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Réveil Communiste

les intellectuels, le peuple et la révolution, par Gilbert Rémond, lecteur de Lénine

21 Octobre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Qu'est-ce que la "gauche", #classe ouvrière

Ce titre de Franco Venturi évoque la préhistoire de la révolution russe, et nous sommes retournés à cet égard aux temps préhistoriques

Ce titre de Franco Venturi évoque la préhistoire de la révolution russe, et nous sommes retournés à cet égard aux temps préhistoriques

Envoyé par l'auteur :

 

Les récents événements qui agitent le monde remettent au devant de la scène la question des intellectuels et de leur rôle. A quoi doivent-ils servir et qui servent-ils? Dans les années où sévissait "la pensée soixante-huit", un mot d'ordre repris de la Chine maoïste, "servir le peuple", avait donné lieu à des noms de journaux. Des organisations politiques se réclamant de son message indiquaient les formes d'engagement que la fraction diplômée et dite cultivée du peuple, classée dans la catégorie des intellectuels, se devait de suivre. Selon ses percepts, l'intellectuel se devait d'aller aux masses. Il devait témoigner, utiliser sa position pour ouvrir des débats dans le peuple (à cette époque on ne disait pas "citoyen") voire même il se devait de le couvrir de son nom pour lui servir de protection quand la répression frappait. 
 
Nombre d'entre eux poussés par une fièvre sans précédent, croyaient-ils, s'étaient alors mis en tête, selon une autre formule de "descendre de cheval pour cueillir les fleurs", c'est-à-dire s'établir en usine pour s’éduquer au contact de la classe ouvrière et "l'arracher au révisionnisme".  La formule faisait image, mais le trouble poétique qu'elle assurait n'est pas venu. Les fleurs industrielles au goût de fer n'ont pas épanoui les cavaliers idéalistes. Aujourd'hui le révisionnisme domine et les intellectuels sont rentrés dans le rang, mieux encore, pour la partie la plus radicale et la plus médiatique d'entre eux, ils sont  nombreux à s'être mis au service de ceux-là même qu'ils disaient combattre, revêtant avec gourmandise la robe des clercs, hier honnis, pour s'empresser de poursuivre autrement leurs performances oratoires. 
 
Des clercs, ils en trahissaient immédiatement la fonction puisqu'au lieu de prêcher les valeurs universelles pour lesquelles ils étaient sensés s'engager, ils choisissaient l'appel au réalisme avec les accents rimbaldiens du" soyez moderne" tout en se posant comme seuls détenteurs de la raison et de la vérité.  André Lwoff l'indiquait dans sa préface au livre de Benda dans une réédition de circonstance: "la trahison des clercs c'est le refus des valeurs universelles et l'asservissement du spirituel au temporel". 
 
André Lwoff qui était prix Nobel de médecine et nullement écrivain ou philosophe, écrivait ces lignes  au moment  du reflux soixante-huitard, constatant qu’il est en effet singulièrement difficile pour l'intellectuel de notre époque de s'abstraire des multiples problèmes auxquels son pays est confronté, problèmes politiques, économiques, sociaux, conflits de classe et d'intérêts, luttes idéologiques". Alors la plupart sacrifiait "le culte de l'universel à l'intérêt de son pays ou de sa patrie", (plus prosaïquement nous pourrions dire que pays et patrie ont pris depuis des contenus plus extensibles et moins régionaux, on parlera d’Europe et de camp occidental, de pensée libérale et de classe moyennes). 
 
