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Réveil Communiste

Nicolas Marchand : Intervention au Conseil National du PCF 8 avril 2011

8 Avril 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

Message de NM :

Bonjour.
Je te transmet dès maintenant l'intervention que j'ai faite ce matin au Conseil National, ainsi que celle d'Yves Dimicoli. (d'autres interventions seront mises en ligne sur le blog PCF-ANR   http://anrpcf.canalblog.com/ )
 
Portant, après la prise de position de Pierre Laurent en faveur de la candidature Mélenchon, l'exigence d'un débat réellement ouvert et démocratique, nous avons notamment proposé que les communistes puissent se prononcer par un vote sur la candidature à l'élection présidentielle, avant que la Conférence nationale adopte une proposition de candidature.
Le débat se poursuit et va se poursuivre dans le Parti. Rien n'est joué.
Fraternellement,
Nicolas

 

Intervention :

 

Le choix que tu nous présentes, Pierre, repose sur un chantage: un chantage de nos partenaires, et auquel tu nous suggères de céder:

-        ou bien les communistes choisissent Jean-Luc Mélenchon comme candidat, et le Front de gauche peut continuer;

-        ou bien ils proposent André Chassaigne, et, aucun accord n'est possible;

 

Tu nous dis qu'il ne s'agit pas seulement de la candidature présidentielle, mais d'un « paquet » en 4 points: stratégie, « programme partagé », législatives, présidentielle.

Mais il y a une incohérence: dans ce paquet, 3 points sont négociables, mais pas le 4eme!                   

Pourquoi? Et pourquoi faudrait-il accepter cela?

 

Vous avez déjà signé le « cadre stratégique », un peu vite d'ailleurs, puisque aucun organisme régulier du parti n'a été consulté.

Sur le programme, sur les législatives, on négocie, et même on communique sur des difficultés; j'espère qu'on n'amuse pas la galerie le temps que les communistes comprennent qu'ils n'ont pas le choix sur la candidature présidentielle, ou imaginent que le PG leur a tellement concédé sur les législatives, qu'il faut bien faire un geste sur la présidentielle ...

Mais, il n'empêche, pourquoi un volet du « paquet », la candidature présidentielle, serait-il non négociable?

Il n'y a aucune raison valable à cela.

La direction n'a jamais été mandatée pour accepter cette exception.

 

Ne pas casser le début de dynamique du Front de gauche, après de premiers résultats encourageants, oui, absolument;  mais il faut le demander aussi à nos partenaires!

On ne peut pas bâtir une dynamique d'union sur des choix imposés par chantage.

Il y a besoin de valeurs, de morale, de respect, de loyauté entre partenaires permettant de construire de la confiance, d'une nouvelle conception de la politique; pas de pratiques qui bafoueraient la démocratie.

D'autant plus que le début de dynamique qu'il s'agit de développer, c'est une dynamique militante dont les communistes ont été l'élément principal.

Je ne donne pas cher de la « dynamique du Front de gauche », avec une candidature décidée sous la contrainte d'un chantage, dans la résignation.

 

Il y a aussi des enseignements du début de campagne de Mélenchon, depuis au moins septembre 2010.

Peut-on  parler d'une dynamique Mélenchon?

Dans ce cas, malgré l'énorme soutien médiatique dont il bénéficie, c'est de dynamique descendante qu'il faut parler, puisqu'en 6 mois il est passé de 7-8% à 3-4%.

Ce n'est pas sans lien avec son populisme, ses prises de position, non seulement différentes mais contradictoires avec les nôtres, comme en faveur de l'intervention en Lybie, ou sur le nucléaire.

Son agressivité systématique, grossière, vis à vis du PS, curieusement contradictoire avec son culte affiché de la mémoire de François Mitterand, fait obstacle aux possibilités pour nous faire entendre dans l'électorat socialiste, en recherchant le débat de fond. Pourtant, aux élections cantonales, les victoires de candidats communistes face aux opérations Verts/PS, comme dans le Val de Marne, ont été en partie permises par une division de l'électorat PS en notre faveur, grâce à notre attitude unitaire.

Cela donne à imaginer le brouillage qui ne va pas tarder à s'établir si J.L. Mélenchon devient notre principal porte parole dans la campagne présidentielle. Et la cacophonie s'il nous faut chaque semaine le contredire. 

 

Certes il y a aussi l'aspiration en faveur du vote PS, avec la montée de l'enjeu FN, et le danger très grave d'une alliance droite-FN.

Face à cela justement, il ne va pas suffire de slogans sommaires et pas aussi radicaux qu'ils semblent, comme le salaire maximum, que le PS a repris, ou les 195 milliards qu'il suffirait à l'Etat de reprendre et redistribuer. Sur ce terrain là Besancenot sera meilleur.

