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Réveil Communiste

Le cœur de l’Amérique latine est brisé de chagrin, par Danielle Bleitrach, augmenté d'une réfutation de la campagne de calomnies

8 Mars 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale, #Venezuela

Sur son blog :

   

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L'Amérique latine est un coeur généreux, inépuisable et Chavez battait l'amble avec de continent magique.Triple métis, indien, noir et blanc, il était à l'image de ce creuset , de cette violence infligée  constamment, reproduite et dépassée, pour créer une force unie et jamais vaincue. Du coeur, courage et compassion: Chavez avait l'audace mais aussi la générosité, l'absence totale de cynisme et le goût du don de soi. Le peuple savait qu'il n'était pas là pour se servir mais pour le servir, il était le serviteurs de tous les esclaves secouant leurs chaînes. Un caudillo ? Un pouvoir charismatique provoquant l'amour et l'élan vers un destin qui vous dépasse, une magnifique aventure à laquelle chacun était convié, une politisation bouillonnante, un peu désordonnéen mais efficace, s'inscrivant dans l'expérience de tous...

L'énergie du Venezuela n'était pas seulement son pétrole, mais celle de ce coeur qui aimait chaque opprimé des barrios. L'amour d'un peuple, celui du Venezuela, la patrie et les républiques soeurs,  bien au-delà du Vénézuéla, dans les traces de Chavez, avaient pris place les descendants de l'indien, Evo Morales ou Correa, ils rejoignaient Cuba, l'île sucrière, esclavagiste et visionnaire de José Marti et Castro, les révolutionnaires. Mais toute l'Amérique latine, y compris des réformistes, des gouvernements de droite, étaient prise dans le mouvement, dans cette énérgie inépuisable, dans la montée vers l'unité. L'Homme avançait à pas de géant,  depuis la patrie de Juarez à celle d'Allende sur les traces de Bolivar en jetant un défi chevaleresque au maître américain, en entraînant derrière lui tous les humiliés, tous les individus cassés par la vie à qui il rendait leur dignité et le droit à bénéficier de leurs ressources.

Qui peut comprendre ce phénomène là ? Comment d'ailleurs pourrions-nous l'entendre nous qui n'avons pas la chance d'éprouver le moindre respect pour ceux qui nous gouvernent ? Dictateur, quelle imbécilité, il fallait voir les insultes racistes qui pleuvaient contre Chavez dans les médias vénézuéliens dans leur immense majorité possédés par l'oligarchie et ce qu'était une campagne électorale au Venézuela pour mesurer à quel point la plupart nos médias sont tenus en lisière pour n'avoir jamais su dire ce qui se passait réellement dans ce pays... Pour ne savoir qu'en faire la caricature...

Chavez avait hérité d'une administration corrompue, d'un monde politicien si déconsidéré que son élection l'avait opposé à une miss vénézuélienne. Les ressources pétrolières étaient aux mains d'une oligarchie vendue aux majors nord-américaine et qui de fait était en train de la privatiser et de la leur livrer. La première année Chavez a établi une Constitution, il parlait, parlait, mais quand il a voulu faire la réforme agraire et reprendre la souveraineté sur le pétrole, un coup d'Etat mené par des fantoches sous la directive de l'Espagne et des Etats-Unis est intervenu. Fidel Castro prévenu a mis à son service sa diabolique intelligence politique en empêchant à la fois qu'il soit tué et qu'il abdique. L'armée fidèle s'est révoltée contre le coup d'Etat. Et c'est alors qu'est intervenu un événement extraordinaire en avril 2002, le petit peuple vénézuélien, celui de ces monstrueux bidonvilles qui enserrent Caracas est venu réclamer son président. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui crient et pleurent et chacun doit se souvenir de ce qu'ils sont prêts à accomplir pour lui mort ou vivant.

Le Vénézuela est devenu avec Cuba l'honneur de la Résistance à l'impérialisme et celui qui apportait aux autres peuples des soins de santé comme avec l'opération "miracle". J'habitais à Cuba face à un hôtel empli de pauvres gens venus de toute l'Amérique latine pour recouvrer la vue, Chavez les transportait chacun avec un membre de leur famille, il fournissait la nourriture et les chirurgiens cubains opéraient. ce miracle s'est opéré dans toute l'Amérique latine.

