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Réveil Communiste

In extenso... André Gérin / André Chassaigne 12 février 2011 (4 et fin)

18 Avril 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

 

Débat animé par Bruno Benoit, Professeur d’Histoire à l’IEP Lyon
 


Rappel des articles "in extenso"

Première partie publiée le 10 mars
- « Comment réagissez vous devant les Révolutions émergentes dans les pays arabes ? »
- Pourquoi depuis 40 ans êtes vous toujours au parti communiste ?
- Que représente pour vous ce sigle CNR ?
- Alors que représente la laïcité pour vous ?

Deuxième partie publiée le 18 mars
- Ou se situe pour vous, le vrai changement, terme facile à employer, mais difficile, en effet, à définir et à réaliser.
- Que vous inspire ce terme « populisme », est ce que vous vous accommodez de ce terme ou celui-ci vous paraît inadmissible pour le combat que vous venez.
- Quel sens a pour vous l’écologie, vous venez de la découvrir comme objet politique ou est elle l’aboutissement d’un long cheminement ?
- André Chassaigne vous parler, dans votre Lettre ouverte, de co-élaboration avec le Front de Gauche, alors qu’André Gerin vous dit que le Front de Gauche est dépassé, étriqué, alors expliquez nous vos positions.

Troisème partie publiée le 27 mars...
- Est ce que si André Chassaigne, en fin de compte, s’impose, au printemps 2011, face à Jean Luc Mélenchon, vous vous ralliez à lui

Questions du public et réponses (version document en fichier attaché de l’ensemble de la rencontre)

Question public 1 : Une question à André Chassaigne, est ce que Mélenchon reviendrait sur son vote de Maastricht… par rapport au Front de Gauche ? Il ne faut pas oublier qu’il a voter Maastricht.

Question public 2 : Bonjour, moi je viens du Nord-pas-de-Calais, il y a eu 80% d’abstention aux dernières régionales et je voudrais parler de l’attitude du Front de Gauche aux dernières élections régionales. Moi ce que j’ai vu c’est que l’on a fait exactement le même nombre de pourcentage avant le Front de Gauche et après le Front de Gauche, et qu’au final on a perdu des élus régionaux. C’est à dire que l’on en avait 18 avant, ça tombe à 16, dont 2 du Parti de Gauche. Du coup, qu’est ce que ça veut dire ? Ca veut dire que les communistes sont moins nombreux au conseil régional. Et ça pose aussi la question de l’attitude des communistes vis-à-vis des problèmes sociaux que rencontre les citoyens dans leur région. La situation du Parti Communiste, notamment dans le Pas-de-Calais… malgré que le PC dans le Pas- de-Calais soit encore un parti fort, avec des territoires rouges, avec des élus, avec des militants de terrain, le fait est que nous ne sommes pas capable de nous adresser aux militants, aux ouvriers, aux employés. Nous ne sommes pas capables de nous adresser aux militants, aux ouvriers, aux employés, aux prolétaires, nous les avons abandonnés. Maintenant, il y a des communistes qui sont partis du PCF depuis les années 80, depuis les année 90 et surtout depuis les années 2000 où Robert Hue a commencé la mutation qui a été poursuivi… le Parti Communiste est en reconstruction, en aucune façon on ne peut penser que le Front de Gauche va apporter une réponse, ce n’est pas ça la solution pour les militants communistes et pour la jeunesse. Nous sommes en reconstruction dans la Jeunesse, nous avons réussi a remonter la Jeunesse Communiste, qui est la première organisation de jeunesse, parce que la Jeunesse Communiste est une organisation de combat. Des questions pour nos deux camarades : est ce que vous êtes prêt à aller jusqu’au bout de la candidature communiste, êtes vous pour que l’on ait une candidature communiste plutôt qu’une simple candidature Front de Gauche ?

Question public 3 : Bonjour, je remercie les deux candidats, c’est très intéressant. Une question par rapport à André, il a énuméré les conditions, j’aimerais bien une question sur une 3ème que je pense très sérieusement. A savoir, pour transformer la société et pour commenter tout ce que l’on a fait dans le passé, que l’une des condition, c’est le programme que l’on peut avoir, partagé, je n’accepte pas le mot « partagé », parce qu’il faut qu’il soit l’émanation du peuple et pour l’instant c’est pas tourné vers le peuple, ce sont surtout des personnalités etc. Dans les fédé dès que l’on exprime nos différences, on est mis au banc des accusés. Donc je me félicite de cette rencontre, je vous propose de venir dans l’Ain, à Ambérieux pour un débat… Mais la question que je veux poser à André Chassaigne, c’est par rapport au programme, nous n’allons pas choisir un candidat, non issu du PCF avec un programme qui ne correspondra pas aux exigences de transformation de la société. Je pense aux nationalisations des grandes entreprises, des moyens de production, je pense aux nationalisation des banques, je pense aux pouvoirs des travailleurs, ce en sont pas les actionnaires qui doivent décider, Total vient de faire 1 milliard de bénéfice pour 17 milliards de chiffre d’affaire et il annonce qu’il va falloir favoriser les actionnaires… C’et ça qu’il faut arrêter ! Et je pense que ce n’est pas avec le Front de Gauche et le Parti Socialiste. Il faut un mouvement populaire de fond, de masse.

