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Réveil Communiste

Interview Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie par le Canard républicain, 7 avril 2012 (2/2)

10 Avril 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

le début : Interview Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie par le Canard républicain, 7 avril 2012 (1/2)

 

Cette collaboration confédérés-grand capital-État aboutit à placer dans les cabinets ministériels de la Drôle de guerre les chefs de Syndicats. Ils conservèrent leurs strapontins sous Vichy[57], en dépit de la suppression officielle de la CGT, réalisée par décret de novembre 1940 signé de Belin lui-même. Qu’on réfléchisse au sens que les bailleurs de fonds et tuteurs du « ministre » en titre, ancien lieutenant de Jouhaux promis à sa succession à la tête de la CGT, avaient affecté à ce que leur obligé prît la responsabilité personnelle de la liquidation du syndicalisme ouvrier. Le centre des prébendes allouées pour services rendus aux « hommes de valeur » loués par Barnaud fut le cabinet de Belin, ministre de la Production industrielle (PI) et du Travail de juillet 1940 à février 1941, puis, jusqu’en avril 1942, du Travail seul. Car la synarchie de haut rang prit officiellement en mains la PI à partir du cabinet Darlan, de février 1941, jugeant désormais la « couverture » syndicale inutile. Ce contrôle direct perdura jusqu'à la Libération : Pucheu fut investi ministre-secrétaire d’État en mars 1941 (Vichy et Berlin s’étaient à un moment donné entendus sur Baudouin[58], les synarques étant interchangeables). Pucheu, « ancien directeur général des usines Japy » (machines de bureau, propriété à 100% de la banque Worms) et chef des exportations du comptoir sidérurgique, et, depuis « la fin 1940, […] président du CO des machines de bureau, puis de celui des industries mécaniques », succédait de fait à ce poste à Barnaud, qui fut alors doté de la Délégation générale aux relations économiques franco-allemandes. Bichelonne, autre élu de la synarchie et du Comité des Forges, secrétaire général de la PI depuis l’été 1940, remplaça au poste de ministre son ami Pucheu d’avril 1942 à août 1944[59].

En cette ère Laval, les riches aumônes versées aux anciens chefs de Syndicats installés au ministère du Travail furent maintenues sous les successeurs de Belin, Hubert Lagardelle, placé sous la stricte férule de Bichelonne (comme naguère Belin sous celle de Barnaud), puis Bichelonne lui-même, qui ajouta le Travail à la PI en novembre 1943. Mais il y eut bien d’autres havres vichystes, tels le Conseil national, qui accueillit 18 des lieutenants du (faux) ministre Belin[60], et les nombreux organismes du style COSI (Comité de secours immédiat aux sinistrés)[61]. Le syndicalisme félon avait, officiellement, endossé l’assassinat du syndicalisme indépendant (du patronat), mais conservé ou amélioré ses sinécures.

 

Belin lui-même, gratifié fin 1941 de la francisque (n° 808) avec le parrainage de deux insignes synarcho-cagoulards, Du Moulin et Ménétrel[62], fut, à son éviction gouvernementale d’avril 1942, recasé par ses bienfaiteurs à la présidence de la « Caisse de prévoyance des employés des usines d’énergie électrique et du gaz ». Il y demeura jusqu'à sa « fuite en août 1944, quelques jours avant l’insurrection de Paris ». En mai 1945, époque où policiers et magistrats décrivaient encore parfois des hommes de Vichy en termes « résistants », « l’inspecteur spécial » de la PJ Vilatte, chargé de l’enquête de Haute-Cour visant Belin, décrivit ainsi l’ancien ministre « reconnu comme collaborant en plein avec les Allemands. Ambitieux, vulgaire, plein de mépris pour l’idéalisme populaire, tout gonflé par les égards intéressés que lui prodiguaient les salons conservateurs, les polytechniciens, l’Inspection des Finances et les trusts »[63]. Il convient de traduire cette dernière liste par « synarques » : le même Vilatte était d'ailleurs chargé d’une enquête approfondie « sur la synarchie » et sur les grands synarques[64].

 

Auprès de Belin œuvraient sous l'Occupation d’autres synarques de rang inférieur : tels Laurat, ancien responsable de la formation économique à l'institut supérieur de la CGT; son pair Georges Lefranc; Froideval, chef de cabinet de Belin et « membre du comité d’honneur du cercle européen »[65], si collaborationniste – « un brave homme, adversaire du communisme », déclara le 25 décembre 1940 Ernst Achenbach, le conseiller d’Abetz à l’ambassade d'Allemagne à Paris, à Darlan[66] ‑ que le Reich l’appréciait encore plus que Belin : le projet de scission du ministère Belin prévoyait alors d’attribuer « la production à M. Baudouin et le travail à M. Froideval, chef syndicaliste proposé par les Allemands. »[67] Francis Million avait été gratifié, comme Jouhaux, d’un strapontin au conseil général de la Banque de France après la loi de « réforme » du 24 juillet 1936 : il couvrit avec zèle la politique de déflation des salaires et d’inflation des prix industriels sous la république agonisante avant d’être promu, auprès de Belin, secrétaire général à la main-d'œuvre sous le cabinet Darlan, etc.

