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Réveil Communiste

Intervention au CN : la question principale au lendemain des élections, les luttes

29 Mars 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

Nicolas Marchand m'a envoyé son intervention au CN, que je publie pour information, bien que je trouve sa position un peu trop "euro-compatible". Depuis le déni de démocratie que constitue le traité de Lisbonne, je pense que l'Europe, (et à plus forte raison l'Otan), sont des guêpiers dont il ne faut rien attendre, et dont il faut s'extraire au plus vite. Quant au "pôle public financier", je le trouve insuffisant comme point de départ pour la socialisation des moyens de production (si c'est le but). GQ

 

Voir aussi (sur le blog de l'ANR) :


Yves DIMICOLI: YD_intervCN_270310

Denis DURAND: DenisDurand_CN_2010_03_27

Marine ROUSSILLON: MRoussillon_CN270310

 

 

Nicolas MARCHAND
Intervention au Conseil National des 27 & 28 mars 2010

 

Je trouve intéressante l'idée, formulée dans le rapport, de ne pas s'enfermer dans le « Front de gauche » et de viser à donner un caractère populaire au front que le PCF travaille à construire.

Mais alors, la question principale qui devrait nous occuper au lendemain des élections régionales, ce sont les luttes, l'ampleur et le niveau de contenu qu'elles vont pouvoir atteindre.

Les luttes en France et dans les régions; et les luttes au niveau européen.

 

Affirmer notre soutien aux luttes, y être présents, n'est pas suffisant pour faire bouger les choses.

Ni rester dans la conception d'une sorte de partage strict: aux syndicats le domaine des luttes, aux partis, les élections. Et, mieux qu'une riposte, ne s'agit-il pas de travailler à des luttes plus offensives, pas seulement « contre », mais porteuses d'exigences transformatrices.

 

Il y a besoin de travailler à la liaison luttes-élections, et pour cela d'initiatives politiques de lutte contribuant à l'élaboration d'un projet transformateur cohérent, suffisamment précis sur les points clé: pas seulement promesses sociales, mais avec les objectifs sociaux, moyens financiers et pouvoirs, sans omettre le niveau « Union Européenne ».

 

Cette primauté politique des luttes, je la relie à deux éléments qui dominent la situation:

 

1- la gravité, durable, de la crise; de ce qui se passe en Europe, pas seulement sur le plan social; le chômage, la désespérance,  la montée de menaces politiques, voire guerrières.

Face à cela, il y a besoin de l'irruption solidaire des peuples pour une transformation radicale de l'union européenne, la mise en cause du pacte de stabilité, un autre rôle de la BCE et de l'euro

 

2 - l'enjeu du contenu du rejet de la droite et d'une victoire possible de la gauche en 2012.

Une défaite de la droite en 2012 redevient envisageable. Mais quelle défaite? Pour l'instant, on est dans le schéma d'une alternance sans changement radical, vouée à décevoir les attentes populaires

 

Il y a une course de vitesse sur la question du contenu des changements possibles et nécessaires.

Il y a des faiblesses importantes, des contradictions dans le contenu du rejet de la droite, des doutes sur la possibilité de changer radicalement; tout cela fait l'espace de la domination des réponses sociales libérales; et il y a un consensus du PS, de la droite, du patronat sur les questions clés: l'Europe et le rôle de la BCE, l'entreprise.

 

Il ne s'agit pas de constater la situation pour la dénoncer; mais d'agir pour la faire bouger,

Mais comment agir? Comment mener cette bataille, sur quels points principaux? Avec quelles initiatives, quel type d'actions? Je pense qu'on devrait creuser ça.

 

Le rapport fait  4 propositions de campagnes: retraites, services publics, droits et libertés, salaires; on pourrait en ajouter; il manque au moins l'emploi; et l'Europe.

Mais cette démarche de campagnes thématiques parallèles est-elle le bon moyen de pousser sur les points clés, sur l'exigence de cohérence?

Comment éviter, par exemple, qu'une grande bataille sur les retraites, éventuellement victorieuse,  soit une rampe de lancement pour le PS, jusqu'à ce qu'il se mette à expliquer qu'on est bien obligé de faire comme ailleurs en Europe, qu'on a pas les moyens, etc...
Tout le monde à gauche va être sur le terrain du soutien au revendications sociales; il n'est pas sur que s'y perçoive une claire différence; la différence, c'est sur les moyens qu'elle peut se faire.

Pourquoi ne pas lier bataille sur les retraites, l'emploi et la formation, les salaires, les services publics et les inclure dans une grande initiative sur les moyens financiers, un pôle public financier, adossée à des initiatives dans les régions sur la création, immédiatement possible, de fonds régionaux, levier d'un nouveau type de crédit des banques?

Une bataille poussée, construite avec des salariés, des syndicats,  pourrait faire énormément avancer la conscience que les enjeux de l'argent, qui paraissent inaccessibles, sont à portée des luttes et de l'action politique, tout en mettant en évidence l'originalité communiste.

Pourquoi ne pas prolonger la réunion prévue des élus régionaux par des réunions de militants au niveau des régions pour établir un programme d'action précis, des réunions qui participeraient à la préparation du Congrès d'étape.

 

On chercherait à construire dans l'action un lien entre la protestation sociale, les revendications immédiates et un projet de changement à la hauteur de la situation, l'union populaire agissante et transformatrice sans laquelle aucun changement radical n'est possible .

Il s'agit aussi de faire, refaire, du parti communiste un parti d'action, un parti de lutte, et pas seulement une machine électorale, c'est une des dimensions majeures sur le chantier des transformations dont le parti a besoin.

C'est le moyen de renouer avec les couches populaires, de renouveler la politique.

 

Cela renvoie aux enjeux de notre ré-ancrage dans les entreprises et les quartiers populaires; et de notre capacité à organiser des actions communistes rassembleuses, suivies, porteuses d'idées nouvelles.

 

Notre apport concerne le niveau du projet partagé pouvant le moment venu être la base d'un rassemblement majoritaire; il concerne le niveau d'implication non délégataire des salariés, des citoyens.

Il y a une originalité du PCF qu'il faut absolument développer, non par esprit de boutique mais pour la réussite du mouvement, pour un rassemblement solide.

C'est pourquoi, aussi, le moment venu, il y aura besoin d'un campagne présidentielle qui ne soit pas amputée de cet apport au premier tour, donc d'une candidature apte à promouvoir nos idées, nos propositions, avec conviction et de façon mobilisatrice.

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