André Chassaigne :

La première question, sur Maastricht, c’est vrai que c’est un positionnement qu’était celui de Mélenchon dans ces grandes heures de la social-démocratie. C’est vrai qu’il avait été favorable à Maastricht. Nous reconnaissons qu’il s’est bien rattrapé ensuite, dans la campagne sur le traité constitutionnel, c’est vrai il a fait parti de ceux qui ont mené une très forte campagne sur le territoire et qui a abouti au résultat que l’on connaît. La question du jeune camarade du Pas-de-Calais, je crois qu’il faut que l’on prenne les choses en toute transparence, en toute lucidité. C’est vrai que pour le moment le Front de Gauche dans ces résultats électoraux n’a pas marqué de progrès notable sur les résultats antérieurs, qui étaient des résultats obtenu par le Parti Communiste Français. Dans les études qui ont été faites sur les partiels, notamment pour des cantonales, on note quand même un petit frémissement de 1,5% sur toutes les élections partielles cantonales qui ont été faites depuis que l’on a des candidats Front de Gauche. Ce que je ne sais pas par contre, c’est où est ce que l’on en serait si l’on ne s’était pas inscrit dans cette dynamique de rassemblement du Front de Gauche. La aussi on ne peut pas le dire André. Simple constat. Je crois cependant… ce que je veux dire c’est que l’on ne peut pas dire, dans la mesure où l’on ne l’a pas constaté, c’est lié aussi aux orientations que l’on a, c’est bien évident. Mais effectivement à un certain moment il faudra bien faire le bilan. Non pas simplement un bilan de résultats des élections, du nombre d’élus, quoique bien sur ça sera pris en compte, tout ça ce sont des outils de luttes, les élus que l’on peut avoir, mais faire un bilan sur la capacité de rassemblement et d’élargissement du Front de Gauche, au delà des seules organisations. Parce que mois je constate, franchement, que dans les échanges que j’ai notamment lors de manifestations du mouvement social, dans les discussions que j’ai eu en particulier avec des syndicalistes, le Front de Gauche, pour certains qui s’étaient écartés du mouvement politique, représente un moyen de mobilisation. Je crois qu’il ne faut pas le nier. C’est une réalité. Pour ma part j’ai constaté, et je ne suis pas le seul, on a eu un retour en particulier, dans nos rencontres, de syndicalistes, de personnes qui sont très impliquées dans le mouvement social, de responsables associatifs, on a eu le retour, en terme de participation collective, dans la mesure je crois dans cette dynamique du Front de Gauche, et que nous avions perdu, plutôt qu’en restant strictement entre nous les communistes. C’est un constat que je fais. Pour répondre précisément à la question, est ce que vous irez jusqu’au bout ? Pour moi les choses sont claires. Je dis, vraiment tranquillement, pour ma part je défends des idées, j’essaie de faire avancer ce que doit être ma conception du Font de Gauche, mais je n’ai jamais été dans le clivage par rapport à mon parti, même si j’ai du avoir à certains moments, certaines réticences que j’ai plus ou moins exprimées, d’ailleurs souvent moins que plus. Mais il est bien évident que pour moi, dans la mesure où la conférence nationale, qui rassemblera les communistes début juin, prendra une décision, pour ma part je n’irais pas au delà de la décision de la conférence nationale. C’est à dire que si la conférence nationale fera une proposition à l’issue de la discussion, qui aura lieu dans le parti, une proposition qui sera votée par la majorité des membres de la conférence nationale, pour moi les choses sont claires, je me plierais à la décision de la conférence nationale. Je veux dire que je n’irais pas dans le vote au mois de juin, me représenter contre le choix majoritaire, qui sera le choix des communistes. Jusqu’à ce moment là, j’ai bien l’intention de continuer pour convaincre que la conférence nationale du PCF doit avoir le courage de présenter au Front de Gauche un candidat communiste et je dirais que la grande différence que l’on a aussi, c’est que le Parti de Gauche propose, lui propose au Front de Gauche, un candidat officiellement à la suite de son dernier congrès qui est Jean Luc Mélenchon ; mais je pense que le PCF doit faire preuve de maturité en proposant lui aussi son candidat au Front de Gauche. Ce qui n’est pas le cas actuellement puisque nous sommes que de candidats individuels, nous ne sommes pas des candidats du Parti Communiste Français… Sur la troisième question, sur le programme partagé, effectivement, le candidat quelqu’il soit devra porter le programme qui sera le programme qui aura été élaboré collectivement. Je trouve que pour le moment, c’est vrai qu’il y a beaucoup de grandes messes, c’est pour ma part pas ce que j’attendais. Mais en allant de fédération en fédération, je constate aussi qu’il y a des débats qui ont lieux dans les départements, ce que j’espère c’est que toutes les idées qui sont en train de se réfléchir sur les territoires, pourront remonter et être prises en compte lors de la conférence nationale ; parce que si ça ne se fait pas, c’est l’échec annoncé.