Il y aura besoin de tout le potentiel de nos propositions, liant de façon radicale et crédible objectifs sociaux en tête desquels la sécurisation de l'emploi et l'expansion des services publics, nouveaux pouvoirs, et moyens financiers, en France et en Europe, jusqu'au niveau mondial.

 

Dans ces conditions, ce n'est pas l'intérêt du Front de gauche de considérer que son seul candidat possible est Jean-Luc Mélenchon, dont l'évolution dans les sondages indique qu'il a peut-être mangé son pain blanc.

Il faut aussi évaluer sérieusement la candidature d'André Chassaigne. Du point de vue aussi du résultat visé en 2012.

André a fait la démonstration, dans une situation pourtant rendue difficile par l'attitude de la direction du parti à l'égard de sa candidature, de qualités politiques, d'ouverture, de rassemblement; les résultats électoraux obtenus dans sa région font même parler, encore dans « Communistes » mercredi; d'un « effet Chassaigne »; un hebdomadaire traitant de sa candidature a été jusqu'à évoquer celle de Jacques Duclos en 1969.

 

Tout cela est assez sérieux pour qu'on n'accepte ni diktat, ni chantage. Pour qu'on débatte vraiment, entre communistes, et entre partenaires du Front de gauche. En admettant réciproquement que tout reste ouvert. Sans faire planer sur le débat des communistes la menace de rupture du Front de gauche.

 
Il y a besoin, c'est vital pour l'unité du parti, d'un véritable débat démocratique, d'un débat vraiment ouvert, dégagé du chantage dans lequel on nous demande d'accepter de le placer; et pas seulement la ratification en fin de course d'une proposition de la Conférence Nationale.

Les communistes doivent pouvoir, après débat, se prononcer librement par vote, avant la Conférence nationale, et pour que les délégués puissent prendre en compte leur point de vue, sur la candidature qui a leur préférence. Comme ils auraient fait si le calendrier n'avait pas conduit à retarder le Congrès.

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sam 82 18/04/2011 18:17



assez de tambouille électorale , on a rien a foutre des places de ministres , ou autres on a déjà donné et ça n'a que trop duré ce jeu de dupes . par contre pour ce qui est du projet politique ,
c'est un silence de plomb qui règne . est-ce qu'on s'attaque au système capitaliste oui ou non , que fait-on des principaux moyens de productions et d'échanges , est-ce que l'on reste dans
l'europe et l'euro ? quels vont être les droits des travailleurs dans les entreprises ? toutes ces questions politiques sont essentielles pour moi  , d'autant qu'elles structureront ou pas
le nouveau mode de production , a savoir la voie vers le socialisme . ce que l'on sait , c'est que ni la direction du PC , ni Mélenchon et le parti de gauche ne veulent sortir de l'europe , donc
ne veulent remettre le capitalisme en cause , même s'ils se cachent derrière le masque de l'illusoire europe sociale . a partir de là électoralement je ne pourrais que m'abstenir de cautionner
ces bateleurs de foire . sam 82 .



Pingouin094 17/04/2011 23:18



Pour la Lybie et la Serbie, je renvoie la discussion sur mon propre blog pour ceux que ça interresse. En deux mots, j'ai trop gravé dans ma mémoire le souvenir de l'inaction des casques bleux, de
Srebrenica et tant d'autres massacres pour pouvoir dire que ne rien faire aurait été une bonne chose.


Pour le nucléaire : Ah bon, EDF n'est pas et ne sera jamais une société privée faisant des économies sur la sécurité ? J'aimerais en être sûr. Mais le risque existe. Donc, s'interroger est un
minimum et en tout cas ne mérite pas d'anathème.


Pour en revenir à Mélenchon et à son envie supposée d'être ministre socialiste. Dois je rappeler que le PS a toujours appelé à voter socialiste au second tour, est toujours allé dans les
gouvernements socialistes. Et sauf si j'ai raté un épisode, Pierre Laurent et André Chasseigne serait tout à fait prêt à accepter des postes de ministres chez les socialistes.


Donc, vous reprochez quoi à Mélenchon ? De cacher son intention de faire ce que nous disons que nous allons faire ? C'est pas un peu hypocrite.


Chasseigne dit qu'il veut bien être ministre socialiste. Mélenchon dit qu'il ne veut pas l'être. Et vous reprochez à Mélenchon de rêver en secret d'être ministre socialiste ?


Moi, je reproche à Chasseigne de le dire à haute voix et de tuer l'espoir des électeurs ce faisant, en leur disant dès à présent, qu'in fine, tout le bel espoir du Front de Gauche terminera chez
les socialistes.



