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Réveil Communiste

Intervention de Caroline Andréani au Conseil national du 22 octobre 2010

22 Octobre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

 

 

Chers camarades,

 

 

Depuis début septembre, nous avons manifesté à six reprises dans toute la France. Et nous étions des millions. A Paris, j’ai été frappée par la présence du Parti communiste dans les manifestations. J’ai vu des dizaines de personnes afficher clairement leur appartenance en portant l’autocollant PCF ou Jeunesse communiste. Cela montre que dans les combats, les communistes sont présents et actifs. C’est important.

 

Mais j'ai aussi été frappée par la maturité politique des manifestants, qu'ils soient en activité, retraités ou jeunes en formation.

 

La lutte contre la réforme des retraites n’est à mon avis, que la première d’une longue série de luttes qui nous attendent. En effet, la réforme s’inscrit dans un dessein plus vaste, celui de la mise au pas des peuples par l’Union européenne.

 

Les situations, partout en Europe, sont identiques : tous les gouvernements de l’UE sans exception prennent des mesures drastiques sous prétexte de la crise et de l'impact des agences de notation sur leurs économies. Le bras de fer n’oppose donc pas simplement le peuple français à Sarkozy, mais tous les peuples de l’UE sans exception aux diktats combinés de l’UE et du FMI.

 

En Grèce, en mars, Panpandréou annonce une cure d’austérité drastique : augmentation de la TVA de 2 points, gel des retraites et des salaires du secteur privé, baisse de salaires des fonctionnaires et augmentation des taxes sur les carburants. Ces mesures ont bien entendu jeté dans la rue des millions de manifestants.

 

En Espagne, en mai, Zapatero annonce lui aussi une cure d’austérité, avec la baisse de 5 % du traitement des fonctionnaires en 2010 et un gel des salaires en 2011. Les retraites aussi seront gelées en 2011, et la suppression du « chèque bébé », ie 2 500 euros versés aux familles lors d’une naissance. L’aide au développement, l’investissement public, le financement des collectivités locales sont en baisse.

 

En Allemagne, en juin, Angela Merkel annonce un budget d’austérité qui prévoit de tailler dans les « dépenses sociales », notamment les aides au logement et les aides aux chômeurs, de supprimer 40 000 postes de soldats dans l’armée, et 15 000 postes de fonctionnaires d’ici 2014.

 

En Grande-Bretagne, le nouveau premier ministre annonce des coupes budgétaires les plus brutales et les plus rapides depuis le gouvernement Thatcher… 500 000 postes de fonctionnaires supprimés d’ici 2015 – les commentateurs annoncent déjà autant dans le secteur privé ; des coupes sombres dans l’aide au logement, l'augmentation de l’âge de la retraite à 66 ans. « C’est une véritable expérience économique grandeur nature que tente la Grande-Bretagne, estime Tony Travers, de la London School of Economics. Nous saurons dans un an qui avait raison. »

 

En Grèce, le chef du gouvernement Papandréou, qui est aussi président de la 2e Internationale, commence tous ses discours en disant : « Ce n’est pas de ma faute, je ne fais qu’appliquer les directives de l’Union européenne et du FMI. » Alors, il faut dire clairement qu’aujourd’hui, il n’y a plus de gouvernement souverain en Grèce, et que Papandréou n’est plus que le pantin qui applique la loi du marché au bénéfice du capitalisme mondialisé.

 

Cette soumission à l'UE n'est pas le fait des seuls conservateurs puisque les sociaux-démocrates appliquent la même politique. D'ailleurs, on perçoit bien la gêne de Martine Aubry sur la réforme des retraites : le PS ne demande pas le retrait de la réforme mais une discussion avec les « partenaires sociaux » et un aménagement !

 

En France, Sarkozy ne dit pas : « Ce n’est pas de ma faute, je ne fais qu’appliquer les directives ». C’est pourtant ce qu’il fait. Il connaît le sentiment des Français par rapport à l'Union européenne, il sait qu’il a signé le Traité de Lisbonne alors que 55 % des Français avaient rejeté le Traité constitutionnel. Il ne prend donc pas le risque de dévoiler la situation réelle.

 

N’est-ce pas à nous, communistes, de le dire ? La réforme des retraites, dans toute son injustice, n’est que le commencement de la longue cure d’austérité que Sarkozy et les pros-Européens, ont l’intention d'administrer aux peuples. Après tout, leur objectif est de conserver voire d'augmenter leurs taux de profits, et cela se fait sur le dos des peuples !

 

N'est-ce pas à nous de proposer des mesures immédiates et concrètes : l'abandon de l'euro, qui  enserre les gouvernements dans le carcan des critères de convergence de Maastricht, carcan que Sarkozy et Merkel viennent de renforcer en adoptant le principe de sanctions immédiates pour les Etats qui ne s'y conforment pas.

 

N'est-ce pas aux communistes de dénoncer l'UE pour ce qu'elle est, une vaste entreprise visant à mettre à genoux les peuples pour préserver les intérêts du capital. La nocivité de l'UE n'est plus à démontrer, et notre peuple le mesure tous les jours.

 

Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est un Parti communiste ancré dans les luttes, capable de produire des analyses politiques et de les faire partager, capable de donner des perspectives. Autrement, la lutte contre la réforme des retraites risque d'en rester au stade de la Jacquerie. Ce serait dommage, et surtout dangereux pour l'avenir de notre pays.

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