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Réveil Communiste

PCF 2013 : un congrès verrouillé au sommet

10 Février 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Sur lepcf.fr, texte de PAM :

Pierre Laurent ne lâche rien...

Pierre Laurent n’aura rien lâché. Intervenant personnellement à chaque discussion mouvementée, il impose le strict respect de la ligne décidée par la direction nationale autant pour le texte des étoiles que pour les nouveaux statuts du parti. Aucun des sujets qui ont fait les discussions des conférences fédérales et conduit à des amendements significatifs ne trouvent grâce à ses yeux. Quand le vote est indécis, comme sur la remise en cause du financement des cellules avec la règle des 3 tiers, il impose comme aux plus belles années d’un centralisme à l’ancienne l’autorité de la direction pour emporter un vote légitimiste [1].

De nombreux communistes s’interrogent sur le socialisme, sur les nouvelles expériences socialistes d’Amérique Latine, sur la vitalité politique cubaine... Impossible d’en faire seulement état dans un texte d’orientation qui en reste à l’humain... parler de société socialiste, pour Pierre Laurent, c’est franchir la ligne rouge.

De nombreux communistes s’interrogent sur notre projet de société, sur le communisme et son rapport à notre histoire. Le "nouveau communisme" de Pierre Laurent réactualise le "nouveau communisme" de Robert Hue et conduit un délégué à affirmer sans rire que l’école publique serait du communisme "déjà là". Tous ceux qui combattent une école de la reproduction des inégalités de classe, du bureaucratisme étatique ou de la ségrégation des connaissances théoriques et pratiques apprécieront !

En répétant sans cesse cette citation de Marx qui considérait le communisme comme le mouvement réel, pour combattre l’idéalisme des projets de société conçus d’en haut, ces "nouveaux communistes" nous installent dans la conviction que la révolution n’est plus nécessaire puisqu’il suffit de bien observer ce mouvement déjà là... Pierre Laurent peut rejoindre José Bové qui nous disait en 2007 "on peut changer le monde sans prendre le pouvoir...". Inutile de leur dire de relire pourquoi Marx parle de cette "première phase du communisme" dans laquelle les luttes de classes continuent...

Dans toute la France, des communistes ont débattus de l’importance de la cellule, de la nécessité d’une organisation à l’entreprise, d’un parti organisé sur le terrain, favorisant l’engagement militant et la prise de responsabilité... Mais Pierre Laurent veut contrôler son organisation pilotée d’en haut, affaiblissant ce qui reste des sections et concentrant toujours plus les moyens financiers et les décisions, allant jusqu’à imposer ce "règlement intérieur" que le conseil national pourra décider lui-même entre les congrès... Il lui suffit de parler des cellules qui "traverseraient tout le texte" pour refuser tout amendement qui leur donne des droits et des moyens. Comme les rédacteurs des statuts ont pris soin d’élargir les possibilités d’exclusions décidées d’en haut, on peut comprendre que Pierre Laurent veut sa "purge"...

Au final, le congrès se déroule malheureusement comme les rédacteurs du texte alternatif "unir les communistes...." le craignaient. Un congrès en format réduit, 651 votants sur le texte d’orientation sur 800 délégués prévus, [2], 621 pour le vote des statuts... On avait déjà noté la participation plus faible dans de nombreuses conférences départementales, la perte affichées de cotisants et de votants, par rapport à 2008 et même par rapport à la consultation pour le choix du candidat aux présidentielles en 2011. Le fait marquant est bien que quelque mois après une mobilisation médiatique impressionnante derrière Jean-Luc Mélenchon, permettant des milliers d’adhésion de jeunes, l’organisation du PCF est encore plus affaiblie.

Certains espéraient que le congrès permettent le rassemblement des communistes, pour faire face à la crise, à une politique socialiste marquée par la continuité avec la politique sarkosyste sur toutes les questions sociales et économiques. Pierre Laurent a décidé la purge idéologique, rejetant toute ouverture pour prendre en compte les discussions des communistes. Ce congrès sera celui qu’il a décidé, celui des étoiles, purgeant la faucille et le marteau, les cellules et le socialisme.

