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Réveil Communiste

L’accord de l’OMC à Bali est néfaste pour les pays du Sud

15 Décembre 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie

Sur le site du PTB :

 

Le 7 décembre à Bali, en Indonésie, les Etats membres de L’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont scellé un accord multilatéral pour faciliter les échange mondiaux, le premier depuis la création de l’OMC en 1994. Au grand soulagement du commissaire européen au Commerce Karel De Gucht, du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, du directeur général de l’OMC et du président de la Commission européenne Barroso. Si tout ce beau monde jubile, il y a de quoi se méfier. Nous avons donc demandé l’avis d’Antonio Tujan, de l’ONG IBON International à Manille.

Bert De Belder

 

 

Pour Antonio Tujan, le nouvel accord sur le commerce est carrément « une carte blanche pour une nouvelle offensive néolibérale contre les pays en développement ». Les grandes puissances se répandent en félicitations et clament que l’OMC est enfin de retour, après douze ans d’échec de conférences ministérielles. « Mais cette “avancée” à Bali signifie en fait davantage de misère et de problèmes pour le peuple et pour la planète », observe le directeur d’IBON qui, à Bali, faisait partie d’une importante délégation d’ONG. Dans l’accord, il voit au moins trois éléments nuisibles au plus haut point, qui y ont été intégrés malgré la forte opposition des pays en développement et de la société civile.

« Tout d’abord, le paquet sur l’agriculture. Il casse le droit à l’alimentation, parce qu’il instaure des limites aux subsides pour les céréales que les pays en développement accordent afin de pouvoir assurer leurs programmes alimentaires, explique Tujan. L’accord va en droite ligne à l’encontre du principe de la souveraineté alimentaire, pour lequel luttent depuis si longtemps les agriculteurs et les activistes de l’alimentation. »

Le deuxième point contesté est celui du paquet de mesures spéciales par lequel les pays les moins développés peuvent atténuer le plus fort impact de l’OMC sur leur position commerciale désavantageuse. « Il ne s’agit ici de rien de plus que de promesses trompeuses », estime Tujan.

Troisièmement, l’accord abondamment vanté sur la « Facilitation du commerce » signifiera dans la pratique que les pays en développement, dont les fragiles industrie et agriculture ont déjà tant de difficultés, auront encore davantage à souffrir de l’afflux accéléré de marchandises et services venant des pays développés.

Tujan n’apprécie pas non plus la manière dont l’accord a finalement été bouclé, en deux réunions nocturnes interminables et par des méthodes non démocratiques pour arracher un « consensus ».

Il y a cependant eu quelques thèmes sur lesquels les pays du Tiers Monde ne se sont pas laissé faire. L’Inde a d’emblée déclaré que sa sécurité alimentaire n’était pas négociable. Et Cuba a insisté pour que, dans tous les cas, le blocus commercial des Etats-Unis sur l’île des Caraïbes continue à être indiqué. Avec la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela, Cuba a aussi placé de grands points d’interrogation sur différents déséquilibres dans le paquet de Bali.

Mais, finalement, l’Inde et l’Amérique latine ont tout de même dû céder en grande partie. D’après Tujan, il n’y a pas réellement eu de concessions au plan du contenu de la part les pays développés, ce sont juste les termes employés dans la déclaration finale qui ont été rendus plus « alléchants ». « Ce serait naïf de placer ses espoirs dans les belles actions d’une poignée de ministres dans le cadre d’un sommet de l’OMC », affirme Tony Tujan.

Le paquet de Bali peut certes avoir sauvé temporairement la réputation de l’OMC, mais il signifie également que, à l’avenir, nous pouvons nous attendre à des mesures encore plus néfastes. « Nous ne pouvons pas partir du principe que ce système commercial injuste, inégalitaire et non démocratique est simplement à réformer », conclut Tujan. L’IBON et d’autres mouvements anti-OMC et anti-globalisation ont une approche totalement différente : démanteler l’OMC en s’appuyant sur les mouvements populaires et la société civile.

Source: http://iboninternational.org/page/whats_new/268  

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