André Gerin :

Pour moi la question, elle est simple. Le candidat doit être communiste, qu’il soit adhérent, parce qu’il faut parler de la rupture d’avec le capitalisme. J’ai lu l’interview de Marie-George Buffet, l’échange qu’il y a eu hier avec le député socialiste. Il faut que l’on parle de la rupture avec le capitalisme. Il ne s’agit pas de dire c’est du jour au lendemain, mais quelles sont les mesures qui permettent la rupture avec le capitalisme ? En tout cas, moi je veux ce débat dans le parti. Et je ne dis pas que j’ai raison tout seul. Est ce que dans cette rupture on remet en cause la Constitution de 58 ? Est ce que l’on met en cause l’élection du Président de la République au suffrage universel ? C’est un élément fondamental. On a violé la souveraineté populaire depuis l’instauration du suffrage universel, on a violé le suffrage universel après le référendum sur l’Europe, sur les retraites, et en plus cette Constitution elle pourrie la vie des partis. Chaque parti s’organise en fonction de cette élection, en fonction de l’écurie, en fonction de combines politiciennes de savoir si ils auront un ministre. En tout cas, il faut faire une rupture de fond, il faut parler avec les gens sur les thèmes que l’on veut mettre au centre de la souveraineté populaire. La réforme sur les institutions, ça va dans ce sens depuis … la souveraineté populaire. Je n’insisterais pas plus, mais pour donner le ton de la rupture et la rupture avec la Constitution Européenne. Il faut que l’on redevienne indépendant du point de vue économique, social. Et il y a un débat, est ce que l’on reste ou pas dans l’Euros. Je ne vais pas en faire un débat, mais je pense que cette question est très importante. Jean Luc Mélenchon, il nous fait le grand discours de la séduction. Il est anti-Stauss Kahn, mais c’est du bidon ! Lendemain des élections du référendum, il écrit dans son blog que vous pouvez aller voir, qu’il y a deux candidats crédibles au Parti Socialiste : Strauss Kahn et Fabus. Il dit Strauss Kahn, on ne doit pas voter pour lui parce qu’il n’a pas voté « non » au référendum, mais il dit qu’il y a deux candidats possibles… là il nous fait une opération de charme. Et ce que représente le Front de Gauche… et ce que représente le Front de Gauche, franchement, André, c’est marginal ! Il y a plein de militants qui sont perdus, qui ne se retrouvent pas, qui vont vers Mélenchon, parce qu’ils se disent que lui au moins il parle vrai, il est bon… Quoi ? Et alors, ça change quoi pour les gens qui ne vont pas voter ? pour les milieux populaires qui votent Front National ? Donc pour moi la question d’une sois disant ouverture de rassemblement Front de Gauche est une escroquerie, pour moi. Pourquoi Robert Hue a fait prêt de 9% en 1995 ? Expliquez moi. Qu’est ce qui c’est passé après ? On s’est aligné sur le Parti Socialiste. Et on a continué l’abandon de l’activité, du rôle, du combat du Parti Communiste Français, et ça continu avec Marie George… Pour moi, on met à sa disposition un filiale du Parti Socialiste. Dernière remarque, vous dites, est ce que l’on va aller jusqu’au bout ? Question. Bien, moi je vais vous dire, il y a quelques surprises… imaginons qu’au Conseil National du 8-9 avril, la direction décide de manière forcer, de consulter la souveraineté des communistes avant la Conférence National, pour désigner le candidat des communistes… Imaginons que cela se passe. Imaginons que Jean Luc Mélenchon ne soit pas candidat désigné à la Conférence Nationale, et bien peut être que c’est une des questions qui se pose aujourd’hui et qui est peut être en trop pour moi. Et en tout les cas, pour ce qui me concerne, dans l’esprit de ce qu’a dit André, un candidat communiste, pourquoi il aurait des complexe, même si c’est dans l’esprit Front de Gauche que je combats, mais les choses étant ce qu’elles sont, je suis par principe « pratique ». Mais imaginons ce qu’il se passe… et peut être que ça va être un tremblement de terre, et on peut peut être y contribuer. (Applaudissements)

Question public 4 : ils ont dans l’enthousiasme voté en 1981 pour Mitterrand au second tour et à l’élection législative qui a suivi, ils l’on sanctionné. Et ils ont voté avec enthousiasme aux législatives de 97 pour que Jospin soit élu, mais en 2002, ils nous ont mis une calotte comme on n’en a pas pris beaucoup. Et les gens ils ne veulent pas l’union de la gauche, ils veulent que ça change dans leur vie ! Pour vivre mieux, pour avoir que leur pouvoir d’achat progresse, pour qu’ils aient des services publics, qui soient de véritables services publics, tous ! Autrement dit, poser simplement la question de l’aspiration des gens, ce n’est pas suffisant parce que résonner simplement sur 2012. Il y aura ce qu’il va se passer entre 2012 et 2017, et il y aura éventuellement des sanctions pour 2017. L’union sans contenu… Concernant le Front de Gauche, si l’expression publique, et dorénavant celle du Front de Gauche, si les initiatives sont celles du Front de Gauche, si le candidat est celui du Front de Gauche, éventuellement Mélenchon, qu’est ce qu’il reste au Parti Communiste, en tant que tel, pour exprimer ses idées, pour développer son argumentation, à par une cérémonie des vœux au congrès, qu’est ce qu’il reste ? C’est là ma question, c’est la raison pour laquelle je suis pour un candidat communiste, présenté par le PCF.

