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Réveil Communiste

Intervention d’André GERIN au repas républicain du 4 mars 2012 à Jarny (54) : "plaidoyer en faveur des classes populaires"

6 Mars 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

Cher(e) Camarade,

Ce dimanche 4 mars, je participais au repas républicain organisé par par les communistes de Jarny en Meurthe-et-Moselle (54).

Tu trouveras, ci-dessous, l'intervention que j'ai prononcée à cette occasion.

Fraternellement

André GERIN



C’est un plaidoyer en faveur des classes populaires que je voudrais faire, en correspondance avec les réalités que vous connaissez ici.

Face à l’actualité politique, je ne peux m’empêcher de me rappeler la manif des sidérurgistes à Paris en mars 1979 et l’énorme provocation qui avait été organisée.

En 1983/1984, nous avons assisté à l’abandon de pans entiers de la sidérurgie française.

Aujourd’hui, tout le monde parle « made in France » alors que depuis plus de 30 ans, tous nos atouts industriels ont été abandonnés au nom de la dictature de la finance.

A l’époque, les communistes étaient traités de ringards, d’archaïques puisqu’il nous était expliqué que la société industrielle appartenait désormais au passé.

A la veille des élections présidentielles et législatives, deux questions se posent :

Comment battre Nicolas Sarkozy et mettre un coup d’arrêt de son entreprise de démolition de la France ?

Comment faire pour que la gauche ne déçoive plus et surtout qu’elle réussisse durablement en tournant la page des désillusions ?

Pour moi, ce sont les seuls débats qui vaillent.

Les communistes ont renoncé à avoir un candidat à l’élection présidentielle et ont décidé que Jean-Luc Mélenchon serait leur candidat à travers le Front de gauche.

En appliquant le principe de réalité et au-delà de ma position personnelle, je perçois des communistes enthousiastes, d’autres qui voteront par défaut pour Jean-Luc Mélenchon et je comprends tout cela. Car l’hypothèse que François Hollande soit Président de la République est sérieuse et pour moi, battre la droite, battre Le Pen, faire reculer l’abstention sont les questions essentielles qui demeurent.

Au-delà de cette actualité, des questions électoralistes et tactiques, la France est confrontée à des défis sans précédents.

Soyons clairs : nous ne considérons pas la mondialisation capitaliste comme un cadre indépassable, avec l’Europe qui est devenue le corset de fer de l’oligarchie financière. En quelques sortes, la démarche d’union de la gauche initiée dans les années 70 est un concept dépassé. La question pour les communistes est de régénérer le Parti communiste français avec, pour ambition, l’union du peuple de France. Une ambition pour que le peuple tout entier et les classes populaires se retrouvent placée au centre du projet politique. Le peuple a été abandonné depuis si longtemps, les classes populaires ont été tellement méprisées, et l’un comme l’autre seraient condamnés au populisme.

Sans minimiser en aucune manière les résultats des présidentielles et des législatives, l’avenir de la gauche, du parti communiste français se jouera avec le peuple et pour le peuple. Que va-t-il se passer après les élections ? Quelle société, quelle France va-t-on construire pour nos enfants et les générations futures ?

Je rêve d’une situation inédite comme en 1936, année où un mouvement social puissant s’est combiné avec des réponses politiques.

Avec Mitterrand et Jospin, les classes populaires, ouvriers, employés, ont été oubliées, la gauche s’en est éloignée peu à peu et a privilégié le pouvoir, les institutions ou la technocratie.

Lors de la défaite historique de Lionel Jospin en 2002, le pourcentage des ouvriers et des employés qui ont voté pour lui est le score le plus faible jamais enregistré, l’abstention a été massive et le vote FN a largement progressé.

Depuis plusieurs scrutins, la gauche gagne, certes, mais avec un taux d’abstention élevé.

Nous devons comprendre cet échec, nous interroger sur la composition sociologique des partis et bien mesurer cet éloignement, cette fracture avec le peuple. L’abstention, la grève des urnes est devenue le mode privilégié d’expression, c’est un danger et peut-être un boomerang.

Lors des législatives qui ont eu lieu pendant la période qui va de 1945 à 1981, le taux de participation avoisine 80 %. En 1986, il s’élève à 70 % et nous arrivons même à une moyenne de 60 % 2002/2007.

Depuis 1984, le vote populaire progresse autour du FN, aujourd’hui qualifié comme le 1er parti ouvrier.

