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Réveil Communiste

Le référendum grec et la dictature européenne

4 Novembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

La lettre volée       

Jeudi 3 novembre 2011

reprise sur le blog de Jean Lévy

 

Quelques jours après avoir été annoncé, le référendum grec est apparemment sur le point d'être retiré. Entre temps, il aura permis de faire le tri entre les fanatiques de la construction européenne, les partisans de l'eurocrature, et ceux qui restent démocrates.

 

Une pièce d'anthologie est l'article "Brisons le tabou d'une souveraineté unique", signé d'une universitaire enseignante en droit public (sic) et publié par Le Monde.

 

Cette brave dame nous révèle ce que les partisans de la construction d'un état européen  se gardent bien d'avouer : seule la loi européenne prévaut aujourd'hui, les états membres ne sont plus souverains.

 

Lisons-la, même pas entre les lignes :

 

"Quelle est la souveraineté d'un Etat seul dans le contexte mondialisé de crise, de monnaie européenne et de lois européennes. Alors, brisons le tabou de la souveraineté du peuple unique.

Le cadre d'exercice des compétences n'est plus national, et depuis longtemps. La loi européenne est votée par le Parlement européen et le Conseil de l'Union, eux-mêmes représentant les peuples européens et les Etats. Elle s'impose aux lois nationales et est respectée par les juges nationaux.

 Dans cette mise en lumière de ce qui devrait être une évidence, il faut dire les choses clairement : non le peuple grec, même s'il rejette le plan d'aide européenne, ne sera pas légitime à le faire.

Il ne sera ni légitime ni légal.

Pas légitime parce qu'il rejetterait la générosité de ses amis européens.

Pas légal parce qu'il oublierait que la règle européenne s'impose à la règle nationale."

 

Cette juriste est dans la position de quelqu'un qui aurait trouvé une montre dans la rue et l'arborerait fièrement à son bras, pendant qu'à la fenêtre le propriétaire légitime crierait "ma montre !"

Là voilà donc qui explique benoîtement que les peuples européens sont dessaisis de leurs souverainetés nationales (par quel acte ? depuis quand ? Parce que nous sommes dans un "contexte mondialisé de crise, de monnaie européenne et de lois européennes" ?).

Peu importe, nous ne le saurons pas, ce n'est visiblement qu'un détail pour l'auteure.

Ce qui compte, pour les eurocrates, c'est de donner les coups de boutoir finals pour construire leur état fédéral.

Ainsi Daniel Cohn-Bendit, qui, sous prétexte de vouloir placer Keynes à Bruxelles, explique qu'il est urgent de transférer des pouvoirs à Bruxelles, pour ne se soucier que plus tard de la légitimité démocratique desdits transferts.

Au journaliste qui lui demande, à propos du saut fédéral qu'il souhaite

"Si on transfère des pouvoirs, ne faut-il pas transférer aussi de la démocratie vers l'Europe ?"

Réponse de Dany :

"Si, si, si. Mais cela met un temps. Aujourd'hui, on voit les progrès démocratiques que l'on doit accomplir. Mais si vous voulez décider cela dans les procédures démocratiques de l'Union, cela vous prend quelques années. Il faut faire ratifier les traités dans tous les pays..."

 

On a donc double forfaiture de la part des eurocrates : ils souhaitent transférer des pouvoirs à Bruxelles sans en avoir la compétence juridique et ne se soucient pas, ensuite, de revêtir ces transferts d'une quelconque légitimité démocratique - on verra ça plus tard.

 

Il revient à un autre enseignant d'enfumer définitivement le peuple, en expliquant que la démocratie à l'européenne est une démocratie d'un type nouveau :

"Nous sommes, à l’échelle de l’Union européenne, dans une démocratie de troisième type qui correspond à la spécificité des institutions européennes."

Ce brave homme n'a pas le courage de dire qu'il souhaite un renforcement des pouvoirs de l'Union , il faut en plus qu'il prétende détenir la vérité : "Ceux qui prétendent que les Sommets européens, comme celui du 27 octobre dernier, sont adémocratiques se trompent."

 

Ces braves gens ne font que rejoindre  la théorisation de la dictature européenne réalisée par Tommaso Padoa-Schioppa en 2010.

Il importe en tout cas que les citoyens de la république française soient prévenus : leur avis compte pour rien et ils ne sont déjà plus maîtres de leur destin. Ce sont des grecs virtuels, et il ne manque qu'une occasion pour que cela devienne manifeste.

 

Tout cela, in fine, pour défendre les porteurs de la dette publique. Il est temps de redécouvrir, comme l'a excellement formulé  Dani Rodrik, que l'Union européenne qui se donne comme objectif de s'adapter à la globalisation tout en construisant une souveraineté européenne, ne peut pas être une démocratie.

C'était détaillé dans un article de ce blog en février 2009.