Question public 5 : En ce qui concerne le réformisme. A l’Assemblée Nationale, quand il y a eu le gouvernement de Jospin, André Gerin avait fait passé un relevé de toutes ses interventions, de toutes ses positions qu’il avait pris sous le gouvernement Jospin. Alors je me souviens de ça, toutes les mesures anti-sociales votées sous le gouvernement Jospin, la majorité de nos députés se sont abstenus, ils n’ont pas voté pour, mais ils n’ont pas voté contre. Mais André Gerin a voté contre, avec un ou deux autres, je ne me rappelle plus leurs noms, mais il a toujours voté contre toutes ses prises de position. Et nous, nos députés se sont abstenus, et ça, ça fait mal. Deuxième question, c’est au sujet du groupe communiste à l’Assemblée Nationale. Le groupe communiste n’avait pas assez d’élus et il s’est allié avec les Verts. Noël Mamère fait parti d’un groupe et il nous crache dessus allègrement. Alors c’est là ma question, actuellement ou est ce que cela en est ? Parce que avec la nouvelle Constitution, Sarkozy il n’y arrivait pas à faire sa nouvelle constitution, qu’il a essayé de passer par la fenêtre. Alors il y avait les Radicaux de Gauche qui se sont fait baratiner et qui ont pu monter un groupe par rapport à leur nombre restreint. Avec ce nouveau groupe, le nombre de ce groupe, on est allé allégrement alaise pour pouvoir monter un groupe sans avoir les critères que l’on a actuellement et Mamère et compagnie. Est ce que nous sommes dépendant de ce groupe . Est ce que ça été voté ? Ca je ne me rappelle plus.

Question public 6 : je suis du Var. Moi je considère que depuis de très nombreuses années, nous subissons un énorme déficit démocratique interne au sein du Parti Communiste Français. Partant de là, comment peut on être pour la co-élaboration dans le cadre du Front de Gauche ; alors que, au sein même de notre parti cette co-élaboration n’est en faite pas autorisée ? Comment pourrions nous admettre qu’une conférence nationale, composée selon le congrès, des fédérations dans leur grande diversité, soit autorisée à arrêter une décision qui s’imposerait ensuite à tous. Même si cette décision est ensuite soumise au vote des communistes. Mais c’est comme une question au référendum, selon la nature, disons de la question, on peut considérer que l’on oriente la décision. Est ce que l’on est là dans la conception démocratique que peuvent défendre des communistes et est ce que c’est la même vision de co-élaboration que l’on a en interne, quand à un moment donné on utilise cette formule là au niveau du Front de Gauche.

André Gerin :

On a pris la décision, on a accepté en 2007, d’un groupe technique avec les Verts puisque le règlement intérieur ne donnait pas la possibilité parce qu’il nous fallait 20 députés communistes et que nous n’étions que 18. Donc j’explique, mais je ne rentre pas dans le détail. Puisqu’il y a une cuisine malsaine, puisque l’on était 18, plus 4 Verts et 2 autres camarades. Et il y a une cuisine qui a été organisée avec Marie-George Buffet pour que la répartition des moyennes se fassent diviser par trois donc ça commence comme ça. Entre temps, on obtenu a l’Assemblée Nationale le changement du règlement à 15. La Marie George Buffet c’est opposé à ce que l’on revienne à ce que l’on s’était dit à l’époque, avec l’argument qu’il faut préserver l’actif de se que l’on fait… Donc j’explique comment moi j’ai vu les choses, j’explique comment se sont passées les choses et aujourd’hui ça continu comme avant et en gros on n’a pas de groupe communiste à l’Assemblée Nationale. Et je ne vous parlerais pas de la façon dont travaillent les députés communistes à l’Assemblée Nationale, pour pas vous casser le moral. Mais ça fait parti du reste. C’est l’image du Parti Communiste, il n’existe pas. Et en plus ils se sont priés de ne pas mettre le nom « communiste » dans l’intitulé du groupe pour être complet. Tout ça va avec le reste et ça vient de loin. Ca pour moi c’est très important. C’est un peu ce qui nous différentie avec André. On parle de beaucoup de choses avec André, on parle de ça aussi, il a beaucoup d’expérience, il a un autre parcours… Et puis voilà, il fait sa tête de chien à sa manière aussi…moi aussi et puis voilà. Deuxième chose, je pense, pour réagir à la question, il faut complètement changer, repenser notre approche avec le Parti Socialiste comme il été conçu après 1920 et que l’on sorte d’une conception « chien de faillance ». Mais ça suppose que l’on tourne la page de ce qu’il s’est passé depuis 30 ans. On ne peut plus parler d’union de la gauche, c’est finit. Ca ne marche pas ! Et ça ne marche pas pour tout le monde. Il faut assumer le faite qu’il y a une histoire originale en France entre la pensée réformiste, la pensée libertaire et la pensée révolutionnaire. Sans une organisation, sans un Parti Communiste avec tous ses défauts, à améliorer etc….qui va porter, qui va produire, qui va créer de la pensée révolutionnaire. Là on est en train de nous faire un truc où grosso modo on va être une sensibilité, dans un magma autour du PS, c’est ce que propose Robert Hue. C’est exactement comment il a trompé des dizaines et des dizaines de milliers de communistes depuis le congrès de Martigues… Franchement… Par contre, ça veut dire que le Parti Communiste, il doit penser son rapport avec le peuple de France, sortir du tête à tête d’avec le PS, couper le cordon ombilicale avec le Parti Socialiste. Voilà moi c’est ça qui m’intéresse : c’est ce rapport avec le peuple, c’est renouer avec les classes populaires, renouer avec le monde du travail, remettre la lutte des classes au cœur de la bataille et montrer qu’il y a des différences entre les élites dirigeantes qui décident et les élites en général qui vont jusqu’aux conseillers municipaux. Mais je ne veux pas cracher sur les élites, par contre il y a des élites décideurs depuis 30 ans, ici en France et en Europe, et bien ce sont eux les responsables des dégâts. Il faut bien les dénoncer aussi parce qu’ils ont des pouvoirs, qu’ils ont oublié la crise. Et je ne me souviens plus de la 3ème question.