Chavez avait joué un rôle essentiel avec Poutine pour imposer une renégociation des ressources énérgétiques aux majors nord-américaines et occidentales. C'était impardonnable, il avait réussi à créer de nouvelles exigences au sein des pays pétroliers en profitant de la montée de nouveaux géants au premier rang desquels la CHine. Son alliance avec kaddhafi et l'iran doit être analysée dans le cadre de ce bras de fer énérgétique dont dépendait la souveraineté vénézuélienne et un développement endogène.

Chavez était comme Fidel,des grands seigneurs, jamais il n'a détesté les nord américains mais il estimait que l'Amérique latine devait avoir un autre destin que la soumission et le pillage de ses ressources. Pas la haine, le défi chevaleresque... Mais sans oublier les leçons de l'histoire, l'assassinat d'Allende, des tortionnaires installés partout par le plan Condor, des coups d'Etat si l'on baisse la garde. On ne survit pas si on oublie ces leçons-là surtout si on est à la tête du principal producteur de pétrole et que l'on défend un développement endogène... Et qui connaît cette histoire ne peut s'étonner que la mort du président soit entouré de précautions, déploiement de l'armée, expulsion de quelques diplomates agents quasi officiels de la CIA. Transformer son pays, entraîner derrière lui toute l'Amérique latine et les Caraïbes en contournant les pièges des Etats-Unis et changer les conditions de négociations avec les majors du pétrole, dix ans et quelques d'un travail detitan.

Quand Chavez, amnistié à la suite de son coup d'Etat aux côtés des pauvres du Venézuela, avait atterri à Cuba, il avait expliqué à Fidel tout ce qu'il espérait faire pour son peuple, pour l'Amérique latine. Fidel s'était contenté de lui dire avec un sourire: "C'est bien maintenant il faut faire". Depuis la mort du Che, même s'il était entouré en particulier par son frère et les anciens compagnons de toujours, Fidel n'avait plus eu un autre ami avec qui rêver de transformer le monde, le tiers-monde... Le programme a été plus qu'entamé et la face de l'Amérique latine en a été aussi durablement changée que celle du Venezuela. Ce matin à l'aube, l'envie me vient d'adresser mes condoléances aux Vénézuéliens et aussi aux Cubains, de les charger de dire merci à l'Amérique latine d'avoir soulevé notre espérance.

Toute la question aujourd'hui est celle que disait Fidel avant sa maladie: "Cuba peut se passer de moi, mais l'Amérique latine et ton peuple ont encore besoin de toi"... Ils ont besoin mais pourront-ils s'en passer? La mort de Chavez ne verra pas la pression des Etats-Unis, celle de la CIA se relâcher, l'oligarchie déconsidérée va tenter un nouvel assaut, changer le masque, mais le retour de Chavez, la désignation d'un sucesseur et l'unité retrouvée de l'Amérique latine témoignent des difficultés à vaincre un peuple uni et pour qui le mythe Chavez est à jamais immortel.

Danielle Bleitrach

et qui ajoute le 8 mars :

La journée de hier a été rude, j'ai supprimé 7 amis facebook d'un coup comme le Le Vaillant Petit Tailleur, Le Hardi Petit Tailleur ou Sept d'un coup (en allemand Das tapfere Schneiderlein) du conte de Grimm...

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Cette élimination "sept d'un coup" est intervenue à propos de Chavez, j'ai eu droit à deux type de communications. il y a eu d'abord la vague de propagande primaire, Chavez est un bouffon antismite la preuve il embrasse sur la bouche l'iranien, j'exagère à peine... Deuxième vague les subtils qui me sortent des articles du Monde ou de l'Express, du Nouvel Obs, j'en passe et des meilleures.   C'est de la pure propagande comme on l'a vu recemment dans les dernières révélations d'Assange (toujours dans son ambassade équatorienne), la propagande du sieur Caprilés, l'opposant de Chavez, sur l'économie doit tout à l'ingéniosité de la CIA. le sieur Capriles sur ordre et conseil des Etats-Unis a réussi à fédérer dans une position qui se veut du centre gauche une opposition tranditionnellement divisées et plutôt marquée par l'extrême droite et la haine raciale.

