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Réveil Communiste

Que faire ? Quelle résistance ? danielle Bleitrach réagit à l'éxécution de Troy Davis

22 Septembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

 

Un homme est mort, il a attendu pendant vingt ans dans le couloir de la mort et puis hier on ne sait pourquoi d'autres hommes ont décidé qu'il fallait l'exécuter, d'autres hommes ont refusé d'intervenir et sur ordre d'autres ont été chargé de lui enfoncer une piqure dans l'avant-bras. Tout cela s'est fait sans haine, une simple machine à broyer. Il me semble ce matin que si nous n'y prenons garde nous sommes condamnés à rester immobiles, tous pétrifiés incapables d'agir .Alors je me dis que je ne saurais accepter cela sans la moindre résistance. Cet homme executé on ne sait pourquoi est à l'image de notre impuissance à tous à suspendre la machine anonyme qui nous écrase, notre impuissance à nous organiser devant la vague qui nous menace.


Ce qui se passe, des événements différents mais que j'ai dû subir dans l'isolement et l'impuissance me persuadent qu'il faut que je me donne les moyens de ne plus être dans cette situation.

 

 Je cite en vrac:

 

1) il y a eu l'intervention de l'OTAN en Libye, le consensus de TOUTES les forces politiques autour de cette expédition coloniale à prétextes humanitaires médiatiquement trafiqués. Là encore il y a eu consensus de TOUTE la presse, j'ai en particulier en mémoire un numéro de l'Huma consacré à la jeunesse et que l'UEC distribuait dans la fac qui exaltait les rebelles de Benghazi. Il ne fallait pourtant être bien savant en politique pour savoir où nous menait une intervention de l'OTAN. Et il ne faut pas non plus adhérer aux actions des présidents syrien et iranien pour s'opposer à une autre expédition qui viserait ces pays. Il faut retrouver un sens politique celui qui nous conduirait à juger d'un acte non plus seulement dans le halo de propagande dont il est entouré mais en tenant compte de ce que l'on peut en attendre réellement pour les peuples concernés, le notre et celui qui subit nos interventions. Il est difficile de construire un raisonnement réllement politique dans la solitude quand les grandes orgues médiatiques se déchaînent, au meilleur des cas cela engendre de l'inertie.

 

2)Il y a une situation économique qui s'aggrave, le combat du peuple grec auquel je n'ai pas pu réellement apporter un soutien parce que les communistes sont divisés et que celui qui a pris la place du PCF a choisi d'être un parti de gauche qui est hostile au parti communiste grec et multiple, je pèse mes mots, des provocations politiques contre lui sous le prétexte qu'il serait stalinien. Je connais trop cette dénomination qui m'a été appliquée pour me déconsidérer, pour entretenir autour de moi rumeurs et haines, alors que je n'ai jamais été stalinienne et que j'ai simplement souhaité que la critique nécessaire de l'expérience communiste se fasse sur nos bases, à partir de nos exigences et de nos principes et non sur celles de l'adversaire capitaliste. Je ne suis pas la seule. Mais on ne doit pas interdire le rassemblement en manipulant les réputations des individus et des organisations avec  pour seules justifications la conservation des positions acquises, les manipulations autour des candidatures à la présidentielle et des conditions de participation à un gouvernement. cela fait sans doute partie de ce que l'on doit critiquer au premier chef dans l'expérience des partis communistes et se dire que sur ce plan nous n'avons aucune leçon à recevoir du capitalisme. Mais pour revenir au fondamental, le fait est que ce qui se passe en Grèce peut arriver dans le reste de l'Europe en France en particulier. Commencer à construire un front commun à partir des luttes du peuple grec et d'autres relève de notre propre défense. La jeunesse est déjà frappée de plein fouet, précarité, chomage. C'est intolérable. Ce que je savais depuis août 2007, à savoir que nous étions dans une crise systémique de grande ampleur, d'autres ne pouvaient l'ignorer ou alors ce sont des imbéciles qui abusent de leur droit à une représentation ou direction politique. Aujourd'hui TOUTES les forces politiques poursuivent dans leur attitude irresponsable et ne font rien pour réellement organiser la résistance populaire, pourtant sans elle tous leurs discours ne sont que pure démagogie ou volonté d'anesthésie pour continuer comme avant.  Il existe un consensus de fait de TOUTES les forces politiques autour de l'Europe de Maastricht dont on ne peut s'échapper, celle de l'OTAN qui visiblement est aussi peu contestée et une entente de fait pour faire d'une présidentielle sans grand enjeu l'horizon indépassable. Il ne s'agit pas de TOUS POURRIS, il s'agit de bien mesurer qu'aucune force politique n'est en capacité d'opérer les nécessaires transformations sans l'intervention des peuples concernés. Les uns n'en veulent bien évidemment pas puisqu'ils sont là pour empêcher qu'un système soit balayé, les autres ne prennent pas la mesure du danger tant ils sont enfoncés dans une vision politicienne ou la proie du seul tropisme médiatique.

