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Réveil Communiste

Priorité à la défaite de l'impérialisme en Côte d'Ivoire !

5 Février 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

Ferñent / M.T.P-S

Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal

« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »

Email : fernentmtps@yahoo.fr

 

 

Aux Camarades de Sanfin

La nuée du Mali à propos de nos divergences

sur la Côte d’Ivoire

 

F/MTP-S s’est positionné dans sa déclaration pour l’annulation des élections que la soi-disant « communauté internationale » en fait impérialiste (USA, UE, Françafric) a organisé en Côte d’Ivoire.

Si la participation massive à l’élection montre que le peuple Ivoirien s’en ait saisi dans l’espoir de sortir de la partition de fait et d’obtenir la paix, il apparaît clairement que les résultats proclamés par la Commission Electorale Indépendante (CEI) soutenue par l’ONUCI pour dégommer Gbagbo et ceux proclamés par le Conseil Constitutionnel (CC) désavouant les premiers ne sont pas crédibles.

C’est, selon nous, ce que disent et montrent les faits.

 

L’échec d’une élection financée et organisée par l’impérialisme et l’ONUCI

 Les faits sont terriblement têtus :   

 

- Guillaume Soro est nommé premier Ministre, la rébellion doit être désarmée et une partie intégrée dans l’armée nationale, mise en place de la CEI chargée des résultats provisoires par consensus des représentants de tous les partis politiques, Conseil Constitutionnel organe juridique devant proclamé les résultats définitifs, ONUCI avec des observateurs doit les certifier. Tel est le dispositif décidé par les « accords » de Marcoussis, Ouagadougou, Accra et Prétoria.

- Résultats pas de désarmement total, pas d’intégration totale des éléments armés de la Rébellion, la CEI en partie proclame des résultats après avoir annulé certains comme le vote en France, le Conseil Constitutionnel annule 7 départements du CNO, l’ONUCI certifie les résultats provisoires pas les résultats définitifs.

- La seule conclusion qui s’impose est l’annulation de cette élection qui révèle clairement le décalage entre l’aspiration légitime du peuple à la paix, à la démocratie et à l’unité nationale par sa participation massive et les magouilles, tricheries et complots des uns et des autres, donc de toutes les forces impliquées dans celles ci.

- Or Sanfin s’enferme sur une position « tout contre Gbagbo » au point d’en arriver à soutenir les manigances ouvertement anti-Gbagboistes de l’ONUCI clairement au service du plan des impérialistes d’utiliser les élections pour se débarrasser de Gbagbo. Nous souffrons de devoir constater qu’un certain aveuglement, dont il faudrait chercher la source, conduit nos camarades de Sanfin à soutenir de fait sous couvert de l’ONUCI, Licorne, Bima et le diktat impérialiste des Sarkozy et Obama relayé par le crétinisme servile pro-impérialiste de Ouattara et du va t-en guerre G. Soro.

- Autant le prolongement du mandat l’ONUCI est concevable, vu les incertitudes sur la paix (mercenaires, etc.) dans le cadre de son mandat initial d’interposition, autant il est nécessaire et urgent que Licorne et toutes les troupes Française partent de la Côte d’Ivoire. Et il ne s’agit pas là d’une question simple « d’internationalisme des internationalistes Français » qui eux auraient le droit de dénoncer les manigances de leur propre impérialisme; il s’agit bel et bien de saisir et comprendre en tirant jusqu’au bout la conclusion qu’un des facteurs décisifs du problème en Côte d’Ivoire est la mainmise de l’impérialisme Français et que le départ de ses forces d’occupation néo-coloniale fait partie de la solution, en est le point de départ.

