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Réveil Communiste

La Gauche doit renouer avec l’idée de Progrès

12 Août 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate

sur son blog

 

La gauche doit renouer avec l’idée de progrès

 

Par Amar Bellal (contribution personnelle destinée à nourir le débat à gauche au delà des échéances electorales…)


Les sciences, les techniques et le progrès reviennent en force à gauche par le biais notamment des questions environnementales, de l’écologie, de l’agriculture, de l’énergie… Il nous semble donc urgent de nous réapproprier les termes du débat et de rappeler quelques idées.

La notion de progrès présente deux grands aspects : le premier appartient au champ des idées, de la politique, des valeurs (abolir l’esclavage, le travail des enfants ; éradiquer le racisme ; réduire le temps de travail, penser une sécurité sociale…) et le deuxième a une dimension scientifique et technique avec la formidable révolution industrielle survenue au 19esiècle suivie par d’autres révolutions (chimie, informatique, mécanique, physique, biochimie…). La crédibilité du projet de la gauche est conditionnée par l’alliance entre une volonté politique sur la base de ses valeurs et la « faisabilité technique » de son projet.


L’ambition politique sans le progrès technique : c’est être condamné à partager la pénurie.


Au Moyen Âge, l’espérance de vie ne dépassait guère les 40 ans, la mortalité infantile était très élevée, et les populations étaient à la merci de la moindre épidémie,et ce du fait d’une médecine rudimentaire. Même une politique progressiste conduite par un monarque « éclairé », si il avait une seule fois existé dans l’histoire, n’aurait pu corriger cette réalité que de façon marginale. Plus proche de nous, l’Inde jusqu’à une période récente connaissait des famines qui décimaient des millions de personnes. La « révolution verte », avec certes des contradictions, a permis d’arrêter ce cycle infernal en introduisant des techniques modernes agricoles . Le levier de la technique au sens large (application de la science) est ici déterminant : la volonté politique seule aurait été vaine.


Le progrès technique sans l’ambition politique : c’est la situation que nous vivons.


Le progrès est alors surtout synonyme de nouvelles opportunités pour le capitalisme de faire des profits, sans répondre aux besoins sociaux ou aux nouveaux défis environnementaux. Les gains de productivité dus aux révolutions des biotechnologies et de l’informatique ne servent pas vraiment à diminuer le temps de travail, mais plutôt à augmenter les marges de profits à salaire et temps de travail constant ou bien à des applications militaires :la chimie et la biologie pour faire des armes chimiques et bactériologiques, le nucléaire pour propulser des navires de guerre et fabriquer des bombes atomiques, la génétique pour déposséder les paysans de leurs semences, breveter le vivant et organiser la pénurie, d’où les tensions sur le marché agricole provoquant des famines. Evidemment la chimie et la biologie peuvent aussi faire des médicaments et sauver des vies, la physique nucléaire produire de l’électricité et donner de nouveaux outils à la médecine (imagerie médicale et radiothérapie), la génétique augmenter les rendements agricoles par des sélections de plantes et sortir des pays entiers de la misère : mais pour cela il faut la volonté politique.


Le rythme des inventions et des découvertes scientifiques permet sans cesse d’élever le niveau et l’ambition des changements à revendiquer dans le domaine politique. C’est l’augmentation de l’espérance de vie et les progrès constants de la productivité qui ont permis de rendre possiblela réalisation effectivede la retraite entendue comme un nouvel âge de la vie à partir de 60 ans. Cette possibilité a ouvert alors l’opportunité d’une bataille politique : celle d’inscrire effectivement la retraite à 60 ans dans la loi, en France.