Ces clercs relookés par les think tank, les communicants et les instituts de sondage, allaient devenir les instruments d'une contre révolution conservatrice qui devait redonner à la bourgeoisie son hégémonie perdue et lui permettre d’entraîner derrière elle la petite bourgeoise intellectuelle un temps égarée sur les pavés du Quartier Latin ou devant les portes de Renault Billancourt. Celle-ci, de jeune garde fringante auto proclamée allait devenir devenir le troupeaux des nouveaux " chiens de garde " du système. Robert Linhart qui assistera à ce retournement qu'il devait ressentir au plus profond de sa pensée et de son intimité psychique, avait perçu le phénomène de reflux qui s’opérait dans la mouvance gauchiste, ainsi que sa décomposition  idéologique et les avatars politiques qui s'en suivirent dans l'idéologie. Aussi écrivait-il à la même époque :" Les désillusions de la jeunesse intellectuelle sont souvent vengeresses. Est-il pire haine que celle qui succède à un amour déçu? La réussite ou l'échec de la liaison des jeunes intellectuels avec les masses ouvrières et paysannes est dans les périodes d'essor révolutionnaire une question complexe et cruciale. Si ces forces ne trouvent pas un terrain commun, si l'idéologie de la jeunesse intellectuelle (qui joue un rôle important dans la production des objets culturels et des superstructures) se constitue antagoniquement à l'idéologie diffuse des forces profonde du peuple, un maillon décisif est par avance miné." 
 
Si la contradiction était à l'intérieur du mouvement étudiant, nombre d'entre ceux qui y prenaient part étant par nature appelés à devenir les cadres de la société, ses nouveaux clercs, force est pour nous de constater que le PCF tout attentif à la stratégie d'union de la gauche qu'il avait décidé de privilégier mais dont nous avons vu dans quelles impasses elle allait nous conduire, n'a pas su rassembler les différentes couches sociales, ni trouver de " terrain commun", ni empêcher qu'elles se constituent  de manière antagonique, préférant casser du gauchiste plutôt que d'assumer les débats contradictoires et les convergences que la jeunesse souhaitait  trouver à l'époque avec la classe ouvrière.
 
Erreur de la perspective, faiblesse de la base idéologique, l'histoire sur cette période n'est pas encore faite et tarde à venir. L’analyse de la sociologie elle aussi nous manque. L'histoire des luttes de classes serait à réécrire, pour en faire la lecture appliquée de ses travaux pratiques. Étudiant la révolution russe et la situation politique qui l'avait précédée, Robert Linhart remarquait l'échec à la fin du XIXè siècle de la tentative de fusion par le populisme d'une partie de la jeunesse avec la masse paysanne, il en déduisait que cet échec avait produit dans l'immédiat des manifestations de désespoir et de nihilisme dont les effets se feraient ressentir plus tard dans les conflits entre villes et campagne dès le début de la révolution, rendant difficile leurs rapports, jusqu’à mettre parfois la révolution en péril (guerre civile ,difficulté d’approvisionnement, famine en étaient des conséquences). 
 
Danielle Bleitrach à qui nous devons la publication de l'écrit de Badiou sur la responsabilité des intellectuels dans la construction d'une image anti-populaire dans la représentation politique du pays (le livre fût-il à jeter vient avant l'image propagandiste et l’intellectuel fût-il déplorable précède le ministre nous dit-il)  pour en quelque sorte étendre la démonstration à la manière dont les événements ukrainiens étaient couverts, Danielle Bleitrach, disais-je avait été l'auteur d'un livre dans les années quatre-vingt : "le Music-Hall des âmes nobles" où elle évoquait la question, ainsi que celle des alliances qui lui était sous-jacente. Non sans avoir fait une différence entre intellectuels intercesseurs dans la vie culturelle et politique, chargés de dire le vrai et le juste, et "les travailleurs intellectuels", elle écrivait: 
 
"Le développement massif de ces travailleurs intellectuels, leur salarisation, pour la majeure partie d'entre eux, posent des problèmes nouveaux d'un point de vue sociologique mais aussi politique. Ce phénomène correspond à de profondes mutations dans la société française, il est parallèle à l'accroissement d'autres couches sociale comme le développement des employés et à la diminution de la paysannerie. La définition des couches moyennes dont la fonction essentielle serait de modérer voire de dépasser la lutte des classes s'en trouve bouleversée". 
 
Partant de là elle rejetait ce qui pourrait ressortir d'une confusion du point de vue des caractères contradictoires de l'évolution observée, confusion qui ne pouvait conduire qu'à une mauvaise appréciation des conditions de vie, de travail et d'engagement de ces couches et à terme à des erreurs dans la stratégie politique qu'il fallait mettre en œuvre. Ce qui semble bien s'être produit dans l'aventure qui partant de l'union de la gauche allait conduire au front de gauche, où lâchant la proie pour l'ombre, les alliance de sommets entre lilliputiens de la gauche radicale allaient  conduire à l'adoption des postures et du langage des mediacraties associées, spécialisées dans la fabrique du consensus libéral avec un masque de gauche. 
 
