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Réveil Communiste

Pascal Lamy défend la mondialisation, critique de JC Delaunay (1/5)

4 Octobre 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie

 

lundi 30 septembre 2013
par  Jean-Claude Delaunay (photo) sur lepcf.fr


 

On connaît le mouvement luddite qui, dans l’Angleterre du début du 19ème siècle, se traduisit par la destruction de métiers à tisser. A cette époque, les machines-outils industrielles servaient d’ossature au mouvement d’expansion du capitalisme. Rétrospectivement, on a pu dire que les luddites étaient réactionnaires en cela qu’ils menaient un combat perdu d’avance. Marx porta sur eux le jugement suivant : « La machine est innocente des misères qu’elle entraîne… Il faut du temps et de l’expérience avant que les ouvriers, ayant appris à distinguer entre la machine et son emploi capitaliste, dirigent leurs attaques non contre le moyen matériel de production mais contre son mode social d’exploitation » (Le Capital, Livre 1).

Dans l’un de ses entretiens, Pascal Lamy (PL) fait allusion aux luddites pour qualifier diverses thèses contemporaines relatives à la mondialisation. « La thèse de la démondialisation… est une thèse réactionnaire. Ce qui compte n’est pas le passé mais l’avenir » (entretien sur Europe 1 avec J.-P. Elkabbach, 25 juin 2013). L’hostilité au processus actuel de mondialisation capitaliste, celle par exemple exprimée par Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, Maurice Allais, Jean-Luc Gréau, ou bien encore par tous ceux que l’idéologie mondialiste nomme « les intégristes souverainistes », est par lui qualifiée de ringarde ou de réactionnaire. Ce serait, en quelque sorte, des néo-luddites.

Ces gens nourriraient « l’idée que l’on doit revenir au monde d’avant ». Or c’est impossible et ce serait vain, défend PL. En interprétant sa pensée je dirai que « la mondialisation » serait, selon lui, la vaste machinerie du monde moderne comme les métiers à tisser furent la machinerie du libre-échange. Il ne faudrait pas confondre « le métier à tisser » (en l’occurrence « la machine mondialisation ») et les rapports sociaux qui l’enveloppent. Vouloir briser la machine serait réactionnaire. Certes, on peut vouloir améliorer les rapports sociaux, mais on ne pourrait pas changer la machine.

Nombreux sont ceux ayant déjà critiqué les thèses de PL. Je pense cependant que son argumentation est perverse. Il faut donc s’y opposer sans relâche et dans le détail, avec encore plus d’obstination que celle qu’il met à la défendre. Cette thèse appartient à l’idéologie courante. Elle constitue l’essentiel de la pensée socialiste actuelle et elle imprègne, malheureusement, certaines franges de la pensée communiste. Pourtant, je ne vois aucune raison de m’y soumettre et les imprécations de PL relatives à la nature réactionnaire de toute pensée opposée à la mondialisation contemporaine ne m’impressionnent pas [1]. Je ne confonds pas, comme lui, domination du Capital et capacité du Capital à découvrir les chemins de la modernité.

Je souhaite donc, dans cet article, commencer à discuter la thèse défendue par PL. Pour cela, je développe ici mon argumentation à travers 4 points, dont voici les titres :

- 1 - La mondialisation n’est pas un phénomène technique.
- 2 - En décrivant la mondialisation capitaliste comme un phénomène technique, et notamment comme une simple « mondialisation », quelle conséquence théorique pour PL ?
- 3 - Les acteurs et les lois économiques de la mondialisation capitaliste.
- 4 - Est-il possible, au plan économique, de réguler et maîtriser la mondialisation capitaliste ?

Après les conclusions tirées de l’examen de ces 4 points, je chercherai, dans un autre article, à progresser dans l’examen des propos de Pascal Lamy. Les problèmes en cause dépassent largement sa personne. Ce sont, de plus, des problèmes difficiles. On doit donc prendre le temps qu’il faut pour chercher à les comprendre.