Alors là quand notre presse reprend les tracts de l'opposition new look du Venezuela, les choses changent par rapport à la propagande primaire, apparement du moins puisque sur le fond on en retourne toujours à l'idée première: il est ami des dictateurs, c'est donc un dictateur. L'effet Obama qui commence sans doute à en avoir assez des anticastristes poseurs de bombes et si primaires qu'ils n'arrivent même plus à convaincre les Cubains de Miami, ils se sont trouvé un nouvel opposant qui se prétend social démocrate mais sa propagande continue à provenir des officines de la CIA et localement l'oligarchie n'a pas beaucoup évolué.

Donc notre presse française dans sa grande majorité reproduit fidélement l'argumentaire et mes "amis" perroquets reproduisent le dit argumentaire. Le texte est en deux parties: première partie, oui Chavez a beaucoup apporté aux pauvres (sous entendu nous ne remettrons pas en cause les aspects sociaux), deuxième partie mais il dépensé la dette pétrolière, c'est du gâchis économique. Et le pire c'est que maintenant il va être confronté au fruit de sa politique. une seule solution en finir avec l'étatisme, les dons à l'étranger et aider la formation d'un secteur privé compétitif. La référence étant le Brésil.

Le seul ennui est que les dirigeants brésiliens, Lula en tête ont recommandé de voter pour Chavez et pas Capriles. Mais cela ne saurait décourager notre café du commerce national, les intervenant par ailleurs dénués de la moindre compétence sur le sujet ont quelques principes qui en tiennent lieu:

1) ils ignorent tout du sujet, n'ont jamais pris connaissance des statistiques officielles sur l'Amérique latine (celle du CEPAL recommandées par notre ministre des affaires étrangères). Ils reproduisent les statistiques de notre presse qui est elle-même trés imbriquée dans une autre presse européenne celle d'Espagne pour l'Amérique latine qui constitue la presse d'opposition au Venezuela et qui s'est caractérisé par un appui total au coup d'Etat de 2002 contre Chavez. (voir article)

2) Ils sont convaincus également de tout connaître de la politique internationale de Chavez et ils sont prêts à participer à toutes les campagnes contre lui puisqu'ils l'identifient abusivement à l'IRAN , la Syrie, etc... En fait ils ignorent tout mais leur vision est déterminé par une seule chose, l'antisémitisme vrai ou supposé des uns ou des autres. Ils semblent avoir oublié que Bachar el assad a été invité sur la tribune par Sarkozy, un quatorze juillet, qu'il semble que kaddhafi ait contribué à son élection comme le Qatar aujourd'hui est cul et chemise avec notre ex-président... Je pourrais en ajouter, il suffit de se dire que quand les alliances sont à géométrie variable prendre des allures indignées face à la diplomatie sud américaine dont on ignore tout est stupide. De ce fait ils sont en train de prendre le relais de toutes les campagnes de la CIA et ils sont tout aussi peu crédibles que les négationnistes qu'ils dénoncent légitiment.A mes yeux ils sont en train de couvrir de ridicule cette cause à laquelle pourtant j'adhère puisque je ne cesse de dénoncer la confusion.

3) Ils sont si entêtés dans leur vision qu'ils en deviennent complètement sots sur le plan économique. Tout autant que les négationnistes, antisémites qui isolent le secteur bancaire de l'économie pour faire la preuve que Wall street et les juifs sont à l'origine de tous nos malheurs, ceux-là suivent les yeux fermés les économistes néo-libéraux qui distinguent le social de l'économique et voient dans l'économie le seul profit...

4)Mais le plus insupportable à mes yeux est l'argument "massue" qu'ils croient bon d'asséner : "je me suis trompé(e) jadis. Depuis quand l'erreur de hier est la caution du jugement d'aujourd'hui ? Tout au plus avez vous changé de camp et vous mettez au service de celui-ci votre obstination mal argumentée...


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