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Réveil Communiste

Paul Barbazange au CN du PCF du 9 mars 2013

11 Mars 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

Sur lepcf.fr

 

 

Dans le déroulement d’un CN marqué par la nécessité absolue de faire monter de plusieurs crans les batailles revendicatives (les 200.000 manifestants du 5 sont un point d’appui très insuffisant : comment le renforcer ?) ; les difficultés à trouver le contenu et la vitesse de croisière de la campagne du Front de gauche contre l’austérité ainsi que par les fortes divergences d’analyses stratégiques entre PCF et PG ; trois propositions d’apport communiste pour faire bouger cette situation.

Il ne pourra y avoir de victoires électorales (municipales, européennes) sans un autre niveau d’action revendicative.

La question centrale de l’organisation du PCF.


Présenté au CN par ma fédération et les rédacteurs du texte alternatif "Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire, rassembleur", je souligne d’emblée la nécessité de rassembler les communistes. Sans réussite de cette démarche, pas de possibilité de gagner ni les luttes, ni les élections. Isabelle dans son rapport nous sollicite : "Identifions les obstacles" et Pierre Laurent vient de nous demander de "Proposer des initiatives".

Je développe en réponse 3 questionnements, 3 propositions de réflexions et d’actions sur lesquelles nous travaillons dans ma section et ma fédération. Les débats sont vigoureux, parfois heurtés mais ils permettent d’agir en communistes.

D’abord à l’articulation du revendicatif et du politique, pour construire un autre rapport de force dans le pays, pour sortir de ce "MEDEF qui dicte sa feuille de route au gouvernement", pouvons nous continuer à rester quasi silencieux sur la question des salaires, pensions, retraites et revenus de remplacement ? En juin le tandem Ayrault-Hollande n’augmente le salaire minimum... hors inflation que de 0,30 %. Rebelote en janvier : c’est le minimum légal. Le MEDEF applaudit à tout rompre. Nous commençons à peine à nous en préoccuper, comme deux des précédents intervenants, Martine du Gard et Fabien pour le Nord-Pas de Calais. Quand allons-nous en faire l’axe central de l’action communiste contre l’austérité ? Quelle a été la place de cette question dans le congrès ? Ne passons-nous pas à côté en tant que direction nationale ? Pourtant c’est la question centrale, celle du taux d’exploitation et de son évolution. Nous seuls, parce que communistes, pouvons en faire une question de masse dont s’emparent les exploités. C’est la forme première de l’affrontement capital-travail. Notons d’ailleurs que toutes les questions de l’emploi en découlent, sans avancées idéologiques et victoires dans ce domaine rien ne sera possible.

Alors, est-ce une question française ? Est-ce une question européenne ? Les deux forcément. La nation restant un cadre pertinent sur cette face des affrontements de classe. Les études économiques le montrent, ce mouvement d’accentuation de l’exploitation est commun aux nations d’Europe, il s’accélère aujourd’hui brutalement. A se demander s’il y a réellement crise du capitalisme quand l’extorsion de plus-value atteint un tel niveau. L’Europe politique, marché unique, n’est qu’une structure d’exploitation, rappelons le. La conjoncture française, notre affaiblissement, le MEDEF en état d’écrire la feuille de route du gouvernement, en sont des dimensions nationales. Mais lorsque le capital affame littéralement les peuples grecs, portugais, espagnol et nous menace aussi, c’est cette situation qui nous rattrape au pas de course. Notre problème c’est que les analyses et les perspectives proposées par le PGE relèvent de l’indigence, je suis très modéré dans le choix de l’adjectif. Rattrapés par les faits nous allons être submergés dans certains milieux, chez les plus exploités n’en pouvant plus et comprenant plus ou moins l’inanité d’une transformation de cette Europe politique et même dans une partie des couches moyennes entraînées dans la chute. Un boulevard est ainsi offert à Le Pen ou des aventures populistes à l’italienne. L’abstention et le rejet de la politique ne peuvent que s’accentuer. Ces questions doivent être prises à bras le corps.

Il faut donc de la pensée, de l’organisation communiste, ce sera le troisième obstacle, le troisième niveau sur lequel nous pouvons prendre des initiatives. Sur les deux premières questions, exploitation et Europe nous avons besoin d’analyses et d’actions communistes. Où en est l’organisation pour porter cette réflexion-action ? Au congrès nous avons malheureusement tranché contre l’autonomie financière des cellules après un débat important. Contre la proximité et le caractère populaire qui ont fait encore l’originalité de notre parti. Nous avons renversé la pyramide. Heureusement de façon très contradictoire, à la réflexion étonnante, la construction de cette proximité reste dans d’autres parties du texte un objectif majeur. Contradiction à faire mûrir dans l’action.

Face à une Europe capitaliste qui affame, à un gouvernement qui accompagne, au MEDEF qui en veut toujours plus, travaillons aux rassemblements de classe. Les victoires dans les luttes et les élections en dépendent.

Paul Barbazange, fédération de l’Hérault.

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