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Réveil Communiste

Jean Jacques Karman raconte son exclusion du parti en 2002

31 Mars 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

(JJK est conseiller général d'Aubervillier, VP du conseil général du 93, et membre actuel du CN du PCF)

 

A l’époque parce que je m’étais présenté à la législative, après l’annonce du départ de la députée Muguette Jacquaint dont j’étais le suppléant depuis de nombreux années et mon refus de la politique de la gauche plurielle. Le parti avait monté un scénario de la possible perte de cette circonscription au profit du Front national. Pure invention, ils firent revenir Muguette sur sa décision et ils investirent candidate unique de toute la gauche plurielle. Refusant cette politique je me suis maintenu avec le soutien de nombreux communistes dont deux figures historiques du communisme, Henri Alleg et Henri Martin.


Le procès pour mon exclusion débuta par un d’acte accusation. J’étais accusé de complicité avec le Front national, alors que je m’étais désisté au deuxième tour, apportant à Muguette avec déclaration sur sa circulaire les 18 % que j’avais fait à Aubervilliers. Au niveau départemental, le comité fédéral vota mon exclusion, en ma présence, à une voix de majorité. Les refondateurs ayants voté contre mon exclusion, le secrétaire fédéral, Michel Laurent sorti de sa poche le vote par procuration d’un camarade de Bondy parti quelques minutes avant. Pendant la discussion, l’escalade verbale avait eu lieu. Par exemple, la femme du secrétaire de la section d’Aubervilliers parla pour soutenir mon exclusion de Jacques Doriot le « communiste » passé au fascisme dans les années trente et de Laval, maire d’Aubervilliers, fusillé à la libération pour collaboration. Cela fait froid dans le dos, alors que j’ai toujours lutté contre le fascisme car élevé dans une famille antifasciste, mon père a été déporté à Dachau pour résistance communiste, ma tante déportée à Ravensbrück, un oncle interné à Châteaubriand et un autre fusillé au Mont Valérien. Oui cela est encore possible dans un parti qui a rejeté Staline depuis longtemps.


Mieux, dans la même période, candidat à ma succession au Conseil général avec le soutien de la majorité des communistes de mon canton, la direction du PCF présenta un candidat communiste contre moi et passa un accord de désistement avec le PS pour me battre au 2ème tour. Heureusement ces deux candidats restèrent en dessous des 10 % des inscrits et ne purent se présenter au 2ème tour. Seul face à un candidat du Front national, ils refusèrent d’appeler à voter pour ma candidature et si je fus largement élu c’est grâce à la population d’Aubervilliers. Un membre de la direction de la section du PCF d’Aubervilliers alla jusqu’à déclarer préférer voter le Font national que Karman. Voilà jusqu’où une direction peut aller !

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