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Réveil Communiste

LA GRANDE ABSENTE DES MANIF’S SYNDICALES : L’EUROPE !

2 Novembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Luttes 2008-2011

 

par Jean LEVY

 

Par millions, les salariés ont arpenté, par sept fois, les rues de nos villes. Ils ont crié, haut et fort, leur colère face au hold-up contre leur droit à une retraite à 60 ans – un repos pourtant bien gagné.

 

Dans plus de 250 villes, dans tous les départements, des foules, chaque fois fidèles aux rendez-vous, ont scandé leur attachement à une vie libre attendue après une vie de travail de plus en plus harassante. Les rues vibraient de la détermination populaire de s’opposer à une réforme qui s’inscrit dans une offensive généralisée. Une offensive qui vise en réalité toutes les conquêtes sociales arrachées par une lutte permanente, menée tout au long du XXème siècle.

 

Car la rage ouvrière dépassait largement la seule question des retraites.

 

Le chômage qui brise les vies ; les « petits boulots » qui vous interdisent toutes perspective et tous projets ; les salaires au pouvoir d’achat dramatiquement réduit depuis trois décennies ; la santé menacée sur les lieux de travail par des cadences inhumaines ; le droit de se soigner revu fois à la baisse ; des hôpitaux conçus pour être d’abord rentables ; le bagne dans l’entreprise, où le patron fait régner la terreur sur les salariés, privés de tout droit de se défendre – tout concourt à générer l’angoisse et la colère.

 

D’où les manifestations massives se succédant depuis début septembre et l’embrasement d’un peuple, solidaire des révoltes, quand il ne peut y participer.

 

Mais, au-delà des manifestations, débordant les mots d’ordre confédéraux, le nouveau de cette immense bataille sociale, ce sont les multiples initiatives prises « à la base », les barrages sur les routes, autour des raffineries, bloquant ports et dépôts de marchandises, les « actions coup de poing » de collectifs de salariés en lutte, des coordinations qui maintiennent la pression du nord au midi, hors de directives des centrales syndicales.

 

Les grèves professionnelles ont peut-être cessé, mais l’action démultipliée, qui se poursuit, démontre que la très grande mobilisation populaire continue sous d’autres formes.

 

Mais une question se pose :

pourquoi les mouvements de septembre-octobre, d’une telle ampleur, n’ont-ils pas débouché sur une victoire sociale ?

 

La raison en est simple : les confédérations, dont la CGT, et les partis qui se revendiquent de la « gauche », qui disent soutenir les salariés mobilisés, ont tout fait pour restreindre la cible, au-delà d’un simple aménagement d’un texte, seulement qualifié « d’injuste », au seul pouvoir politique en place, à Nicolas Sarkozy personnellement, et à son gouvernement. En jouant du naturel réflexe des colères accumulées contre l’hôte de l’Élysée.

 

Mais l’offensive antisociale n’est-elle qu «hexagonale », ne touche-t-elle que la France ? Bien sûr que non. De Madrid comme de Rome, de Lisbonne comme de Bruxelles, de Lisbonne ou d’Athènes montent les mêmes clameurs des travailleurs contre les plans d’austérité mis en place dans les 27 Etats de l’Union européenne.

 

Rien d’étrange à cette concordance d’offensives tout azimut contre les salaires, la protection sociale, et bien entendu, la retraite. Tous ces plans ont été concocté dans le cadre de l’UE par tous les gouvernements concernés, qu’ils se disent de droite ou affectent d’être « de gauche ». Cela vaut en particulier pour le recul de l’âge de la retraite, orientation européenne scellée à Barcelone en 2002, paraphée par Lionel Jospin et Jacques Chirac.

 

Cette unanimité européenne s’explique aisément : l’UE a été mise en place pour satisfaire les exigences du grand patronat. Le syndicat de celui-ci – Business Europe – est présidé par notre baron Seillière. En effet, le grand patronat vise, au plus vite, rentabiliser le capital dans le contexte d’une concurrence mondiale effrénée.

 

Pour atteindre ces objectifs, les grandes entreprises pèsent sur le prix de leur main d’œuvre et imposent aux gouvernements européens, très « compréhensifs », de détourner l’argent public (Santé, Education, Services public) à leur profit exclusif.

Tel est le but des privatisations transférant les biens de la Nation au capital privé.

 

Tel est le fond de la « crise », qui sert de justificatif à l’offensive antisociale généralisé.