André Chassaigne :

D’abord rapidement, sur le groupe GDR ; aujourd’hui on peut faire un groupe à partir de 15 mais malheureusement, je ne pense pas que l’on soit en mesure de trouver 15 députés communistes, à savoir entre ceux qui ont quitter le Parti Communiste… En tout cas, le choix a été fait de maintenir dans une forme de parole donnée […]. C’est vrai qu’il y a eu une volonté de maintenir la parole donnée au début du mandat, avec ceux qui avaient constitués avec nous un groupe technique en début de mandat, c’est à dire les Verts et dans ce soucis de ne pas être ceux qui donnent un coup à la parole donnée, le groupe GDR est donc maintenu jusqu’à la fin quoique ce que l’on peut en penser. Maintenant, je partage d’avantage la dernière intervention d’André que tout à l’heure. Parce que quand on parle de rupture, tout à l’heure tu parlais de rupture, tu as raison, la rupture exige des mesures législatives fortes et de porter un coup au système capitaliste, en particulier à la Constitution, avec une Vième République. Il faut quand même savoir que le discours que tu tiens, à la virgule près, c’est exactement le même que celui qui est tenu par Mélenchon, donc ce n’est pas là dessus…. Si si exactement le même. C’est pas là dessus qu’il peut y avoir une divergence sur le contenu, mais c’est justement sur le fait, et tu l’as dit tout de suite, par contre tu as complété tout de suite, que nous l’élaboration politique que l’on a de nos propositions, il faut le mettre entre les mains du peuple de France. Mais pas seulement, comme tu disais tout à l’heure le mettre entre les mains des communistes, mais beaucoup plus largement et je dirais pas seulement entre les mains des communistes, pas seulement à l’intérieur du Front de Gauche, mais il faudrait que l’on ait la possibilité de porter ce débat très largement pour que les citoyens de ce pays, qui ont des exigences très fortes, regardez le sondage qu’il y a eu dans l’Huma il y a 3-4 mois, des exigences très forte des Français, avec 75% qui pensent qu’il faut s’attaquer au cœur du système capitaliste, qu’il faut plafonner les loyer, qu’il faut taxer le capital, qu’il faut augmenter considérablement le SMIC etc. Ce sont les Français qui ont ces exigence là, qu’il faut faire avec eux, qu’on leur mette entre les mains les décisions qui sont indispensables, c’est à dire la remise en cause du système. Je partage donc l’intervention que tu as eu tout de suite, mais c’est pour dire, c’est n’est pas différence que l’on va avec en particulier la conception du Parti de Gauche, c’est pas sur le contenu de la politique, mais c’est sur la façon de mettre cette politique entre les mains du peuple de France et de la faire porter par le peuple de France et que ce ne soit pas seulement porté par une élite d’intellectuels qui sont à leur tête fondamentalement des sociaux démocrates. Sur la question sur la conférence nationale, sur la décision de la conférence nationale. Vous savez je vois beaucoup de monde depuis 6 mois, toutes les semaines, je vais dans un département différent, et je pense, et je rejoins la dessus André, si l’expression des communistes qui est actuellement en train de monter dans les fédérations se traduit au niveau du Conseil National qui aura lieu en avril puis au niveau de la conférence nationale peut effectivement avoir une surprise qui démentirait les choix qui sont fait par les média, les choix qui sont fait par certains qui considère qu’il n’y a qu’un seul candidat possible qui serait Mélenchon. Si les communistes font remonter leurs expressions, on aura sans aucun doute des surprises… Je le constate toutes les semaines. Donc je pense que c’est une bonne choses que nous on se batte, et c’est ce que l’on fait aujourd’hui, mais il faut qu’il y ait débat par contre. Nous on n’est pas d’accord sur tout, mais on veut que les communistes s’expriment.

André Gerin :

Il faut une consultation des communistes avant la conférence nationale

(Applaudissements).

