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Réveil Communiste

Lettre de la Gauche Co 45

1 Décembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Publications

Lettre n° 45

Après la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, la France…

Dénoncer les diktats de l’Union européenne et des marchés financiers

La France a connu un mouvement social d’une ampleur exceptionnelle. Le mouvement contre la réforme des retraites a rassemblé de septembre à novembre des millions de manifestants, suscité des centaines de grèves, des débrayages, des protestations multiples dans tous les secteurs de la société et partout en France. Mais le gouvernement n’a pas plié. Il n’a même pas concédé quelques assouplissements symboliques.

On aurait pu s’attendre à ce que le mouvement se radicalise, à ce qu’il paralyse l’activité du pays comme en 1995. Malheureusement, l’histoire ne repasse pas les plats. Malheureusement aussi, c’est une grave défaite pour le mouvement syndical. D’autant plus grave que Sarkozy et Fillon ont mis un point d'honneur à rester inflexibles.

Ce mouvement ne se résume pas simplement à cette issue défavorable. Tous ceux qui ont participé aux cortèges ont constaté que des milliers de personnes manifestaient pour la première fois, que les défilés rassemblaient des personnes en activité, aussi bien que des retraités, des jeunes, lycéens et étudiants, des fonctionnaires, des salariés du secteur privé, des précaires. Et surtout, pour la première fois depuis des années, les manifestants exprimaient ouvertement leur rejet du système capitaliste, leur mise en cause de la doctrine ultra-libérale, leur écœurement face à un gouvernement corrompu et décadent, rempart du capitalisme triomphant.

Dans tous les cortèges parisiens, on croisait partis de gauche et d’extrême gauche… Le Parti socialiste en a profité pour se refaire une virginité, le Parti de Gauche était particulièrement visible. Mais une fois de plus, le Parti communiste était atone. Paradoxalement, il était visible : camions floqués « Parti communiste français » et « Front de Gauche », autocollants PCF arboré par les militants, distribution gratuite de l’Humanité. Mais comment être écouté, quand on reste muet sur les réalités et sur les enjeux ? Comment être compris quand on ne met jamais en cause les véritables responsables, quand on ne remet pas clairement en cause le système capitaliste ?

La réforme des retraites s’inscrit dans le cassage des acquis sociaux. Elle a également pour ambition de brader les ressources financières générées par le système de retraites par répartition au profit de la spéculation des groupes financiers. Mais elle s’inscrit également dans la politique de casse sociale systématique de l’Union européenne, tout entière au service du capitalisme.

Mettons bout à bout la situation des pays de l’Union européenne : la Grèce, ruinée par les groupes financiers internationaux et mise au pas par le FMI. L’Irlande, qui après avoir avalisé le traité de Lisbonne, passe aujourd’hui sous les fourches caudines de l’Union européenne, qui vient soi disant à son « secours ». Et demain, ce sera au tour du Portugal et de l’Espagne, pays qui ont pourtant déjà pris des mesures draconiennes contre leurs peuples.

Cette atonie du Parti communiste français est d’autant plus grave que si en 2012, le Parti socialiste réussissait à prendre la présidence de la République, il appliquerait la même politique que la droite, afin de satisfaire l’Union européenne. Et là, que dira le Parti communiste ? Qu’il est déçu de ses alliés, et qu’il n’aurait jamais cru une telle chose possible, comme il a procédé entre 1997 et 2002 lorsqu’il avalait couleuvre sur couleuvre pour rester à toute fin au gouvernement de la gauche plurielle ?

Les dirigeants du Parti communiste feraient bien de redescendre sur terre. Dans la situation politique actuelle où le peuple n’a plus de repères politiques ni de perspectives de changement, où la crise économique va s’approfondir sous le coup des politiques européennes, il est temps de reconstruire une force politique audible et crédible. A force de vouloir « communiquer », le Pcf est devenu incompréhensible. A force de vouloir devenir une force politique comme les autres, il se réduit à peau de chagrin. A terme, il risque de disparaître. Surtout s’il fait la courte-échelle à Mélenchon et au Parti de gauche. Eux pourraient bien profiter des opportunités dont les communistes semblent incapables de se saisir !