 

Et rien de ces questions n’effleure dans les manifestations. Pas un mot sur « l’Europe ». Pas un mot d’ordre mettant en cause les  responsabilités de l’Union européenne.

 

Cette absence pèse lourdement sur la suite du conflit, qui demeure confiné dans les simples rapports entre les citoyens de notre pays et Nicolas Sarkozy.

 

Cette approche restreinte fait bien sûr le jeu politicien du PS, qui peut envoyer ses leaders dans les manifestations, en pensant aux suffrages à engranger en 2012. La direction confédérale de la CGT ne pense pas autrement  depuis son « recentrage » de collaboration de classe. Rappelons-nous la position de Bernard Thibault, lors du référendum de 2005, refusant de répondre NON à l’Europe.

 

Rien pour nous étonner, donc.

 

Mais ce qui pose problème, c’est le silence parallèle de la soi-disant « extrême gauche », qui a beau s’appeler « anticapitaliste », c’est le mutisme du PCF (opposition interne incluse) sur l’Europe.

Tous limitent la batille sociale à un combat anti-Sarkozy.

 

Certes, des groupes de militants, ceux du PRCF, du Front Syndical de Classe, du Comité Valmy et de l’Arc Républicain de Progrès, de divers blogs amis, tentent d’éclairer l’opinion populaire sur les responsabilités de l’Union européenne.

 

Nous posons publiquement la question aux milliers de communistes, toujours membres du parti :

 

Pourquoi ce silence de votre part ?

Pourquoi cette absence de référence à l’Europe dans vos analyses, vos débats intérieurs, vos réunions publiques ?

Engageons, entre camarades, le débat pour avancer ensemble.

Seulement ainsi nous gagnerons la bataille !

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gilles questiaux 09/11/2010 10:45



la sortie de l'euro ou carrément de l'UE n'est pas forcément un but politique en soi, mais il est vrai que contrairement à ce que pourrait faire croire l'actuelle présidence française, notre pays
est ideologiquement beaucoup moins gagné au libéralisme que les autres membres de l'Ue, et donc le tansfert de la lutte sur le terrain européen et la multiplication des manifs bruxelloises abouti
à se placer délibérément en terrrain défavorable. Pour obtenir une concession de l'Europe la seule arme est la menace de la quitter. mais il ne faut pas oublier non plus le haut degré
d'intégration des économies, ce qui explique sans doute la dérive européistes des économistes du PCF.



El Diablo 08/11/2010 13:13



Ces nombreux commentaires démontrent que ce que dit l'ami Jean touche là où çà fait mal. Comment en effet changer de politique en France sans s'émanciper du carcan de l'UE ? Pourtant,
personne, "à gauche" pas même au PCF n'envisage même un instant, une sortie de l'UE . Dans ces conditions  le plus beau des programmes n'est qu'un programme d'opérette  puisque
inapplicable dans le cadre des traités européens. salut fraternel et svp évitons les crispations dans les réponses, merci



Pierre-Yves Gautier 04/11/2010 11:37



à Pascal Brula : je pense que l'ami Jean Lévy nous fait par cette déclaration le reproche de ne pas contribuer à l'Arc Républicain de Progrès qui consiste pour moi à travailler en continu avec ts
les républicains qui ont voté non en 2005 pour imaginer un nouveau programme du CNR du 21ème siècle contre l'Europe et ses suppots français UMPS.



Eric RUIZ 03/11/2010 16:32



Avec un peu de retard dans le débat, je rajouterai que Jean méconnait le travail mené sur le terrain, dans les fédés ou les sections, pour que l'Europe apparaisse aussi dans le matériel diffusé
avant, pendant et après les manifs.


Plus fort, Patrick Le Hyaric signe un édito intitulé "Le mensonge de l'Europe protectrice" dans l'Huma Dimanche du 28 octobre. il y dénonce notamment Maastricht et Lisbonne.


Que demande le peuple ?



GQ 03/11/2010 00:21



C'est vrai, mais Jean n'est plus membre du PCF depuis longtemps alors il n'a peut être pas été mis au courant, et c'est vrai aussi que l'opposition (en dehors des limites communales de
Vénissieux) est peu audible, comme le PCF lui même. Il faudrait que le public général et les militants aux mêmes soient davantages rappellé par d'autres intiatives à l'existence d'une aile
structurée au PCF qui refuse l'UE. André Gerin fait d'excellentes interventions dans le mouvement social interventions, mais il est perçu davantage comme une voix individuelle que comme porte
parole de la branche "OM" (ouvrière marxiste) du PCF.