Question public 7 : Oui je vous connais bien tous les deux puisque j’étais Rhodaniens et que maintenant je suis dans le Puis de Dôme. Mais j’aime beaucoup André Gerin, j’avais même voté sa motion au congrès départemental quand je militais dans le Rhône. Et j’apprécie également, bien que nous ayons quelques divergences quelques fois, André Chassaigne. Pour revenir sur le bilan des régionales sur le Front de Gauche, je prendrais 3 exemples complètements différents. Il y a Rhône-Alpes, il y l’Auvergne et il y a le Limousin. Le Limousin, c’est 20% au deuxième tour, une liste qui s’est maintenue au deuxième tour parce que les socialistes ne voulaient pas de voulaient de certains candidats du 1er tour qui étaient sur la liste Front de Gauche élargi. On a parlé tout à l’heure du congrès du Parti de Gauche, bon le PG a statué sur son candidat. Il y a eu le congrès de la Gauche Unitaire, l’un des dirigeants principal a aussi donné sa préférence. Aujourd’hui c’est le congrès du NPA. Alors le rassemblement élargi, qu’est ce que c’est ? Tu as parlé de rassemblement étriqué avec le Front de Gauche. Un rassemblement élargi ça irait de ou à ou ? Ca irait des Républicains, de gauche et ça irait aussi à une partie des gens qui animent le mouvement social ? Moi j’avais proposé au moment des régionales, un rassemblement plus large que le Front de Gauche, j’ai été très minoritaire dans ma fédération sur cette question. Est ce que l’on s’adresse au peuple, mais aussi on s’adresse à d’autres militants qui peuvent aussi s’investir dans une campagne. On l’a prouvé dans l’élection du Limousin. Evidemment ils ne sont pas dans l’exécutif. Mais on verra dans les prochaines élections si cela créé une dynamique. Est ce que 5% de plus de votants au deuxième tour ça veut dire que ça a sensibilisé les gens ? Alors, il y a deux positions. Soit on reste comme le KKE, le parti communiste portugais avec un relent de pourcentage assez important, ou alors est ce que l’on va vers une politique… si demain c’est Strauss Kahn le Président… Je ne pense pas que cela soit mieux que ce qu’il se passe en Grèce avec le Parti Socialiste Grec.

Question public 8 : Je suis de la municipalité de Vénissieux. Vous êtes deux personnalités communistes qui n’êtes pas d’accord. Ca me surprend, mais enfin pas trop. Puisqu’il faut être directe, je m’adresse à André Chassaigne, moi ce que je voudrais porter c’est un programme. Et dans l’essentiel du programme je voudrais voir la prise en main par l’Etat de sociétés nationalisées, et nationalisé par avant. Ca c’est primordial, parce que vous parlez de changer la société. Pour changer la société, il faut reprendre le pouvoir. Or on sait très bien que le pouvoir il est économique. Il n’est pas à l’Assemblée avec les députés, le pouvoir il est dans les entreprises qui sont aujourd’hui à 90% privatisées. C’est elles qui financent, c’est elles qui instruisent la politique avec leurs lobbys dans les parlements. C’est pour ça que j’aimerais savoir, parce que vous ne voulez plus aucun parti politiques, parce que je suis prêt à voter de gauche, si on me dit voilà une personnalité communiste ou pas, qui dit voilà j’appliquerais le programme suivant : je reprendrais en main les sociétés qui avaient privatisées, qui avaient été nationalisées, pas nationalisées, étatisées. Parce que quand l’Etat prend le contrôle d’une entreprise, l’entreprise est étatisée, il met à sa tête un directeur qui a des comptes à rendre au ministère, c’est à dire à l’Etat. C’est ce qu’il s’est passé jusqu’à présent. Moi j’ai travaillé chez RVI pour ne pas le nommer, il se passait ce qu’il se passe dans toutes les politiques des entreprises privées :on licencie des gens, on ne pouvait rien faire contre, l’augmentation c’était pas grand chose. Donc on reprend en main ces sociétés, on met à la tête un conseil d’administration dans lequel sont représenté les catégories professionnelles avec un représentant du ministère de tutelle, avec un représentant des consommateurs, des patients ou des usagers. Et voilà à ce moment là il y aura un fonctionnement démocratique. Je suis tombé par hasard sur un débat entre Mélenchon et l’ancien ministre de la culture qui lui a dit « si vous essayer d’installer le socialisme, on sait où ça menait ». Mélenchon et bien, il n’a rien su répondre. Alors qu’il aurait du répondre que dans les pays de l’est, on n’a jamais instauré un régime communiste. On ne sollicitait pas leur avis, les gens étaient des pantins. Voilà. Parce que en 90 quand le régime s’est écroulé, ce n’est pas le communisme qui s’est écroulé, ce sont des dictatures où les gens n’avaient pas la parole. Si ça avaient été des sociétés nationalisées dans l’économie avec des gens qui participaient à la cogestion des programmes avec les ministères concernés, ça ne se serait pas écroulé.

