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Réveil Communiste

Paul Barbazange évalue la situation du PCF à l'issue de son congrès

30 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008


après le 35e congrès du PCF
Nous avons un nouveau secrétaire général...
pourront-ils passer en force ?

Paul BARBANZANGE
22 juin 2010


 

Précisons, c’est le Parti Communiste Français qui a un nouveau secrétaire général.

Que de chemin parcouru depuis le congrès de Martigues où après une décennie de manque de respect de leur propre identité, d'auto-phobie quasi institutionnalisée dans leur direction, les communistes acceptaient majoritairement une nouvelle décennie de transformations en cascades, de dilutions progressives atteignant leur sommet dans la préparation et le déroulement incohérent de la présidentielle de 2007.

Que de chemin parcouru quant on pense que comme en Italie le PCF aurait pu devenir « la chose » !

La culture marxiste de nombreux communistes français, souvent leur résistance farouche, quotidienne dans l’organisation, la place du marxisme dans le mouvement progressiste bien au delà de nos rangs, la crise du capitalisme, la nécessité vitale d’en sortir pour les exploités ont entravé ce processus de « transformations ».

C’est la forme « parti » un moment mise en cause qui a été majoritairement retenue au 34congrès. Au 35congrès le communisme est de retour dans une grande part des interventions des délégués. Certains, y compris des secrétaires de fédération, osant les qualificatifs de « parti de masse et de classe ». La relance de formation au marxisme vivant étant, encore seulement à la marge, évoquée.

La direction nouvelle, dans une configuration bien proche de l’ancienne, a obtenu la résolution qu’elle souhaitait, très en deçà des discussions dans le parti. Elle pense donc avoir les mains libres.

Encore moins qu’hier, rien n’est écrit ; le pire pas plus que le meilleur. Nous en sommes là.

Dans un congrès « d’étape » au calendrier précipité, pendant la préparation duquel les communistes n’ont pas eu à se prononcer (la discussion d’amendements étant proscrite à la base et permise au congrès : pourquoi ? Avions nous, délégués, plus de temps à La Défense ? Y a-t-il une ou d’autres raisons ?) Les forces de dilution restent organisées, actives.

La nouvelle direction persiste à ne pas prendre en compte ceux d’entre nous ­- dans une très grande diversité, de façon trop brouillonne, manquant encore de fermeté idéologique, de rigueur politique et peut être de représentants légitimes - dans encore trop de sections, qui alertent leur parti sur les risques plus que jamais présents d’effacement du PCF, transformé par étape en « coquille vide ».

Pas de prise en compte en particulier du risque liquidateur si on ne présentait plus systématiquement de candidats communistes clairement identifiés à chaque élection, des municipales au présidentielles. Clairement identifiés par leur programme de luttes pour sortir de la crise et de rupture révolutionnaire avec le mode de production capitaliste, leur engagement démocratique de présenter des comptes-rendus réguliers de mandats à leur parti et aux citoyens, le reversements de toute leurs indemnités de fonction au parti qui les a présentés. Alors que dans ces mêmes débats, l’unanimité a insisté sur l’importance en France du rôle possible d’élus communiste, la direction n’a pas été en capacité de proposer une formulation rassemblant pour des candidatures communistes au sein d’un rassemblement plus large de démocrates chaque fois que cela serait possible dans le Front de gauche élargi ou d’autre(s) front(s) constitué(s) au cours des luttes.

Plus du quart des délégués a signifié son exigence sur cette question cruciale et la direction du congrès, de façon anti-statutaire, refusait le vote à bulletin secret demandé. Constatons qu’elle n’avait pas refusé la veille aux partisans organisés de la « mutation » cette possibilité : les bulletins de vote étaient prêts avant que la demande de vote à bulletin secret soit faite en séance ! Relater cette « péripétie de congrès » éclaire bien des objectifs.

Dans les mois de luttes qui nous attendent, c’est donc aux communistes dans leur cellules, dans leurs sections, dans toutes les circonscriptions électorales (cantonales en particulier !) de choisir des candidats communistes aptes à porter devant les électeurs des solutions rompant avec le capitalisme. Nous rendrons ainsi possible le même mouvement pour les présidentielles et les législatives qui suivront.

Ce qui n’a pas été possible dans un congrès d’étape qui n’avait, parce que d’étape, pas à le faire, doit et peut être maintenant gagné « en bas ». La direction doit accepter de définir et mettre en œuvre un calendrier de décisions commun à l’échelle du pays. Dans leur diversité, les communistes affirment leur autonomie. Faisons en sorte qu’elle puisse s’exprimer.

C’est à l’aune de sa capacité à organiser la démocratie des débats et le respect de la souveraineté des communistes que se mesurera l’apport de la nouvelle direction.

Il en est de même pour la rédaction des nouveaux statuts, plat de résistance du prochain congrès. Bien loin de travaux en conclave d’une commission, c’est l’engagement de la totalité des communistes qui décidera du destin du PCF.

Place à cette souveraineté des cotisants.

Travaillons ensemble !

Paul Barbazange section de Béziers, membre du CN.

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