L’enjeu de la maîtrise du progrès et de son orientation est donc au cœur de la lutte des classes, car il conditionne le niveau des conquêtes sociales futures. Il comporte cependant un « inconfort » : l’inconnu de l’avenir. L’exemple du choix dans les dépenses de recherche en estune illustration. Quelle Recherche financer ? Doit-on financer uniquement les chercheurs dont on est sûr qu’ils vont trouver quelque chose ? Et sait-on vraiment ce que l’on va trouver ? C’est une boutade, mais cette question se rencontre dans les débats à gauche alors que ces thèses sur l’efficacité (ou la prétendue inefficacité) de la Recherche sont habituellement défendues à droite souvent pour justifier des baisses de financement. Faut-il arrêter les programmes de recherche sur le cancer, la maladie d’Alzheimer, les thérapies géniques, puisqu’on n’est pas sûr de trouver ? Le domaine médical est le plus évident à défendre car on se sent facilement concerné. Pour autant,faut-il arrêter ITER sous prétexte que la faisabilité de la fusion contrôlée est hypothétique et que cela semble très éloigné des préoccupations du citoyen lambda ? Ceux qui avancent ces arguments sont souvent de sincères partisans des énergies renouvelables : savent-ils que c’est très certainement dans la recherche en physique fondamentale, en support de programmes comme ITER que se réaliseront des découvertes ou retombées permettant d’augmenter grandement les rendements des panneaux photovoltaïques ou même de stocker massivement l’électricité (ce qui règlerait le problème de l’intermittence) ? En fait, la plupart des ruptures technologiques ont été le résultat de recherches en apparence « inutiles » et désintéressées ou complètement éloignées de leur domaine d’applications initial.

En réalité, le capitalisme doit faire face à plusieurs révolutions liées au progrès scientifique et technique, révolutions qui expliquent en partie la gravité et la durée inédites de la crise que nous vivons . Ce sont aussi des défis d’avenir qui obligent la gauche à se ressaisir sur ces questions.


Commençons par la révolution dans les biotechnologies : elle n’en est qu’à ses débuts et nous pouvons à peine esquisser ses formidables développements à venir avec la possibilité de créer en laboratoire des cellules vivantes. Elle ouvre de nouvelles portes pour des applications médicales et d’autres que nous ne connaissons pas encore. Mais elle nous amène aussi à nous poser des questions éthiques, philosophiques, à changer notre vision de l’avenir, à bousculer nos valeurs. Elle demande un haut niveau de démocratie.


Voyons ensuite la révolution informationnelle. Elle pourrait permettre un partage sans précédent des connaissances et une mutualisation des dépenses de recherche à l’échelle du monde : pour cela il faudrait remettre en cause les formes de propriété intellectuelle privée complètement dépassées et inefficaces . La Chine, l’Inde et demain le milliard et demi d’Africains vont démultiplier le nombre de chercheurs, d’ingénieurs. Déjà, de 2002 à 2007, le monde s’est vu enrichir de 1,5 millions de chercheurs en plus ! (on est passé de 5,8 à 7,3 millions de chercheurs dans le monde). Plus de recherche, c’est aussi synonyme d’une humanité qui pourrait progresser plus vite, d’une accélération des découvertes. Cela va s’avérer incontournable compte tenu de cette double difficulté : répondre aux besoins des populations dans un contexte de croissance démographique, et aux problèmes d’environnement.

Mais l’aspect le plus important de la révolution informationnelle est le différentiel toujours plus croissant entre les dépenses de formation et les investissements en capital matériel. Cette phrase a été écrite avec un traitement de texte à l’aide d’un ordinateur qui, il y a 10 ans encore, était considéré par les USA comme un « supercalculateur »,une arme de guerre vu sa puissance de calcul. À l’époque, l’éventuelle interdiction à l’exportation de cet ordinateur avait été envisagée par les autorités américaines. Aujourd’hui, ce type d’ ordinateur est un produit de consommation courante . Pour autant, afin de profiter pleinement de ses énormes potentialité , il faudrait investir des sommes très importantes pour former l’être humain qui l’utilise, sinon il en sera réduit à un usage basique ,. Dépenses en formation très importantes aussi sur les hommes et femmes qui conçoivent de telles machines.C’est un vrai problème pour le capitalisme, ce qui appellera une nouvelle rupture structurelle d’ampleur, à arracher par les luttes du même niveau que celles de la sécurité sociale en créant, entre autres, une véritable sécurité d’emploi et de formation. Le parallèle avec la sécurité sociale est tout à fait approprié : celle-ci a répondu au besoin croissant des dépenses de santé pour avoir des salariés productifs, en bonne santé, pouvant consommer sereinement, se projeter dans l’avenir. C’est le paradoxe : la sécurité sociale a été à la fois une défaite pour le capitalisme, mais aussi un moyen de se relancer sur de nouvelles bases. On peut dire la même chose de tous les autres services publics : défaite pour le capitalisme, mais aussi occasion d’un redéploiement plus efficace des forces productives avec des salariés mieux éduqués, mieux transportés, en meilleure santé, plus créatifs…