Droit dans ses bottes, celui qui se croyait rock’roll dans une photo grisâtre cherchant l’effet artistique dans un clair-obscur se voulant moderne, se révèle un dirigeant à l’ancienne, brutal dans le débat d’idée, rejetant toute diversité dans les approches, le vocabulaire, les expériences.

Robert Hue, lui aussi branché rock’roll, avait cru que sa gloire était acquise en engageant la mutation du PCF en un nouveau parti. Pierre Laurent croit que cette fois est la bonne et qu’il en a enfin fini avec l’histoire communiste et le mouvement communiste international. Le premier est devenu un inconnu du PS. L’heure de gloire de Pierre Laurent, justifiant dans les médias l’abandon de la faucille et du marteau, ne durera pas.


[1] 203 contre quand même pour 426 pour...

[2] il ya avait 921 votants au 34eme congrès en 2008 !

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Eric RUIZ 11/02/2013 10:07


Sans rentrer ni dans le fonds des choses, ni dans le détail, je vous donne un point de vue de congressiste :


Effectivement, la direction a obtenu ce qu'elle voulait, sur les statuts comme sur la faucille et le marteau (seul thème retenu par les médias, par anticommunisme évidemment), mais aussi en
évitant tout débat sur des sujets majeurs comme la stratégie du Front de Gauche.


Dans une logique d'appareil, oui, effectivement, la dérive continue. On ne peut le nier.


 


Par contre, comme l'ont montré les débats dans de nombreuses sections et de nombreuses fédérations, la position des militants est loin d'être aussi favorable à ces évolutions que l'est la
direction du parti. Même au congrès, malgré l'écrémage qui s'est opéré par la désignation des délégués, les débats, notamment dans les ateliers (les "ruches"), ont montré l'attachement des
militants au Parti, à son histoire, à son identité et l'exigence de formation politique et pratique.


Le flou règne certainement dans beaucoup d'esprits sur la situation du PCF et beaucoup ne voient pas l'équipe à Laurent comme un potentiel danger pour l'avenir du PCF. D'où, effectivement, un
suivisme important chez de nombreux délégués.


Il faut noter que le vote sur le changement de répartition des cotisations a recueilli 410 pour et 204 contre (de mémoire) plus quelques dizaines d'abstentions. Un signe que de nombreuses
délégations n'ont pas été dupes et que le ressentiment va exister sur ce point. D'autres fédés ont bien dû se résoudre à voter pour, notamment les 40 fédés qui survivent grâce aux subsides du
national...


Autre point, si l'opposition a obtenu moins de membres au CN (8 + 4), il faut aussi se rappeler que le CN passe de 240 à 166 membres. Cela relativise un peu les choses.


Tout ça pour dire, à chaud, que la situation du PCF au sortir de ce congrès n'est ni blanche ni noire. Il y a d'énormes éléments négatifs (sur le plan statutaire et financier) mais aussi quelques
beaux points positifs qui m'ont rassuré (les échanges militants hors du réseau, essentiellement).


La direction nationale est (encore) administrativement vainqueuse de ce congrès mais je crois, comme beaucoup de camarades (y compris dans ma délégation), que l'attachement des communistes à leur
parti et leur refus de se faire filialiser par le Front de Gauche, sont des pierres dans le jardin de la direction qu'elle aura bien du mal à retirer.

GQ 10/02/2013 17:14


L'opposition se présentant en ordre dispersé, les défenseurs du texte "Unir les  communistes" auraient pu revendiquer à la proportionnelle (mais ce n'est pas dans les statuts) 18 membres du
CN, et le XVème de son coté 10. Mais à Aubervilliers la proportion de délégués proches de ces textes était bien inférieure à leur influence. La direction en a finalement proposé 8 et 4, sans
poser de conditions politiques. La Riposte, plusieurs fois dénoncée par la direction qui semble venir tout juste de s'en apercevoir, comme une organisation internationale pratiquant l'entrisme,
n'a pas bénéficié de la proposition.