*

 

Post scriptum : même Quatremer se rend compte qu'il y a un problème démocratique

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Michel Gourmel 05/11/2011 12:15



La Crise, la fin de la démocratie pour les partisans de l’U.E. et de l’Euro ! ! !


1°) Quand la Juriste, Florence Chaltiel, déclare : « Pas légal parce qu'il oublierait que la règle européenne s'impose à la règle nationale." Il faut y réfléchir : En effet, le
droit européen actuel se fonde sur le Traité de Lisbonne, qui n’existe
pas juridiquement : il y a un vice fondamental. La France et les Pays bas ont voté contre, et les parlements ne sont pas habilités à voter contre leur peuples ! Il s’agit d’un crime de
forfaiture ! Un jour ou l’autre n’importe quel Juge, n’importe quel parlement de l’U.E., pourra reconnaître la vérité, que le Traité n’existe pas ! Ce ne sont que
les mensonges et les affabulations des médias de la pensé unique qui lui donnent une existence juridique qui est nulle en réalité.


2°) Se rajoute à cette nullité 1ère, des textes qui violent ce Traité, faisant passer pour une réforme mineure, des modifications fondamentales :


- « La consultation de la Commission et des autres États est obligatoire avant l’adoption (par un État), d’une réforme majeure économique ou budgétaire ». Voir : Le
« sommet » de Bruxelles, le paragraphe 26, son alinéa 4 et la souveraineté de notre peuple :


http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-le-sommet-de-bruxelles-le-paragraphe-26-son-alinea-4-et-la-souverainete-de-notre-peuple-87730806.html


- La mise sous tutelle des parlements nationaux comme celui de la Grèce, pour dépassement des critères dits de la « règle d’or ».


* En Conséquences, le Traité de Lisbonne modifié est plusieurs fois
illégal et illégitime.


2°) On a appris récemment qu’en Allemagne les Tribunaux Allemands
considèrent la Loi Allemande supérieure aux Lois de l’Union Européennes, c’est tout le contraire du reste de l’Union Européenne.


3°) À l’inverse, en France, on est soumis au droit Européen depuis belle lurette. On considère deux grands Arrêts comme fondamentaux en la matière, même s’ils ont été suivit de beaucoup
d’autres :


Arrêt Rothmans et Phillip Morris, Conseil d’État (CE Ass) 28 février 1992


Arrêt Jacques Vabre Cour de Cassation chambre mixte 24 mai 1975


Le problème est qu’en France, ces 2 arrêts sont le plus souvent ignorés ou inconnus des gens qui discutent politique, ils ignorent donc que le droit européen prime, et en particulier, le dernier
Traité de Lisbonne qui impose une politique ultra-libérale dite de « concurrence libre et non faussée » traduite partout et par les plus hautes instances comme une « concurrence
totalement faussée au profit du privé contre les services publics », au profit des riches contre les peuples. Ces Textes fondamentaux impliquent que les projets électoraux des partis politiques pro-européens ne sont qu’un tissu de mensonges
destiné à tromper les électeurs. Puisque tout ce qui est social ou Service Public est une violation du Traité !


Il faut aussi rappeler que ceux qui dénie des droits au peuple grec sont les même qui il y a quelques jours imposaient au prix de 100.000 morts, par la guerre et les bombardements de l’OTAN, une
dictature islamiste à la Libye, au nom de la liberté des peuples à s’autodéterminer ! Alors qu’il s’agit en fait d’un mensonge inventé par l’OTAN il y a un an !


Florence Chaltiel : "Quelle est la souveraineté d'un État seul dans le contexte mondialisé de crise, de monnaie européenne et de lois européennes. Alors, brisons le tabou de la souveraineté
du peuple unique. »


Rappel : Les pays de l’union européenne ont donné aux banques et aux institutions financières en cadeaux : 4.589 milliards d’euros (selon Jacques Delors) aux banques et institution
financières en 2009 frappées INDIRECTEMENT par
la crise des « subprimes », soit plus de 10 fois les cadeaux US à leurs banques frappées DIRECTEMENT par la crise des « subprimes ». Cette hémorragie de milliards sert maintenant à spéculer
contre les PIIGS (pour l’instant).


Si on comprend bien, l’organisation d’une crise énorme dans l’union européenne par les chefs de gouvernements complice des banques, nous prive donc de tout droit à la démocratie, et
nous oblige à rembourser sans fin les cadeaux fait aux
banquiers, la crise de l’Euro est donc pour elle la fin de la démocratie dans l’union européenne ! Seul les pays attaqués par l’OTAN : Irak, Afghanistan, Libye,
Côte d’Ivoire, Somalie, et sans doute aussi Iran et Syrie après les futurs massacres des populations, seraient libre de voter pour mettre en place un régime pro-occidental final !


On notera malheureusement au passage que ce sont des étudiants de sciences po qui sont ainsi abrutis par un de leurs professeurs qui pense détenir la seule vérité ! Pas étonnant ensuite que
nos « élites » déraillent.