Parlons aussi de la révolution énergétique avec une tendance à la « dématérialisation » (réduction de la dépendance aux combustibles fossiles) accrue de l’énergie, grâce aux énergies renouvelables (vent, solaire, géothermie..), mais aussi la fission nucléaire (1kg d’uranium = 10 tonnes de pétrole ; bientôt, avec les réacteurs de génération 4, 1kg d’uranium = 700 tonnes de pétrole). Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il est possible de produire beaucoup d’énergie avec très peu de matière. En revanche, il faut beaucoup de technologie à forte valeur ajoutée. Cela pose un vrai problème pour le capitalisme habitué dans ce domaine à des situations de rente en matières premières (gaz, charbon, pétrole), et pas vraiment désireux de dépenser beaucoup en formation et en salaire à haute qualification.


Où en est-on aujourd’hui à gauche sur toutes ces questions? L’affaire Lyssenko1, du nom du célèbre scientifique soviétique, a laissé beaucoup de traces. Et comme pour beaucoup de sujets, la tentation est grande de passer d’un extrême à l’autre plutôt que d’avoir un examen réfléchi et d’en tirer des leçons. Les anathèmes autour du « scientisme » et du « productivisme aveugle » sont lancés dès qu’une perspective d’avenir sur la base de possibilités techniques, même à moyen terme, est défendue.


Le productivisme renvoie à l’idée d’une obsession de produire pour accumuler des profits en s’appuyant sur la mise en place d’une « société de consommation » caractérisée par des besoins artificiels constamment renouvelés grâce à la publicité, des représentations sociales et des valeurs véhiculées par le système : tout cela a été très bien décrit par de nombreux sociologues. Or, on a tendance à confondre ce productivisme avec la nécessité de produire plus pour répondre à des besoins sociaux complètement légitimes. Ainsi au lendemain de la guerre, dans le contexte d’un rapport de forces favorable à la classe ouvrière, un peu partout en Europe se posait l’exigence d’une élévation du niveau de vie après des années de privation : l’heure était à l’accroissement de la production . Aujourd’hui, on peut toujours se gargariser et donner des leçons. Rappelons toutefois que nos aînés ont dû faire face à une situation difficile : Paris était entouré de bidonvilles, la plupart des logements sans installations sanitaires, les famines sévissaient en Asie. Le capitalisme a su certes en profiter et se relancer, mais cela ne change pas le problème de fond : Il fallait produire plus et vite, question de survie ! La question environnementale à cette époque n’avait pas encore émergé. Or, d’ici 2050, nous accueillerons 3 milliards de personnes supplémentaires sur terre, c’est une réalité qui donne des cauchemars à bien des spécialistes du développement à l’ONU. Nous allons donc devoir produire plus, mais autrement, en intégrant notamment le critère du respect de l’environnement ! C’est un problème beaucoup plus ardu que celui posé en 1945 ! Dans ce contexte, l’usage facile et répété des slogans contre « le productivisme » à gauche n’est pas vraiment un bon signe : cela révèle plutôt une méconnaissance de la réalité démographique, et la sous-estimation des défis que nous allons devoir affronter.


