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Réveil Communiste

Parce que j’ai choisi la Révolution par Danielle Bleitrach

25 Novembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

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Parce que j’ai choisi la Révolution par Danielle Bleitrach

Parce que j’ai choisi la Révolution, il y a des choses non négociables dans ma vie, comme le dit personne, la liberté, la justice et la dignité.La liberté aujourd’hui je la revendique pour Mumia Abu Jamal. Un film dédié à ce condamné à mort le plus populaire du Monde, il retrace sous la forme d’un documentaire l’histoire d’une injustice qui remet en cause la société elle-même. L’auteur en est un jeune homme qui est né il y a 31 ans le le jour de l’arrestation de Mumia Abu jamal, il s’appelle William Francom. Il a décidé en 2006 qu’il n’était pas libre puisque depuis sa naissance un homme était en prison injustement et il est parti sur les traces de cette vie parallèle. Il découvre lors de son enquête de nouvelles preuves de l’innocence mais aussi la face cachée des Etats-Unis des années 70 jusqu’à nos jours.Plusieurs personnalités, sollicitées par le réalisateur Marc Evans (les rappeurs Snoop Doggy Dogg et Mos Def, l’économiste Noam Chomsky ou encore Angela Davis) livrent dans ce documentaire un point de vue sanglant sur la société américaine.

Oui mais voilà, balayer devant la porte de la société américaine ne me suffit pas, la mienne mérite le même travail, que chacun aussi réfléchisse sur son propre enfermement à cause de ce qu’il accepte.

 Je réclame la liberté pour ce français dans les geoles israéliennes Salah hammouri cet otage emprisonné que notre gouvernement a l’air d’avoir oublié. celui que la mairie de Paris n’a jamais daigné placer sur son fronton. Je me réjouis de la libération du soldat  Chalit mais je demande pourquoi un Israélien serait français et un palestinien non.

Est-ce que par ce deux poids deux mesure on espère racheter le long martyre du peuple juif en Europe, le traitement de lépreux, de sorcières, écartés et accusés de tous les sabbats, convaincus d’empoisonnements des puits, menés aux bûchers, condamnés aux ghettos, aux exils, aux persécutions de toute sorte, parce que peuple déicide selon l’église et quand l’Etat devient laïque l’armée et le conservatisme prend le relais de l’éternel procès, c’est l’affaire Dreyfus et pour clôturer l’ignominie la shoah avec la complicité active de Petain ?

Prétendes-vous racheter des millénaires d’injustice  par une autre injustice, aller jusqu’au bout de cette ignominie à laquelle vous avez condamné les juifs en cherchant à les rendre complices d’une autre injustice celle faite au peuple palestinien. Ce que vos deux mille ans de crime et de meurtre n’ont pas pu obtenir, vous prétendez en faire le destin du peuple juif, accepter qu’il mène pour vous la traque, que l’autre soit chassé, méprisé, qu’il n’ait ni terre, ni repos, bref devenir semblable à ses bourreaux de toujours. Alors sachez qu’il y aura dans ce peuple des justes qui refuseront le triste privilège par lequel vous tentez de les corrompre faute d’avoir pu les anéantir. je ne suis juive que par la volonté d’Hitler et celui-ci a fait de cette identité une ouverture sur tous les refus de voir l’autre transformé en espèce stigmatisé à partir d’une caractéristique socialement produite.

Est-ce que vous pensez que le silence sur l’injustice faite à Salah Hammouri est le prix qui convient pour vous acquiter des dettes historiques face aux juifs, non le seul prix qui vaille et il est immense est d’en finir avec toutes les injustices, de croire en ce messie là, en ce principe espérance.

Parce que la révolutionnaire sera encore et toujours cette petite fille juive qui marche avec les siens vers les camps d’extermination, je vous interdirai de polluer la source toujours fraiche de mon indignation, celle qui a fait que je suis allée au communisme comme on va à la fontaine pour me désaltérer face à la pire des iniquités, une petite fille sauvée par les millions de morts soviétiques et qui tente de rendre ce qu’elle doit en revendiquant pour elle et pour tous liberté, justice et dignité, c’est non négociable. Il y a les miens mais ils ne sont miens que sur les chemins de l’humanité tout entière. Ils m’ont trahi que ce soient l’ex-URSS, le PCF et même Cuba en n’étant pas à la hauteur de l’espérance d’humanité qu’ils avaient mis dans mon coeur mais le pacte n’est pas rompu puisque je continue à poursuivre leur exigence au-delà d’eux-mêmes et au nom des combats de hier d’aujourd’hui et de demain.Encore qu’il ne faille pas confondre la trahison de l’ex-URSS et du PCF avec le reproche adressé à Cuba de n’avoir pas respecté, pour complaire à ses alliés, sa propre vision de ce que fut la deuxième guerre mondiale. Cuba m’a donné la force de poursuivre quand tous abandonnaient.

