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Réveil Communiste

Mali : libérez Mohamed Cheik Tabouré et les prisonniers politiques du MP 22 !

18 Juillet 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme, #Afrique

 

Cher-e-s camarades,

Je tiens tout d'abord à féliciter le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" d'avoir été le seul à publier en France la déclaration du MP 22 (Mouvement Populaire du 22 mars) "Mali : arrestation des militants à la marche du samedi 08 juin 2013".

Après que le spectacle télévisé du social-impérialisme français et de la bourgeoisie compradore malienne se pavanant sur la tribune présidentielle à la Concorde le 14 juillet dernier m'ait donné la nausée, j'ai recueilli les informations suivantes dans la presse malienne.

Le camarade Mohamed Cheick Tabouré, directeur de la publication du journal Sanfin (La Nuée) s'est rendu le 8 juin 2013 au commissariat du Ier arrondissement de Bamako, où il a été arrêté, afin d'obtenir des informations sur les circonstances de l'interpellation des participants à la marche du MP 22 dispersée par la police et par la gendarmerie. Il y a été retenu jusqu'au 10 juin, date à laquelle il a été mis sous mandat de dépôt à la prison centrale de Bamako, dans l'attente de son procès pour trouble à l'ordre public et non respect de l'état d'urgence le 6 août prochain aux côtés de vingt autres manifestants.
Le Comité Editorial du journal Sanfin est composé, depuis le début de sa parution en 1984, de camarades qui se sont opposés à la perte d'identité du Parti malien du travail (PMT) dans l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, membre de l'Internationale socialiste) et qui ont soutenu le Parti du travail d'Albanie (PTA) lors de sa controverse avec le Parti communiste chinois (PCC) sur la ligne tiers-mondiste de Teng Hsiao-ping.

Le camarade Tabouré, par ailleurs atteint d'une ALD, a résidé en France jusqu'en 1996 et est le chanteur d'un groupe connu de salsa, Tarasynco (dit Taras).

Il fut un temps où les libertés publiques pouvaient être imposées à Bamako.

En 2006, "la principale riposte à Sarkozy [alors ministre de l'Intérieur] est venue de la marche de protestation organisée avant son arrivée dans la journée du 17 [mai] à 16 h à la Bourse du travail. A l'origine de cette marche, l'Association des Maliens Expulsés (AME), héritière d'une longue tradition de lutte depuis sa création en 1996 face aux expulsions de Maliens de France et d'Angola. Son collectif de soutien comprend notamment la CAD-Mali (Coalition des Alternatives pour l'Annulation de la Dette et le Développement), le journal Sanfin/La Nuée et le Parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance). Passant outre les velléités d'ATT et ses services d'ordre de l'interdire, la marche a drainé pendant près de deux heures dans les rues de Bamako plus de 200 personnes en colère contre Sarkozy. Elle a recueilli en fait le soutien de la seconde centrale syndicale du pays, la CSTM (Confédération syndicale des travailleurs du Mali) et de l'AMDH (l'Association malienne des droits de l'Homme). Les banderoles et slogans des organisateurs proclamaient : "Sarkozy dehors ! Non à la Loi "Immigration choisie" ! Non au racisme ! L'Etat français viole les droits humains ! L'Etat malien et ATT complices ! Des papiers pour tous ! Liberté de circulation et de séjour pour tous !" A vrai dire, les organisateurs ont été rudement bousculés par une masse de jeunes armés de leurs propres banderoles et pancartes spontanément préparées dans les quartiers. On pouvait lire "Sarkozy déguerpis, immigration choisie" ou encore "Sarkozy, un immigré qui s'insurge contre les immigrés" !

L'AME et son collectif ont, par leurs initiatives, manifesté la preuve que Sarkozy n'était pas le bienvenu au Mali, ils ont discrédité largement le gouvernement répressif d'ATT, qui a annulé un second sit-in prévu le lendemain. Non seulement l'initiative a encouragé à la mobilisation au Bénin, mais les conditions sont aujourd'hui réunies pour aller vers la large coalition de lutte (appelée par l'AME) pour aller à l'action systématique contre "l'immigration choisie" et les expulsions au Mali" (Momo (Bamako), "Visite de Sarkozy au Mali : un provocateur mis en déroute", Billets d'Afrique et d'ailleurs, n° 148, juin 2006, p. 6).

J'en conclus qu'il était moins risqué de manifester à Bamako sous le ministère de Nicolas Sarkozy que sous celui de Manuel Valls.

Amitiés communistes.
Olivier Bouchard
Paris XXe

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