Est-il nécessaire également de défendre la productivité que l’on confond allègrement avec le productivisme ? Oui, s‘il s’agit de la productivité qui libère du temps libre, celle qui, grâce aux techniques les plus efficaces, permet de produire autant avec moins de temps de travail, moins de pénibilité, moins de matières premières, à l’inverse de celle qui sert à augmenter les profits pour produire n’importe quoi. Ce point est très important car il implique que nous ne sommes pas favorables à la création de n’importe quels types d’emplois : l’idée d’efficacité doit être défendue.Que penser alors des 300 000 emplois créés en Allemagne dans le secteur des énergies renouvelables ? 300 000 salariés à temps plein pour produire 10% de l’électricité allemande : est-ce vraiment efficace ? Des dizaines de milliers d’ouvriers sur les toits pour la pose de panneaux photovoltaïques ou travaillant à 100m au-dessus du sol pour installer les milliers d’éoliennes géantes,  :est-ce vraiment un progrès ? Aurions-nous l’idée de défendre un retour aux techniques manuelles agricoles sous prétexte que cela va créer des millions d’emplois  ? Il y a beaucoup d’arguments pour défendre le déploiement de filières dans les énergies renouvelables, mais celui de la création d’emplois tous azimuts au détriment de l’efficacité n’est pas pertinent et va à l’encontre de notre objectif de dégager du temps libre pour les travailleurs. Il faut avoir le courage de dire cela y compris dans une période de forte montée du chômage qui peut prêter à toutes sortes de facilités éludant les vrais débats de fond.


Plus globalement, un contresens est à signaler : celui qui consiste à assimiler certaines technologies avec l’usage qu’en fait le capitalisme. Telle technologie serait en soi non maîtrisable, antidémocratique, liée par nature à l’argent. L’enjeu est pourtant de déceler les énormes potentialités que révèlent ces technologies si elles étaient démocratisées, partagées, sous maîtrise publique et au service des besoins sociaux et environnementaux. Encore faudrait-il avoir les outils pour comprendre ces enjeux afin d’entrer efficacement dans les batailles politiques qui se jouent aujourd’hui entre capitalistes. On en est loin. Au mieux, on se contente d’agiter les peurs : ainsi des préoccupations légitimes d’environnement, de démocratie, sont instrumentalisées pour cacher les vrais enjeux beaucoup moins avouables et qui se comptent à coup de centaines de milliards. C’est le cas du nucléaire civil que le lobby des rentiers du gaz, du pétrole et du charbon, à l’image du cas Allemand, rêve de faire disparaître pour conserver sa place sur le marché avec des perspectives de profit bien plus alléchantes et ce, au détriment de la crise climatique et de la pollution de l’air. C’est aussi le cas des OGM diabolisés et systématiquement assimilés à la multinationale Monsanto et au brevetage du vivant : pourtant une recherche sous maîtrise publique et partagée pourrait nous ouvrir des perspectives et nous fournir des variétés de céréales consommant moins d’eau, moins d’engrais par exemple ou d’autres résultats qui nous aideraient à résoudre l’épineux problème agricole mondial. Pourquoi se priver de telles recherches ?


Malheureusement, aujourd’hui les débats publics tournent vite à une diabolisation de tout ce qui s’apparente à un début de vulgarisation ou de discours scientifique. On assiste même à une inversion des valeurs : moins on en sait, plus on est sensé être honnête, impartial et dégagé des « lobbies ». Tout se vaut : on peut s’improviser porte-parole en écologie, ou journaliste spécialiste de l’environnement et balayer d’un revers de main toute expertise ou argument venant d’écologue (scientifique de l’écologie) mettant à mal des idées reçues. On peut parler de déchets sans avoir la moindre notion de chimie, commenter le rendement des centrales électriques sans avoir entendu parler du principe de Carnot, parler de la pollution sans savoir ce que sont les métaux lourds et les pluies acides. Il est assez regrettable que la plupart des dirigeants politiques écologistes les plus emblématiques n’aient pas de réelle formation scientifique ou même une culture et une curiosité dans ce domaine. Cela dissiperait beaucoup de malentendus et faciliterait grandement les débats. C’est d’autant plus paradoxal qu’ils dirigent des partis politiques dont l’emblème est justement le nom d’une science : l’écologie.


