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Réveil Communiste

PCF Ouest Bitterois(34), deux interventions à la conférence fédérale : les classes populaires ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche droite

18 Mai 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"

Sur lepecf.fr,

Conférence fédérale de l’Hérault
radicalisation du politique, politisation des luttes, pour une candidature communiste

Chapeau de Paul Barbazange :

 

En oppositions aux choix du Front de gauche et de Mélenchon, éclairage donné au contenu de classe possible d’une candidature communiste aux présidentielles et aux législatives. Intervention écoutée avec la plus grande attention par tous les congressistes . Aucun des partisans de la candidature Mélenchon et de la dilution du parti communiste n’a osé entrer en contradiction avec cette approche rigoureuse des faits. L’activité soutenue de de la section de l’ouest biterrois et le très bon résultat de la candidature communiste de Christian aux cantonales y sont certainement pour quelque chose. Peut servir pour aider à beaucoup de nos interventions.

 

texte:


La section de l’ouest biterrois s’est prononcée majoritairement contre les choix de la direction nationale pour les échéances de 2012 : elle s’est prononcé contre la ligne politique de Front de gauche et contre ce qui en découle de ne pas présenter de candidat communiste à l’élection présidentielle.


Nous avons besoin d’être très attentifs à ne pas nous tromper sur l’appréciation du niveau des enjeux qui marquent cette période.


A notre avis la barre est haute. Bien au-delà, de l’objectif que se fixe la résolution adoptée par le conseil national de « de gagner une majorité de gauche à la hauteur des attentes ». C’est bien la question du changement de société et des classes dirigeantes qui est aujourd’hui posée avec urgence. C’est dans cet objectif que nous proposons d’inscrire l’offre politique pour ces élections.


La situation est exceptionnelle oui ! Nous sommes face à un capitalisme déchainé, lancé dans une course folle à l’accumulation et à la spéculation que personne ne semble pouvoir arrêter et qui mène notre monde aux pires catastrophes. Des classes dirigeantes discréditées mais plus que jamais décidées pour préserver leurs privilèges à faire payer aux peuples les crises d’un système en fin de course.


Un espace démocratique qui est réduit aux apparences. Le peuple a été dessaisi du pouvoir par une minorité, il faut parler de classe, d’oligarchie. Ceux là ont tout et ils décident de tout. Ils se sont accaparé tous les pouvoirs. Ils exercent une véritable dictature économique, politique, médiatique et militaire, ont mis les Etats à leur solde et verrouillé les institutions. Aucun gouvernement, fut-il de la gauche la plus radicale, même si elle arrivait à franchir les obstacles institutionnels, ne serait en mesure d’affronter une telle situation.


Toutes tentatives de régulation, d’aménagement du système ou de changement interne sont voués à l’échec. Le capitalisme ne laisse plus de choix aux peuples qu’entre la soumission ou l’affrontement. Des peuples à qui les crises financières, l’étalage des richesses, la perception des inégalités ont ouvert les yeux sur la réalité des politiques de classe et sur les impasses du système.


Des peuples qui n’acceptent plus de s’en laisser compter mais qui peine à se hisser au niveau de leur rôle historique. Tous les partis politiques sont confrontés à cette situation. Les droites et leur extrême sont dans la fuite en avant dans des politiques toujours plus libérales et autoritaires. Les partis socialistes au pouvoir sombrent dans la soumission. Le PCF est devant la nécessité, sous peine de disparaître, de repenser ces choix stratégiques pour jouer pleinement son rôle de parti révolutionnaire.


Ce n’est hélas pas la voie choisie par notre direction nationale.


Mais celle de l’enlisement dans la stratégie d’union de la gauche qui est la notre depuis près de 40 ans. Avec le succès que l’on connait, sous les variantes programme commun, gauche plurielle, qui ont conduit notre peuple à la désespérance et notre parti à la marginalisation. Le Front de gauche s’il a pu apparaître comme une avancée ne se dégage pas du type de construction politique traditionnel marqué par la primauté donnée aux moments électoraux. Bâti sur des accords au sommet entre organisations politiques fantômes pour construire des majorités électorales, le Front de gauche conduit soit à l’isolement à la gauche de la gauche soit au ralliement à la social-démocratie. Et à coup sûr à la disparition du parti communiste.

