Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Pour la Chine : la France ne devrait pas renoncer à ses ventes d’armes à la Russie

9 Septembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine

Lu sur le blog de Danielle Bleitrach :


( Source: le Quotidien du Peuple en ligne )


09.09.2014


Le sujet des ventes d’armes françaises à la Russie a récemment connu un changement soudain. Il y a quelques jours en effet, le bureau du président français François Hollande a déclaré dans un communiqué, que du fait des actions récentes de la Russie en Ukraine, la France a décidé de suspendre la livraison du premier navire d’assaut amphibie de classe « Mistral » à la Russie. Cette position des autorités françaises n’a pas manqué de susciter une certaine stupéfaction. Chacun se souvient pourtant qu’en juillet le président Hollande s’était engagé à livrer comme prévu le premier navire « Mistral », le « Vladivostok », à la Russie.

S’agissant de l’opportunité de fournir à la Russie le bâtiment en question, sur la base d’un contrat, les autorités françaises ont d’abord résisté aux pressions des États-Unis et d’autres pays occidentaux, se tenant au calendrier de livraison spécifié dans le contrat portant sur la vente de deux navires de guerre à la Russie. Parce que le respect ou non d’un contrat existant entre deux nations implique un problème de crédibilité de la France, mais a aussi une incidence directe sur le niveau des exportations du pays et le taux d’emploi des Français. Après tout, il s’agit d’un gros contrat portant sur 1,2 milliard d’Euros. Ce qui a fait que, sur cette question, la France a d’abord adopté une attitude prudente, et a refusé de céder aux pressions de ses alliés.

Cependant, aujourd’hui, la France a opéré un virage à 180 degrés. Ceci est principalement le résultat des pressions continues des États-Unis. Bien sûr, du fait de la récente détérioration de la situation en Ukraine, les relations entre la Russie et l’Ukraine demeurent tendues, et cela n’a pas été sans influence non plus. Il n’est pas interdit de penser que les autorités françaises voulaient aussi utiliser ce sujet pour exercer une influence sur les décideurs du Kremlin.

Selon le magazine français « Les Echos », il y a également à un certain nombre de sociétés françaises qui sont actuellement en compétition en Pologne pour un énorme appel d’offres. Et puisque la Pologne a affiché l’attitude la plus ferme face aux ventes d’armes françaises à la Russie, on ne peut pas exclure que le Gouvernement français espère, avec la suspension de la vente des « Mistral », s’attirer les faveurs de la Pologne afin de permettre à des sociétés françaises de conclure de gros marchés.

Mais, en France, la décision de suspendre les ventes d’armes à la Russie s’est attirée les foudres de certains, notamment de l’opposition. A droite, l’ancien Premier ministre français François Fillon s’est dit clairement opposé à « l’annulation » du contrat. Il a souligné que François Hollande, « à la remorque » de ses alliés, s’est mis « dans une situation intenable ».Il convient de noter ici que le contrat de vente d’armes entre la France et la Russie a été signé alors que c’était le Gouvernement de droite de Nicolas Sarkozy qui était au pouvoir. Si jamais ce contrat était annulé, il ne fait guère de doutes que cela réduirait considérablement les résultats obtenus par la droite française pendant son mandat.

La suspension de la vente des navires d’assaut amphibies de la classe « Mistral » a satisfait au plus haut point les Etats-Unis, qu’ils ont qualifiée de « décision sage ». En revanche, elle a suscité la colère de la Russie, qui estime que la France a agi pour plaire aux États-Unis et qu’ainsi elle n’a fait guère preuve de dignité.

Face à l’opposition, François Hollande n’a cependant pas osé se prononcer de manière trop absolue. Vendredi, le Président français a déclaré que sur le fait de savoir s’il faut vendre ou non ces navires de guerre à la Russie, il prendra une décision finale d’ici la fin du mois d’octobre, « en fonction des circonstances ». Quoi qu’il en soit, peu importe le genre de résultats, une chose est certaine : si le contrat est vraiment annulé, le résultat ne saurait être que perdant-perdant. Et pour la partie française, les pertes seront encore plus lourdes.

Tout d’abord, l’éventuelle annulation de la vente des « Mistral » porterait un rude coup à la réputation nationale de la France et à l’intégrité de ses entreprises, faisant hésiter de nombreuses personnes à faire des affaires avec la France. Le Groupe Dassault, par exemple, a remporté un contrat de fourniture de chasseurs Rafale à l’Inde en 2012. Mais pour l’heure, aucun contrat de vente formel n’a encore été signé, pour diverses raisons. On ne peut exclure que la suspension des ventes d’armes à la Russie soit susceptible de faire peser des doutes sur le contrat d’armement entre la France et l’Inde.

Ensuite, la résolution de la crise en Ukraine passera finalement par un règlement politique. Ainsi, ce n’est pas parce que la France vendra ces navires de guerre à la Russie que la situation en Ukraine en deviendra plus complexe. Au contraire, ne pas les livrer est susceptible d’irriter davantage encore la Russie, renforçant l’opposition entre le monde occidental et elle, sans que cela ne puisse pour autant aider à la résolution du problème ukrainien.
En outre, la situation économique actuelle en France est sombre, la situation de l’emploi très difficile. Si le contrat était annulé, cela pourrait y conduire à la perte de 1 500 emplois, ce qui aurait sans aucun doute un impact majeur sur l’industrie de la construction navale française. Sans compter que la France devrait aussi payer d’énormes pénalités à la Russie. Il ne s’agirait donc pas de petites pertes.

Dans le passé, sous l’impulsion du Général de Gaulle, la France a mis en œuvre une politique étrangère indépendante. Même quand la gauche est arrivée au pouvoir avec l’ancien président François Mitterrand, cette politique n’a pas changé. Mais aujourd’hui, la France écoute les sirènes de l’Amérique, se montre indécise sur les grandes décisions, et revient en arrière. Face à cela, on ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter de l’avenir de la politique étrangère française.

Ren Yaqiu
Le 9 septembre 2014

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article