La démocratie est un enjeu central sur tous ces grands sujets.


Elle s’exprime entre autres à travers l’existence de grands organismes publics de Recherche et d’institutions indépendantes de contrôle et de diffusion de l’information. Ne l’oublions pas : tout cela a été acquis de haute lutte et empêche les logiques capitalistes d’être seules maîtres à bord2… Ces organismes et institutions doivent faire face au défi d’articuler les nécessaires travaux d’expertise avec des orientations de progrès qui à décider démocratiquement et en toute connaissance de cause. C’est aussi une question de confiance accordée aux hommes et femmes qui y travaillent…


Au Front de Gauche nous avons fait le choix d’une démocratie réelle avec la participation de tous les citoyens et en premier lieu des salariés : qu’en est-il vraiment de notre pratique avec ces salariés-es ? Que nous disent les salariés-es de l’INRA, de l’INERIS, du CEA, de l’IRSN, de l’ASN, du CNRS, de l’ONF… sur tous ces enjeux ? Il faudrait réapprendre à les écouter au lieu de les suspecter de défendre une « corporation » et de les stigmatiser, ce qui est insultant et blessant à la fois. Ce sont avant tout des citoyens qui peuvent énormément nous éclairer sur ces sujets. La « révolution citoyenne » et la VIe République que nous prônons imposent un engagement dans cette voie.


Le capitalisme est un mouvement qui marche sur ses deux pieds : l’accumulation de capitaux avec tout son cortège d’exploitation et de dégâts sociaux d’une part et d’autre part les mutations technologiques qui lui permettent de se relancer et se redéployer sans cesse lorsqu’il connait une crise. Cette dynamique est bien sûr traversée par la lutte des travailleurs, qui arrachent des réformes structurelles de progrès social dans les phases de crise, mais ces réformes permettent en même temps au capitalisme de se relancer sur de nouvelles bases. Ce système a réussi en l’espace de deux siècles à créer une somme de richesses sans précédent. Aujourd’hui, l’enjeu est de parvenir à garder cette efficacité, cette capacité à se projeter dans l’avenir, à produire de la richesse, mais de l’orienter vers les besoins sociaux et le plein épanouissement des individus.


La gauche doit se remettre, elle aussi, à marcher sur ses deux pieds : une politique ambitieuse visant une société communiste d’une part et le progrès technique d’autre part, les deux se nourrissant dans une relation dialectique. Elle doit avoir le courage d’affronter le mouvement du progrès en le canalisant à son profit, en le mettant au service des peuples au lieu de le subir. Elle doit tourner le dos à la peur et aux solutions de facilité qui proposent de faire l’économie de cet effort et qui supposent de gérer la pénurie avec une vision pauvre et figée des possibilités techniques du moment (pénurie, mais pas pour tout le monde ! pas pour la classe des Bettencourt !). Elle ne doit pas se tromper d’adversaire, ni condamner telle ou telle technologie sur des considérations dogmatiques voire sous des pressions d’ordre politicien. Elle doit renouer avec une vraie culture scientifique pour avoir un projet cohérent conjuguant la volonté politique de progrès social et environnemental et l’utilisation intelligente du progrès des connaissances.


1Trofim Denissovitch Lyssenko fut un ingénieur agronome ukrainien qui élabora une théorie en biologie. Partant des idées exprimées par Darwin dans La variation des animaux et des plantes (1868) où il proposait une théorie de la transmission des caractères acquis, il forma la notion de « biologie de classe » rejetant les travaux de Mendel, Morgan et autres fondateurs de la génétique moderne.