Brèves

Le Parti socialiste ne veut pas que la France quitte l’OTAN

Le 23 novembre, lors d’un déjeuner organisé par l'Association de la Presse Diplomatique, Laurent Fabius a exposé la position des socialistes sur les dossiers internationaux.

Sur l'Otan et la réintégration de la France dans le commandement de l'Alliance Atlantique, Laurent Fabius a affirmé : « On ne ressortira pas du commandement ». Ce en pleine contravention avec la position du Ps lors du débat parlementaire, où par la voix de Laurent Fabius, il s’était déclaré opposé à ce retour.

Aujourd'hui, le ton change. Laurent Fabius a précisé : « Nous demanderons que les deux exigences formulées par la France - un poids accru de notre pays dans les structures militaires et une défense européenne plus forte - soient satisfaites. »

Décidément, il n’y a rien à tirer des socialistes !

Epargne retraite commune entre le groupe Malakoff-Mederic et CNP Assurances : la CGT refuse

La CGT a refusé de signer l'accord de la constitution de la filiale épargne retraite commune entre le groupe Malakoff-Médéric et CNP assurances. Cet accord a été signé par la majorité du conseil d'administration du groupe qui est dirigé paritairement par les administrateurs désignés par l'ensemble des organisations syndicales de salariés et patronales.

Seuls, les administrateurs Cgt ont refusé de signer cet accord qui met un pied dans la capitalisation et attaque les droits fondamentaux de la répartition.

Rappelons que le site Mediapart a publié une enquête très fouillé qui met en cause cet accord qui va profiter au frère de Nicolas Sarkozy, dirigeant du groupe Malakoff-Mederic.

Grève au Portugal contre la politique d’austérité

Mercredi 24 novembre, les Portugais ont suivi massivement la grève appelée par les deux principales centrales syndicales, la CGTP et l’UGT.

Cette grève était organisée à la suite de la cure d’austérité annoncée par le premier ministre portugais, Socrates, qui va se traduire par une hausse de la TVA de deux points à 23 %, la baisse de 5 % à 10 % des salaires des fonctionnaires à partir de 1 500 euros brut mensuel, le gel des retraites, la suppression des allocations familiales pour les salaires supérieurs à 600 euros – le salaire moyen portugais s’élevant à 800 euros, la remise en cause des déductions fiscales sur les dépenses de santé, d'éducation ou de logement...

L’objectif est de réduire les dépenses publiques pour réduire le « déficit » de l’Etat et complaire ainsi à l’Union européenne…

Londres : les étudiants manifestent contre la rigueur

Après les manifestations du 10 novembre dernier où les étudiants s’en sont pris au siège du Parti conservateur à Londres, ces derniers ont de nouveau manifesté le 24 novembre partout en Grande Bretagne pour protester contre l’augmentation des droits universitaires.

Le vice-premier ministre Nick Clegg, du parti libéral-démocrate, qui avait pris l’engagement de supprimer ces droits, s’est déclaré « désolé » d’avoir trahi sa promesse ! Et ce n’est que le début des trahisons…

En Irlande, on manifeste également

Samedi 27 novembre, des milliers d’Irlandais manifestaient à Dublin pour protester contre le futur plan d’austérité imposé par l’Union européenne au nom du « plan d’assistance » de 85 milliards d’euros débloqué par l’UE pour empêcher l’effondrement des principales banques irlandais, et au delà, éviter la contagion à l’ensemble des banques européennes.

« Nous tentons de récupérer notre souveraineté avant qu'elle soit perdue et que le FMI vende au plus offrant nos ressources naturelles et nos actifs » expliquait un manifestant. Dommage que les Irlandais se soient laissés prendre à ratifier le Traité de Lisbonne. Ils n’en seraient pas là aujourd’hui !

 

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Laurent Dycha 01/12/2010 22:04



Le mouvement social n'est pas une grande défaite, il est au contraire une grande victoire dans le sens où tout le monde voit bien maintenant que, d'une part, nos revendications, nos votations
citoyennes et nos pétitions sont surement utilisés par les dirigeants actuels dans un lieu très intime pour un usage que lecteur averti imaginera sans peine(recyclage du papier oblige) et d'autre
part, de mettre en lumière que le système capitaliste ne sert en rien les intérêts du peuple mais d'un infime pourcentage de la population qui ne dépasse pas la virgule.


Il en reste plus qu'a rendre ces conclusion plus sonnores.