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Réveil Communiste

Nicolas Marchand sur la refonte des statuts du PCF

23 Novembre 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Pour information, envoyé par l'auteur :

Nicolas Marchand

Conseil National du 21/11/2012

Intervention sur l'avant projet de statuts[1]

 

N'ayant pas prévu d'intervenir dans la 2eme partie de la discussion, et avant de donner mon point de vue sur le projet de statuts, je veux dire que je remarque et j'apprécie dans notre action politique actuelle:

-        le positionnement clairement critique vis à vis de la politique gouvernementale, avec l'objectif de rassembler pour une réorientation, sans nous laisser entrainer par JLMélenchon dans une posture de simple opposition et de recours, 

-        une volonté sensible d'initiatives et de propositions originales, comme sur la sidérurgie, et, avec, une plus grande présence dans les médias

-        une certaine clarification publique des termes des débats avec nos partenaires au sein du Front de gauche, notamment sur la stratégie,

Tout cela valide l'utilité, pour développer le Front de gauche, de l'apport propre de chacun, plutôt qu'une structuration à perspective fusionnelle pour laquelle certains continuent d'agir.

Cela devrait pouvoir se formuler au Congrès de façon plus précise  que dans le projet de base commune.

Concernant les statuts, je pense que leur révision devrait être partie intégrante de l'ambition que nous avons pour le Congrès. Et pour cela, on devrait ouvrir plus le champ de réflexion.

Notamment, ne devrait-il pas y avoir une cohérence plus grande entre notre conception de la démocratie pour la société et celle qui s'applique au parti.

Pour la société nous portons des exigences de dépassement des conceptions délégataires et des dominations de pouvoir vers des avancées de démocratie directe et de nouveaux pouvoirs.

Pour le parti, on a besoin d'un peu d'audace. L'abandon du centralisme démocratique n'a pas été suivi d'un recul du centralisme et le caractère pyramidal du fonctionnement a même été accentué, par exemple avec le renforcement des fonctions de « secrétaire », au détriment d'une conception collective des directions.

Pourtant le préambule des statuts formule une intention très audacieuse : « développer des formes radicalement neuves de parti politique ».

Mais le projet actuel ne contient aucune nouveauté correspondant à cette intention.

Plusieurs propositions tendraient même, à l'inverse, à plus de centralisme. Il y a une régression sur les cellules dont le financement deviendrait dépendant des instances supérieures. Il y aussi régression sur l'enjeu d'organiser le parti dans les entreprises avec la suppression de la phrase « Le développement de l'organisation et de l'activité communiste sur les lieux de travail, moyen décisif du développement de leur stratégie, est l'affaire de toutes les instances du parti. »[2]

En l'état, ça ne paraît pas très « rock-en-roll », si cette qualification imagée de l'ambition du Congrès exprime l'objectif de surprendre par notre audace novatrice.

 

Deux pistes pour faire mieux :

-        Premièrement: démocratie plus directe pour le Congrès :

            la conception du Congrès reste l'héritage du « centralisme démocratique », avec un filtrage des opinions et des délégués.

            Pourtant la section et les cellules sont les lieux où tous les communistes peuvent s'exprimer.

            Pourquoi maintenir le ré-examen et le filtrage au niveau fédéral des débats et amendements des sections, et un échelon de délégation indirecte ?

            L'expérience des réunions des animateurs de section entre les congrès, que le 34eme Congrès avait décidé de prolonger, a été positive, parfois utilement décoiffante. Inscrivons cette réunion dans les statuts.[3]

            Et débattons de ce qui serait une sorte de révolution démocratique du parti : un congrès lui-même composé de délégués élus par les AG de section.

           

            - 2eme piste: démocratiser notre système de direction

            l'expérience de renforcement du pouvoir des secrétaires, élus directement lors des congrès, et maîtres de la composition des exécutifs n'est pas bonne : elle s'est opérée au détriment d'une conception collective des directions, les conseils n'étant plus définis comme directions. On devrait rechercher un système de direction plus collective, avec des modalités de contrôle. Dans l'immédiat, cela suppose de faire des conseils élus par les congrès les directions réelles et de modifier le mode d'élection des secrétaires et des exécutifs. Le-la secrétaire devrait être élu-e par le conseil national, départemental, ou l'AG de section, après un large processus consultatif démocratique.



[1]          seul un débat d'amendement ayant été prévu, il m'a fallu insister pour obtenir la possibilité d'intervenir, et mon intervention ainsi que celles qui ont suivi n'ont pas bénéficié du droit à un résumé dans le compte-rendu de « Communistes »

[2]    Plusieurs remarques convergentes dans le d ébat (Alain Janvier, Jean-François Téaldi) ont conduit à rétablir une rédaction plus satisfaisante sur ce point

[3]    Cette proposition soutenue aussi par d'autres camarades, d'abord rejetée, a finalement été acceptée en séances (lieu et rédaction à vérifier dans le texte qui sera publié)

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