 

Entre autres missions collaborationnistes – dont l’achèvement du syndicalisme ouvrier via la Charte du travail d’octobre 1941 ‑, ces anciens cégétistes assumèrent la responsabilité des préparatifs puis de la mise en œuvre du service du travail obligatoire. La question du « recrutement de la main-d'œuvre française pour l’Allemagne » fut explicitement posée par l’occupant à Vichy dès le printemps 1941. Elle devint cruciale dès l’été[68], avec l’effondrement brutal du Blitzkrieg dans les plaines russes[69]. Belin réussit à faire parfois en la matière mieux que son maître, ainsi le 14 janvier 1942, où les Allemands s’en félicitèrent : Barnaud a invoqué contre la propagande du gouvernement français en faveur du recrutement des travailleurs français pour le Reich « qu’une semblable déclaration donnerait un nouvel essor à la campagne communiste et gaulliste. Par contre le ministre Belin trouvait tout à fait souhaitable que l’on publiât cet appel. Ensuite, après avoir écouté l’explication de Belin, les autres délégués français se sont déclarés prêts à y consentir. »[70]

Dès la mi-janvier 1942, trois mois avant retour de Laval, plus d’un an avant le décret officiel sur le STO (du 16 février 1943), c’est un trio synarchique, Belin, encadré par ses tuteurs Barnaud et Lehideux, qui symbolisa la propagande officielle française en faveur du travail forcé dans le Reich : « Dans une réunion qui a eu lieu chez le commandant militaire en France et à laquelle assistaient les représentants de l’ambassade, de l’état-major et du Grand État-major, les ministres français Barnaud, Belin et Lehideux se sont déclarés prêts à soutenir de leur mieux désormais le recrutement d’ouvriers français pour l’Allemagne, tant au moyen d’une déclaration officielle du gouvernement que par n'importe quel autre moyen approprié. La déclaration du gouvernement va paraître dès que les délégués du gouvernement français, chargés de veiller aux intérêts matériels et moraux des ouvriers français en Allemagne, prendront leur fonction. »[71].

 

Certains des synarques syndicaux, auxiliaires précieux pour neutraliser ‑ à défaut de (re)conquérir ‑ la classe ouvrière et les salariés, prirent leurs distances avec Vichy beaucoup plus tôt. La synarchie put, aux débuts de la Pax Americana, user de leurs services plus tôt ou plus ouvertement que de ceux des vedettes de Syndicats, condamnés à une certaine discrétion. À leur tête figura Robert Lacoste, ancien secrétaire de la Fédération générale des fonctionnaires de la fonction publique et ministre socialiste de la PI après la Libération : c’est lui qui, en septembre 1945, dénonça à André Tixier, son collègue socialiste de l’intérieur, l’infâme Belin, stipendié par Barnaud pour faire de la propagande munichoise « et surtout […] réduire à l’impuissance, par la calomnie, la tendance confédérale patriote et anti-allemande que dirigeaient Léon Jouhaux, Louis Saillant et moi-même. »[72] C’était oublier qu’ils avaient assidûment fréquenté les mêmes cercles patronaux synarchiques, et que Lacoste avait autant que Belin « f[a]it avant-guerre une intense propagande en faveur de l’économie dirigée et de la planification industrielle »[73]. La CGPF ‑ devenue Conseil national du patronat français (CNPF) en 1946 ‑ fit de septembre 1944 à février 1950 de sa « tête de pont au parti socialiste » un ministre inamovible de la PI, puis « de l’industrie », puis « de l’industrie et du commerce » ‑ exceptée la courte parenthèse du communiste Marcel Paul (novembre 1945-novembre 1946)[74]. Le politiste américain Henry Ehrmann, qui prétendait douter de l’existence de la synarchie mais dont chaque page ou presque de l’ouvrage La politique du patronat français 1936-1955 confirme la réalité, a décrit les « contacts étroits » entre Lacoste et « certains chefs du mouvement patronal » (tous synarques)[75].

Tous les synarques syndicaux qui n’avaient pas brûlé leurs vaisseaux entre l’été 1940 et la Libération reprirent du service cégétiste officiel après que la Pax Americana eut remplacé l’ère allemande. Ceux qui avaient été définitivement exclus des syndicats continuèrent à servir le grand patronat synarchique, Belin et Laurat compris. Ils contribuèrent, auprès du patronat français et des nouveaux protecteurs américains, à la scission syndicale de 1947-1948 (entre CGT et Force ouvrière). Parmi eux, Georges Albertini, auxiliaire de la banque Worms avant et pendant la guerre, protégé de Bichelonne, mérite mention. À ce lieutenant de Marcel Déat au Rassemblement national populaire, alias Claude Varennes, sorti de Fresnes en février 1948, Hippolyte Worms en personne attribua aussitôt un bureau au siège de sa banque et la fonction y afférente. Financé par la banque Worms, le CNPF et la CIA – dernière donnée mieux connue[76] que le financement allemand d’avant-guerre à Syndicats ‑, l’ancien socialiste et syndicaliste anima presque jusqu'à sa mort (1981) l’inusable croisade anticommuniste et antisoviétique[77].