- Sanfin est obligé d’ailleurs de faire appel à « la conscience anti-fasciste et les résolutions de l'ONUCI (qui) ne sont pas un vain mot pour la Russie et la Chine » pour amalgamer « troupes étrangères » donc celles des agresseurs impérialistes Français (il n’y a là aucune ‘légende’ sic !) et troupes d’interposition de l’ONUCI que le gouvernement légal de Gbagbo élu en 2000 et l’ensemble des protagonistes de la scène politique Ivoirienne ont accepté. La Chine et la Russie, mais aussi plusieurs Etats non inféodés aux impérialistes décadents USA/UE, y compris Africains, rejettent les intolérables ingérences dans les affaires intérieures des pays faibles et dépendants y compris en Côte d’Ivoire. Attitude responsable qui s’appuie sur le principe de respect de la souveraineté que l’on doit saluer et qui est justement une réponse politique juste au funeste «droit d’ingérence humanitaire » néo-colonial que les USA/UE ont appliqué en Somalie où il n’y a plus d’Etat, en Irak, en Afghanistan et en Yougoslavie, etc.

- Quand à l’allusion que le camp Gbagbo va agresser les agents patentés de l’impérialisme que sont Ouattara et Soro réfugiés à l’hôtel du Golfe sous la protection de l’ONUCI, de Licorne, de Bima en raison de l’agitation fébrile de l’hystérique Blé Goudé, nous disons nettement ne pas y croire. Aujourd’hui le seul camp qui a intérêt dans le déclenchement d’une guerre en Côte d’Ivoire est l’impérialisme Français, US et ses valets. Gbagbo est un politicien bourgeois social-démocrate qui s’est laissé berner par l’illusion que les impérialistes seraient « impartiaux » entre lui et ses autres concurrents bourgeois libéraux, mais nous ne le croyons pas sot pour se lancer dans une telle aventure qui donnerait le prétexte de l’éliminer, ce que cherchent Obama et Sarkozy.

- « Alors vraiment : à bas le tristement célèbre esprit munichois de la "non intervention"  et de l'apaisement comme à l'époque de la république espagnole où l'URSS a combattu cette hypocrisie pro-fasciste et appelé à l'envoi de brigades internationalistes de soutien aux Républicains espagnols ! Réfléchissons y ! La non intervention et le départ de l'ONU n'a-t-elle pas entre autres facteurs permis le génocide rwandais ? ». Ce passage est très révélateur de la confusion dans laquelle tombe Sanfin. Qui menace qui actuellement en Côte d’Ivoire, qui agresse qui ? Depuis qu’il est élu Gbagbo a t-il attaqué un pays voisin ? A t-il un programme d’invasion des autres pays ?

- C’est vraiment ici le cas de préciser que comparaison n’est pas raison. Le mandat d’interposition de l’ONUCI résulte d’une attaque armée préparée et soutenue par ce pion majeur de la Françafric qu’est l’assassin de Sankara, Blaise Compaoré.

- Or Sanfin fait comme si la présence de l’ONUCI comme force d’interposition et la partition résultent d’un « nettoyage ethnique, d’un génocide » causé par Gbagbo et peut être même avec la complicité de Mamadou Coulibaly Président de l’Assemblée Nationale (à ce propos Bédié l’inventeur de la théorie fasciste « ivoirité » ralliant Ouattara serait-il devenu « démocrate » antifasciste ?!) .

- Et si le parallèle avec le Rwanda doit être fait, alors il faudrait dire que c’est l’impérialisme Français dirigé par le social-démocrate impérialiste Mitterrand qui a formé et préparé le Hutu Power dans la réalisation de ce crime contre l’humanité en terre d’Afrique en 1994 avant de les protéger et de les exfiltrer au Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Une conclusion s’impose : plus vite les troupes Françaises partiront, plus on peut espérer qu’une telle menace s’éloignera.

