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Réveil Communiste

Point de vue sur la situation de la CGT

20 Novembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Syndicalisme en débat

Lu sur PCF Bassin :

La presse, la CGT et le chant des sirènes

Publié le 19 Novembre 2014

Et si on regardait

le cap du bateau

et l'état

de

ses outils de navigation

rumeurs et stridences

 

Rumeurs et stridences


Une campagne qui déroule ses effluves via la presse sur les débats qui se dérouleraient dans la CGT (La Canaille use du conditionnel pour être certains de ne pas froisser des susceptibilités qui feraient fermer des écoutilles conduisant les plus timides à ne pas jeter un œil sur ce qui suit).

Polonais ou francilien, le plombier de l’appart de Vincennes ? Ça, c’est pour baliser le terrain qui conduit à la galerie qu’il faut amuser, pour interdire que les autres questions débattues dans la CGT soient évoquées au plus grand plaisir de nombre de commentateurs …et des intéressés en interne à ce qu'elle ne le soient pas.

Pourtant, des petites musiques, orchestres de chambre contre les symphoniques médiatiques, tentent de faire entendre leur partitions. Sans même parler de l’état de quasi-mutisme imposé de la presse statutaire confédérale et la situation de ses titres (diffusion) et leur personnels (avenir et garanties collectives), les blogs, posts, et autres chroniques externes mais bien alimenté de toutes parts, hors de l’urgence qui assurent ventes et tiroir-caisse, arpentent la porte de Montreuil, détecteurs de propos en mode opérationnels et scanners à rumeurs en batterie.


Dernier en date, la fracture entre les pros et les antis manif du 15 novembre.

Rappelons les faits : une manifestation organisée par un collectifs où figurent aux côtés de forces politiques et associatives des organisations de la CGT sans appel de la Confédé ."Situation inédite" pour nos exégètes.

Et pourtant situation coutumière depuis au moins 1905 (c'est Jouhaux qui en 14 porte la trahison de toute la sociale démocratie –SFIO et direction de la confédération, mais pas de toute la CGT - sur le cadavre encore chaud de Jaurès).

Cette non-unanimité est-elle une nouveauté ? Non. Depuis des années c'est la norme. Par exemple rien que sur la dernière décennie autour des libertés et la répression patronale dans les entreprises comme pour les droits des Palestiniens et Marwan Barghouti. Pour le peuple Sahraoui ou contre la casse de la SNCM, contre récemment l'accentuation des privatisations. Pour Mumia Abu Jamal, ou contre le budget de l'état. La solidarité avec les otages Cubain à Miami ou pour le droit au logement, de nombreuses manifs et initiatives avec des organisations de la CGT (syndicats, UL, UD , fédés) mais pas toutes et le plus souvent en ordre éclaté, et nombre d'entre elles (pas toutes) dans un pesant silence confédéral. Mais là, pas de chroniques dans le parisien, blogs dans le Monde, échos dans Libé ou autres sinon il faudrait bien parler de ces sujets dans les média et c'est interdit par la représentation de l'actionnaire et plus généralement l'ordre établi tant cela aiderait à imposer un resserrement des liens et des boulons revendicatifs.
Cela dit, cela montre l'existence d'un autre problème, lui, de fond. C'est que ces initiatives publiques puissent poser questions dans la confédération CGT dont c'est la mission statutaire et que trop souvent elle n'en soit pas à l'initiative ou co-organisatrice.


Rien que sur le dernier semestre et sur les questions internatinales :

- Qu'il est douloureux ce silence sur l'implantation avec le soutien de la France d'un régime nazi en Ukraine.

- Qu'il fait mal ce manque de solidarité avec les peuples d'Afrique devant le soutien de Paris aux despotes que la France installe, maintient et si nécessaires exfiltre (comme au Burkina Faso)quand les peuples tentent de reprendre la main.

- Quelles dénonciations d'un point de vue syndical de la présence militaire française et mise en accusation du pouvoir actuel et sa politique impérialiste et néo coloniale ?