Pourtant, Nizan l'avait écrit : "la bourgeoisie travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il lui est nécessaire de faire croire qu'elle travaille, qu'elle exploite, qu'elle massacre pour le bien final de l'humanité. Elle doit faire croire qu'elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu'il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui", et en effet, ainsi que nous le disait  Nizan, la philosophie "a pour mission de faire accepter un ordre en le rendant aimable, en lui conférant la noblesse, en lui apportant des justifications. Elle mystifie les victimes du régime bourgeois, tous les hommes qui pourraient s’élever contre lui. Elle les dirige sur des voies de garage où la révolte s'éteindra. Elle sert la classe sociale qui est la cause de toutes les dégradations présentes, la classe même dont les philosophes font partie. Elle a enfin pour fonction de rendre claires, d'affermir et de propager les vérités partielles engendrées par la bourgeoisie et utiles à son pouvoir". 
 
Il se pourrait bien que nous ayons quelque peu délaissé le secteur que Marx venait de subvertir en déclarant que si les philosophes n'avaient fait qu'interpréter le monde, lui voulait le transformer avec les masses en action, pour nous remettre à l'écoute des sirènes et de leur pouvoir hypnotique. N’empêche,"les clercs ne feront pas éternellement illusion - nous disait encore Nizan- dans la lumière sans pitié de la terre, tous les hommes sauront que leur pensée est une pensée pauvre et une pensée vaine, qui ne peut pas produire de fruits, parce qu’elle est nécessairement une pensée lâche". Et " ils n'accepteront pas éternellement que le respect accordé au masque des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers".  "Peut-il y avoir des gens chargés de dire le juste et de dire le vrai du point de vue de Sirius c'est à dire loin des luttes?" demandait pour sa part Danielle Bleitrach. Cela paraît peu probable, répondait-elle aussitôt, "la vision d'une humanité dont les pieds s'enfoncerait dans la boue de l'histoire, dans l'opacité des nuages est complètement dépassée à partir du moment où les hommes prétendent à la maîtrise de leur histoire. En revanche, l'apport de la connaissance scientifique, celui de la création, deviennent indispensables si l'on veut mener à bien ce projet". 
 
L'histoire ne peut se répéter sans cesse, tourner sur elle même indéfiniment comme le chien qui cherche à se mordre la queue, sinon à prendre le risque de devenir une non-histoire. La ligne d'un parti peu changer, les décisions d'un congrès peuvent modifier ses orientations, mais les attitudes fondamentales des classes sociales les unes vis a vis des autres ne se transforment pas du jour au lendemain, sous l'effet d'une volonté de tribune, ou des pamphlets écrits par les clercs ralliés aux forces de l'argent. Le cheminement de la pensée collective se fait souterrainement et silencieusement, mais elle prend forme lentement puis brusquement, la conscience sociale se transforme quand des millions d'hommes passent a l'action. Vient alors le temps des révolutions car le temps des vérités absolues a ses limites, hors du temps et de la vérité historique. Il en va de même pour les formations sociales, qui tiennent aux conditions concrètes de leur apparition, aux rapports qu'elles entretiennent avec d'autres formations politiques et au niveau atteint par les forces productives à une époque donnée. 
 