- Sur la position de nos camarades du PCRCI, il faut dire que nous sommes preneurs des analyses qu’ils avancent et n’avons pas de leçons à donner d’autant plus qu’il nous faut à tous beaucoup de modestie vue la complexité de la situation; Nous entendons leur position qui est que « Ouattara a gagné les élections » et que le « Conseil Constitutionnel n’a pas dit le droit ». Nous pensons au vu des éléments en notre possession que « ni la CEI, ni le CC, ni l’ONUCI n’ont dit le droit et qu’il faut annuler les élections ».  Nous essayons d’élaborer notre point de vue propre en tenant compte de leur position et saluons d’ailleurs leur mot d’ordre qui est nôtre : Pas d’intervention étrangère !      

 

L’impérialisme source de l’ethnofascisme ivoiritaire

 

- Sanfin désigne par affirmation péremptoire autoritaire que Gbagbo est le représentant de « l’ethnofascisme ivoiritaire ». Or force est de constater que :

- c’est Bédié qui a utilisé « l’ivoirité » pour éliminer son rival Ouattara du PDCI et des prétentions à la présidence;

- ce conflit a culminé dans le coup d’état du Gl Guéï, lequel va empêcher Ouattara et Bédié de se présenter à l’élection présidentiel en 2000 finalement remporter par Gbagbo dans un contexte que lui même a qualifié de « calamiteux » ;

- cette prise de pouvoir électorale de Gbagbo a été possible parce que soutenue par le PS impérialiste Français dans le cadre de la cohabitation entre le premier Ministre socialiste L. Jospin et J. Chirac président;

- pour se venger la droite Française va soutenir et organiser la rébellion parrainée par son pion Françafricain Compaoré tout comme l’impérialisme Françafricain avait à travers Houphouêt destabiliser le Libéria et la Sierra Léone auparavant pour prendre pied dans la sphère US et Anglaise;

- la partition de fait est imposée par la présence militaire Française qui joue hypocritement le rôle de tampon pour ensuite enclencher Marcoussis 1, 2, Ouagadougou, Accra, puis Pretoria, donc ces « négociations » qui sont en réalité la recherche des voies et moyens d’en finir avec un pouvoir qui potentiellement peut échapper à la mainmise Françafricaine dans un contexte de remise en cause par le multilatéralisme de la domination unilatérale du monde des USA et de l’UE née de la défaite de l’URSS;

- Gbagbo, sans être un chantre de « l’ivoirité », ni un révolutionnaire anti-impérialiste, concilie avec ce fascisme ivoiritaire dans le contexte de la partition de fait du pays et d’une rébellion fomentée pour l’empêcher de gouverner et lui imposer ce processus électoral piégé. A départ le conflit politico-judicaire sur la question absurde et dangereuse de « l’ivoirité » reflète l’incapacité de toute la classe politique ivoirienne a solutionné la crise économique, sociale et politique née des diktats libéraux du FMI. Des dictatures militaires ou civiles des années 60/70, on est passé au « multipartisme des gestionnaires et technocrates » dans les années 80/90, puis maintenant on en arrive au « multipartisme ethnique, religieux et/ou régionaliste ». C’est ce que confirme le socialiste français Guy Labertit en avouant que « le concept de l’ivoirité est venu de certaines institutions internationales qui ont trouvé cette formule tristement géniale pour répondre à une situation de crise économique en Côte d’Ivoire ». C’est le Journal patronal Français les Echos du 27/12/99 qui montrent l’imbrication totale entre la Françafric et les contradictions internes en Côte d’Ivoire pour expliquer le coup d’état de « Noël 99 « du Gl Gueï : « Comme le général Gueï, Paris avait pourtant contribué à installer Henri Konan Bédié dans le fauteuil vacant de Félix Houphouët Boigny...parce qu’il risquait de faire voler en éclats la « vitrine » de son pré-carré en Afrique. Parce que l’instabilité politique croissante à Abidjan commençait à porter préjudice aux importants intérêts économiques tricolores dans le pays. La Côte d’Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique Noire (5,3 milliards de francs d’achats en 1998). L’Hexagone y détient une part de marché de près de 30%... ». 