 

Dans le Pacte synarchique révolutionnaire pour l’Empire Français, l’ « Union fédérative de l’Europe » ainsi que « les cinq fédérations impériales du monde actuel, déjà formées ou en formation, comme base d’une Société Universelle des Nations », sont évoquées. Cela semble être dans la lignée de ce que vous avez mentionné dans votre conférence-vidéo, Intégration européenne sous le contrôle du Reich et plans américains pour une unification de l’Europe , à partir de la 44ième minute ?

 

Annie Lacroix-Riz :

J’ai fait allusion à la réception à l'ambassade d'Allemagne, le 7 septembre 1941, de quinze personnalités françaises, parmi lesquelles six synarques-ministres recensés sur la liste Chavin des « 46 affiliés les plus importants » : Barnaud, délégué général aux relations économiques franco-allemandes, Jacques Benoist-Méchin, secrétaire d’État auprès du chef du gouvernement, Bichelonne, secrétaire général (et futur ministre en avril 1942) de la production industrielle, Bouthillier, ministre des Finances, Lehideux, ministre de la PI (successeur de Pucheu), et Pucheu, ministre de l'intérieur. Les autres hôtes, industriels ou/et banquiers ès-qualités, le plus souvent présidents du comité d'organisation de leur branche, étaient également synarques, plus ou moins notoires, tel Henri Ardant, président de la Société générale et du comité d’organisation des Banques [78].

Cette manifestation mondaine franco-allemande eut lieu dans la phase la plus intense de la collaboration. L’enthousiasme avait été délirant depuis les premiers mois de 1941, pour la guerre prévue et attendue contre l’URSS : c’était la cible obsessionnelle, depuis novembre 1917, de la grande bourgeoisie française en général et de la synarchie en particulier. À la fin de l’été 1941, l’allant pro-allemand demeurait très élevé, bien que le Blitzkrieg apparût déjà en difficulté à l’Est. On était fort avancé dans la mise en œuvre des vastes projets « européens » communs, des cartels aux sociétés mixtes en passant par les cessions de titres français aux financiers allemands et les aryanisations partagées[79]. À cette occasion, « le banquier Ardant exprim[a], d’accord avec Pucheu et Bichelonne, l’espoir que les plans allemands seraient assez vastes pour décider la suppression des frontières douanières et créer une monnaie unique pour l’Europe. “Cette prise de position sans équivoque du président de la Société Générale qui doit être actuellement désigné comme le premier et le plus important des banquiers français semble particulièrement importante” », commenta le rédacteur allemand du compte rendu[80].

En cette ère de triomphe politique absolu, la synarchie qui avait investi le cabinet Darlan proclamait les objectifs que ses auxiliaires syndicaux avaient glorifié dans les colonnes des Nouveaux Cahiers en pleine drôle de guerre. Ainsi Lucien Laurat avait-il signé, dans le n° du 1er novembre 1939, un article piaffant d’impatience sur les développements franco-allemands imminents, malgré son faux-semblant de traitement du Reich en État ennemi : « Après la guerre il faudra gagner la paix ». Le lecteur pourra aisément supprimer, pour mieux lire ce programme commun, la phrase de pure convenance : « L’Allemagne, en faillite avant même d’avoir déchaîné la catastrophe, le sera encore plein plus après avoir perdu la Guerre » : « Seule l’unification économique de l’Europe nous paraît susceptible de faciliter la solution des problèmes économiques et financiers de l’après-guerre immédiat […L]e passage de l’économie de guerre à l’économie de paix » ne trouvera de solution « que sur le plan européen. Il s'agira de payer la note. L’Allemagne, en faillite avant même d’avoir déchaîné la catastrophe, le sera encore plein plus après avoir perdu la Guerre. L’Europe ne pourra trouver les fonds nécessaires à sa restauration qu’en procédant à la compression sévère de tous ses faux-frais, à la rationalisation de sa structure économique. Là encore, la solution qui s’impose nous paraît être la création d’une économie pan-européenne sur la base de certaines réformes de structure à réaliser sur le plan intérieur des grandes nations de notre continent. »[81]

Cette frénésie germano-européenne, affichée sans pudeur depuis Munich, explosa dans la phase allemande ascendante de l’Occupation[82]. Elle n’a aujourd'hui pas droit de cité académique, car la passion « européenne » a conduit l’historiographie dominante à entraver la connaissance historique tirée des sources d’avant-guerre et de guerre. Les auteurs et tuteurs de la bibliographie « officielle » du programme des concours d’histoire de 2007-2009, tout à leur objectif d’expier le NON au référendum de mai 2005, en endoctrinant les futurs enseignants à coup d’« europtimisme » à prétentions scientifiques, ont postulé une parenthèse de guerre 1939-1945 dans les plans « européens » : de tels plans, présumés fort aimables et pacifistes avant-guerre, et au moins aussi plaisants après mai 1945, ne pouvaient naturellement coexister avec pareil conflit qualifié d’« idéologique »[83].