- Que dire sur cette discrètion face à l'engagement militaire sous bannière de l'Otan dans tous les conflits sur des bases impérialistes, devant le quitus donné à Israel bombardant Gaza et colonisant, face à la poursuite des aventures du mandats précédent que le candidat soutenu et élu avait annoncé stopper. 

C'est bien de colloquer sur la trahison de 14, mais pas d'impasse sur l'Alzheimer historique qui préserverait la mémoire des cycles longs pour laisser ne pas traiter la mémoire courte et le présent.
Cet état de fait, plus que toute double pesée à tare constante des états d'organisation ou capacité de dilatation du cogétise à pression constante, devrait attirer l'attention des syndicats et leurs syndiqués. Ces questions sont le fond commun historique des valeurs d'un syndicalisme de classe, de masse, pour cela démocratique et internationaliste.
Qu'il soit objet de discussion, voir d'affrontement est outil de mesure des pertes de repères et des besoins de rénovation (au sens étymologique du terme : décaper et remettre à neuf) des contenus de la formation syndicale des syndiqués et de leurs responsables jusqu'au plus haut niveau.
On ne mène pas les luttes à partir d'une route définie au doigt mouillé, cela incite à se mettre dans le lit du vent dominant. La formation, l'étude, la lecture seul ou en collectif, l'échange servent à donner des points d'appui, à apprendre à se servir de la boussole et du sextant des luttes, lire la carte des rapports de force pour tenir un cap revendicatif.
Reste aussi le besoin d'y ajouter nos propres outils modernes permettant en plus de s'affranchir des dégâts dans le spectre auditif de la stridence du cri des sirènes.


Ce n'est pas dans ce sens qu'ont l'air de vouloir aller les débats. L'actualité nous apprenait dernièrement que la subrogée tutrice du syndicalisme européen et donc tutelle acceptée par les tutorisés de la direction confédérale, désignée par Bruxelles, venait d'atteindre l'âge de faire valoir ses droits à la retraite, non pas sur la base de nos revendications, mais celle du patronat (quoiqu'elle ne semble pas vouloir les faire-valoirs). La CES qu'elle pilote est avec ses plus de 45 ans de "carrière longue" un outil qui est au bout d'un rouleau, peu productif d'avancées, mais ayant balisé et accompagné toutes les régressions.


N'est-ce pas le moment pour la CGT, à partir de ses repères revendicatifs (même en l'état) de partir explorer d'autres pistes pour construire son efficacité et se forger les outils pour tailler de nouveau sa route à partir de ce qui fait son histoire ?
Ne serait-ce pas le moyen de faire taire rumeurs inextinguibles, bruit de couloirs qu'on ne peut obstruer, les deux conduisant à demander la fin de la CGT puisque les deux précédents ne sont pas maitrisables ?


La CGT ne va jamais aussi bien que quand elle est frontalement agressée par des ennemis démasqués. C'est qu'alors elle est danger pour le patronat et ceux qui lui gardent la maison (outils politiques ou sociaux), La Canaille ne vise personne ... que vous ne connaissiez déjà, à charge de chacun d'avoir le courage de publiquement les dénoncer.

Il y a un danger qu'elle ne risque plus de courir, c'est qu'on la déclare inféodée au P"c"F. Pour être le féal de quelqu'un faut-il encore que ce quelqu'un soit.
Raison de plus pour le syndicalisme de classe, de masse et démocratique, de sans complexe décider de reconquérir son espace et aux plus conscients de ses acteurs de tirer enseignement de l'histoire, de réfléchir et d'appeler à réfléchir de quelle alternative le monde du travail et de la création ont besoin pour s'affranchir définitivement du rapport social d'exploitation qu'est le capital et qu'entretien l'ordre capitaliste.

Notre terrain d'atterrissage est loin de là où nous sommes partis. Et pourtant, avons-nous fait fausse route avec ce débat qui reste à poursuivre ?


Plutôt que dénoncer la girouette ne faut-il pas regarder qui souffle le vent? ... et qui se cache pour ne pas l'affronter.


Rédigé par Canaille Lerouge

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