- C’est pourquoi ce passage significatif de nos camarades de Sanfin est totalement erroné: « L'enjeu historique immédiat ne porte pas sur la question : capitalisme ou socialisme et/ou même impérialisme ou anti-impérialisme en Côte d'ivoire ? Quiconque cherche à résoudre de telles équations est à côté du problème qui est plutôt l'opposition entre d'une part l'unification de la Côte d'ivoire sur la base de la démocratie bourgeoisie semi-coloniale et de l'autre la consécration de la division de la côte d'ivoire sur la base de l'ethno-fascisme semi-colonial. D'un côté démocratisme bourgeois libéral et unification, de l'autre ethno-fascsime, division et à terme partition ».

- Passage auquel nous avons répondu dans notre déclaration demandant l’annulation des élections en Côte d’Ivoire : « Les deux grandes questions posées et à résoudre en Côte d’Ivoire sont la division nationale et la domination impérialiste. La seconde a engendré la première comme métastase de la défaite de la première phase de la lutte pour la décolonisation de l’Afrique ». En fait il ne peut y avoir de muraille de Chine infranchissable aujourd’hui en Côte d’Ivoire entre ethno-fascisme et impérialisme.

- En effet Ouattara au pouvoir suite à une intervention impérialiste même déguisée CEDEAO, c’est pas l’unité de la Côte d’Ivoire, mais des milliers de cadavres, l’approfondissement de la désunion voulue et orchestrée par l’impérialisme en crise qui attaque partout pour les émietter notamment les Etats multinationaux nés de la première phase de décolonisation.

- L’unité ou la désunion pour l’impérialisme, c’est selon son intérêt. L’AOF, l’AEF ont été unies sous la domination coloniale et quand il a été question après le congrès fondateur du RDA à Bamako en 1946 d’aller unis vers l’indépendance, l’impérialisme a balkanisé en créant les actuels Etats en s’appuyant sur des bourgeoisies compradores, Houphouêt, Senghor, etc., tout en les « unifiant par la monnaie unique le franc cfa avec l’Uemoa et puis dans la Cedeao », et par les accords de présence militaire imposés par la Françafric.

- Et disons le tout net, dans l’éventualité d’une arrivée au pouvoir par la guerre et des massacres de Ouattara, une telle agression françafricaine peut même se transformer en une guerre entre Etats Africains sur une ligne de partage ouest Africaine similaire à l’actuelle partition de fait de la Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs une des contradictions qui minent la CEDEAO et l’UA face à la crise Ivoirienne.  

- Rappelons ici ce que nous écrivions à Sanfin le 18 avril 2004 :

« Toutefois, en attendant d’y revenir, peut-on mettre dans le même sac Taylor soutenu par Houphouët Boigny pour la conquête du pouvoir et Taylor chassé récemment du pouvoir sur la pression des impérialistes ? Peut-on soutenir l’implosion de la Côte d’Ivoire entre le nord et le sud alors qu’aucune force antagoniste ne réclame la séparation ? Comment peut-on faire la comparaison avec la question Casamançaise sur ce point précis ? Le texte de PENCOO, cité longuement par Sanfin, insistait fort justement sur l’égalité entre toutes les nationalités et l’égalité des droits pour l’immigration en Côte d’Ivoire et faisait le lien de cause à effet de la situation actuelle et les luttes nationales indépendantistes dirigées par les bourgeoisies et féodalités compradores dans la période allant de 1945 et 1960. Nous sommes d’accord pour dire avec Sanfin que les classes féodalo-bourgeoisies Baoulés et Bétés et celles Dioulas, Sénoufo et Mossis n’ont pas les mêmes responsabilités dans la crise ivoirienne. Mais aucune n’est porteuse d’une solution démocratique et elles comptent toutes sur et sont inféodées aux impérialistes dont les contradictions continuent d’alimenter le conflit interne et régional. Dans le contexte de la dite « mondialisation », c’est à dire de la reprise du processus d’internationalisation du capital freiné, voire stoppé par la Révolution Bolchevik, les Etats nations ou multinationaux ne constituent-ils pas des obstacles objectifs à la marche forcée de la re-colonisation impérialiste et de l’hégémonisme impérialiste, principalement US ? La différenciation national-révolutionnaire et national-réformiste du mouvement national ne subit – elle pas l’influence du rapport des forces actuels largement favorables à l’impérialisme ? Quelle influence a le rapport de forces à l’échelle internationale sur la dialectique facteur international et facteur national ? Toutes ces questions fort complexes et d’autres encore doivent faire l’objet d’échanges profonds entre nous sur la base de l’analyse concrète d’une situation concrète. Convenons en, il n’y a pas de recettes miracles et nous devons utiliser le scalpel du matérialisme dialectique et historique pour frayer la voie à l’émergence d’une politique prolétarienne révolutionnaire, internationaliste et victorieuse ». En fait ce débat commencé entre nous, mais inachevé nous rattrape aujourd’hui. On peut en déduire qu’il faut pousser le débat jusqu’au bout entre révolutionnaires, entre Marxistes-Léninistes.