 

3) Autre problème essentiel, la situation en Israêl et en Palestine. paradoxalement je considère que celle-ci s'éclaire. j'ai vu là encore avec douleur la confusion la plus totale régner, l'impuissance prenait ici la figure d'un racisme abominable et du gauchisme. A partir de l'injustice intolérable contre le peuple palestinien il ne naissait pas des propositions politiques permettant le rassemblement mais des provocations antisémites qui ne pouvaient que favoriser le gouvernement d'extrême-droite israélien. Aujourd'hui grâce à l'initiative à l'ONU cela commence à s'éclairer: il existe une base juridique, celle des deux Etats prévus par les résolutions de l'ONU. Un projet celui de la reconnaissance du 194 e Etat. Les Palestiniens devant la menace du droit de veto des Etats-unis et face aux manoeuvres de sarkozy on choisi de donner du temps au Conseil de Sécurité. Il y a une chose qui me paraît claire c'est que ce temps ne doit pas être celui de l'attente arme aux pieds mais bien celui d'une mobilisation en faveur de la reconnaissance de cet Etat. Et cette mobilisation a besoin d'une ligne politique claire, en particulier en éliminer tous les discours négationnistes tout en ne cédant jamais sur les droits du peuple palestinien.

 

4)Enfin le dernier fait qui m'a bouleversé a été cette nuit l'assassinat d'un homme aux Etats-Unis. Là encore j'étais impuissante, glacée.Ecrasée par la folie étatsunienne comme à l'image de cette planète prête à s'autosacrifier. Bien sûr je suis contre la peine de mort mais celle-ci me paraît à l'image de ce qui menace la planète, la réponse belliciste, aveugle à toutes les revendications qui peut aller jusqu'à la mort nucléaire. Il faut absolument prendre conscience de cette lutte nécessaire contre la mort que l'humanité peut s'infliger. la lutte pour la paix est incontournable comme l'est la nécessité d'une réflexion sur la préservation de la planète mais aucune de ces luttes n'aura de sens, ne pourra aboutir si on ne place pas en leur centre la justice.

 

Voilà ce que j'ai ressenti dans la solitude ces derniers mois. je sais que je ne peux plus rien attendre de ce qui fut le PCF. je mes suis longtemps, trop longtemps obstinée. désormais j'ai tourné la page. Non seulement je ne suis pas allé à la fête de l'huma mais ce qui s'y passait ne me concernait plus. Que me reste-t-il comme solution?

 

Est-ce qu'il est possible partout où nous nous trouvons de fonder des micro comités de vigilance contre l'injustice. Prendre le mouvement des indignés non pas seulement en occupant les places de nos villes mais en créant de petits comités de discussion, de réflexion politique. j'y pensais hier dans cette séance de travail à l'Université.

 

Es-ce qu'il existe des choses faites dans ce domaine ? Je ne parle pas des réseaux sociaux mais des rencontres réelles, des regroupements autour de problèmes autant que des lieux de reflexion ?

 

La première règle serait de ne pas intervenir dans les choix des présidentielles. Moi personnellement en l'état j'ai décidé de m'abstenir parce que voter n'a de sens que si cela s'accompagne d'un mouvement d'élévation de la conscience, d'une organisation des luttes et pour le moment il s'agit d'une entreprise de diversion comme le prouvent ou plutôt me le prouvent les questions que je viens d'énumérer, mais il y a des gens qui pensent différemment en particulier ils sont convaincus qu'il faut à n'importe quel prix battre Sarkozy. Pourquoi les contredire? D'autres sont convaincus que le vote Melenchon ou écologiste fera avancer le niveau de conscience. Moi comme je viens de l'indiquer je suis convaincue du contraire. Mais je n'ai vraiment pas envie de me battre sur ce sujet là, il n'ont à mes yeux structement aucune importance, je souhaite au contraire respecter le choix que chacun fera en son âme et conscience lors de l'éléction.

