La lutte pour le retrait pur et simple du projet de loi sur les retraites se développe, mais aussi les illusions sur le PS. Une clarification des vraies positions du PS est nécessaire.

Les « socialistes » au pouvoir dans l’Union Européenne font la même politique que celle de Sarkozy. Dominique Strauss Khan, le principal présidentiable du PS pour 2012, fait de même à la tête du FMI.

Faire croire que les socialistes au pouvoir feraient une autre politique, c’est trahir la volonté de changement. Pour s’unir et gagner dans les luttes contre la droite pour le retrait de cette loi, ou pour l’abrogation des lois sur la « sécurité », il faut dénoncer aussi les vraies positions du PS. Par exemple cette été le PS c’est prononcé pour un impôt européen payé par les citoyens.

La construction d’un « Pacte d’Union Populaire » sans clarifier le positionnement du PS, ressemble étrangement au « Socle pour une politique de gauche » lancé par Robert Hue en 1997, qui a débouché sur reniements, trahisons et le recul historique du PCF. Que Pierre Laurent pose comme l’une des conditions première du changement la nécessité, lors d’un de ses discours, de nationaliser les banques est une très bonne chose. Il faut mettre la « barre » au niveau de la crise du capitalisme, et proposer ici et maintenant un processus de rupture avec le capitalisme qui doit être aussi une rupture avec les positions sociales démocrates. L’union doit se faire sur des bases clairement anticapitalistes et dans le respect du pluralisme et de la démocratie à toutes les étapes du processus révolutionnaire.

Le but de tout processus est toujours largement déterminé par l’aiguillage et l’orientation du début de celui-ci. Alors n’en rabattons pas sur le niveau du programme « commun » des forces du changement et sur le combat contre les idées du capital et de la sociale démocratie.

Le CN doit impérativement avoir à son ordre du jour : le niveau du programme sur lequel le candidat de rupture avec le capitalisme, lors des présidentielles qui pour moi devrait être un candidat issu de la lutte de classes de sensibilité communiste.

Sur la manif. du 4 septembre : 30 organisations (dont le PCF) ont signé un appel pour une manifestation contre la politique xénophobe de Sarkozy, bien, même très bien, mais dans le même texte faire référence à : « Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140ème anniversaire de la République » est, au mieux, une méconnaissance historique, au pire, une trahison...

En effet, le « 140ème anniversaire de la République » c’est du début de la 3ème République (bourgeoise) dont il s’agit, car l'an I de la République date du 22 septembre 1792. Or le 3ème est instaurée, fin 1870, par les leaders des partis bourgeois par peur d’une révolte du peuple de Paris. Les monarchistes majoritaires à l’Assemblé Nationale, ne se soucient pas de rétablir la royauté après l’Empire (Napoléon III). Les Républicains ne les inquiètent plus : ils sont ravis que ce soit la toute nouvelle république qui assume la défaite face à la Prusse et rétablisse l'ordre à Paris. Ils chargent Adolphe Thiers de ces tâches. Adolphe Thiers est élu « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Quelques semaines plus tard, depuis Versailles où s’est installé le gouvernement, Thiers organise le siège de Paris et écrase l’insurrection des ouvriers parisiens dans le sang. Il tuera avec l’aide de l’armé 30 000 communards en une semaine (la semaine sanglante) comme les 147 fusillés du mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise et les communards qui ne sont pas morts au combat sont déportés au bagne de Nouvelle-Calédonie comme par exemple Louise Michel et d’autres en Algérie.

C’est cette 3ème république (bourgeoise) qui poussa le peuple de Paris, les communards insurgés à prendre comme drapeau, le drapeau Rouge. Sur 1 800 000 habitants que comptait Paris près de 500 000 étaient des ouvriers et comme le dira Karl Marx : « La Commune de Paris fut le premier exemple de pouvoir ouvrier », cette Commune de Paris propulsa à de hautes responsabilités des étrangers, qui n’avaient pas la citoyenneté française, elle était par nature anti-xénophobe.

Aujourd’hui une partie de cet appel est un contre sens historique qu’il faut au plus vite rectifier.

Les idées de la Commune ne sont pas mortes ! Même 140 ans après respectons-la !

Jean Jacques Karman Gauche Communiste Membre du Conseil National du PCF