Ce choix, politique, idéologique et non scientifique, a eu pour condition sine qua non une reconstitution a posteriori des faits démentie par les archives originales. L’Occupation ne fut pas caractérisée par un « trou noir » ou une « rupture » dans les plans « européens » de la synarchie, qui avait été étroitement liée, dès l’avant-guerre, au « clan Goering ». Les « milieux bien informés » n’ignoraient pas ces liens, de plus en plus nettement perceptibles depuis Munich. Le patriote Raymond Brugère, « seul diplomate » démissionnaire le 17 juin 1940[84], avait comme ambassadeur à Belgrade (novembre 1938-juin 1940), « en la personne de Neuhausen, connu certaines tentacules [des] groupes allemands du système Goering » : Goering, délégué gouvernemental de la sidérurgie, et Frantz Neuhausen, son « ami personnel » et consul général d’Allemagne à Belgrade[85], traitaient quasi ouvertement en Yougoslavie avec « Hippolyte Worms et son équipe », adeptes d’« une politique bancaire prétendument “réaliste” »[86].

L’Occupation ne fit que développer cette intense collaboration d’avant-guerre, qualifiée d’« européenne » ou de « continentale », sous tutelle allemande et en tous domaines. Elle permit aux partenaires de poser des jalons décisifs pour l’« Union européenne » postérieure à la guerre, y compris en matière de mariages de capitaux. Les réalisations de ce temps furent dignes du texte du télégramme que Franz von Papen, alors ambassadeur d'Allemagne à Ankara[87], adressa à « [s]on ami de longue date Benoist-Méchin », qui se targuait en permanence de la puissance politique de « [s]on groupe » (de synarques), pour le féliciter de son maintien dans le cabinet Laval d’avril 1942 : “Recevez mes meilleurs vœux pour le changement décisif qui se dessine ces jours-ci dans l’histoire de la France. Je suis plus que jamais convaincu que l’édification de la nouvelle Europe est assurée, si nos deux peuples affrontent au coude à coude la rénovation sociale de ce continent” »[88].

Il fallut simultanément s’adapter à la perspective de plus en plus certaine – depuis la mort du Blitzkrieg ‑ de Pax Americana et d’intégration de ces plans aux plans « européens » des États-Unis[89].

 

Que vous inspire l’appellancé dernièrement par les confédérations patronales française, allemande et italienne à davantage d’intégration européenne, ainsi que les « bonnes affaires » réalisées actuellement par le patronat allemand en Grèce ?

 

Annie Lacroix-Riz :

La conjoncture actuelle présente des similitudes frappantes avec les pratiques qui ont tenté de parer, depuis 1914, à ce que Lénine appelait « crise générale de l’impérialisme »[90]. Les gouvernements prétendument « techniques » ou d’« union nationale » qu’on nous fait valoir en Grèce et en Italie regroupent les mêmes forces socio-économiques que les formules fascistes que les milieux financiers ont imposées à la plupart des pays du continent européen à partir des années 1920. Je vous renvoie à cet égard à mes travaux sur l’entre-deux-guerres.

 

Pour terminer, depuis plus d’un an, vous luttez contre la vaste entreprise de réhabilitation de Louis Renault, et avec lui, du haut patronat français sous l’Occupation. Qu’en est-il aujourd’hui de votre combat ?

 

Annie Lacroix-Riz :

Ce combat se poursuit activement, d’autant plus que les héritiers, qui avaient le 9 mai 2011 assigné l’État – autrement dit le contribuable ‑ en indemnisation des actifs industriels de Louis Renault confisqués par l’ordonnance du 16 janvier 1945, ont interjeté appel de la décision prise le 11 janvier 2012 par le TGI de Paris de ne pas transmettre au Conseil constitutionnel ladite assignation.

L’interview ayant été longue, le lecteur pourra « souffler » avant de trouver réponse à la question en consultant 1° la rubrique « Dossier Renault » de mon site, www.historiographie.info, 2° ma liste de diffusion (s’inscrire via le site), sachant que les textes déjà diffusés sont systématiquement versés à la rubrique « Dossier Renault » susmentionnée; 3° le site de l’association « Esprit de Résistance » fondée en juillet 2011, http://www.espritderesistance.fr/. Y ont été versés, d’une part, les textes que j’ai rédigés sur la question depuis février 2011, et, d’autre part, des copies ou transcriptions de documents, incontestables sur la collaboration économique, politique et policière, de Louis Renault et de la direction de ses usines, collaboration sans réserves qui prolongea et aggrava sous l'Occupation des pratiques d’avant-guerre.

La réédition d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation tiendra compte de nombreux éléments nouveaux fournis par les sources dépouillées depuis la parution de l’ouvrage (1999) : en particulier par l’énorme fonds de Haute-Cour (microfilmé) relatif à Lehideux et au Comité d'organisation de l’automobile (3W, 217 à 234), dont la consultation m’a demandé un an de travail, et par les archives des Renseignements généraux de la Préfecture de police, très intéressantes sur la politique répressive et sur les modalités de l’exploitation ouvrière aux usines Renault (Boulogne-Billancourt seulement), tant avant que pendant l'Occupation (BA 2135 et 2136).