Question public 9 : Moi je vais faire bref. Je suis militant communiste à Lyon. A mon avis il faut différencier deux choses, il faut différencier un candidat communiste et un candidat du PCF. Au sens où le communisme c’est pas juste un mot, ce n’est pas juste une appartenance à un groupe ; le communisme, c’est ce que vient de dire le camarade précédent, c’est ça, c’est le contrôle par les travailleurs des moyens de production. Et moi je suis pour qu’il y ait un candidat communiste, mais pas forcément un candidat du PCF, parce que chez nous tout le monde n’est pas forcément pour le communisme là dessus. Si il y avait ailleurs que dans le PCF, un candidat qui porterait les valeurs du communisme, moi je serais pour, pourquoi pas. Le problème c’est que un candidat qui défend le communisme aujourd’hui, à par au Parti Communiste, il n’y en a pas beaucoup. Donc ce n’est pas dire qu’il faut un candidat du PCF, parce que PCF c’est génial, que c’est comme ça et que ceux qui sont à l’extérieur se sont des cons. Il faut un candidat du PCF, parce que c’est au PCF que sont les communistes. Et donc en ce qui me concerne la dessus la question que j’aimerais poser : moi je veux bien voter pour l’un d’entre vous pour la consultation interne ; mais est ce que vous défendrez le communisme, est ce que vous défendrez, pas seulement un pôle public bancaire, pas seulement la rationalisation de EDF/GDF qui sont des choses merveilleuses y a pas de problèmes, mais est ce que défendrez le communisme, la socialisation des moyens de production pas juste d’une partie, mais de la totalité de la production économique ? Au quel cas, il n’y a pas de problèmes, je vous soutiendrais.

Question public 10 : Je fais parti des communistes qui ne le sont plus, qui n’ont plus leur carte depuis la période Robert Hue. Cela étant, depuis que le Front de Gauche existe, ça m’a donné envie de remiliter politiquement. Je pense en effet, que le Front de Gauche peut avoir un effet de dynamisation auprès de gens comme moi et de gens qui ne sont pas communistes, ça peut redonner espoir. Alors la question que je me pose : si nous voulons rester dans la pureté de l’identité communiste pour une candidature, est ce que l’on ne risque pas de s’enfermer et d’être inefficace comme l’a été le NPA par exemple qui lui aussi a voulu rester dans la pureté de ses valeurs politiques. Il y avait hier ou avant hier dans l’Huma un article à ce sujet qui montrait que la NPA s’était enfermé en voulant ne pas participer à un mouvement unitaire beaucoup plus large. Donc voilà ça c’est ma question. Je vais peut être donner un son un peu discordant par rapport à ce qui a été dit jusqu’à présent, par rapport à Mélenchon. Moi quand j’entend Mélenchon à la télévision, ça me fait du bien. Et je crois que j’ai été frappé par la convergence des différents posture de campagne, donc je pense qu’effectivement ça pose question : sur le nucléaire civil… c’est important pour l’élection présidentielle et les élections législatives parce que derrière il y a les élections législatives, que l’on puisse redynamiser tous les gens qui sont derrière leur poste de télé et qui peuvent se dire qu’avec un candidat comme Mélenchon… Parce que moi quand j’entends dire ici que Mélenchon c’est le candidat des média, ça m’étonne un petit peu. Parce que pour moi le traitement que font les journalistes à la télévision… Regarder le débat fait à Europe 1 c’est édifiant… Donc ma question, pourquoi pas Mélenchon… Aliendé il n’était pas communiste, Chavez il n’est pas communiste et Castro il n’était même pas communiste quand il a fait la révolution.

Question public 11 : Donc on a tous il n’y pas très longtemps les intentions de vote pour le FN, qui font du FN un parti d’opposition plus crédible que les autres. A ce sujet, je pense qu’une candidature communiste est cohérente puisque le FN présent depuis très longtemps sur la scène politique avec un grande régularité ; et nous on est un parti qui a une histoire, qui est aussi présent depuis très longtemps ; et ce ne sont pas les nouveaux nés sur le plan politique qui vont pouvoir donner la réplique à des gens qui sont implantés localement depuis des années. Prochainement Mélenchon va avoir un débat avec Marine Le Pen, ma question est : est ce que vous auriez aimé avoir la possibilité de vous exprimer face au FN, qu’est ce que vous auriez à leur dire et surtout sur quel cadre vous choisiriez d’affronter ceux qui sont actuellement… enfin ceux qui sont la réponse pour pas mal de gens.

