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Réveil Communiste

Quand les médias découvrent "la plus value relative"

15 Août 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie

Par Danielle Bleitrach, lu sur son blog :

 

81_64_Capitalisme[1]

 

Il n’est question que du "rebond", j’ai déjà dans un article précédent expliqué en comparant la Chine, l’Europe ce qu’il en était de ce rebond… Et combien il aurait besoin d’être boosté par une hausse du pouvoir d’achat et des services publics.. Mais voici qu’aujourd’hui les mêmes découvrent que des pays du Tiers monde, ou "émergents" (c’est-à-dire de pays non membres de l’OCDE, plus la Turquie) feraient économiser à chaque ménage français entre 100 et 300 euros par mois, par rapport au coût d’un même panier made in France. Soit entre 1.270 et 3.770 euros par an.

Qu’en est-il de cette économie, un détour par Marx nous donne une autre vision de à qui rapporte ce fait :

La plus value est chez Marx une notion à la fois économique, philosophique et historique. Pour faire court je dirais que la force de travail est la seule marchandise qui a la caractéristique de produire plus de valeur que ce qu’il lui est nécessaire pour se reproduire. D’où le fait que le capitaliste paye en temps normal la force de travail à sa valeur (le temps de travail moyen socialement nécessaire qu’il lui faut pour se reproduire, lui et sa famille) mais comme la durée du travail de l’ouvrier excède ce temps, il en retire une plus value, base du profit et de la formidable accumulation du capital.

Quand on constate aujourd’hui que les capitalistes ont vu ces derniers temps non seulement malgré la crise mais à cause de la crise croître leurs profits d’une manière inversement proportionnelle à ce que pouvait espérer le travail, ce n’est pas un simple effet comptable lié au financier, à la monnaie, cela se passe dans la production où nait la plus value.

le surtravail est la base de l’accumulation du capital selon la formule bien connue: A (argent) – M (marchandises qui se divise en MP, moyens de production et FT force de travail, étant bien entendu que seul FT est à la fois créateur de plus value PV et conserve la valeur des MP, d’où leur dénomination en capital constant et capital variable)- qui deviennent M’ (marchandise plus valeur ajoutée dans le processus de travail)- A’ (argent plus, capital accumulé prêt à recommencer le cycle).
A-M-M’-A’

La plus value absolue consiste à augmenter la part du temps de travail que le capitaliste s’approprie… Par exemple augmentation de la durée de la journée de travail.

Des changements sont intervenus, Quelques exemples, la force de travail se calcule sur la base du ménage, le travail des femmes a représenté de ce point de vue un énorme gain… Autre exemple le crédit qui permet de ne pas augmenter les salaires… mais le grand essor est lié à la productivité du travail qui est à la base de la plus value relative, notez que le travailleur français est un des plus productif du monde. Ce qui est manifeste si l’on considère la croissance du capital c’est que la part du travail dans cette formidable productivité n’a pas augmenté.

D’autres phénomènes jouent, comme les dépenses parasitaires, la publicité, les circuits financiers mais aussi le formidable arsenal militaire qui ne cesse de s’accumuler, mais restons-en au basique: il y a augmentation de la plus value relative.

La plus value relative consiste grâce à la productivité du travail à faire baisser le prix de ce qui entre dans le renouvellement de la force de travail.Ce n’est pas comme on le croit souvent parce qu’avec un même travail on produit plus, mais bien parce que la valeur de la force de travail baisse et donc que le capitaliste dégage plus de profit pour un même temps de travail.

Une étude confirme ce que l’on peut effectivement analyser: le rôle joué par certains pays à bas salaires
(c’est-à-dire de pays non membres de l’OCDE, plus la Turquie) ferait économiser à chaque ménage français entre 100 et 300 euros par mois, par rapport au coût d’un même panier made in France. Soit entre 1.270 et 3.770 euros par an.Voici ce que conclut une étude récente du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) signée par Charlotte Emlinger et Lionel Fontagné. L’étude a comparé le prix moyen d’un même produit à l’importation (incluant le transport depuis le pays d’origine) et à l’exportation (sans les coûts de transport et d’assurance). Selon cette enquête, un produit exporté par la France coûtera entre 2 et 3 fois plus cher que le même importé en France depuis un pays à bas salaires.71% du surcoût total subi par les ménages français qui achèteraient du made in France serait imputable au remplacement des produits chinois par les mêmes produits fabriqués dans l’Hexagone. La Chine fournit en effet de grands volumes de produits à des prix d’arrivée à la frontière française très bas. Le quart du surcoût potentiel concernerait les articles en cuir, essentiellement les sacs, alors que le 10% proviendrait du petit matériel électrique, soit respectivement 25 et 18 milliards d’euros, à repartir entre 27,5 millions de ménages.

Ce qui nous est présenté comme un gain de pouvoir d’achat ne l’est en fait que pour le capital puisque cet apport lui a permis (comme le travail des femmes, comme le crédit) d’augmenter la plus value relative extorqué au travailleur français. Même si grâce à l’importation de pays à bas salaire le travailleur a accès à un plus grand nombre de marchandises, il est évident que son pouvoir d’achat est doublement rogné par la pression sur son salaire réel et sur son salaire indirect que constituent les services publics, par exemple santé et éducation. La plus value relative du capital s’en trouve augmentée et même la plus value absolue par l’effet de mise en concurrence mais la part du salaire dans la croissance des richesses diminue, stagne, engendre des crises de surproduction.

Alors que le développement scientifique et technique aurait permis une croissance de la valeur de la Force de travail, celle-ci a été maintenu artificiellement à un prix plancher d’où la crise de surproduction et l’asphyxie des économies dans les pays capitalistes. Le fait que nous sommes à nouveau dans une très classique crise de surproduction que l’on nous présente essentiellement comme une crise financière limitée à l’endettement d’abord des ménages, puis des banques et enfin des Etats.

Mais tant que l’on se limite à ce seul aspect financier on ne comprend pas ce qu’est le capital et pourquoi il a intérêt à poursuivre malgré les discours anti-chinois par exemple à poursuivre dans la logique de la plus value relative et du surendettement des ménages…

Danielle Bleitrach

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