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Réveil Communiste

La rencontre communiste de Marseille: un nouveau pas en avant.

5 Septembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Réseaux communistes

lu sur El Diablo

Les 26, 27 et 28 août 2011, pour la deuxième année consécutive se tenait à Marseille une rencontre nationale de communistes. De par le contexte actuel et l’histoire du mouvement communiste de notre pays, celle-ci revêtait une importance particulière.

Depuis des années, et en particulier depuis le congrès du PCF en 2000 à Martigues, le mouvement communiste français est éclaté et peine à se rassembler.

A l’origine de cet éclatement il y a l’inflexion des choix et de la réflexion du PCF, inflexion qui est antérieure à la période 1997/2002 de la gauche plurielle au pouvoir et même, par certains aspects, aux années Mitterrand, mais qui s’est nettement affirmée à ce congrès-là au point que l’on peut dire de celui-ci qu’il constitue un virage dans l’histoire récente du PCF.

C’est à Martigues que l’on a pu mesurer à quel point la tactique était devenue le point de départ de la théorie ou en d’autres termes que ce parti en est venu à théoriser des choix tactiques au lieu de mettre sa stratégie au service de ses idées.

Un des exemples les plus forts de cette attitude a été le positionnement du PCF d’alors devant la privatisation, par le gouvernement Jospin, de pans entiers du service public et en particulier des transports, privatisation justifiée par la thèse que l’on a vu apparaître sous Gayssot, alors ministre, de la nécessaire mixité public-privé.

Air France n’était pas privatisée a-t-on pu entendre à ce congrès-là mais on avait « forcé » les capitalistes à investir dans le service public (sic !)…par pure philanthropie sans doute ! [1]

Ce virage théorique, pour nombre de personnes attachées au service public, apparaissait clairement comme une tentative de justification a posteriori du choix tactique de se maintenir au gouvernement quels que soient les errements et les reniements de celui-ci.

Ce comportement s’est décliné, et se décline encore, au plan local dans les collectivités gérées par la gauche avec un poids grandissant d’élus gagnés aux « impératifs » de la gestion au détriment de l’opinion des membres du parti qui les avait investis, provoquant une dilution grandissante de l’identité communiste.

L’actuelle affaire Guérini, avec qui le PCF a fait alliance dès le premier tour des dernières municipales et pour lequel il a annoncé qu’il voterait avant même le premier tour de la dernière cantonale [2] n’étant que l’un des exemples les plus caricaturaux de cette dérive.

C’est de cette époque, du mois de mai 2000 exactement, que date l’appel « Nous assumons nos responsabilités », appel adressé à toutes celles et tous ceux qui, bien que ne se reconnaissant pas dans les choix de la direction du PCF, se réclamaient du communisme qu’ils soient membres du parti, l’aient quitté ou n’y aient jamais été.

Suite à cette période et malgré cet appel, le mouvement communiste n’a cessé de se diviser et donc de s’affaiblir. Des groupes locaux [3] ou nationaux [4] sont nés à l’extérieur du PCF. Le PCF lui-même n’a pas été épargné par cet éclatement et a vu apparaître en son sein des courants [5] et des différences d’attitude et divisions de fond que les dernières élections (municipales, régionales, cantonales et à un degré moindre les européennes) ont révélées avec force.

D’un endroit à l’autre on a ainsi pu voir une union dès le premier tour avec le PS ou des listes indépendantes, ici une division sur ces questions de l’union au point de voir des candidats membres du PCF être sur des listes en concurrentes et là un refus de participation à l’exécutif avec le PS, un Front de gauche élargi ou le refus de son élargissement, une union électorale avec le NPA…etc…et l’on ne peut pas dire que l’épisode récent de la candidature à la présidentielle et les débats autour de l’attitude à avoir vis-à-vis du Front de gauche, ont aidé à la cohésion de ce parti…

Dans ces conditions vouloir rassembler les communistes (ou au moins une partie d’entre eux) pouvait sembler relever d’un pari impossible.

Pourtant de l’avis de tous les participant-e-s à la rencontre de Marseille, celle-ci a fait plus que tenir ses promesses et s’est révélée de fait être une des meilleures rencontres de ce type depuis plus d’une décennie.

Sérénité des débats, large accord non seulement sur l’analyse de la situation mais aussi sur les propositions à mettre en œuvre, diversité des participant-e-s et ambiance fraternelle ont marqué ces 3 jours. La volonté de poursuivre ensemble le travail et la réflexion, avec des pistes concrètes d’action au plan national ont été arrêtées. Pour chacun des thèmes abordés, qu’il s’agisse de l’action politique dans les quartiers populaires et à l’entreprise, de la coordination nationale, du nécessaire positionnement dans un mouvement communiste international [6], il y a eu rassemblement et convergence et si les décisions prises sont mises en œuvre, cela comptera dans le débat politique national.

Bien sûr comme pour tout évènement il y a eu aussi des insuffisances. La date et la décision tardive de la tenue de cette rencontre ont pesé sur la participation mais aussi sur le caractère collectif de la préparation.

Mais ce qui ressort de ces 3 jours c’est un accord profond et une volonté de travailler ensemble.

D’ores et déjà des échéances sont fixées et des dispositions vont rapidement être prises pour que la rencontre de l’an prochain soit à la hauteur des enjeux.

Prochain rendez-vous pour celles et ceux qui le peuvent, samedi 17 septembre 2011 à 14 h. à la fête de l’Humanité au stand du Pas de Calais.

 

[1] Les salariés de France Télécom de l’époque ont encore en mémoire un article de l’Huma d’alors développant les mêmes théories fumeuses concernant leur entreprise

[2] interview de Pierre Darrhéville secrétaire du PCF 13 La Marseillaise du 17 mars 2011

[3] A titre d’exemple (et sans être exhaustif !) : dans le 76, le 41, le 59/62, le 11, le 13, le 33, l’ile de France…

[4] PRCF, PCOF, M’PEP, URCF, Communistes, RCC, POLEX, Gauche communiste, ACU…

[5] Après les reconstructeurs et les refondateurs, les actuels tels La Riposte, le Réseau Faire vivre et renforcer le PCF, le Réseau Vive le PCF, sans parler des réseaux non déclarés mais existants bel et bien comme les Huistes…

[6] que le PCF déserte souvent à en juger par le nombre de textes internationaux ou le nombre de rencontres qu’il ne soutient pas

 

Source :  Charles Hoareau

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