2 Quand l’ASN décide par exemple d’arrêter le chantier de l’EPR de Flamanville parce qu’elle estime que le béton n’est pas de qualité suffisante : cela ne fait pas le jeu d’EDF, d’Areva et des Bouygues…

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G

Sur la question du progrès, il ne faut pas oublier ses divers aspects : progrès de la richesse, de la puissance matérielle, mais aussi progrès du savoir et de son appropriation par les masses, et
même le progrès moral.
Répondre
E

Article ô combien intéressant sur la nécessité de se réapproprier politiquement le progrès technologique, sans a priori idéologique ! Cela participe du combat pour redessiner des
perspectives politiques à notre société et à notre peuple.


Sur les OGM et le nucléaire, l'article pose bien la question : à qui profite le "crime", le combat contre ces technologies ?


Agrobiologiste de formation, je ne comprend d'ailleurs pas le blocage de nombre de camarades sur les OGM !... Car, là aussi, il s'agit d'une technologie et beaucoup confondent la technologie
(l'outil) et son utilisation ! L'électricité, c'est aussi la chaise électrique et la gégène : doit-on être contre l'électricité ?


Quand on regarde les cibles des écologistes anti-OGM, on se rend compte que les champs saccagés dans les années 90 - 2000 étaient régulièrement des champs appartenant au secteur de la recherche
publique ou des emenciers français. Il y a eut un célèbre saccage d'une étude sur des céréales résistantes à la sécheresse, recherches qui visaient à fournir des semences adaptées aux
climats secs (Sahel, par exemple)...


Résultats :  aujourd'hui, le "diable" Monsanto, sensé être combattu par les écologistes, détient un quasi monopole des OGM, pour le plus grand bien de ses actionnaires, et le plus grand
malheur des paysans (même si tous ne s'en rendent pas encore compte) et de l'environnement... Ses parcelles d'essais, aux Etats-Unis ou au Brésil n'ont jamais été menacées !


En clair, le combat anti-OGM des écolos des années 90 a surtout bénéficié à Monsanto en éliminant quasiment toute recherche publique en France, seul pays vraiment en capacité de faire de la
recherche de qualité dans ce domaine.


Mêmes questions sur le nucléaire : pourquoi ne voit-on pas les Verts bloquer les convois de pétrole, comme ils bloquent les convois de déchets nucléaires ? Pourtant les dégâts du pétrole sont
beaucoup plus immédiats et connus que ceux du nucléaire civil ! Pensons aux marées noires, aux pluies acides, aux pollutions aériennes, aux particules fines, aux plastiques non-biodégradables,
etc.


Ce qu'il faut, dans le domaine productif, c'est comme le précise cet article, rompre avec une bienpensance de l'écologie politique, qui sert le conservatisme social et économique, et exiger que
la société reprenne le contrôle de la recherche et des technologies pour en étudier toutes les possibilités et n'en conserver que celles qui ont un intérêt pour l'Humanité, c'est à dire qui
permette  d'abord un progrès social et environnemental.


Et, pour Jacques Lacaze, je me souviens de mes cours universitaires de Licence (Master J en franglais aujourd'hui ?), en 1993-1994, et d'un enseignant-chercheur citant les travaux de
Lyssenko en bien. Comme quoi l'enseignement public laisse parfois passer la lumière !...
Répondre
J

Il est effectivement très important d'interroger l'idée de progrès et de poser la question existe-t-il un progrès de gauche? Des réponses sont apportées dans cet article. Elles sont à mon avis
profondément imprégnée par l'idéologie bourgeoise. Il faut, comme le suggère la décision de publier cet article, débattre sur ce sujet.