MARAT EL MOKRANI 16/04/2011 20:15



@ pinguoin


tu partages la position de Melanchon sur l'intervention en Lybie comme tu as alors  partagé l'intervention de l'OTAN en Serbie on voit ce qu'il en est aujourd'hui,il est dommage que l'OTAN
n'intervienne pas pour proteger Gazo en en empéchant l'aviation israélienne de bombarder les civils palestiniens.Si l'OTAN protégait les civils cela se saurait ilsuffit de voir ce qui se passe en
Afganistan et en Irak.Concernant le nucléaire il me semble qu'au Japon c'est le privé qui pilote la maintenance des centrales et qu'il a fait des "economies" sur l'entretien et de maniére
générale les antinucléaires ont pour cible le nucléaire civil ,il existe un nucléaire militaire mais la secret defense ,et si nous nous demantelons notre force de Frappe ceux qui ne l'auront pas
fait nous imposeront leur volonté.moi quand j'étais enfant on s'éclairait à la bougie je connais et j'ai vécu dans des logements sans confort je pourrai me contenter de peu mais je ne suis pas
sur que les cohn bendit et ce "margoulin" de josé Bové soient préts a vivre de maniére frugale.Quand aux énergies alternatives qu'on nous montre réguliérement à la télé ,à savoir un pavillon
cossu avec des panneaux solaires je te signale que les habitants des 4000 de la courneuve sont preneurs de pavillons de ce type ou meme de la maison de Bové qui est trés écologique,j'arréte la
sur le nucléaire on pourrait parler du reste mais ce sera pour une prochaine fois!



Roquet 15/04/2011 09:33



Si Mélanchon dit qu'il n'appellera pas à voter DSK au second tour,s'il dit qu'il n'ira pas dans un gouvernement socialiste,c'est sûr,comment pourrait-on ne pas le croire ? C'est vrai,ça,pas un
instant il ne viendrait à l'idée de quiconque qu'il puisse avoir en tête une telle ambition ! Il y a quand même un truc qui pourrait le gêner,le pauvre,c'est que tout ce qu'il fera,ce devra
être pour et avec le Front de Gauche,donc avec le PCF dedans.Alors si le Front de Gauche voit les choses autrement,que fera-t-il,lui qui jure de ne pas la jouer perso ? Si DSK ne l'appelle pas à
être ministre,c'est sûr qu'il n'en aura pas de la déception,oh non,non,non,il en sera naturellement plutôt soulagé.Mais si DSK,avec l'accord du Front de Gauche, l'appelle à être ministre,je
n'ose penser au cas de conscience que ce sera pour lui...Mais,au fait,le problème se pose dès maintenant,puisque Mélanchon,s'il est candidat,le sera au nom du Front de Gauche.C'est ce qu'on nous
dit,c'est ce que dit Pierre Laurent.Alors,pourquoi on ne nous donne pas aussi la précision sur cette question-là, Mélanchon ministre ou pas-ministre ? Roquet



Pingouin94 15/04/2011 00:30



Je suis communiste, et je partage la vision de Jean-Luc Mélenchon sur la Lybie, et Fukushima me fait réfléchir sur le nucléaire. Je devrais donc quitter le PCF selon vous ?


Mais le problème, c'est que - cheminot - je suis contre la position du PG sur le TGV. Donc, selon vous, je ne peux pas aller au PG ?


Donc, je quitte le Front de Gauche ? Ben merde alors, je vais où ?


Dans toute organisation de plusieurs dizaines de milliers de membres, de plusieurs centaines de milliers d'électeurs, il y'a forcemment des points de désaccords. La question est de savoir si ce
qui rassemble est plus fort que ce qui divise.


Une divergeance sur le nucléaire est-il plus important qu'une même analyse critique du capitalisme ?


Ceci mis au point, je suis totalement en accord sur le fait que la méthode voulue par la direction est catastrophique, antidémocratique et attise la division au sein de notre parti. Je la
condamne.


Et d'autant plus, que sur le fond, je préfère Mélenchon à Chasseigne. Mélenchon n'est pas encarté au PCF et Chasseigne l'est. Pourtant, celui qui veut vendre le PCF au PS, à mes yeux, c'est
Chasseigne.


Moi, "ancrer à gauche le PS",  "faire marcher ensemble la cavalerie" (citations de Chasseigne), très peu pour moi. Je ne suis pas dans la même cavalerie que DSK, et ancrer à gauche le PS, ça
fait 30 ans qu'on essaye, il n'a jamais été aussi à droite.


Alors oui, je préfère Mélenchon qui se prononce clairement en opposition avec le PS, dit qu'il n'ira pas dans un gouvernement socialiste et même qu'il n'appellera pas à voter au 2ème tour pour un
ex directeur du FMI.
Ca me semble plus proche de mes valeurs communistes qu'un ralliement de raison au PS au 2ème tour proné par Chasseigne.