 


Nous restons enfermés dans un cadre droite/gauche dans lequel les couches populaires ne se reconnaissent plus, où le PCF n’occupe plus qu’une place marginale.


L’opposition droite/gauche ne suffit plus à traduire la réalité politique, encore moins les rapports sociaux, marqués par une lutte de classe d’un niveau sans précédent. Elle est même utilisée pour masquer la réalité de ces rapports et pour détourner de leurs combats. Continuer à se positionner politiquement sur cet axe est un facteur de confusion et de division et ne permet pas des rassemblements à la hauteur des enjeux.


Le parti communiste doit sortir de l’espace politique étriqué dans lequel nous nous sommes enfermés avec le Front de gauche pour porter, à travers les intérêts du salariat, ceux de l’ensemble de notre peuple.


Car ce qui régit les rapports sociaux aujourd’hui c’est bien la brutalité de l’affrontement de classe. On est là dans une situation de domination de classe généralisée qui vise à mettre les conditions de vie et de travail de toute la population au service des intérêts d’une caste de privilégiés.. Ce système de domination est devenu intolérable. A ce point de l’antagonisme de classe c’est donc l’ensemble de la société, ses forces sociales, syndicales et politiques qui sont amenées à se positionner sur l’affrontement Capital/Travail. Quand partout pointent les limites d’un système et la nécessité d’en changer la séparation entre le syndical et le politique n’est plus opérante. La crise du système oblige à des recompositions politiques et syndicales dans le sens de la radicalisation du politique et de la politisation des luttes.


Il ne s’agit donc plus de rallier à gauche pour constituer des majorités électorales mais de rassembler le monde du travail et notamment les salariés et ceux qui sont liées au salariat, sur leurs intérêts de classe, avec l’objectif de mener la lutte de classe jusqu’au bout, jusqu’au changement de société et au remplacement des classes dirigeantes. Ce qui au fond travaille la société française c’est la nécessité historique que le monde du travail prenne toute sa place dans la direction des affaires du pays pour la maitrise de ses moyens de production, de ses conditions de travail et de vie. C’est une exigence d’aujourd’hui ! Plus que la multiplication des fronts c’est donc dans les luttes et dans la vie un front de classe qu’il faut bâtir jusqu’à sa traduction politique y compris électorale. Voilà le défi posé, d’après nous, au parti communiste et à ses militants !


Nous nous prononçons donc pour ces échéances électorales à l’opposé des choix de la direction nationale, pour un candidat communiste à l’élection présidentielle, sur une stratégie de lutte de classe.

Intervention prononcée par Christian Harquel, secrétaire de la section de l’ouest biterrois conférence fédérale du PCF 34 Salmedi 14 mai 2011

 


texte 2 "Qu'ils s'en aillent tous? Non ! Nous les chasserons!"

 

Intervention lors de la conférence fédérale de l’Hérault de Gérard Garcia de la section de l’ouest biterrois.

Intervention de Gérard Garcia à la conférence fédérale

Le désaccord global de la majorité de la section de l’ouest Biterrois sur la stratégie du front de gauche n’est pas un scoop.


Chaque instance départementale nous donne, ainsi l’occasion de clarifier nos positions et faire état de notre réflexion. Cette situation est loin d’être pour nous confortable car nos forces à contre courant s’épuisent dans la contestation, et notre motivation aurait tendance à s’évaporer dans le pessimisme. Pourtant, selon le rapport de Pierre Laurent au conseil national le FDG serait un élément dynamique, et si nous y mettons de la bonne volonté, le rassemblement incontournable d’une nouvelle gauche rééquilibrée enfin décidée à s’attaquer à la transformation en profondeur de la société. Toujours selon le rapport, depuis les élections européenne, le FDG progresse de 1 point et malgré et avec les méfaits incommensurables de la politique de Sarkozy, la gauche globale, en incluant le PS atteint péniblement 50,54% Je peux vous affirmer que ce n’est pas avec cette petite étincelle que l’on mettra le feu aux poudres.