Cette correspondance originale alourdit encore le tableau du collaborationnisme général de celui que ses héritiers en quête d’indemnisation osent depuis janvier 2011 présenter comme une victime de De Gaulle et de la Résistance communiste, accueillis en toute quiétude par les grands media : jusqu'ici, les journalistes leur ont épargné l’épreuve d’être confrontés à la thèse inverse. Certains des textes que j’ai rédigés sur la question évoquent la responsabilité de la grande presse, écrite et audio-visuelle, dans le négationnisme médiatique organisé sur l’affaire Renault. Ceux qui ont lu ou liront Le choix de la défaite ne seront pas surpris des similitudes entre les mœurs de la presse « gleichshaltée » de 1938-1940, financée par les marchands de canon et la haute banque (Alexander Werth), et celles de la presse contrôlée aujourd'hui par les mêmes milieux. Le service public de télévision s’est pour sa part illustré dans la défense et illustration de Louis Renault et de ses héritiers souffrants, y compris en inventant une fallacieuse « historienne » allemande ayant naguère œuvré sur commande de Mme Hélène Dingli-Renault, petite-fille de Louis Renault, et de son mari Laurent Dingli, historien officiel des héritiers Renault. Vous avez, sur votre site, publié ma lettre ouverte de protestation contre l’engagement réitéré de Gérard Grizbec au service de ces derniers (http://www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article573) – ainsi que bien d’autres textes sur le dossier. Je vous en remercie, ainsi que tous les vaillants amis de l’histoire qui, sur la toile, secondent la mission d’information historique et civique si gravement compromise par le monopole exercé par les puissants sur les grands media.

J’ai souvent l’occasion, depuis 2011, de traiter du dossier Renault, notamment devant des auditoires de syndicalistes. Le lecteur pourra notamment consulter le n° 39 des Cahiers d'histoire de la Métallurgie CGT, mars 2012, qui reproduit une conférence sur « La collaboration du patronat » donnée le 28 avril 2011 à l’institut CGT d’histoire sociale (http://www.ftm-cgt.fr). J’y ai dit, et oublié de corriger sur la version écrite, que Villers-Saint-Sépulcre était dans la Somme : c’est dans l’Oise, avec mes excuses... Mes amis Alain et Michel Le Thomas, des Films de l’an 2 (http://vimeo.com/user4868631), ont enregistré les débats de la session de formation et discussion organisée par l’institut CGT d’histoire sociale de la chimie, les 20 et 21 mars 2012 (http://vimeo.com/38994792).

Le 8 juin, je traiterai à Limoges du thème « La collaboration patronale : l’exemple de Louis Renault », à 20h, salle Blanqui n°3 (derrière l’Hôtel de Ville).



Notes :

Toutes les allusions sont explicitées par mes ouvrages : Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), 2e édition, 2010; Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, 2e édition, 2010; De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, 2008; Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, 1999, Paris, Armand Colin (réédition très approfondie en cours, à paraître en 2013); et mes articles : « La synarchie de l’entre-deux-guerres à l’après-Libération » : 1e partie, « La direction de la synarchie (1922-années 1930) », La Raison, n° 562, juin 2011, p. 17-21; 2e partie, « La stratégie putschiste de la synarchie 1933-1939 », La Raison, décembre 2011; « Des champions de l’Ukraine indépendante et martyre à l’institut d'histoire sociale », sur mon site www.historiographie.info; « La scission de 1947 (1943-1947) », in Pierre Cours-Salies et René Mouriaux, dir., L’unité syndicale en France, 1895-1995, Paris, Syllepses, 1997, p. 31-50. D’autres références sont fournies dans le texte des notes.

 

[1] Cette incise, Renseignements généraux de la Sûreté nationale (RGSN), X.P. 2, Paris, 14 mai 1946, « Les agissements financiers du Vatican », Archives nationales (AN), F7, vol. 15292, milieux religieux, église catholique, attitude politique des évêques et archevêques sous l’Occupation. Source du reste, n. suiv.

[2] RGSN, note sans date, de 1945 (d'après son texte), « Fondateurs du Mouvement synarchique d'empire »,

[3] Contribution du Vatican aux solutions fascistes nationales, France incluse, Vatican, passim (et, spécifiquement sur la France, Choix et Munich).

[4] Douglas J. Forsyth , The Crisis of Liberal Italy : Monetary and Financial Policy, 1914–1922, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.

[5] Détails, Choix et Munich, et infra.

[6] Ilan Greilsammer, Blum, Paris, Flammarion, 1996, 2e et 3e parties, passim; Lacroix-Riz, « Léon Blum et la pratique du pouvoir en 1936 et 1946 », colloque « Socialisme, république et démocratie », université Lille II et III (CRAPS et IRHiS), 17-18 novembre 2006, Actes non publiés, sur www.historiographie.info (et n. préc., index Blum).

[7] A‑2850 sur la CGPF, 3 avril 1933, F 7, 13430, renseignements sur l’Allemagne, 1933, AN.

