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Réveil Communiste

Pourquoi voter Chassaigne ? par Gilles Questiaux (PCF Paris XXème) augmenté le 12 juin 2011

12 Juin 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

Pourquoi je vote pour la candidature Chassaigne dans ce qui est de fait une primaire du PCF ?


Parce que son adversaire Mélenchon est proposé comme une bonne idée par le groupe dirigeant qui gère le parti de façon catastrophique depuis le congrès de Martigues, et qu’il faut absolument que les communistes aient le courage de se révolter enfin contre des stratégies qui nous conduisent d’échec en échec, toujours avec les mêmes. Chassaigne donne cette possibilité et apporte de l’air frais dans le PCF.


Parce qu’il est potentiellement un bon candidat pour 2012 : je l’ai vu parler à Japy et il était bon. Il a plus que réussi dans sa région. 45% au premier tour, 70% au second, avec en face un Mélenchon qui n’a jamais été élu sur son propre nom, toujours placé par d'autres socialistes sur leurs listes.


Chassaigne est au PCF. Certes ça ne suffit pas comme critère (nous sommes un parti pluraliste où il y a même des anticommunistes) mais c’est déjà bon signe, signe que l’on croit à l’avenir de ce parti. Il peut unir un maximum de communistes, toutes sensibilités confondues, et nous mobiliser pour les campagnes de 2012.


Il peut aussi attirer par sa personnalité des électeurs de gauche non communistes, mais aussi des abstentionnistes des classes populaires. Il tranche avec les candidats fabriqués et gonflés comme des baudruches par les médias (les Bové, Besancenot, Mélenchon) et il est capable de percer malgré ces médias.


Il n’est pas parisien, il représente le parti populaire des départements, et non le parti recentré sur les classes moyennes de Paris et Banlieue. Un parti populaire qui ne macère pas dans la haine de soi.


Pour le reste, il représente une forme de communisme municipal très modérée, et il n’apporte pas grand-chose de positif sur la question de l’UE, ni sur la sécurité pour contrer le FN. J’aurais préféré André Gerin. Mais le rapport de force dans le parti étant ce qu’il est, la question c’est : Chassaigne ou Mélenchon ?

 

Le choix est vite fait. Et il y a pour les membres du PCF une responsabilité historique de choisir entre le candidat communiste du Front de Gauche ou le candidat non communiste proposé par le groupe dirigeant qui nous conduit d’échec en échec depuis plus de dix ans. Ne pas voter Chassaigne, c’est voter objectivement pour la mutation du congrès de Martigues et donner à ses porteurs une approbation et un chèque en blanc pour la suite. La candidature Dang Tran proposée par la section du Quinzième arrondissement de Paris est dans ce contexte une opération de division de l'opposition à la ligne postcommuniste de la "mutation". Elle joue exactement le même rôle que le texte de congrès de "La Riposte" en 2008 (15% des votes) et bénéficie de singulières caresses de la part du groupe dirigeant. Retour de l'enfant prodigue?

 

Pour ceux qui espèrent que le Front de Gauche va "prendre", je leur dit "chiche"! La candidature de Chassaigne est un test. S'il suffisait que le candidat du FG en 2012 ne soit pas Mélenchon pour le faire éclater, cela signifierait qu'il a bien peu de substance. Jusqu'à présent son impact en terme électoral est douteux : les 6% du Front de Gauche aux européennes, et aux régionnales sont en réalité 2,5 % des inscrits. Aux régionnales, le front de gauche n'a été un succès que dans deux régions : Auvergne, où c'était Chassaigne qui conduisait la liste, 14% sur la région et près de 20% dans son département (45 et 70% c'était dans sa circonscription législative en 2007). Et le Limousin, où les 13% au premier tour et 20% au deuxième tour s'expliquent par la présence du NPA, non que ce parti ait apporté toutes ces voix, mais parce que sa présence a crédibilisé le discours d'union, qui parait bien factice ailleurs.


J’espère que Chassaigne va gagner cette consultation, ne serait ce que pour le respect des principes démocratiques, Mélenchon étant une caricature de candidature, et de stratégie imposée d’en haut, sans débat ni consultation des communistes, sans assise populaire, et sans aucun rapport avec les luttes.

 

Et comme au pied du mur on voit le maçon, je refuse que le candidat investi par le PCF soit un partisan de la guerre de Sarkozy contre la Libye.


GQ, 11 juin 2011

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Eric RUIZ 21/06/2011 14:50



Certes, tu as raison Pasquale concernant EDT mais ceux qui ont voté pour lui n'ont pas les mêmes motivations. J'en connais au moins 6 dans ma fédé qui ont voulu dire leur opposition au Front de
gauche et réaffirmer leur volonté de voir un candidat communiste dûment estampillé aux Présidentielles.


Même si la candidature EDT a servi de soupape pour la direction, je crois qu'il faut néanmoins comptabiliser ces votes dans la catégorie "opposition à la direction nationale du Parti".



