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Réveil Communiste

Pour faire avaler la couleuvre cubaine par les Républicains, Obama sanctionne le Venezuela

29 Décembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

Lu sur PCF Bassin :

 

Par Alexander Main  |  28 décembre 2014  


Analyste politique au Center for Economy and Policy Research (CEPR), Washington, DC. Vient également de publier « Au Venezuela, la tentation du coup de force », Le Monde diplomatique, avril 2014.

 

 

La grande histoire s’accompagne souvent de petites bassesses et Barack Obama vient récemment d’en faire la démonstration. Le 18 décembre dernier, soit le lendemain de son discours – prononcé simultanément avec celui de Raul Castro – annonçant une nouvelle ère des relations entre les Etats-Unis et Cuba, le président américain promulguait une loi visant à imposer des « sanctions ciblées aux personnes responsables des violations des droits humains des manifestants anti-gouvernementaux » qui, de février à avril 2014, avaient occupé les rues et monté des barricades dans quelques villes du Venezuela et tout particulièrement à Caracas.

Les promoteurs de la loi, en premier lieu le sénateur démocrate du New Jersey Robert Menendez, invoquent une quarantaine de victimes de la répression menée par les autorités. Ils oublient délibérément de mentionner qu’une bonne partie de ces victimes étaient des policiers et des militants chavistes et que le gouvernement avait fait arrêter au moins 17 membres des forces de sécurité contre lesquels il existait des présomptions d’actes de violence sur les manifestants. En fait, les ténors de l’opposition vénézuélienne avaient poussé leurs troupes à utiliser des méthodes insurrectionnelles pour provoquer le départ de Nicolas Maduro élu à la présidence en avril 2013 de manière parfaitement légale et transparente. Cette stratégie de la tension [1] s’inscrivait dans une longue série de mesures de déstabilisation du pouvoir bolivarien inaugurées par le coup d’Etat du 11 avril 2002 contre Hugo Chavez.

Dans le texte qui suit, le chercheur Alexander Main détaille les motifs de pure cuisine politicienne interne qui ont conduit Barack Obama à donner son feu vert à une loi en total décalage avec sa décision de renouer avec La Havane. Il s’agit tout simplement de donner un os à ronger aux plus exaltés des élus républicains et aux groupes d’exilés cubains d’extrême-droite afin de canaliser leur potentiel de nuisance au Congrès et dans l’opinion.

Ce pas en arrière dans la foulée du pas en avant des accords historiques du 17 décembre ne pourra que renforcer la solidarité des gouvernements latino-américains et caribéens avec le Venezuela, et mettre ainsi les Etats-Unis sur la défensive lors du prochain Sommet des Amériques prévu à Panama en avril 2015, alors qu’Obama aurait pu y être accueilli en chef d’Etat visionnaire. Il ne suffit pas de proclamer Somos todos Americanos…

 
 
 

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