[8] Que mes collègues tenants de la thèse du mythe de la synarchie présentent, depuis l’article « fondateur » et truffé d’erreurs de Richard Kuisel, « The legend for Vichy synarchy », French historical Studies, vol. VI-3, printemps 1970, p. 365-398, en policier de second rang rédigeant des rapports de fantaisie : champion français de la méthode, Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 1998. Discussion, Choix, chap. 1. J’ai sollicité en vain depuis 2006 et la première édition du Choix un débat académique sur l’existence de la synarchie.

[9] Rapport Chavin, juin 1941, souligné dans le texte, F7, 15343, Synarchie : études, rapports, coupures de presse, 1941-1948, AN.

[10] Renseignements généraux de la Préfecture de police (RGPP), 8 octobre 1937, dossier Moreau de la Meuse, archives de la Préfecture de police (APP), BA, 1903, Cagoule. Sur Navachine, Choix, index.

[11] Lettre interceptée en Haute-Savoie d’un excellent observateur de longue date de la synarchie, 26 novembre 1941, AN, 3W 222, Lehideux Synarchie (deux bobines complètes de microfilm sur « la synarchie qui n’existe pas »). Sur Belin, cf. infra. Liste des 46 en italique, Choix, p. 35-37 : Hippolyte Worms n’y figurait même pas.

[12] Choix, chap. 1 et passim (listes de 1942-1943), résumé et tableau, Munich, p. 386-387.

[13] Op. cit., index nominal.

[14] Patrons, soyez des patrons!, brochure de Gignoux, 1937.

[15] Jean-Baptiste Duroselle, Politique étrangère de la France, la décadence 1932-1939, Paris, Le Seuil, 1983 (1è éd., 1979), « Munich et l’économie », p. 372-381, citation p. 375.

[16] Marc Bloch, Cahiers politiques n° 8, « À propos d’un livre trop peu connu », in L’étrange défaite, Paris, Gallimard, 1990 (juillet-septembre 1940, 1ère édition, 1946),Paris, Gallimard, 1990 (juillet-septembre 1940, 1ère édition, 1946), p. 253.

[17] 70 CO regroupaient alors l’économie française. Rapport bancaire de juin 1941, PJ 40, Barnaud, APP, cité Choix, p. 551-552.

[18] Lacroix-Riz, Industriels, chap. 3-4, et « Les comités d'organisation et l’Allemagne : tentative d’évaluation », in Hervé Joly, dir., Les comités d'organisation et l’économie dirigée du régime de Vichy, Caen, Centre de recherche d’histoire quantitative, Seconde Guerre mondiale, 2004, p. 47-62. 

[19] Sur ses liens avec le « groupe Goering », infra.

[20]. Note sur la Société secrète polytechnicienne dite Mouvement synarchique d'empire, 4 octobre 1941, jugée ainsi par un rapport des RGSN de mars 1945 : « étude […] extraite d’une documentation quelque peu partiale étayée par des conversations particulières [des RG] avec des adversaires du mouvement. Dans son ensemble ce travail, bien qu’incomplet, donne malgré tout, une idée assez précise de l’existence, de l’activité et des buts de la synarchie », dossier MSE, GA, M 3, APP. Les RG marchaient sur des œufs dans ce dossier, Lacroix-Riz, Choix, chap. 1.

[21] Ingo Kolboom, La revanche des patrons. Le patronat français face au Front Populaire, Paris, Flammarion, 1986.

[22] RG ou informateur, « Le complot », sd, après 15 février 1945, F7 15343, AN.

[23] « Comités Coutrot », Choix, chap. 1, 4 et 6, notamment p. 54 et 250-258.

[24] « Rôle du patronat dans la genèse et la conduite de la guerre actuelle », RGSN, août 1943, manuscrit : XP/150 Source indirecte, F7 15343, AN.

[25] Audition d’Olivier Rist, neveu du banquier Charles Rist, Olivier, ancien PSF (Croix de Feu) désormais cagoulard, rapport de l’inspecteur Mayzaud, Paris, 21 décembre 1938, « Enquête Jolly », Affaire Navachine, I, APP.

[26] Lacroix-Riz, Choix, chap. 1.

[27] RGPP, 11 septembre 1941, GA, J 4, Jouhaux, APP.

[28] Bernard georges, Denise Tintant et Marie-Anne Renauld, Léon Jouhaux dans le mouvement syndical français [1921-1954], Paris, PUF, 1979p. 149-150 et 181-182 sq.

[29] Note synarchie-Coutrot 1941, sans référence, F7 15343, AN.

[30] Lettre de Robert Lacoste, MPI, au MI, 24 septembre 1945, PJ 40, Barnaud, APP.

[31] Compte rendu 25e Congrès CGT novembre 1938, PDF site institut d'histoire sociale CGT, p. 181-182.

[32] Lacroix-Riz, « Unitaires et Confédérés d'une réunification à l'autre (1934-1943) », Cahiers d'histoire de l'institut de recherches marxistes, n° 15, 1983, p. 31-58; Munich, chap. 3; in Pierre Cours-Salies et René Mouriaux, dir., L’unité syndicale en France, 1895-1995, Paris, Syllepses, 1997.

[33] Citation, note IG des RGSN, 15 avril 1941, F7 15343, AN.

[34] Cf. infra.