Pasquale 21/06/2011 13:30



Il faut plutôt soustraire les 4% d'EDT au vote anti Mélenchon. N'oublions pas qu'EDT s'est présenté pour démontrer sa capacité de nuisance et il n'a pas réussi son coup et si il a des supporters
en dehors du 15ème, il faudra nécessairement leur ouvrir les yeux. EDT est objectivement un allié de la direction contre l'unité de l'opposition au  sein du PCF.



Eric RUIZ 20/06/2011 22:53



Sur le fonds, nous sommes d'accord : le PCF aujourd'hui ne tient pas un discours communiste mais un discours sociétale. Cela est dû à sa classe dirigeante qui depuis plus de vingt ans à
abandonner l'idéal communiste et qui souhaite passer dans le camp social-démocrate en gardant le trésor de guerre du PCF : locaux, finances, postes d'élus et (si possible) le gros des militants.


Depuis plus de vingt ans qu'elle s'escrime à saboter l'outil communiste, elle a réussi à lui donner de nombreux coups, à commencer par la disparition des cellules et des écoles du Parti.


Mais la classe des dirigeants du parti n'est pas arrivé à ses fins car depuis vingt ans, mauvais coups après mauvais coups, les communistes refusent toujours de voir disparaître leur parti et
tiennent bons.


Avec le Front de Gauche et l'idée de rassemblement populaire qu'il pourrait être, la direction du parti, avec la complicité du social-démocrate Mélenchon, essaie de passer en ruse. On est
d'accord aussi.


Mais, encore une fois, je ne crois pas que ce vote, même s'il met Mélenchon en candidat du Front de Gauche, soit une victoire pour la direction. Ou alors une victoire à la Pyrrhus !


Comme le disent beaucoup de camarades, avec moins de 60 % des votes et 28 fédérations où ils sont minoritaires, les partisans de la mutation-dilution se trouvent face à une victoire compliquée.
Ils savent bien que les 59 % de votants en faveur de Mélenchon ne sont pas acquis à l'idée d'une disparition du PCF mais que, par contre, les 40 % qui ont choisi Chassaigne ou Dang-Tran ont
clairement marqué leur attachement au PCF.


C'est une parti d'échec ! Certes, j'aurais préféré ne pas perdre le pion "présidentielles" mais sa perte nous laisse néanmoins dans une position de force face à la direction : recul de sa part
face aux délégués lors de la Conférence de début juin, notamment sur le bulletin, puis renforcement du vote "identitaire" communiste face à Mélenchon malgré la pression de la direction, de
l'Huma, malgré la désinformation et les possibles bourrages d'urnes dans certaines fédérations,...


La partie est loin d'être terminée. La direction a dû beaucoup se découvrir pour placer son candidat social-démocrate dans le jeu communiste. Mais l'ambition dévorante de Mélenchon et de ses
afidès dans les départements risque de transformer Mélenchon en boulet pour la direction du PCF.


Beaucoup de communistes se sont rendus compte ces dernières semaines de la situation délicate que nous traversons et du danger que court le Parti communiste. Ces 40 %, c'est l'élément d'optimisme
sur lequel nous devons continuer de rassembler, de manière positive pour mettre en échec la stratégie de notre direction.


Au final ils partiront comme la clique des rénovateurs, en laissant derrière eux le gros du trésor de guerre du PCF aux vrais communistes.


C'est ça ou le chaos pour le combat communiste. Comme en Italie.



JMP 20/06/2011 21:55



Ben oui, on peut reprocher à Sam de voir le verre entièrement vide, mais mauvais coups après mauvais coups et la dérive sociétale au détriment du combat de classe, l'abandon du combat contre la
propriété privée des moyens de production, qui y a-t-il encore dans le verre du PCF ? Franchement ?


C'est l'avant-dernier acte de l'agonie du PCF.


Le dernier sera la dissolution pure et simple dans le Front de Gauche. A l'italienne.


Ce dernier acte va, amha, intervenir désormais très rapidement.
La machine à capter les voix à gauche du PS est dans une dynamique et fait que les apparatchiks qui ont des sièges n'ont absolument aucun intérêt à s'accrocher à l'étiquette communiste. Ils
auront tôt fait de suivre le chemin tracé par les élus "unitaires" passés à la FASE.


Et les camarades de la base laisseront faire car à l'intérieur, on ne peut pas saboter l'outil si l'on pense que l'outil est toujours valable.


Reconstruire un parti communiste communiste ( non ce n'est pas une erreur que je l'écrive deux fois) est évidemment la solution. Pour autant j'ai du mal à la voir venir, même à plus long terme,
et de toute façon on n'a pas le temps.


Le communisme est en ruine, par les erreurs passées, alors même qu'aujourd'hui, face à un pourrissement capitaliste indéniable et qui nous entraine dans l'abime, la guerre et toutes les atrocités
qui se ferotn contre les peuples, on n'en aurait jamais autant eu besoin.



Eric RUIZ 20/06/2011 18:41



Sam : on peut regarder le verre à moitié vide ou à moitié plein. Toi, sempiternellement, tu le vois complètement vide.