 

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

 

- Les dessous cachés des plans des uns et des autres se sont révélés au grand jour. Il est faux et dangereux de présenter les choses comme si l’AG de l’ONU est représentée par la dite « communauté internationale » qui se résume pour le moment en fait à l’UE et les USA lesquels se partagent les rôles en tenant compte des intérêts du bloc occidental qu’ils forment contre le reste du monde. Ce que prouve le maintien et même l’agrandissement de l’OTAN.

- En fait en RDC, au Soudan, dans la Corne de l’Afrique, au Sahel, dans le Golfe de Guinée, en Côte d’Ivoire, etc., et de plus en plus partout en Afrique, mais aussi au Moyen-orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive pour contrôler les sources de matières premières afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans.

- Ces guerres ou destabilisations de conquêtes ou de préservation néo-coloniales du joug Occidental impérialiste commencent à rencontrer des défaites en Asie, en Amérique du Sud et en Irak et Afghanistan et même en Afrique avec le cas du Zimbabwe, du Soudan (on verra avec le référendum 2011) ; le Sahel et la Côte d’Ivoire, c’est l’extension du domaine d’intervention impérialiste pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières.

- Cette tendance agressive et destabilisatrice est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée de celle-ci rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste. 

- La domination néo-cooloniale prend aussi en Afrique la forme des successions monarchistes libérales, du placement des libéraux pro-occidentaux et des destabilisations comme en RDC, au Soudan, etc. Le dernier exemple en date est la Tunisie du dictateur Ben Ali qui vient d’être chassé par le peuple.

- Tout ce qui de prés ou de loin échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer parce que le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie occidentale sur le monde.

- Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 30 dernières années, puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique qui indéniablement leur permettent de sortir du sous développement. C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord dans lesquelles cohabitent différentes formes de propriétés mais avec comme secteur stratégiquement dominant le capitalisme d’état contrôlé par un Parti Communiste au pouvoir.

- Ce facteur fondamental, nous le disons très nettement, a totalement échappé aux camarades de Sanfin. C’est d’ailleurs pour cela que nos camarades de Sanfin ignore le caractère progressiste, anti-libéral et anti-impérialiste des nouveaux pouvoirs patriotiques au  Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador et qu’il range sans aucune explication théorique sérieuse le Brésil, l’Inde, la Russie, la Chine, etc., dans le lot des « nouveaux pays impérialistes ».

- Il faut être très clair : Sanfin n’a pas perçu le caractère progressif, voire progressiste du capitalisme d’état face à l’hégémonie sans partage du libéralisme dans le contexte du rapport des forces du moment à l’échelle mondial.

- Sanfin sous-estime l’enjeu de l’affrontement de classe là dessus pour les démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba, la Corée du Nord rescapés du naufrage provoqué du camp socialiste miné par le révisionnisme.