[35] Témoignages respectifs à H. Mathieu, 24 janvier et 8 mars 1946, PJ 40, Barnaud, APP.

[36] Rapport Chavin, juin 1941, F7 15343, AN.

[37] Nouveaux Cahiers, n° 29, 15 juillet 1938, 3W 51, dossier de Haute-Cour de Jacques Barnaud, AN.

[38] Ce terme, très utilisé par les intéressés eux-mêmes et par Olivier Dard, masque le plus souvent celui de fasciste (ligueur, synarque, cagoulard, ou synarcho-cagoulard), Le rendez-vous manqué des relèves des années trente, Paris, PUF, 2002.

ootnoteReference">[39] Tous issus de la SFIO (néos) ou demeurant membres de ce parti.

[40] Dossier RG 230528 sur la réunion du 30 octobre 1938, GA, G 5, « Famille Gressent » (vrai nom de Georges Valois), APP.

[41] « Les chefs des principaux syndicats [, qui] comptaient parmi les puissances de la République », s’étaient « rencontr[és], sur les routes de la capitulation, avec les ennemis-nés de leur classe et de leurs idéaux », L’étrange défaite, p. 168 et 175, et infra.

[42] 36e Congrès SFIO, 29-31 mai 1939, 7e séance, p. 121, Mfm 270.36, BDIC.

[43] RGSN, note de ou après janvier 1945, F7 15343, AN.

[44] Monzie, Ci-devant, Paris, Flammarion, 1941, Lacroix-Riz, Choix et Munich, index Belin (et ses amis), Monzie et Abetz.

[45] C’est ce seul aspect extérieur, de soutien au nazisme, que Marc Bloch traita dans L’étrange défaite, p. 168 et 172-176 : voir ma communication au colloque Marc Bloch de Rouen, février 2012 « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », Actes à paraître.

[46] Entrées correspondantes du Maitron; des compléments, sur la base des sources, françaises et allemandes, absentes du Maitron, sur quelques chefs de Syndicats sont fournis plus loin (et communication citée n. 44).

[47] Contributeur des Nouveaux Cahiers, voir la « Série de n° des Nouveaux Cahiers », avec table des matières générale, 3W 51, AN.

[48] « Les synarcho-syndicalistes? Les ministres R. Lacoste et Ch. Pineau sont-ils des synarques? », Action, n° 60, 26 octobre 1945, AN 3W 222, AN.

[49] Comme François de Wendel, il ne figure pas sur les listes de synarques consultées, mais il est lié à la plupart des grands, notamment Bichelonne et Dautry. Sources impossibles à recenser ici.

[50] Lacroix-Riz, Munich, chap. 3, dont p. 94-99.

[51] Article et n° cités, 3W 51, AN.

[52] Bernard et al., Jouhaux, p. 260 et 265 ; Talbot Imlay, Facing the Second World War : Strategy, Politics, and Economics in Britain and France 1938-1940, Oxford, Oxford University Press, 2003, p. 279; Lacroix-Riz, Choix et Munich, index.

[53] RGPP, 11 septembre 1941, GA, J 4, Jouhaux, APP.

[54] Cité, avec commentaire sarcastique, Le Monde (journal de l’Internationale communiste, Bruxelles) n° 7, 21 octobre 1939, F7 14809, reconstitution et activité du parti communiste dissous, dossiers de renseignements, copies des interrogatoires députés, 1939, AN.

[55] Circulaire 24 Vrigneaud, Métaux, Paris, 29 novembre 1939, F7 14809, AN, et Bernard et al., Jouhaux, p. 265-266 (citation « un moyen […] unitaires »).

[56] Chiffres et sources, Munich, p. 215.

[57] Paxton, La France, p. 262 ; Lacroix-Riz, « Unitaires », p. 52-57 ; « Les relations » ; Industriels, chap. 10 ; Bernard et al., Jouhaux, obscurs sur Jouhaux jusqu’en 1941, les chefs « légaux » et Syndicats, p. 268-292.

[58] Télégramme Abetz 1577 pour le Dr Schwarzmann, Paris, 21 décembre 1940, 3W 353 (ou 347), archives dites de Berlin (correspondance d’Occupation entre ambassade d’Allemagne et Berlin), AN.

[59] Sur tous ces noms (et sources), index Choix, Munich et Industriels.

[60] Dont Georges Dumoulin et Marcel Roy : « Militants ouvriers », IG 19 à 31, I/1941, F1 a 3308, personnalités arrêtées en Allemagne, AN.

[61] Rapport de Londres, sur le cas du Nord-Pas-de-Calais, 14 décembre 1942, état-major particulier du Général de Gaulle, F1 a, 3999, Lille région, AN, et foule d’autres cotes.

[62] Fiche Belin, « demande acceptée au Conseil du 22.12.41 », Vichy, 21 février 1942, F7 15387, titulaires de la francisque 1940-1944, fichier alphabétique A-K ; « Militants ouvriers », IG 19 à 31, I/1941, F1 a 3308, AN.

[63] Rapport des inspecteurs Vilatte et Guillemin sur Belin, Paris, 24 mai 1945, W3, 57, dossier de Haute-Cour de Berlin, AN, ou PJ 40, Belin, APP.