Il semblerait que l'agitation guerrière à laquelle se livre notre monde soit l'effet d'une modification importante survenue dans ces domaines, c'est en tout cas ce qu'exprime à propos des événements en Ukraine et du climat qui s'en répercute dans le monde, Sergëi Glaziev, le conseiller de Poutine, dans une interview récente quand il dit en ouverture : "Le monde aujourd’hui vit une série de crises cycliques qui se superposent. La plus sérieuse est la crise technologique qui se combine avec des changements dans le domaine du développement économique. On est à une période où l’économie change de structure. La structure économique qui a produit la croissance économique de ces 30 dernières années s’est épuisée. Nous devons passer à un nouveau système technologique. Ce type de transition s’est malheureusement toujours fait par la guerre. Ce fut le cas dans les années 30 où la Grande dépression a provoqué une course aux armements et conduit à la Seconde Guerre mondiale. Ce fut le cas pendant la Guerre froide où la course aux armements a engendré les technologies d’information et de communication complexes, qui servent de base à la structure de l’économie mondiale depuis 30 ans. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une crise similaire : le monde évolue vers un nouveau système technologique. Le nouveau système est de nature humanitaire et on pourra peut-être éviter la guerre parce que les principaux facteurs de croissance dans ce domaine sont les technologies humanitaires. Elles incluent la santé et les industries pharmaceutiques basées sur les biotechnologies. Elles incluent aussi les technologies de la communication basées sur les nanotechnologies qui font actuellement une percée spectaculaire et elles incluent les technologies cognitives qui modifient la quantité des connaissances accessibles."https://www.youtube.com/watch?v=cikvqdMRTTA&feature=youtu.be . 
 
Marx l'expliquait d'un point de vu matérialiste dialectique, quand parlant des forces productives, il analysait les processus qui se mettaient en place. Quand les formes sous lesquelles elles se développent ne peuvent plus les contenir,les formes anciennes disparaissent au profit de nouvelles. Le positionnement des intellectuels suivent ces mouvements. En feuilletant les œuvres complètes de Lénine pour trouver un article que je voulais relire, je suis tombé Tome 13, sur un texte écrit le 22 août 1907 : "note d'un publiciste" qui m'a beaucoup fait penser à ce que nous vivons et éprouvons devant le comportement de nos parlementaires et de nos dirigeants, ou encore devant l'attitude de ces" intercesseurs" qui prétendent remplacer les Cassandre d'hier, et tiennent chronique sur l'histoire du monde en recopiant les communiqués de Reuter ou de l'AFP avec application et la conscience du devoir accompli envers leurs maîtres nourriciers. En ouverture à ce texte, Lénine écrivait :"Depuis la dissolution de la IIè douma, l'abattement, le regret, le reniement constituent le trait dominant de la littérature politique. Chez M. Strouvé d'abord, dans le Tovaricht ensuite, et chez une série d'écrivains apparentés à la social-démocratie enfin (le parti auquel appartenait Lénine), nous constatons un reniement de la révolution, de ses traditions, de ses moyens de lutte, une tendance à s'accoter, d'une manière ou d'une autre un peu plus à droite". Puis après un long développement il concluait son article en écrivant :"nulle part au monde vraisemblablement, la petite bourgeoisie à commencer par les socialistes populistes et les troudoviks, et pour terminer avec les intellectuels qui se sont faufilés dans la social-démocratie, n'a fait preuve d'une telle pusillanimité et d'une telle veulerie dans la lutte, d'une débauche aussi répugnante de velléités renégates, d'une telle servilité devant les héros de la mode bourgeoise ou de la violence réactionnaire: puisse notre prolétariat retirer de notre révolution bourgeoise un triple mépris de la veulerie et de l'instabilité de la petite bourgeoisie". Après quoi, il en appelait à la constitution d'un parti du prolétariat, épuré de ces éléments troubles et veules, uni et cimenté sur des valeurs de lutte et de classe qui lui permette d’assener des coups  décisifs et s'attaquer au pouvoir détenu par cette bourgeoisie. 
Dix ans plus tard éclatait la Révolution d'Octobre, entretemps les partis de la social-démocratie  emportés par leurs collaborations avec les institutions et les pouvoirs constitués plongeaient tous dans la trahison et ce que nous avons appelé ici l'Union Sacrée. Quand je vois la volonté de refaire le congrès de Tours à l'envers, c'est-a dire de revenir même si c'est sous l'égide de Jaurès à cette conception de la manière de faire la politique, quand je vois les concessions  faites devant l'Union européenne, l'alignement  de nos déclarations politiques sur les orientations définies par l'OTAN sur la Syrie et l'Ukraine, je me dis que nous ne sommes pas loin de revivre un tel moment, d'autant que la crise ukrainienne porteuse de grand danger pour la paix est pleinement révélatrice des changements intervenus dans les structures de l'organisation économique mondiale et donc dans le rapport des forces. 
 