- Sanfin ne veut pas voir que ces démocraties populaires utilisent le levier de la place et du rôle dominants de l’état et de la planification dans l’économie de marché pour sortir du sous-développement tout en  continuant dans les congrès à se fixer l’objectif du socialisme.

- Les nouvelles expériences anti-libérales et anti-impérialistes d’Amérique du Sud (chacune avec sa particularité et son niveau d’engagement populaire) font aussi à des rythmes différents la même chose tout en s’appuyant sur l’héroïque résistance de Cuba socialiste, et expérimentent dans le cadre de l’Alba, une nouvelle alliance économique anti-impérialiste originale avec toujours comme levier le capitalisme d’état.

- Force est aussi de constater que même les pays capitalistes « classiques » comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi le capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique.

- Sanfin mêle et amalgame tout ceci dans un incroyable et insupportable nihilisme du réel en mouvement, et s’enferme dans une non prise en compte de la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (but déclaré par les expériences Chinoises, Vietnamienne, Nord Coréenne, Cubaine en cours). Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est faire injure au réel que de les caractériser allègrement sans aucune distinction « d’impérialisme » ou de « capitalisme ». Ce qui par ailleurs fait écho à la propagande des impérialistes des USA/UE selon laquelle c’est « la fin de l’histoire parce que tout le monde est devenu capitaliste et impérialiste ». Ce qui est faux même si on sait que tôt ou tard ces expériences en cours n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle même posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre Socialisme et Capitalisme, entre le PC et les forces du capital interne et externe ?

- Pour nous qui connaissons et avons partagé jusqu’ici une unité idéologique avec Sanfin et parce que même si on sort peu à peu des années 90 l’étape actuelle, l’étape actuelle de la lutte des classes et des peuples est complexe, nous ne pouvons que constater la perte de tout sens des réalités et donc du sens de l’analyse concrète de la réalité objective évolutive actuelle en termes de rapport des forces pour dégager une théorie et une pratique révolutionnaire permettant de vaincre la bourgeoisie compradore chez nous et son mentor l’impérialisme.

 

Les premières leçons à tirer du débat suscité en Afrique par l’actuelle crise Ivoirienne 

 

- La priorité des priorités est de se mobiliser pour éviter le pire en Côte d’Ivoire une guerre d’agression impérialiste qui prétexterait et se mêlerait à une guerre civile et régionaliste interne, laquelle pourrait même se transformer en guerre entre Etats Africains.

- D’accord avec Sanfin que la « médiation/ultimatum » de la CEDEAO « n’ira nulle part » (expression de Sanfin) pour ceux, comme Ouattara et Soro, qui espèrent que les impérialistes pourront instrumentaliser tous les Etats Africains dans leurs desseins d’utiliser une couverture africaine pour leurs basses besognes. En effet toutes les manœuvres allant dans ce sens rencontrent des difficultés sur fond de distanciation progressive entre les Etats Africains. C’est d’ailleurs ce qui se manifestent par les positions exprimées par l’Angola.

- Si il y a un parallèle à faire, il ne faut pas écarter l’hypothèse d’une Rdcisation de la Côte d’Ivoire. La RDC vit la guerre permanente depuis 1996 avec des milices, la mercenarisation de l’armée nationale et les ingérences multiples du Rwanda pendant que les groupes du capital financier pillent les richesses fabuleuses de ce pays dont Fanon disait que « l’Afrique à la forme d’un revolver dont la gâchette est située au Congo ». Et là aussi à quoi sert l’ONU, si ce n’est couvrir les spoliations des impérialistes et les pressions des USA/UE pour empêcher toute relation commerciale entre les pays émergents et le congo ?

