de l’Europe et du PS. Mais un autre effet de ce choix est d’organiser la rupture avec le monde enseignant et celui avec capital culturel qui se reconnaît plus dans le Front de gauche que dans le PCF y compris au niveau de ses élus.

Voilà pour le diagnostic, mais les solutions je crois qu’il faut les voir dans ce diagnostic et la manière dont par exemple il témoigne que les vagues, les triomphes se situent dans un profond désaveu.

La France est en attente d’une autre stratégie face à la mondialisation, face à la crise qui frappe une grande partie de sa population, elle a des atouts et il faut les voir pour faire des propositions, tracer une perspective. Arrêter de se laisser avoir par cette technicisation de la politique où il ne reste que des appels à des positions partisanes politiciennes pour se répartir entre droite et gauche, ce qui est déjà le cas des Etats-Unis.

Voilà, si l’on veut avancer il faut certes penser à l’échéance des Européennes, mais le faire dans cette perspective plus vaste et arrêter ces tactiques au jour le jour pour tenter la survie. Il faut avoir le courage de la reconquête, à ce titre on peut se féliciter du nombre de mairie communistes réélues dès le premier tour et de celles dont le courage militant a assuré l’élection dans des terres hostiles comme venissieux ou dans un tout autre genre qui manifeste la. résistance à Bartelone celle d’Aubervilliers. Il est possible que nous soyons entrés dans une période de reflux durable du PS et de la stratégie social démocrate, cela ouvre un espace considérable.

Un mot encore, la situation était totalement prévisible, c’est pour cela que j’ai refusé dans ce blog à prendre position pour ces élections municipales en laissant ceux qui avaient en charge les directions politiques assumer leurs tactiques et leurs choix.

Danielle Bleitrach

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GQ 31/03/2014 21:13


Mon post sur le blog de DB :


Il y a sans doute un espace, mais cet espace existe depuis plusieurs années, et les appareils subsistants font tout pour le refermer. Je vais boycotter l’élection européenne, dans la mesure où le
vote pour ce parlement croupion ne fait que donner aux institutions de dictature molle de Bruxelles une apparence de légitimité démocratique.


et parce que le boycott sera un mot d’ordre impossible à confondre avec la position du FN, qui veut sa part de saucisses de Strasbourg.


Tsirpas est un faux nez social libéral. D’ailleurs ses partisans en Italie cherchent des poux dans la tête du PDCI qu’ils ont exclu de leur liste, ils lui reprochent des positions trop
radicalement anti-impérialiste, à propos de l’Ukraine et de la Syrie en particulier.


Je crois que la rupture avec l’UE est devenue une condition préalable à la reconquête du peuple et à toute stratégie communiste digne de ce nom.


amicalement GQ

GQ 31/03/2014 20:50


Pour ce qui est de "l'échéance des européennes" il faut à mon avis la boycotter. Soit la participation finit par aboutir à une gauche "euroconstructive" otage du capital (car l' Europe n'est que
le nom du capital ici) soit elle fait désordre avec une ligne officielle ultra bolchevique.