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Réveil Communiste

Intervention au CN du PCF, 27 mars 2010 : Front de Gauche, les raisons d'un échec

30 Mars 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

Intervention d'Alain DE POILLY


J'ai fait partie de ceux qui ont voté la poursuite du Front de gauche, parce que je pense que nous ne gagnerons pas tous seuls la bataille contre le capitalisme .Mais déjà au dernier conseil national, j'avais émis une crainte au vu des premières négociations, c'est que dans ces négociations, le Parti communiste passe sous la table.


Or, force est de constater aujourd'hui au vu des résultats, que nous sommes effectivement passés sous la table. Bien sûr, les résultats sont inégaux. Mais globalement, nous passons de 185 élus PCF en 2004 à 95 élus en 2010.


Dans le Val-de-Marne, où on a progressé légèrement en pourcentage et où le Parti communiste représente 95 % des militants et de l'électorat du Front de gauche, nous avions 4 élus PCF en 2004 et nous n'avons plus que 2 élus PCF aujourd'hui. Alors pourquoi notre parti a-t-il dans cette élection perdu environs 50 % de ses élus ?


D'abord parce le Front de gauche n'a pas créé la dynamique électorale attendue, c'est donc un échec. Mais surtout parce que dans les négociations, nous avons privilégié l'intérêt du Front de gauche sur celui du Parti communiste. Nous avons négocié avec de très petits partis qui n'existaient pas électoralement. En conséquence, nous avons accepté de partager avec eux notre propre électorat.


Il suffit pour s'en convaincre de constater que là ou le Front de gauche fait ses meilleurs scores, c'est là où le Parti communiste est le plus dynamique.


Aussi un Front de gauche qui fait perdre au Parti communiste la moitié de ses élus n'a pas d'utilité, donc n'a pas d'avenir.


Il faut donc changer la nature de ce Front de gauche en y intégrant plus d'acteurs du mouvement social et moins de dirigeants de minis partis grands consommateurs de mandats électifs. Il faut en faire un front de luttes qui s'appuie sur les mouvements populaires. Mais sur le plan électoral, il faut arrêter que ce Front de gauche soit mortifère pour le Parti communiste.


Nous allons avoir des élections cantonales l'année prochaine. Je vous rappelle que notre parti a fait un score de 8,77 % à ces élections en 2008. En 2011, allons-nous accepter de perdre la moitié de nos conseillers généraux au profit du Parti de gauche, de Gauche unitaire et des Alternatifs ? Avec les conséquences que cela entraînera automatiquement sur les élections sénatoriales et par conséquent, sur les moyens dont notre parti disposera dans l'avenir pour conduire la lutte contre le système capitaliste.


Je pense que l'usage qui a été fait du Front de gauche est contraire au vote des communistes sur la poursuite du Front de gauche. Il y a détournement d'usage, parce que nous avons permis au Front de gauche de se comporter comme une nouvelle force de gauche, comme un nouveau parti au détriment du Parti communiste.


On nous annonce un congrès pour le 18-19-20 juin. Or, compte tenu de la situation actuelle, nous ne pouvons plus éviter certains débats, sur la démocratie interne, sur l'avenir du parti, sur le communiste du 21ème siècle . Ce n'est pas en fuyant les problèmes que nous allons les résoudre, il est temps d'affronter notre réalité. Mais pour cela il faut donner aux communistes le temps nécessaire aux débats.

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A propos de "dirigeants de minis partis grands consommateurs de mandats électifs" cet extrait du blog de défense de notre section. En espérant qu'il incitera A. de Poilly, qui ne l'a pas encore fait, à
signer la pétition de soutien.



Mercredi 17 mars 2010




Patrice Bessac
délocalisé en Seine Saint Denis !



Patrice Bessac, l'homme qui dégaine assignations, huissiers, expulsions plus vite que son ombre, était sur la liste du Front de Gauche aux régionales à une très modeste septième place à Paris. Ce
qui, compte tenu du score du FdG et des conditions de la fusion avec Huchon, semblait exclure sa présence en position éligible sur la liste PS pour le deuxième tour.

Effectivement, en découvrant la liste parisienne d'Anne Hidalgo (la copine de son copain Lhostis), on constate son absence. Mais on est vite rassuré si on va voir ailleurs. Surprise !
Il figure sur la liste de Seine Saint Denis, en position éligible à coup sûr. Se serait-il inspiré des très parachutistes aventures de Ian Brossat  ? Je change de
circonscription électorale comme de chemise, l'important c'est d'être élu. Quand le PS ne veut pas de moi quelque part, je vais ailleurs.

Cela appelle quelques remarques:

1) Nous conseillons aux camarades de Seine Saint Denis de surveiller leurs locaux de près. Une ère nouvelle de prospérité pourrait s'ouvrir pour les huissiers de ce département.

2) Est-ce très honnête vis-à-vis des électeurs ? On le fait voter pour une liste au premier tour, puis on va vendre leurs voix au PS, au profit de candidats très différents. Le Front de Gauche
avait mis en valeur la présence de Sylvie Bayle, postière et syndicaliste, en deuxième place à Paris. Elle a totalement disparu dans la liste fusionnée. En revanche, le septième va s'assurer le
maintien de sa prébende ailleurs. A Paris, arrive une ex LCR présentée au premier tout dans les Yvelines. Après, on se demande pourquoi les Français s'abstiennent massivement.

3) Etait-il très utile de faire voter les communistes de Paris et de Seine Saint Denis (du moins ceux qui n'avaient pas été exclus arbitrairement, comme nous) sur des listes qui ne servaient
manifestement qu'à amuser la galerie, avant présentation des listes réelles sans consultation aucune au deuxième tour ? Au premier, on affiche sa volonté de renouvellement, et on met les sortants
derrière. Au second, les premiers des listes "renouvelées" passent à la trappe, et les sortants voient leur réelection garantie.

Serait-il excessivement injuste de constater que pour Bessac et Buffet, il en des élections comme des locaux communistes financés par les militants: par ici le fric, peu importe la démocratie ?



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