- N’est-ce pas plutôt ce scénario qui s’est mis en place en Côte d’Ivoire depuis 2002 avec l’attaque armée fomentée et organisée par la Françafric contre le président élu, Gbagbo, dans des conditions que l’on sait ? Le Burkina de Compaoré n’est-il pas pour la Côte d’Ivoire la base arrière de la destabilisation qu’est le Rwanda de Kagame pour la RDC et qu’a été la Côte d’Ivoire d’Houphouêt pour le Libéria et la Sierra Léone ?!

- Une fois n’est pas coutume, les impérialistes sont prêts à tout, y compris le blocus, l’assassinat, la provocation d’une guerre civile réactionnaire, etc., pour intervenir sous une forme ou une autre. D’autant plus que s’y ajoute l’enjeu d’une explosion faillite de la zone coloniale cfa prolongeant ainsi la crise de la zone euro attaquée par le dollars.

- Ce sont les sorties arrogantes des impérialistes Sarkozy, puis d’Obama et du socialiste Straus-Kahn du FMI assénant injonctions et ultimatums comme au « bon vieux temps des colonies ou de l’esclavage » qui ouvrent les yeux sur la réalité de ce que veulent et font réellement les impérialistes dans cette crise post-électorale. Sanfin apparemment n’en a cure et n’a qu’une obsession : chasser Gbagbo; Mais à quel prix peut-on se demander ? Au prix d’une intervention militaire des impérialistes causant des milliers de morts pour installer Ouattara au Palais et Soro à la primature ? Est ce qu’une telle hypothèse très concrètement posée par la présence militaire Française n’est elle pas lourde de conséquence pour l’unité démocratique et égalitaire des nationalités de la Côte d’Ivoire ? Et dans l’hypothèse d’une AGRESSION militaire des Etats Africains EN Côte d’Ivoire, chacun de nous est interpellé sérieusement pour dire à nos gouvernants : PAS A LA GUERRE CONTRE LE PEUPLE FRERE DE CÔTE D’IVOIRE ! 

- Cette crise politique ouvre à une vitesse TGV les yeux aux Africains, aux militants, aux organisations. Nous en voulons pour preuve l’extraordinaire foisonnement des analyses, points de vue, positions qui s’expriment. C’est dans ce cadre nous avons pensé qu’il fallait à la fois diffuser les opinions des uns et des autres, mais se positionner en proposant une expression commune contre les plans des impérialistes. Une des expressions de cet éveil politique est l’« APPEL A LA CEDEAO « Vos peuples sont en danger. Ne vous trompez pas de guerre », les multiples prises de positions et les débats partout du sud au nord, de l’est à l’ouest en Afrique et l’Appel que F/MTP-S a initié contre l’ingérence impérialiste en Côte d’Ivoire que nous pensions que tous ceux qui refusent la solution impérialiste en Côte d’Ivoire devaient pouvoir signer selon nous.

- Nous le répétons, la priorité c’est de faire échec à l’impérialisme en Côte d’Ivoire. Et nous ferons tout pour cela. Mais nous restons aussi convaincus que déjà le débat politique se réveille en Afrique et cette ébullition des consciences en Afrique est une occasion que la gauche révolutionnaire prolétarienne anti-impérialiste doit saisir pour se frayer un chemin en se rassemblant par la pratique de la critique et de l’autocritique pour offrir enfin aux travailleurs et aux peuples Africains l’organisation d’avant-garde pour la victoire contre l’impérialisme et la bourgeoisie compradore.

- L’actuelle révolution démocratique en cours en Tunisie est LE SIGNE ANNONCIATEUR DE LA NOUVELLE VAGUE DE LUTTES DE LIBERATION NATIONALE ET DEMOCRATIQUE ANTI-IMPERIALISTE QUI OUVRE CETTE SECONDE PHASE DE DECOLONISATION DE L’AFRIQUE.  

Salutation fraternelle

01/01/11

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gq 06/02/2011 11:35



Sur l'impérialisme au Sahel, de la même source :


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Ferñent / M.T.P-S Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal « Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs » Email :
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