En effet la plus grande partie de ceux que l'on nomme les intellectuels se sont ralliés aux conceptions et aux raisonnements du système qui se range sous l'égide du camp occidental, mais ainsi que l'histoire nous l'apprend, leur défection est un alignement logique, pour autant, ce que nous observons sonne comme un signal de la crise qui s’apprête et qui pourrait une fois de plus tout emporter. 
 
Marx en fin observateur des luttes de classe avait dégagé l'idée de ses études pratiques que les révolutions prolétariennes " se soumettent elles-mêmes à une critique permanente, ne cessent d'interrompre leur propre cours, reviennent sur ce qui semble avoir déjà été acquis, pour le recommencer une fois de plus, raillent sans complaisance les velléités, faiblesses et misères de leur premières tentatives, semblent n’assommer leur adversaire que pour le laisser tirer du sol de nouvelles forces et se redresser encore grandi en face d'elles, ne cessent de reculer devant l'immensité chaotique de leurs propre buts, jusqu’à ce qu'enfin la situation créée rende tout retour en arrière impossible et que les circonstances elles-mêmes lancent ce cri: "Hic Rhodus, Hic Salta! Voici la rose ici tu dois danser". 
 
Lénine a cueilli cette rose dans des circonstances impensables dont il s'est cependant senti l'obligé. Quatre ans après la Révolution d'Octobre il avait pour en célébrer l’occurrence cette  pensée dont l'écho pourrait être entendu près de nous dans les contrées de l'est ukrainien :"Cette première victoire n'est pas encore une victoire définitive... c'est nous qui avons commencé cette œuvre; Quand, dans quel délai, les prolétaires de quelle nation la feront aboutir, il n'importe. Ce qui importe, c'est que la glace est rompue, la voie est ouverte, la route tracée"  ( tome 33 p 49).  Cette  brèche n'a pas été refermée par la chute de L'URSS, et elle pourrait bien s'élargir dans un coin de l’Europe qui s’appelle le Donbass où la classe ouvrière a décidé de prendre en main son destin après le coup d'état fasciste de Kiev. C'est en toute logique que tout l'établissement politique qui misait sur un nouveau cours de l'histoire favorable aux vieilles lunes du libéralisme déclare son horreur devant ce qu'elle préssent comme étant la négation de ses projets et l'on comprend bien la gêne qu'il y aurait à admettre qu'un peuple tirant les leçons des tentatives passées reprenne la danse. Ce peuple doit être mis au pilori et ne doit surtout pas attirer la sympathie des autres. 
 
Les intellectuels n'ont pas tous flanché, il en eut de célèbres qui ont su prendre la cause des gens ordinaires, c'est le cas de Gramsci. Il est même des gens ordinaires qui sont devenus des intellectuels d'un type nouveau, c'est le cas de Thorez. Je propose deux textes a leur sujet qui leur rendent hommage, avec une mention spéciale pour Thorez toutefois dont c'est le cinquantième anniversaire de la mort. Il aurait certainement davantage mérité notre mobilisation, étant donné ce qui nous lie a lui en tant que communistes, que Jaurès dont nous sommes certainement plus éloigné sur le plan politique une fois écartées ses positions pacifiques.

 

Gilbert Rémond ( été? 2014)

 

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S

très bon texte . qui plus est , en phase avec l'actualité politique et sociale du moment .pour ma part je retiens de ce texte le passage citant Lénine ,apellant ( a la constitution d'un parti du
prolétariat épuré de ses éléments troubles et veules ,uni et cimenté sur des valeurs de lutte de classe qui lui permette d'asséner des coups décisifs , et s'attaquer au pouvoir détenu par la
bourgeoisie .) . ce passage est d'une actualité brûlante pour tout communiste ayant conscience que tout changement ,doit avoir pour finalité politique le combat contre le capitalisme ,afin
d'ouvrir la voie au socialisme. ce combat ne peut se mener sans l'outil indispensable qui est un PC a reconstruire sur des positions de lutte des classe pures et dures , épuré de tous ses
parasites sociaux démocrates , et ils sont nombreux , intellectuels ou pas . sam 82 .
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G