La mobilisation à gauche n’a pas eu lieu on peut même dire que la désertion de l’électorat populaire n’a jamais été aussi importante. La déception est grande chez de très nombreux militants communistes, en ce qui nous concerne nous ne sommes aucunement surpris par ce résultat. Le PCF avec sa stratégie de FDG n’offre aucune visibilité pour l’avenir puisqu’il s’inscrit encore dans des actions qui privilégient des alliances politiciennes électorales y compris dans ses relations avec le PS.

Nous restons totalement enfermé dans une vision du passé s’inscrivant dans le cadre institutionnel actuel, alors que tout appelle à le dépasser. L’élection cantonale à surtout montré que beaucoup de nos concitoyens sont las de toutes les combinaisons et qu’ils n’avaient pas l’intention d’aller voter pour des partis ou des candidats qui n’offrent comme perspectives que d’attendre une élection présidentielle qui elle-même est présentée par la gauche institutionnelle comme le moment qui permettra de chasser Sarkozy mais sans aucunement définir le but et les moyens de transformer de fond en comble cette société inhumaine.


Chasser Sarkozy pour le remplacer par DSK voila l’alternance (ndgq : intervention du 14 mai, lire "Hollande" ne change rien) et en même temps pendant que nous pinaillons avec des primaires surréalistes, face à l’urgence sociale le seul choix efficace et raisonnable. Pendant ce temps nos dirigeants politiques de gauche et de droite, sont totalement sourds à ce qui se meut en profondeur dans la société : il y a une énorme exigence d’humanité de solidarité, de fraternité, de justice qui à force de ne pas être entendue va bientôt exploserIl y a une très grande volonté de refuser les destructions capitalistes qui à force de ne pas trouver de riposte politique conséquente va se radicaliser. C’est là le champ immense que dans son amalgame la gauche politique est incapable d’investir, tout simplement parce qu’elle ne le veut pas. Elle vit encore avec l’illusion qu’elle peut composer avec le système. La seule alternative selon le rapport de Pierre Laurent serait je cite ; de nourrir un espace de coopération de tous ceux qui veulent construire le projet alternatif que devrait porter la gauche. Ce que propose le FDG c’est de créer les conditions d’un large front d’idées et d’actions porté par un dynamique sociale et populaire, et porté jusque dans les urnes, au point de peser réellement sur les choix d’une future majorité de gauche. Autrement dit nous pensons que nous pouvons inverser le rapport de force à l’intérieur de la gauche et qu’une nouvelle participation à un gouvernement avec la social démocratie est possible. Nous qui ici avons tous vécu les épisodes de l’union de la gauche, celle de la gauche plurielle, ne pensez vous pas qu’il est temps de tourner la page de ce qui est certainement la source de notre étiolement et à terme le risque de notre disparition ? Nous pensons qu’il est temps d’agir avec tous ceux qui ont de plus en plus conscience que le capitalisme est en train de détruire leur vie et notre civilisation, d’agir avec tous ceux qui désillusionnés de la « classe politique », aspirent, non pas à un changement de gouvernement, mais à un changement de société.


Il s’agit d’organiser la lutte pour renverser le système, en commençant à saisir toutes les occasions de l’affaiblir, ce combat porte un nom c’est la lutte de classe, notre devoir c’est d’aider à la mener jusqu’au bout. Il est aujourd’hui nécessaire de se débarrasser des pratiques tordues et pourries des élus de droite comme de gauche. Il faut en finir avec ces dirigeants syndicaux qui au lieu de pousser l’offensive revendicative jusqu’au débouché politique, cantonne le niveau des luttes à la défensive. Malheureusement ce combat ne fait que commencer, il faut savoir qu’il sera âpre, nos adversaires utiliseront tous les moyens, de la division, de l’intimidation, en passant par la corruption et aussi la violence, car ils savent que nous ne leur laisserons rien, nous prendrons tout.


Et contrairement à Mélenchon qui les invite à s’en aller, nous, nous savons qu’il faudra les chasser. Le changement de société est à ce prix et ça s’appelle une révolution.

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