Donc ont été intégré au CN à 166 membres pour "Unir les communistes" : Jean Jacques Karman (93) , Marie Christine burricand (69) , C Andréani (93) , Paul Barbazange (34) , Pasquale Noizet (75),
Jean Pierre Meyer (83), et deux nouveaux : Danielle Trannoy (33), Thibaud Rémy (38). André Gerin, Alain de Poilly et Floriane Benoit ne souhaitaient pas se représenter au CN.


"Faire vivre et renforcer le PCF", l'opposition unie en 2008, avait obtenu 17 entrées dans le CN après dépot d'une liste alternative, conduite par André Gerin après que la direction avait refusé
d'intégrer 20  camarades au CN (représentant 24% tout de même !).

Jo 10/02/2013 15:14


Puisqu'il est avéré que Pierre Laurent a fait franchir au PCF une nouvelle étape dans sa liquidation, est-ce que quelqu'un a une explication sur le fait qu'il n'y ait pas eu de liste alternative
présentée face à la sienne pour le CN ? Je ne fais de procès à personne, mais je voudrais juste savoir comment les choses se sont passées....

GQ 10/02/2013 12:31


Pierre Laurent a finalement réussi à obtenir la modification des statuts qu'il souhaitait, la répartition des cotisations en trois tiers au lieu de quatre quarts, entérinant la disparition du
financement des cellules. Nous l'avons vu mis en minorité à la section du XXème sur cette question, sans qu'il ne cherche véritablement à défendre la modification. Puis de même à la conférence
fédérale de Paris. Enfin au congrès national, où une grande majorité des intervenants se sont prononcés contre les trois tiers, il a inversé la tendance, il est intervenu de manière décisive,
sans guère argumenter non plus, de façon à obtenir l'accord des délégués qui ont manifestement voté par suivisme, contre leur conviction. Bref nous pouvons penser que quelque soit l'opinion des
camarades, la volonté de coller à la direction l'emporte en définitive, même sur une question d'organisation pratique dont chacun voit bien les conséquences immédiates.


Le fond de la question, c'est que les cellules sont liées au caractère authentiquement ouvrier et polulaire du parti. Leur disparition qui est chose faite sur plus de la moitié du territoire
effraie les camarades, mais la perspective d'un conflit avec le "sommet" les effraie bien davantage.


Le groupe dirigeant est traversé de factions et d'écuries en rivalité, mais il est fondamentalement uni autour de l'idée qu'il faut faire migrer l'organisation politique et patrimoniale "PCF"
promise à un long avenir d'opposition institutionnelle du paradigme "ouvrier " au paradigme "gauche". Une majorité de la base approuve cette évolution, qu'elle soit ou non attachée au cellules.
Ceux qui sont contre cela ont pu compter leurs forces, elle totalisent environ 27% des militants qui votent, alors qu'elles approchaient les 40% en 2008. et elles sont profondément divisées en
trois tendances (appelons le chat un chat).


la Riposte (10%) est une organisation trotskyste autonome, ouvriériste, une sorte de "Alien" dans le parti dont les dirgeants rèvent sans doute de devenir l'aile gauche d'un travaillisme à la
française.


Le grand Lénine du Quinzième ( 6%) espère rester maitre exclusif d'un terrain politique réduit au pur signifiant "PCF", après la chute finale du parti et la désertion espérée des opportunistes,
dans un horizon sectaire, groupusculaire (et crépusculaire).


"Unir les communistes" ( 11¨%) regroupe les camarades qui veulent un parti ouvrier et marxiste sans dogmatisme ni fermeture, Reste à construire une stratégie plus efficace pour parvenir à ce but.
Il n'est pas certain, c'est le moins qu'on puisse dire, que ce parti puisse être à nouveau le PCF.