 

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O

merci à RC et à JCDelaunay...je suis d'acord avec la conclusion néanmoins méfions nous de certaines choses à propos de la productivité par exemple agricole car en france et en urss ou rda la
productivité agricole était du fait de al grandeur des parcelles et du nombre de producteurs ouvriers ou petits propriétaires familiaux ou au fond grands propriétaires familiaux aussi avec justes
quelques embauches de saisonniers étaient largement plus intensive de fait qu'aux états unis et al consomation en ces cas là est toujours très intérieure par la nature des produits même avec la
chaîne agroindustrielle le progrès des conservations et réfrigérations etc...ainsi aussi de la pêche...la question du caractère progressiste et volontariste des revendications de nos camrades du
modef est d'une autre nature et je crois maintenant sur la confédération paysanne et le privilège de l'europe à l'artisannat largement manipulatrice et peu efficace politiquement si on la traite
sans rationalité économique mondiale et même zonale dans le monde... l'agriculture française est sacrifiée et aidée par l'europe elle concerne 1 millions de producteur ruraux presque tous en
France on ne peut pas faire simple les paysans eux même comme les marins familaiux pensent "compliqué" y compris sur els instruments de mesure de lifremer et les saletés des verts comme lobbyiste
européens et tricheur de la "mesure", y compris sur le climat...sur ce le protectionisme de fait pourquoi pas..mercantiliste libreéchangiste et fermture commerciale totale ou partielle quand il
ya volonté politque en mouvemnt de masse otu est possible mais quid de la stucture de classe sur la propriété et al rente foncière au seind es autres rentes y compris de situation?...
l'affirmation on ne peut pas réguler le capitalisme..." si !le capitalsime est régulé et tant qu'il n'est pas renversé de manière violent et pas seulement en "perfomances" et "performatifs
militants" à l'équilibre de manière tautologique; faut-il le réguler mieux oui pour un syndicaliste en faveru de ceux dont il nécessaire de défendre les intérêts moraux et matériels immédaits
mais politiquement défendre la rationalité pluraliste des politiques successive des communistes et de leur régulation des échanges fermés en "zone" mondiale-empire au milieu du milieu et 
contre et au sein d'autres zones mondiales productrices de marchandises peut nous conduire à mieux nous faire comprendre des intellos collectifs que sont les paysans les marins les ouvriers des
pme et les savant cadre du monde productif défini comme service contemporain de manière formelle et peu assurée( information-nucléaire et ondulatoire....armes et aviations ou navigations de luxe
etc...) tous ceux qui détestent le rose vert democrétinisme tocquevillien européen....
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J

Quelques mots pour remercier ceux qui ont fait un commentaire sur mon papier et prendre en compte leurs remarques. La grosse question est celle soulevée par MH. Marx semble avoir été fasciné par
le capitalisme qui fout en l'air les sociétés traditionnelles ou les met à l'épreuve de la modernité. Si je comprends bien MH, il en serait de même aujourd'hui avec la phase actuelle de la
"mondialisation". Voici ma réaction 1) Que la mondialisation soit "un rapport social" et non une machine signifie que la société peut changer ce rapport. 2) Ma conviction (argumentée et donc
discutable) est que la MC représente une régression économique et politique, même si on fait abstraction des traumatismes sociaux induits. 3) Quand j'étais jeune et que l'agriculture française
était malmenée par les "jeunes agriculteurs", je me demandais si ces jeunes n'avaient pas raison. Un vieux communiste m'a alors expliqué qu'il fallait se battre avec les vieux agriculteurs et ne
pas céder à l'illusion de la productivité car, de toute façon, c'est le capital qui empocherait la mise. Il avait raison. Même si la MC n'était pas "une immense saloperie", il faudrait se battre
contre (se battre où il y a l'emploi dit un commentatuer) car il existe d'autres voies pour mondialiser le monde que la MC. Bon, cher MH, à suivre. Autre propos sur "le socialisme de pénurie"
(OI). Cette évocation n'était pas nécessaire au raisonnement sur la MC, j'en suis d'accord. Pour dire un mot là dessus, la période d'avant 1980, en Chine, n'a pas été celle d'un désert
industriel, tout à fait d'accord. Mais le développement était lent en regard de la masse de population qui pointait son nez à l'horizon. Les Chinois ont dû passer de l'égalitarisme (que la
relative pénurie permet) à l'inégalité actuelle (avec baisse du taux de misère). Mais ça, c'est un autre débat que la MC. Là encore, cher OI, à suivre. Pour le protectionnisme, tout à fait
d'accord. Je ne pense pas que nous, communistes, nous soyons des adorateurs soit du libre-échange soit du protectionnisme. Tout dépend de l'intérêt de celles et ceux que nous prétendons
représenter et défendre et avec lesquels nous luttons. JCD
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G

