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Réveil Communiste

Libye : Un an après le début de la guerre, le pays est en ruines

18 Mars 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

origine : PTB

L’intervention militaire de l’OTAN était censée apporter la liberté et la démocratie en Libye. Aujourd’hui, ce sont le chaos, le déclin économique et la terreur qui règnent dans le pays.

Tony Busselen

 

En sept mois, l’OTAN a largué pas moins de 30 000 bombes sur le territoire libyen. (Photo intal)

Alors que la Syrie est aujourd’hui candidate au « changement de régime », l’examen de la situation actuelle en Libye ne fait vraiment pas pencher la balance en faveur d’un projet d’intervention étrangère. Tout comme en Irak et en Afghanistan, l’intervention de l’OTAN en Libye n’a pas tenu ses promesses de lendemains qui chantent, bien au contraire.

En septembre dernier déjà, le Conseil national de transition (CNT), à la tête de la résistance contre Kadhafi, publiait un rapport mentionnant les chiffres de 30 000 morts et 50 000 blessés. Un très lourd tribut, payé principalement par les civils d’une population d’à peine 6,5 millions d’habitants. En sept mois, l’OTAN a largué pas moins de 30 000 bombes sur le territoire, qui n’ont pas seulement touché des cibles militaires, mais aussi d’innombrables civils, tout en démolissant en grande partie l’infrastructure du pays. Certaines villes et régions sont restées pendant des mois sans eau ou électricité. Les dégâts sont estimés à 35 milliards de dollars.1

L’arrivée au pouvoir du CNT n’a pas pour autant assuré la sécurité de la population libyenne. D’après les estimations, environ 120 000 combattants armés, organisés en quelque 300 milices, sévissent dans tout le pays. Pas moins de 50 de ces milices sont à l’œuvre dans la capitale, chacune contrôlant une partie de la ville. Des mois après la « libération », Tripoli est encore si instable que, lors de sa toute récente visite, notre ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a préféré ne pas y passer la nuit.

Torture et anarchie

En janvier 2012, l’ONG Médecins sans frontières s’est retirée de la ville de Misrata, les patients étant continuellement emmenés pour être torturés.2 Le journal allemand Junge Welt assure que 35 000 personnes seraient détenues dans des endroits gardés secrets, sans aucune forme de procès. Selon les Nations Unies, 8 500 « ennemis d’État » sont emprisonnés. Parmi ceux-ci, on dénombre beaucoup de Libyens noirs, simplement visés à cause de la couleur de leur peau. Fin 2011, les Nations Unies dénombraient 172 000 réfugiés intérieurs en Libye.

Entre-temps, le nouveau pouvoir ne parvient pas à contrôler le pays. Le 21 janvier, à Benghazi, le président du CNT, Mustapha Abdul Jalil, a été pris à partie par des manifestants et a dû s’enfuir de son bureau. Tant à Benghazi, berceau de la résistance contre le régime de Kadhafi, que dans d’autres villes, le pouvoir du CNT est contesté.3 À Bani Walid, lieu de forte opposition à l’insurrection et à l’intervention de l’OTAN, les partisans de l’ancien régime de Kadhafi ont, depuis un mois, chassé les hommes de guerre du CNT. Et à Kufra, une ville au sud-est du pays, des combats intenses ont éclaté le 12 février entre deux tribus rivales, tuant une centaine de personnes. La tension y est toujours palpable.4

Si la situation est désastreuse au plan de la sécurité, elle l’est tout autant au plan social et démocratique. Le CNT a déjà laissé entendre que la loi abolissant la polygamie serait remise en cause. Dans certaines villes, la distribution d’eau et d’électricité est toujours régulièrement interrompue. Et, suite à la guerre, environ la moitié des Libyens n’ont plus d’emploi.

La déstabilisation de toute une région

Si les Libyens sont les grands perdants de l’intervention de l’OTAN, ils ne sont cependant pas les seuls. Plusieurs zones de l’Afrique subissent les conséquences du chaos libyen. De grandes quantités d’armes libyennes se retrouvent actuellement entre les mains de rebelles du Mali, d’Algérie, de Mauritanie et du Maroc. En octobre 2011, le CNT a immédiatement reconnu le Conseil national syrien. Depuis quelques semaines, des membres de milices libyennes ont été signalés aux côtés d’insurgés en Syrie. À cause de la guerre, du racisme et du manque d’emplois, environ 2 millions de travailleurs immigrés d’Égypte, de Tunisie, du Soudan, de Somalie et d’autres pays africains sont retournés dans leur pays d’origine pour aller gonfler les rangs des sans-emploi, ou tenter désespérément d’atteindre l’Europe.

Cela dit, je pense que l’OTAN doit être supprimée.

1 Junge Welt, 10 mars. Sauf autre précision, tous les autres faits proviennent de cette source • 2 Avante, 11 février • 3 Al Arabiya, 21 janvier • 4 UN news center, 27 février

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