Parce que j’ai choisi d’être révolutionnaire et de l’être en tant que française, juive, femme, cet engagement rime toujours avec l’exigence de liberté, de justice et de dignité reconnue à chaque être humain. Je peux et dois exiger le respect pour chacune de mes identités, je ne pardonnerais jamais à qui me niera dans une de mes composantes.  Nous construirons l’universel dans la reconnaissance de l’autre et à ce prix seulement nous serons semblables, la justice régnera. Jamais je ne tolérerais que l’on confonde la lutte contre le néo-colonialisme français et ma patrie française, jamais je n’accepterai la moindre dérive antisémite et jamais je ne laisserai une femme être méprisée parce qu’elle est femme, ce mépris étant bien sûr étendu à ceux que l’on soupçonne de féminité, les homosexuels ou de rebelion aux lois du patriarcat les homsexuelles. dans tous les domaines je refuse l’hypocrisie, ceux qui prônent ce qu’ils ne respectent pas eux-mêmes. Comme on l’a déjà dit je ne reproche à personne de boire du vin, je lui reproche de raconter qu’il faut boire de l’eau et de rendre alors la vie impossible aux autres. je suis révolutionnaire parce que j’ai besoin de vérité.

Parce que j’ai choisi la liberté de tous dans la vérité, j’affirme que dire que la France ne peut pas accueillir tous les malheurs du monde après avoir largement contribué à rendre ce monde invivable, est hypocrite. Faites ce que je dis et ignorez ce que j’ai fait et ce que je fais encore, hier comme aujourd’hui, hier en pillant des continents, en détruisant des solidarités, en massacrant des hommes et des femmes en les déportant en esclavage. Aujourd’hui en portant la guerre pour apprendre des peuples à vivre, une logique de mâle face à une femme battue, que l’on soustrait au souteneur pour augmenter le nombre de passes exigé d’elles. une logique qui passe par la destruction des autres.  Franz Fanon fut non seulement un révolutionnaire mais un médecin psychiatre qui contempla ce désastre colonial dans le psychisme des victimes. Refuser de  reconnaître ce crime c’est le renouveler, c’est avilir la France d’aujourd’hui, c’est l’identifier à jamais aux crimes à défaut de reconnaître le mérite de ceux qui les ont dénoncés. C’est renouveler ce crime en inventant un hypocrite droit à representer la liberté humaine comme une norme alors même que l’on instaure la guerre qui produit la violence et la peur pour les femmes et les enfants. c’est une fois encore transformer le colonialiste brutal en missionnaire et après traiter avec sadisme ceux que la misère et la violence à laquelle nous contribuons se pressent sur nos côtes, aller jusqu’à faire de cette brutalité un argument électoral, un tableau de chasse que l’on exhibe comme l’art de bien gouverner.

Porter la guerre hors de nos frontières, accorder tous les droits aux banquiers contre les peuples, jeter les hommes et les femmes hors de leurs emplois, les harceler jusqu’à leffondrement, c’est la même démarche.  La même logique du pillage légitimé par la vision d’une élite et de sous hommes, nous est imposée et elle ne cessera de s’agraver chaque fois que nous la tolérons pour qui que soit, où que ce soit.

Parce que j’ai choisi la Révolution, il n’y a pas de liberté sans justice, ouvrir les portes des prisons et le recouvrement de la dignité ne se divise pas, nous sommes tous et toutes concernées. Aujourd’hui est le jour de la dénonciation de la violence faite aux femmes. Dans la France telle qu’elle est aujourd’hui, le fait divers  devient l’objet d’une manipulation indigne, chaque fois que l’on découvre une histoire tragique d’une femme, voir d’un enfant frappé par un malade récidiviste cela devient l’occasion d’une campagne qui sollicite l’indignation de la population et on en profite pour jouer le grand air de la répression, la droite sans pitié pour les assassins et salvatrice des victimes. C’est le grand air si souvent entendu pour justifier la peine de mort, « que messieurs les assassins commencent et nous arrêterons de nous comporter comme des assassins d’Etat ». Fausse logique qui n’a jamais rien résolu.

En ce qui concerne les femmes assassinées, violées, l’enfance meurtrie on oublie toujours quelque chose d’essentiel c’est que la plus grande partie des meurtres et des viols, ceux qui n’ont rien d’exceptionnel ont lieu dans le cadre familial et qu’aboutir au viol et au meurtre est le résultat d’un long processus de dégradation, d’emprisonnement économique et même affectif. L’exception est le malade mental qui viole et tue parce qu’il est pervers ou délirant, double  exception parce qu’à l’ordinaire le malade mental est plus dangereux pour lui que pour les autres.