Je veux comprendre ces électeurs communistes, hommes et de femmes, exclus, paupérisés, qui ont le sentiment que tout fout le camp et se sentent délaissés par une gauche de gouvernement qui gouverne contre le peuple et qui a accepté beaucoup de renoncements car le peuple ne souffre pas seulement de la crise économique et financière, il y a une souffrance plus profonde d’identité. Des millions de français exigent la préservation de la démocratie, de la laïcité, de la République une et indivisible, du mode de vie européen.

Ce plaidoyer en faveur des classes populaires dépassera la question des enjeux électoraux au-delà du mois de juin. Il démontre à l’évidence et ce, depuis plusieurs années, que le spectre du populisme hante à nouveau l’Europe et que la France n’échappe pas à cette circonstance ni à ce mouvement de fond. Qui peut nier la réalité des ghettos, les ghettos sociaux, les ghettos ethniques ?

Nous avons l’obligation de nous interroger sur l’envergure que prend l’Islam et sur les politiques  migratoires mises en œuvre.

Revenons à nos racines et à nos fondamentaux historiques avec un parti communiste fier de son histoire nationale, pour partir à la reconquête du peuple, en osant analyser le populisme, chercher à comprendre et choisir de l’affronter.

Nous devons parler droit dans les yeux à ces ouvriers, employés qui votent FN, sans complaisance, sans stigmatisation, sans culpabilisation, en les appelant à la coresponsabilité.

Pour cela, je suis certain qu’il n’y a aucun sujet qui ne doive être tabou sinon, nous laisserions l’espace à cette droite revancharde et versaillaise, et au Front national qui se nourrit du pourrissement social, moral et culturel.

Mais je le dis tout net, le populisme est un signal d’alarme, voire un appel au secours des catégories populaires.

Nous vivons une situation malsaine et trop de gens ne croient plus en rien.

Osons entendre cette souffrance car à force de stigmatiser sans cesse le peuple, les dérives populistes ne font que s’élargir et c’est la fracture politique. Sinon, c’est l’échec assuré car le pire est devant nous. Tout cela peut faire le miel du Front national.

Prenons à bras le corps la question de la nation. Prenons ce qu’il y a de meilleur dans les valeurs et les idéaux républicains. Osons être offensifs avec le drapeau de la laïcité car l’héritage révolutionnaire de 1789, les luttes du mouvement ouvrier, la lutte de la classe ouvrière, notre histoire nationale et les trois constitutions fondatrices 1792, 1848, 1946 sont autant de socles pour faire vivre l’ensemble ce qu’est notre histoire de la gauche dans ce pays depuis le 19ème siècle. L’édifice du siècle des Lumières, des valeurs universelles et singulières de 1789 nous impose comme devoir de défendre la République, l’État de droit du bien-être. Réagissons, refusons la démagogie de tous ceux qui bradent l’idéal républicain, tous ces apprentis sorciers qui permettent que les lepénistes se frottent les mains.

Car le communautarisme est une œuvre de décomposition de la République, une maladie insidieuse de délitement de la Nation où se mêlent l’antisémitisme, le racisme anti arabe, le racisme anti-blanc et le racisme anti France.

La droite MEDEF avec Nicolas Sarkozy, le Thatcher à la française, pense que le moment est venu de la revanche sur le 20ème siècle en détricotant le Conseil national de la Résistance. Ce qui se joue avec les élections présidentielles et les législatives, constitue, qu’on le veuille ou non, un défi de civilisation. Il faut faire face à la menace néo-populiste de Marine le Pen. Il ne suffira pas de gagner les élections, bien que cela soit un impératif salutaire de virer Sarkozy. Et je pense que, en France et en Europe, il y aura des réveils douloureux. Des séismes sociaux et politiques montent avec le mouvement social. Chaque peuple est à la recherche de son identité et de ses racines. Le capitalisme qui a fait son temps devient de plus en plus cynique et sans pitié. Il impose l’austérité, l’uniformité.

Raison de plus pour unir le peuple de France, pour arrêter de lui coller des étiquettes et repartir comme jamais sur les valeurs et les idéaux du socialisme et du communisme, qui sont vraiment au cœur de l’actualité, car le capitalisme lui-même produit tous les jours, de l’anticapitalisme.

C’est pourquoi je crois que le Parti communiste n’est pas mort, qu’il doit, qu’il peut retrouver une place nationale en investissant pleinement le peuple de France dans sa globalité.

L’identité de la France, la souveraineté populaire sont des combats républicains.