Encore un mot : en étant pragmatique, on constate que sans protectionnisme les salaires industriels tombent au niveau des pays émergeants (c'est à dire les pays les plus pauvres diposant d'une
main d'œuvre éduquée), c'est à dire en dessous de la valuer de la force de travail des pays plus anciennement développé. donc le protectionnisme sous une forme ou sous une autre reste troujours
pratiqué, sinon l'activité productrice, et les profits, disparaitraient.
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G

La question du libre échange est complexe. Dans l'état actuel des choses, avec l'UE et l'euro, libre échange plus monnaie forte égale désindustrialisation de l'euroep, pour en faire un continent
financier , prodcuteur de "culture" et fondamentalement parasitaire. Cela ne signifie pas qu'il ne faille pas jouer le jeu ricardien des avantages comparatifs, dans l'économie productive. Fakir a
publié un dossier intéressant sur une grève d'ouvrière tunisiennes, dans une filiale de l'avioneur latécoère, où c'est la mence de la relocalisation en france qui est brandie pour les faire
plier. pour moi il n'y pas de contradiction : il faut défendre l'emploi là où il se trouve.
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O

soit dans l'ensemble d'accord en revanche je ne vois pas l'intérêt de parler de la période maoiste( ou stalinienne d'une époque de communisme et planification de guerre ou de guerre froide) en
parlant de socialisme de la pénurie....le grand bon en avant est accompagné de d'un développement continue de la production industriel et agricole, le concept tiers mondiste de révolution agraire
ou de révolution verte est redevable aux concetions maoistes de la relation à la paysannerie en commune libre et petite propriété...comme, il y a à l'évidence, un progrès médical et une baisse
certaine de la mortalité infantile et de la reproduction humaine rapide et peu contrôlé donc assez libre, et de l'espérance de vie continue même pendant la révolution culturelle, et curieusement
surtout, en même temps que le social est soumis à une surestimation de la volonté politique, peut-être, mais cela n'a rien à voir avec les sottises voltariennes à propos de rousseau et du fait
d'aller bouffer des glands à quatre pattes ou même la destruction guerrière ou violente des forces productives, à propos des khmer rouge...et lefait de vider les villes quelques temps,
l'articulation avec le marché et le libre échange ou la question du marché intérieur et monétaire dans le socialisme en un seul ou presque pays ou quelques pays réunis en comecon etc... est une
question complexe pour un marxiste postléniniste, luxembourgiste ou trotskiste ou maoiste ou labrioliste ou gramsciste ou boccariste ou mendliste il serait souhaitable qu'on ne recherche pas la
pureté de marx lorsqu'il s'agit de discuter entre nous d'une histoire comportant un intellectuel collectif de valeur surtout dans la victoire des partis sur de tels masses de produits de
marcahndises et de populations car la planification n'a rien à voir avec un langage utpiste sur les bergers de l'arcadie...contrairement à l'aard et à la littérature qui existe aussi dans le
socailisme... unpeu de verfremdung effect avec les dispute interne au mouvement pratique communiste et marxiste me paraît nécessaire parfois...
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