 

Je vais donc tenter de voir ce qu'il est possible de faire pour tenter de petits rassemblements et bien sûr l'idéal serait que se multiplient des expériences de ce type. Dans le parti il en existe et j'estime beaucoup ceux qui depuis des années tentent de rectifier le tir. mais je crois que c'est une lutte vouée à l'échec parce que l'on ne peut pas se donner comme objectif de lutter  contre une direction, cela épuise inutilement. Comme est  vouée à l'échec une organisation qui se donnerait pour objectif de regrouper tous les communistes encartés ou pas. Vu ce que sont les jeunes aujourd'hui, ils échappent dans leur immense majorité à ces classifications et leur innocence politique est telle que l'on ne peut même plus leur faire peur en agitant des guignols idéologiques, en revanche ils ont quelques grands principes et un sentiment d'impuissance, comme moi. Tout le monde a conscience de subir des injustices immeritées, d'être confronté à un monde insupportable et paradoxalement l'adversaire, condition indispensable, est relativement bien identifié, le capitalisme, la finance, ce qui n'est pas clair ( le discours antimondialisation faussement radical d'un Montebourg ne nous y aide pas) est la possibilité de s'y attaquer avec une quelconque efficacité.

 

Vous me direz que la constitution d'un Front est justement ce que propose Melenchon, à cela j'ai deux réponses: la première est que le Front que propose Melenchon et à laquelle s'est rallié le PCF est un Front de sommet, politicien dont l'objectif était premièrement d'intervenir dans la présidentielle et deuxièmement de substituer au PCF un parti européen toujours de sommet se ralliant à un leader reconnu par les médias. C'est fait et ma proposition part de cette situation qui me paraît aller a contrario des nécessités de l'heure. Moi ce que je cherche sans en avoir bien sur les moyens est la constitution d'un réseau basique sur un front de résistance populaire. Des lieux de formation politique mais aussi de solidarités aux individus et aux luttes. S'il y avait à la rentrée des luttes sociales, revendicatives divers collectifs pourraient s'y intégrer et même s'il y avait un changement de gouvernement il y aurait là parmi des tas d'autres formes des lieux d'action et de vigilance. Avec bien sûr cette idée de transmission pour des générations que j'ai déjà explicité par ailleurs à travers la référence aux vaincus qui coïncide si bien avec ce moment d'impuissance. Il est clair que les mieux armés seraient ce qui reste de l'organisation du PCF mais tous seront bloqués par l'inertie du sommet et ses orientations (voir les exemples donnés plus haut) et les luttes éternelles pour se substituer à un appareil défunt.  ce qui est vrai du PCf l'est encore plus d'autres organisations. Il ne faut pas s'opposer à ces tentatives, négliger leur apport potentiel simplement s'interroger sur les objectifs.  La nouveauté de la période c'est que les périls augmentent et que la conscience de l'absence de force est plus grande.

 

Je n'ai pas de réponses et beaucoup plus de questions mais je voudrais bien comprendre et surtout voir sur quelles bases on peut se rassembler pour faire face. Parce que j'ai le sentiment qu'il se prépare un tsunami social et qu'il est absolument nécessaire de se regrouper. j'ai été sociologue et je dois dire que dans cette affaire ce qui m'intéresse est réellement les conditions de recréation d'un lien social de résistance en éliminant au maximum ce qui divise. Donc je vais essayer de comprendre ce qui se passe.

Danielle Bleitrach

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MARAT EL MOKRANI 22/09/2011 18:47



En lisant ce texte de Danielle je ne comprends pas comment le PCF en est arrivé à se passer  des militants de sa trempe,moi je n'ai pas le choix je me battrais au sein du PCF pour que celui
ci renoue avec sa tradition anti imperialiste et aussi à sa tradition de defense de la Nation et qu'il quitte ses positions pro Europe qui en semant l'illusion qu'on peut faire une europe
sociale( je pose la question donnez moi un ordre de grandeur du temps necessaire pour cette transformation).Concernant le front de gauche j'en suis partisant à condition qu'il s'elargisse vers
des forces réelement à gauche et vers les forces patriotiques comme sous la resistance,Melanchon le repete souvent resister oui il faut resister  en renforçant le PCF sur une ligne de combat
pour rtrouver les acquis sociaux permis par le programme du CNR en etant particulierement vigilant et ferme par raport aux PS et autres Delors qui ont permis la reprise des acquis des années
50 à 60.Pierre Laurent demande au PS d'etre de Gauche cela doit entrainer un refus de capituler devant les tentations hegemoniques du PS