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Réveil Communiste

Mélenchon à Hénin Beaumont : Est-ce qu’un “coup médiatique” peut remplacer un combat politique dans les couches populaires?

11 Mai 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

 

Est-ce qu’un “coup médiatique” peut remplacer un combat politique dans les couches populaires

par danielle Bleitrach

 

by histoireetsociété


ce blog [ HetS, ndrc] est plus ou moins entré en sommeil parce que la situation est confuse. Certes nul ne boude le plaisir qu'il y a eu à chasser Sarkozy mais pour autant rien n'est tranché. Il serait faux de faire un procès d'intention au nouveau président de la République et l'attente s'impose pourtant il faudrait avoir une grande naïveté pour imaginer qu'avec son programme, sa volonté de regarder vers le centre il y aura de grands bouleversements. Et le danger de la déception, de la colère, nous en sommes tous conscients ce qui confère de la gravité à la période. Profitons en pour réfléchir à ce qui serait utile, le plus utile.

La seule solution serait de peser de tout le poids de son vote le plus à gauche possible.Mais qu'est ce que cela veut dire exactement ? J'ai l'habitude d'être franche, si moralement la stratégie de Melenchon d'affronter le Front National a toute ma sympathie je crains qu'elle soit inefficace et purement médiatique. Pire encore elle donne de l'air au vote utile en faveur soit du PS, soit de la droite.

J'ai expliqué et j'y reviendrai qu'il y a selon moi deux types de vote Front national: un vote de droite par exemple celui fortement influencé par les rapatriés dans le midi de la France et qui se reconnaît totalement dans les thèmes sécuritaires et l'immigration. En revanche, il existe un autre vote issu de la gauche et parfois même des communistes qui tout en étant touché par "la préférence nationale" reste un vote contre l'Europe, mais aussi un "vote de classe" qui je l'avais annoncé peut se reporter sur Hollande. le pas de calais, Henin Baumont en sont l'illustration.

Pour parler franchement je crains que l'opération médiatique par laquelle Mélenchon confirmera sont statut de leader du Front de Gauche en niant plus ou moins les forces qui composent ce Front comme cela est apparu tout de suite après le résultat du premier tour (décision individuelle de ne pas négocier et de donner ses voix) ou encore la présence sur les plateaux au second tour ne mène pas trés loin pour s'implanter à nouveau dans les couches populaires. Nous sommes un peu devant une opération PSU qui est fort sympathique dans sa volonté de défendre des valeurs face à l'extrême-droite mais cela manque de la chair qui assure l'adhésion de ceux qui sont victimes de cette crise et qui ne voient aucune issue en matière de protection sociale. Là est la crainte essentielle. Sur le terrain, je n'ai pas le sentiment malgré les affirmations des directions que tout le monde soit assuré de la nature de la bataille à mener. La lutte des places, les parachutages, les ambitions personnelles tout cela ne concerne pas seulement une droite en déshérence.

Il est à craindre qu'alors qu'un sursaut national pour faire face à des choix politiques et des décisions qui peuvent être imposées se heurte à l'existence d'une campagne des législatives au-dessous des enjeux de l'heure.

Si l'on prend le cas du Front de gauche qui pourrait représenter cet ancrage à gauche, pour résister, cela part mal. Le choix d'une circonscription qui attirerait sur elle les médias n'est pas illogique si l'on considère qu'il s'agit de créer de toute pièce une force politique autour d'un leader dont la campagne a été à sa manière une résussité mais il y a là un vrai problème qui mériterait discussion sur qui l'on souhaite convaincre, que l'on espère organiser en force de résistance.

Bon je pense que chacun aura compris l'état de mes réflexions: soulagement d'avoir battu Sarkozy mais doute sur le politique que va mener le nouveau président, la manière dont il va subir la pression de l'argent, celle de ses alliés européens. la nécessité de lui apporter une véritable majorité de gauche, le plus à gauche possible. Pourtant des interrogations sur ce que pourrait être cet ancrage à gauche. Le combat contre marine Le Pen sur des valeurs républicaines est trés sympathique mais il ne suffit pas ni pour convaincre l'électorat Front national de changer mais surtout pour rassembler les forces populaires autour d'un vrai changement en matière d'emploi, de niveau de vie, de protection sociale.

je vois ci et là des candidats aux législatives qui sont aussi conscients que moi de cet enjeu mais il est évident que la campagne du Front de gauche va être surdéterminé par cet affrontement. Peut-être est-ce un bien, on continuera à parler de cette force tandis qu'un certain nombre de candidats auront à coeur de s'ancrer dans les problèmes de l'électorat... Je l'ignore nous sommes dans un processus dont personne ne connaît l'issue.

Danielle Bleitrach

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Caroline ANDREANI 12/05/2012 08:18


J'y vois également un effet pervers de la médiatisation à outrance des dirigeants politiques. 


Mélenchon veut apparaître comme le rempart au Front national : la belle affaire. Ce faisant, il conforte la bi-polarisation politique, avec deux partis de gouvernement, le PS et l'UMP, et deux
partis "extrémistes", le Front national et le Front de gauche, le rôle dévolu à ce dernier étant d'empêcher le développement de l'extrême droite en terres ouvrières.


C'est très pernicieux, d'autant que le seul rempart vraiment efficace à la montée du Front national serait une politique radicalement inverse à celle qui nous est imposée depuis des décennies et
que l'UE renforce, ie la désindustrialisation, la casse des acquis sociaux, etc.


Donc oui, l'opération Mélenchon est une opération médiatique, doublée d'une opération politique de la direction nationale du Pcf qui impose à la fédération du Pas-de-Calais opposée au Front
de gauche, le leader du Parti de gauche au mépris des réalités politiques de terrain.


Il n'est pas sûr que sur le long terme, ce soit une bonne opération.