Le viol, le crime n’est pas une absurdité, une exceptionnelle monstruosité, il existe dans sa grande majorité dans le cadre d’un rapport familial qui lui est perverti et dont on cache la fréquence parce que non seulement on en fait rarement état dans les médias mais parce que les victimes se taisent et subissent leur martyre en silence parce qu’elles ne sont pas reconnues. Il a fallu combien de temps pour accepter l’idée du viol conjugal, comme si le mariage transformait la femme et l’enfant en choses possédées par le père, voir l’oncle, le frère. Ou encore comme aux Etats-Unis faire le procès de la vertu de la victime pour savoir si son témoignage est crédible. Un vol de commerçant est sanctionné, le viol d’une prostituée est considérée comme dans l’ordre des choses, une femme possède moins son corps que le marchand sa boutique. Cela n’est pas étranger à une société qui achète la force de travail et la rejette quand bon lui semble, quand un profit en est escompté. La femme prolétaire du prolétaire n’est qu’au bout de cette chaîne, elle a perdu les antiques protections sans pour autant être autre chose qu’une marchandise dont on exige satisfaction et soumission. Si elles veulent la liberté, la justice et la dignité, choisir elle-même le bien et le mal, elles restent plus ou moins des proies hors protections patriarcales même avec toutes nos avancées. Nous ne portons pas le voile et nous ne sommes pas lapidées mais tous les deux jours une femme meurt sous les coups de son conjoint, 2% seulement portent plainte avant le drame.

Parce que le fait est là toujours on préfère chercher chez le malade, l’individu stigmatisé le bouc émissaire plutôt que de s’interroger sur le fonctionnement de la société, sur la manière dont la famille encore aujourd’hui par bien des traits est conçue pour préparer à l’exploitation, à la guerre et comment il faut se révolutionner sans cesse pour que l’amour triomphe.

Je suis vieille, j’ai perdu ma beauté mais là encore je revndique le droit à exister jusqu’au bout, à révolutionner jusqu’au bout l’image que l’on se fait de l’homme et de la femme, cette marchandise qu’il faut de plus en plus fraiche pour mieux la violer dans ses droits et dans son être. Ce combat là n’est pas le moindre, il nous concerne tous, il est notre avenir à tous mais il faut aussi que nous le menions en ayant conscience que nous ne serons révolutionnaires qu’en acceptant de combattre pour la liberté, la justice et la dignité de nos enfants: ils n’auront pas de retraite c’est l’acceptation de la suppression de la notre, ils sont précarisés, mis au chômage et cela nous rend plus fragiles nous qui avons tant besoin de leur protection, de leur amour.

Nous nous sommes battues, nous avons conquis des droits mais quand la société se durcit, regresse dans le sécuritaire faute d’apporter justice et bien être, quand le mensonge, le sensationnel se substituent au débat citoyen, quand l’on choisit la guerre et la répression faute d’assurer le droit, l’éducation et la santé, les femmes, les enfants, les vieillards, les malades seront encore au bout de cette chaîne de violence, de peur, d’humiliation que l’on prétend imposer aux êtres humains.

 Nous ne devons pas tolérer ces lynchages médiatiques, cette manière d’effet loupe sur l’insecte que l’on a choisi d’écraser, le groupe humain pour lequel tout est toléré; la dignité est là aussi, voir toujours et jusqu’au bout l’être humain et plus la choses manipulable et que l’on peut salir, détruire à volonté.

Parce que j’ai choisi la Révolution, j’ai , nous avons le monde en partage, ce soir nous chantons en egypte, demain ailleurs, cela impose que partout nous ayons conscience de l’importance de chaque tranchée, de chaque combattant pour la liberté, la justice et la dignité de tous.

Là où chacun de nous se trouve, il doit se dresser et dire qu’il y a des choses non négociables: la liberté, la justice et la dignité, pas seulement la nôtre mais celle des autres, parce que nous sommes nombreux, je suis plurielle et nous ferons la Révolution, et si cela ne suffit pas nous referons la Révolution.
 
Danielle Bleitrach
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M

C'est grace à Danielle que j'ai retrouvé la force de lutter politiquement.Si je suis communiste c'est que  les communistes rassemblent les revolutionnaires de toutes les
communautés et qu'ils se battent pour la justice et la fraternité.


Merci Danielle pour ce que tu es ,la chance fait que j'ai croisé ta trajectoire  et je me sens moins seul avec ma besace où se trouve la Révolution (celle de 1789 et toutes celles qui
ont suivit).


 


 
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