C’est long, mais je donne ma pensée de simple ouvrier sur la descente du PCF au niveau électoral grâce aux réformistes de la direction. (Quoiqu’on en dise la classe ouvrière a
perdu sa représentation politique (sauf dans quelques fédérations ou le réformisme n‘a pas sa place).Elle semble aussi perdre celle du syndicalisme CGT (sauf dans certains syndicats) car le
réformisme s’est imposé au niveau confédéral avec le soi-disant (syndicalisme rassemblé).


 


Depuis janvier 1995 je ne suis plus adhérent du PCF, j’y étais depuis 1976 !


 


Car le PCF se doit de représenter dans toutes assemblées ceux pour qui et par qui il a été créé : c’est-à-dire des intellectuels proches des ouvrier(e)s,
retraité(e)s et gens modestes : la classe ouvrière. Celui-ci n’ayant pas pour objectif d’assurer une
force électorale d‘appoint au PS et autres soit- disant de gauche car ceux-ci n’ont en réalité en vue
que d‘apporter leur soutien au patronat et son pendant le capital pour que rien ne change vraiment.


 


Les conquis de 1936, les acquits du CNR qui ont été mis en place par les ministres communistes car, les forces: syndicale CGT avec des millions d’adhérents et politique le PCF représentait pas
moins de 30% au niveau électoral national, Les conquis de 1968 ont pu avoir lieu car le contexte politique et syndical était du même ordre.


 


La classe ouvrière paye l’erreur du PCF (son représentant politique) car la construction du programme commun de gouvernement avec le PS (les réformistes de l‘ancienne SFIO) fut une abnégation de
notre programme progressiste en accordant une valeur sociale et de progrès à ceux qui voulaient en fait ménager la chèvre et le choux.


 


Déjà a cette époque les réformateurs (souvent des intellectuels et des salarié(e)s ayant des revenus très confortables), au niveau directionnel montaient en puissance numérique mais, étaient
malgré tout en minorité par rapport au nombre de femmes et d’hommes qui eux étaient toujours dans la même ligne politique que ceux qui avaient refusés par la scission en 1920 le réformisme.


 


Avec les accords électoraux de report de voix entre le PCF et le PS et autres soi-disant de gauche, sans donner une réelle clarté des objectifs politiques de chacun, en leurs accordant une même
volonté de progrès social.


 


La réussite du dévoiement des électeurs du PCF n’était plus qu’une formalité et a eu pour effet que celui-ci ne puisse plus peser sur les choix gouvernementaux (surtout au niveau du social, du
travail, de la gestion industrielle du pays, de l’économie, en remettant patrons et finance à leur place pour les besoins de tous). Ce dévoiement réussi par le PS avec l’aide des réformistes du
PCF de façon à ce que la classe ouvrière vote pour ces fameux et piteux réformistes ou se réfugie dans l’abstention. Cette dernière solution contrairement
aux larmes de crocodile versées par les tenants du pouvoir qui servent ou ceux qui veulent servir la rigueur imposée par les tenants de la finance leur est bénéfique pour installer le bipartisme
de façon à conserver au patronat, son pendant le capital avec ses financiers, leurs prérogatives :(exploitation en réduisant au maximum le droit au et du travail (chômage, précarité de celui-ci
par temps partiel, cdd, intérim... Etc.), financiarisation et liquidation des acquits et conquis sociaux (qui est en cours malheureusement).


 


21 ième siècle quelle modernité ? Je disais quand je fus d’âge de voter, c’était en 1974 que les gens du pouvoir avec le patronat et son pendant le capital
voulaient nous faire revenir à une époque que je croyais révolue; (le 19 ième siècle) pour ne pas parler d’avant ! Où le patron était roi ainsi que
les gros propriétaires, qui pouvaient exploiter le peuple travailleur jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.


