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Réveil Communiste

L’anomie, le socialisme ou la barbarie…

18 Janvier 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate

Lu sur le blog de Danielle Bleitrach :

16 jan

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Marianne me racontait ce matin que hier au supermarché, rayon journaux, une femme particulièrement excitée réclamait son Charlie Hebdo… Marianne après le départ de la dame a demandé à la vendeuse: il y en a beaucoup comme ça? La vendeuse lui a répondu: madame il ne faudrait pas qu’il y ait une guerre, les gens sont violents, insupportables les uns avec les autres…

Je me souviens de ce jour à Martigues dans la préparation d’un des derniers congrès auquel j’ai assisté, le rapport était fait par Alain hayot et en présence de Francis Wurtz, je suis intervenue juste après le rapporteur, c’était bien sûr un piège, j’ai pris le risque… et j’ai dénoncé l’absence de prise en considération de la lutte pour la paix et je me souviens d’avoir ajouté: « Si vous ne faites pas attention, un jour vous aurez Ben laden devenu le Che Guevara des banlieues »…

Lutte pour la paix, contre les guerres impérialistes et pour le parti communiste nécessité d’aider à la politisation d’un nouveau prolétariat… Rien de cela n’a été fait… pas de lutte pour la paix… pas de capacité à organiser ce nouveau prolétariat et au meilleur des cas la charité face au clientélisme, de l’UMP et du PS. J’ajouterai la complaisance y compris dans les rares luttes anti-impérialistes comme celle de la Palestine, où la solidarité sous couvert d’antisionisme cède peu à peu le pas à la simple haine du juif français qui n’en peut pas plus sur le fond de ce qui se passe à Tel Aviv que ce que le jeune des banlieues peut face au califat… De l’art de créer des filières de recrutement au sein de la population française parce que le parti jadis du prolétariat se débat entre gauchisme et opportunisme. Et que tout cela est dirigé par des petits bourgeois qui veulent conserver ce qu’ils ont à n’importe quel prix et veulent de surcroît la bonne conscience, toujours fondée  sur le mépris du peuple rustre…

La conscience de classe est bien sur une formation idéologique, mais celle-ci n’a de sens que s’il existe une organisation qui fonde le rapport théorie pratique du collectif, le terme de conscience n’étant pas le plus approprié sans doute pour décrire le phénomène.  Depuis la mutation, l’organisation communiste a été détruite, nous n’avons plus au meilleur de cas que des distributeurs de tracts pour campagne électorale et des employés des collectivités locale… un parti comme les autres dans une situation qui exigerait un parti totalement présent à la base et pas seulement dans les couches moyennes au cœur généreux, mais dans ce magma de souffrance qui est celle que génère une société de plus en plus individualisée…

Il y a un concept en sociologie qui décrit ce qu’est cette société: l’anomie…en quelques mots voici une définition : Émile Durkheim, sociologue français du XIXe siècle, emploie en 1897 le mot d’anomie dans son livre sur les causes du suicide, Le Suicide, pour décrire une situation sociale, caractérisée par la perte ou l’effacement des valeurs (morales, religieuses, civiques…) et le sentiment associé d’aliénation et d’irrésolution. Le recul des valeurs conduit à la destruction et à la diminution de l’ordre social : les lois et les règles ne peuvent plus garantir la régulation sociale. Cet état amène l’individu à avoir peur et à être insatisfait, ce qui peut conduire au suicide. L’anomie provient du manque de régulation de la société sur l’individu. Il ne sait comment borner ses désirs, souffre du mal de « l’infini ». Durkheim considère également l’anomie domestique comme une cause potentielle de suicide, le taux élevé de divorces favorisant statistiquement le suicide, par exemple… Durkheim est un bourgeois est pour lui la Commune de paris est une pathologie sociale… L’effet de la défaite ouvrière subie à ce moment, la guerre de 70 dans laquelle il perd son fils, l’effraie et il se raidit dans la défense des valeurs, mais il est aussi un lecteur de marx, intéressé par « la division du travail »et le dialogue avec lui comme avec Bourdieu m’a toujours paru fécond…Certains souverainistes sont des Durkheimiens, leur goût de l’ordre et de la régulation les fait accuser de fascisme, c’est totalement faux, ils peuvent devenir réactionnaire mais aussi se reconnaître dans une position de classe qui rencontre l’intérêt général… Charlie est pour eux le symbole de sauve qui peut généralisé. J’entends toutes ces tendances de notre société et je suis convaincue que le capital a désormais besoin du fascisme qui poussera les divisions au paroxysme.  je pense comme je l’ai écris dans un livre que l’exclusion est la défaite ouvrière et qu’il faut que le politique, celui qui présente une véritable alternative et pas des divisions stériles reprennent ses droits. .

La seule issue serait un affrontement de classe qui restituerait une position des individus dans une société qui se délite, mais ,nous en sommes loin, le capital mène partout au plan international comme national sa sarabande, sa danse de mort… le néolibéralisme a créé les conditions de la surexploitation en même temps que la dissolution des organisation, la concurrence d’une violence inouïe entre les forces de travail, l’UE n’est rien d’autre… La petite bourgeoisie tente de tirer son épingle du jeu en bénéficiant de cette surexploitation en terme de consommation et la manière de se jeter sur le produit dérivé « je suis Charlie » est caractéristique de cette attitude que copie la jeunesse avec les marques. L »anomie nait de ce mal, de l’impossibilité pour les victimes de s’organiser, de leur morcellement, et si le fascisme est un nihilisme, le cri « Vive la mort » c’est que dans cette concurrence, cette violence généralisée il n’y a plus d’autres issues que le goût de la mort qu »il nous inculque…

Moi je n’ai pas la force de lutter devant ce désir de mort et ce refus d’organiser, ce discours qui ne mène nulle part… qu’à la haine ou à l’inefficacité des dames patronnesses ce qui revient au même…  Je le disais à Marianne, ne faisons que ce que nous pouvons…

Voilà ce que je pense comme une bouteille jetée à la mer

danielle Bleitrach

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