[64] Rapport Vilatte sur la synarchie, Paris, 1er juin 1947 (après enquête sur CR de Gareau, 25 février 1946), PJ 40, Barnaud, APP, et rapports sur divers, dans les fonds 3W, AN, et PJ, APP.

[65] « Cercle européen », liste, PJ 32, cercle européen, MSR (héritier du CSAR ou Cagoule), APP.

[66] « Entrevue [Darlan] avec M. Hitler le 25 décembre 1940, près de la gare de La Boissière-Le Déluge (Oise) dans le train spécial du chancelier », 25 décembre 1940, 3W 210, Laval, AN.

[67] Télégramme Abetz 1577 pour le Dr Schwarzmann, Paris, 21 décembre 1940, 3W 353 (ou 347), AN.

[68] Information énorme dans les dossiers de Haute-Cour de Barnaud, Belin, Bouthillier, Lehideux, dits « de Berlin », etc. (série 3W, AN).

[69] Lacroix-Riz, « L’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale », Le Monde diplomatique, mai 2005, reproduit dans Manière de voir, n° 82, juillet 2005, p. 16-20, et n° 100, août-septembre 2008, « Le prix de la victoire sur le IIIème Reich », p. 28-32; Industriels, passim; Vatican, p. 531-532.

[70] Note allemande anonyme pour Abetz, 14 janvier 1942, 3W 353, et note de Mourre sur la réunion du 14 janvier 1942 « sur la question du recrutement des travailleurs français pour l’Allemagne », avec Barnaud, Belin, Lehideux, Terray, Bruneton, Lombard et Mourre; Michel, Eckelmann, von Mahs, Fuhrmans, von Laroche, notamment, 3W 52, Barnaud, AN.

[71] Télégramme 182 Schleier, Paris, 15 janvier 1942, 3W 353, AN.

[72] Lettre de Lacoste, MPI, au MI, 24 septembre 1945, PJ 40, Barnaud, APP.

[73] Fiche 276301 sans date, Matignon, GA 4, L 4, Robert Lacoste, APP.

[74] Fiches RG, depuis le gouvernement provisoire (GPRF) du 9 septembre 1944, GA 4, L 4, Lacoste, APP.

[75] Henry Ehrmann, La politique du patronat français 1936-1955, trad., Paris, PFNSP, 1959, p. 199, et 108-109.

[76] Lacroix-Riz, « Des champions », n. 43.

[77] Roger Faligot et Rémi Kauffer, « La revanche de M. Georges », Éminences grises, Paris, Fayard, 1992, p. 133-170; surtout RG, août 1952, GA, W 1, Hippolyte Worms, APP.; Laurent Lemire, L'Homme de l'ombre. Georges Albertini. 1911-1993, Paris, Éd. Balland 1989 ; Jean Lévy, Le Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l'ennemi, Paris, L'Harmattan-Le Pavillon 1992 ; Benoît Collombat et David Servenay, dir., Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours. Paris, La Découverte, 2009 ; Lacroix-Riz, « Des champions »; « La scission de 1947 ».

[78] Liste Chavin (et diverses autres listes) : confronter les noms cités (Industriels, édition de 1999, p. 433) aux index du Choix et de Munich.

[79] Industriels, chap. 5 à 9.

[80] Rapport Gerstner, traduction figurant dans tous les dossiers des intéressés, 3W pour les ministres de Vichy, cité dans Ministère public contre Ardant, 7 janvier 1948, F12, vol. 9569, AN. Philippe Burrin en a trouvé l’original allemand, La France à l’heure allemande 1940-1944, Paris, Seuil, 1995, p. 271.

[81] Nouveaux Cahiers, n° 51, 1er novembre 1939, 3W, 51, AN.

[82] Lacroix-Riz, Choix, Munich, et Industriels.

[83] « Penser et construire l’Europe. Remarques sur la bibliographie de la question d’histoire contemporaine 2007-2009 parue dans Historiens et Géographes n°399 », La pensée, n° 351, octobre-décembre 2007, p. 145-159; version complétée, www.historiographie.info, octobre 2008. « Europtimisme », Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le temps des cerises, 2004, 2e édition.

[84] Tél. signalé par Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, p. 187 (citation) et 216.

[85] PV no 21 des séances du 10 au 13 septembre 1940, La Délégation française auprès de la Commission allemande d’Armistice de Wiesbaden, 1940-1941, Paris, Imprimerie Nationale, 1947, t. 2, p. 256, et infra.

[86] Raymond Brugère, Veni, vidi, Vichy, Paris, Calmann-Lévy, 1944, p. 135-136 et précisions, Munich et Industriels (index Brugère et Neuhausen).

[87] Instrument majeur de l’accès du NSDAP au gouvernement, Lacroix-Riz, Choix, Munich, et Vatican, index.

[88] Télégramme 727 von Papen à Benoist-Méchin, Ankara, 24 avril 1942, 3W 352, AN.

[89] Lacroix-Riz, Industriels, chap. 9, et L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, Pantin, Le temps des cerises, 2007.

[90] Vladimir Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Paris, Le Temps des cerises, réédition, 2011.

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