 


Il est bon de rappeler que les réformistes n’ayant pas la majorité au sein du parti n’avaient pas accepté le départ des ministres communistes du
gouvernement à majorité PS en 1984 car, les communistes ont refusé(e)s justement de trahir ceux qui avaient voté(e)s pour la justice sociale, alors qu’un tournant vers la rigueur a été mis en
place par (le PS majoritaire, au niveau législatif et exécutif).


 


Mais après avoir réussi a installé une direction réformiste prônant l’alliance avec le PS et autres soi-disant de gauche au niveau gouvernemental,
rassurants le patronat et son pendant le capital en se détournant de son électorat, est arrivé pour le parti une désaffection électorale des couches populaires qu’il était sensé
représenter.


 


Le FDG a été construit à l’initiative de la direction réformiste du PCF avec en arrière pensée la dilution du parti dans cet ensemble de façon, que ce soit le FDG qui soit mis en avant au niveau
électoral avec un programme partagé entre plusieurs formations politiques ( ça ressemble quelque peu au fameux programme commun de gouvernement qui fût une erreur de stratégie électorale qui ne
pouvait que donner de l’eau au moulin des réformistes ).


 


Le FDG ne remettant pas en cause l‘U-E avec sa commission dictatoriale, alors que celle-ci, a été construite exclusivement pour le patronat, son pendant le capital, d’où la finance, alors que
c’est notre LIBERTE NATIONALE qui est anéantie.


 


Nous sommes en 2014 avec un gouvernement PS qui sacrifie au patronat et son pendant le capital, les acquits et conquis de la classe ouvrière pour une U-E intégrée dans l‘OTAN (arme de guerre
contre les peuples qui n’acceptent pas de faire allégeance aux volontés du capital occidental représenté entre autre par les marchés) comme bientôt le fameux marché transatlantique entre l‘U-E
supranationale et les USA.


 


 


 


 


 


J’ai honte d’avoir donné ma voix à l’élection présidentielle pour ce laquais du capital mondial au deuxième tour pour un soi-disant changement de politique (nationale et internationale), suite à
(l’appel de dirigeants communistes réformistes au sein du fameux front de gauche, organisation creuse où la direction du PCF a dilué notre parti pour qu’il n’apparaisse plus électoralement et
n’ai plus son propre programme). Résultat (prévisible malgré tout) c’est d’une continuation aggravant la destruction des acquits et conquis sociaux qu’il nous fait subir avec ses fantoches
soi-disant représentants du peuple à l’assemblée nationale législative. Un ou une député(e) élu(e) grâce à l’apport des voix de la classe ouvrière devrait avoir honte de donner sa voix pour des
lois scélérates.


 


Au niveau international :la France, pays des droits de l’homme et du citoyen est déshonorée par la politique d’abandon de sa souveraineté ,que ce soit au niveau de cette U-E avec sa commission
supranationale dictatoriale, l’OTAN arme de guerre expansionniste qui n’a rien à voir avec une protection des territoires, et bientôt le marché transatlantique qui mettra dans les assiettes pour,
ceux que leurs moyens ne pourront subvenir à une alimentation saine sans viandes avec hormones de croissances, sans organismes génétiquement modifié pour l’alimentation humaine et animale. Sans
parler de l’anglicisme qui nous envahi par les journaux et télévision et dans la vie de tous les jours…


 
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R


Bonjour, l'auteur voudrait prendre contact (utiliser pour cela le lien "contact" qui se trouve tout en bas de cette page).



G

En complément :


Lectures
 Le racisme des intellectuels, par Alain Badiou
 Texte intégral de l’interview vidéo de Sergeï Glaziev, conseiller du président
Poutine
- Gramsci sur le génocide arménien : « Un tel fait nous indigne que lorsqu’on peut s’identifier aux victimes, sinon on l’oublie »
 Maurice Thorez (1900-1964), l’homme, le militant – le potrait-hommage de Georges Cogniot et Victor Joannès
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G

J'ai édité le texte de Gilbert en reprenant le titre de l'ouvrage classique de Franco Venturi, sur le mouvement révolutionnaire russe du XIXème siècle.
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