Nous pouvons aimer le rouge dans le respect du blanc et du bleu, et comme l’avait souligné Maurice Thorez, le mariage du drapeau rouge et du drapeau tricolore fait partie du même combat du Parti communiste, toujours un combat moderne.

André GERIN

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GQ 13/03/2012 22:44


Pour en revenir au meeting de lancement de campagne dans le XXème (si JLM fait 10% en France, le FG peut espérer 17% dans le XXème, et éventuellement faire élire Didier le Reste). Sans vouloir
doucher ce bel optimisme, j'ai eu tout de même une impression assez bizarre, de "déjà vu" : au fond on rejouait la campagne du "non" du 27 mai 2005. Comme si les positions n'avaient pas changées
depuis, comme si l'adversaire n'avais pas avancé, comme si le traité de Lisbonne n'était pas passé par là. Alors l'enthousiasme et l'indignation de cette tribune sonnait un peu faux.

sam 82 08/03/2012 18:42


c'est porquoi le parti communiste n'est pas mort   ...........


 


         on peut toujours rêver , personnellement je ne crois pas a la résurrection , a moins de donner dans un mysticisme béat hors de toute réalité .
malheureusement les élections passées ,c'est vrai que le retour sur terre va être douloureu . fini les prêches du grand lider Melenchon ,avec un PC agonisant laissant le champ libre aux pires
idéologies .   sam 82

Eric RUIZ 08/03/2012 14:16


Pour ce qui est du meeting de Rouen du 6 mars, nous avons eu droit à l'Internationale, reprise en choeur par de nombreux participants, puis La Marseillaise.


A noter la très forte présence des Jeunes communistes, avec des dizaines de drapeaux : un vrai plaisir.


Et tant Pierre Laurent (heureusement !) que JL Mélenchon, ont abondamment cité le PCF et les communistes, félicitant la fédé de Seine-maritime, saluant Roland Leroy (absent pour raison de santé)
et le combat passé des communistes pour la liberté et la démocratie.


Ce n'était pas un meeting du PCF et ce n'est pas un candidat du PCF mais, au moins, les participants savaient qui est derrière la campagne et ce meeting.

GQ 08/03/2012 08:04


Au meeting de campagne du XXème un orateur (le candidat PG aux législatives au sud XXème) s'est élevé contre l'idée "le FN premier parti ouvrier" en soulignant que le premier parti ouvrier est
l'abstention. Ce qui est vrai. Mais il reste important parmi les ouvriers qui votent (et encore plus si on y adjont ceux qui votent Sarko) et beaucoup plus que le front de gauche. Ce qui pose
question.


Dans ce même meeting plutôt réussi par ailleurs, et baignant dans l'euphorie des 10% promis par les sondages à Mélenchon, il n'a pas été question une seule fois de sécurité ou d'intégration. Ni
d'ailleurs de la paix. et si les plans européens actuels ont été attaqués fermement par un Pierre Laurent bien plus offensif et radical que d'habitude, on a eu l'impression de vivre un "remake"
de la campagne du "non", alors que la marche vers le fédéralisme a continué depuis 2005, et que l'on a bien vu qu'un referendum ne sert pas à gand chose. Sur tous ces thèmes, on laisse donc
ouvert un boulevard au FN, si ce n'est pour 2012, en tout cas pour l'avenir. Bien entendu, il ne s'agit pas de préconiser les solutions du FN, mais il s'agit de refuser d'esquiver les questions
que posent moins le FN lui même que ses électeurs occasionnels. qui sont bien souvent les mêmes que les abstentionnistes habituels.


Les orateurs du PG ont cherché à faire dériver le mot d'ordre juste de "régularisation de tous les travailleurs sans papiers", généralisable aussi aux scolaires, vers le mot d'ordre gauchiste et
démagogique de "régularisation de tous les sans paier" tout court.


Enfin, symptôme sans doute, contrairement à la tradition le meeting s'est conclu sans la Marseillaise ...


Cela dit il serait imprudent à l'aile révolutionnaire du PCF de donner l'impression de s'opposer à une dynamique qui correspond à l'attente d'unité de la base de la gauchee militante au PCF et
ailleurs. il faut simplement dire et répéter que la consition sine qua non d'un "gauche de gauche" est un "parti communiste communiste".

GQ 07/03/2012 19:00


Démonstration de force


REPAS REPUBLICAIN DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS DU JARNISY 4 MARS 2012 André Gerin : « Revenons à nos racines et à nos fondamen- taux historiques avec un Parti communiste fier de son histoire…


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