Je voudrais intervenir sur la question de Lyssenko et de la génétique. En défendant la théorie de l'hérédité des caractères acquis, Lyssenko ne se
réfère pas à Darwin mais au savent français  Lamarck. La théorie génétique ramassée dans le dogme central de la génétique formulée au tournant des année 40, postule donc l'existence de
gènes, donc la réalité matérielle est l'ADN qui donnent des informations qui vont présider à notre construction à partir de la conception et diriger l'ensemble de notre destinée. Le gène
commande. En 2000 le génome humain a été totalement décrypté, et là problème qu'en faire? La réponse a été: rien! Surtout utilie pour la police scinetifique! Les chercheurs se sont rapidement
aperçus que ça ne collait pas. On est passé à une autre conception: les gènes détiennent une information et la cellule en quelque sorte va la chercher. Les gènes commandent par une chaîne bien
connue la synthèse de nombreuses protéines et la cellule par un mécanisme darwinien choisie celle qui lui faut (voir" Ni Dieu, ni gènes" de Sonigo et Kupiec) . Le dogme central postulait une
chaîne unique intangible entre l'ADN et la protéines.Et puis, on s'est aperçu que des caractères acquis durant la vie étaient transmis. On a alors parlé d'épigénétique (voir la mise au pointde
Andras Paldi: "L'hérédité sans gène"). Aujourd'hui cette vision de la biologie est partagée par beaucoup de biologistes, même si la grande presse et la propagande actuelle s'appuie toujours sur
le dogme central pour nous faire admettre qu'une fois conçu notre avenir est réglé par nos gènes.


 Revenons donc à Lyssenko. Mais au préalable une remarque. Concernant l'Histoire, il faut lutter pour se départir d'un état d'esprit de son instrumentalisation. Notre seul combat doit être
celui de la recherche de la vérité. Et c'est un combat rude. Je ne reviendrais pas sur le versant politique de l'affaire Lyssenko, à relier à la situation de l'URSS qui a été sous le feu de
l'ennemi depuis sa création et l'idéologie de classe venant du fond des âges a persisté. Bien entendu même si on comprend le mécanisme, la politique suivie d'élimination des opposants en biologie
dans ce cas, n'est pas acceptable. Remarquons quand même que les sociétés de classe ont toujours suivi cette voie. Combien de chercheurs, de théories sont marginalisées, combattue de nos jours?
C'est une réalité camarades.


Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. L'école de Lyssenko a donc avancé l'idée basée sur de réelles observation de l'hérédité des caractères acquis, idée reprise de nos jours. Quel
problème cela pose t il? Nous sommes devant deux conceptions de l'hérédité la génétique classique et la conception qui fut celle de Lyssenko et de bien d'autres. La solution adoptée DE PART ET
D'AUTRE a été la guerre, chacun défendant sa conception. Ce qui n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire, une position dialectique. Le résultat a été en URSS comme chez nous le blocage de
nombreux travaux et l'impossibilité d'avancer dans la construction théorique de la biologie. Cette dualité aurait dù conduire les chercheurs, a se creuser les petites cellules grises pour
résoudre cette contradiction. Des travaux dans ce sens sont en cours aujourd'hui. C'est une très bonne chose, mais avec plus d'un demi siècle de retard.


Marx, Engels, Lénine, Staline et bien d'autres nous légué des travaux, des réflexions sur les sciences de leur temps, montrant par là que nous sommes devant un vrai front sur lequel il faut se
battre. Leurs conclusions sont ce qu'elles sont. Marx et Engels ont compris la fécondité des travaux de Darwin par exemple. Il n'est bien entendu pas question de réhabiliter Lyssenko ou
quiconque. Chacun des chercheurs et théoriciens qui ont marqué l'histoire des sciences ont joué un rôle plus ou moins important: c'est ça qu'il faut considérer. Et aujourd'hui, comme hier, nous
devons défendre le nouveau et ça passe par réfléchir sur les contradictions qui surgissent et voir comment on peut les résoudre. Cela s'appelle la dialectique. C'est un travail qui ne passe pas
principalement sur la paillasse du chercheur pur et dur.


Un autre problème hante la biologie, celui des cellules souches. On présente leur découverte (début des années 1990) comme l'eldorado de la médecine d'aujourd'hui, qui serait régénératrice. Mais
est- ce si sur?
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