Question public 12 : Premièrement, pour moi de personnaliser la perte du Parti Communiste, d’abord ça fait culte de la personnalité à l’envers, de la faute de Robert Hue et de Marie George Buffet, ça fait un raccourci qui nous empêche de réfléchir ensemble. Parce que moi je considère que j’ai aussi des responsabilités dans ce que je n’ai pas fait, dans ce que je n’ai pas fait assez ou dans ce qui aurait du être fait. Je pense qu’il y a une responsabilité collective, et puis on n’est pas des moutons, on n’est pas des bœufs, il ne suffit pas que Marie George Buffet ou Robert Hue claquent des doigts pour que l’on suive. On a tous des questions à se poser. La question que je pose : ne pensez vous pas que les questions internationales, tout ce qu’il s’est passé dans le monde, et surtout pour nous communistes, dans les pays dirigés par des communistes c’est quand même des manques de liberté, des manques de pluralismes, des manques d’ouvertures par rapport à la société qui évolue, donc ne pensez vous pas que cela pèse pour notre histoire française et que l’élection n’est pas que franco-français. Et pour finir, celui qui avait vu loin pour détruire le Parti Communiste c’était le Général de Gaules avec l’élection du Président au suffrage universel directe en 58 le peuple l’a fait, les américains l’avaient fait bien avant. Je trouve que là dessus en ce moment le parti ne se bat pas assez, pas assez fortement sur cette question de mettre en cause. Ce n’est pas démocratique, alors que partout ça apparaît comme étant démocratique. Et le seconde remarque, parce que ça commence à beaucoup beaucoup me poser problème, on a le droit en France d’être athée, est ce que le question de la laïcité ne comprend pas aussi la question de l’athéisme ? Question public 13 : je pose la question de précisez quelles sont les objectifs que nous nous fixons à cette élection présidentielles. Je vais le dire de manière caricatural, si c’est pour exprimer l’actualité des fondamentaux du communisme ou du marxisme ou si c’est pour être utile au mouvement majoritaire pour changer réellement la vie des gens à partir de nos convictions et à partir de la situation telle qu’elle se pose. Et d’ailleurs tout le monde a dans la tête un nouveau duel avec Marine Le Pen au second tour. Moi je ne suis pas très très Front de Gauche et je ne suis pas contre que nous soyons amené à désigner quelqu’un d’autre sur des idées de renoncement, de non ambition qui sont des idées telles que dans les collectifs anti-libéraux. Le candidat du Front de Gauche ne peut pas être un chef de parti. Ou alors une candidate, Marie George Buffet ne peut pas être une ancienne ministre… Alors Mélenchon, il est chef de parti et il est ancien ministre… Moi je suis pour que l’on travaille les raisons d’une candidature communiste élargie au Front de Gauche et à d’autres. Je considère que le Front de Gauche tel qu’il a été construit, il est étriqué. Il n’a pas son objectif, il s’est fait pour sortir du face à face avec le PS avec un autre face à face, et de bloc contre bloc. Ce n’est pas ça dont les Français ont besoin, ils ont besoin du tous ensemble, tous ceux qui étaient dans la rue. Il faut travailler au niveau politique, le tous ensemble, pour ça il faut être avec d’autres, il faut être avec des forces, peut être dans le Front de Gauche dans une conception ouverte élargie mais il faut pouvoir porter cette conception, ce chemin de la victoire. La rassemblement majoritaire, largement majoritaire et le contenu de la réussite de la transformation d’une manière progressive et dans un constant débat avec le mouvement citoyen. et bien ça c’est une exigence. Il me semble que seul un candidat communiste peut le porter, ça c’est ma conviction. Mais je pense aux 135 000 communistes qui ne pensent pas tout à fait comme moi. Et donc comment on fait pour gagner cette bataille dans le parti, avec notre direction, avec les communistes autour de nous pour que cette idée prévale. Il faut la gagner entre nous et avec les autres aussi. Pour qu’elle soit utile et portée par des millions de gens, on n’a pas une petite affaire. Ce n’est pas le rassemblement autour du PC que l’on propose, on a une ambition beaucoup plus large, André Gerin la partage d’ailleurs je pense. Et si on veut vraiment porter l’ambition, il faut élever le plus haut possible le débat. On ne doit pas se flatter des réflexes, c’est si ça bouge au niveau des consciences populaires que ça bougera au niveau des partis politiques.

Question public 14 : En étant militante, j’ai toujours su que le parti était un parti de rassemblement. On en a eu d’autre auparavant, mais en ce moment ce sont les élections cantonales, on travaille dans le Front de Gauche, un coup élargi… un coup… enfin bref… Qu’est ce qu’on se rend compte, c’est que dans le cas présent les attitudes étaient très calmes, ça fonctionnait bien. Mais maintenant que l’on arrive à une attitude où il y a prise de parti, moi je ressens énormément cette question, le Parti de Gauche, il a l’air d’essayer de prendre la main mise sur nous. Et ça c’est une bataille que l’on a actuellement à Villeurbanne et on ne se laisse pas faire. Mais surtout ou est ce qu’ils voudraient nous entraîner à répondre à la question qu’est ce que vous faites au deuxième tour ? Nous on leur répond qu’il faut déjà passer la premier tour. Deuxièmement : Et après ? Aux législatives ? Aux législatives, on a dit pas de discussion sans programme. Si il n’y a pas de programme je ne vois pas comment on pourrait discuter et aller dans les classes populaires et avoir résonance. Le problème aussi est qu’ils se disent très larges : quand Mélenchon est venu à Villeurbanne, on l’a su deux jours avant. Moi je suis allée à la signature du livre avec plusieurs copains, on était assez nombreux et à Mélenchon je lui ais dit « vous qui êtes soit disant pour le Front de Gauche, vous venez juste pour débattre pour votre candidat. Alors vraiment est ce que vous êtes pour le Front de Gauche ou est ce que vous vous battez pour vous même ? Et deuxièmement, je lui dis, nous on vous fait voir que l’on est honnête, quand on fait venir les Pinçons Charlot et bien sans discuter nous on a mis PCF et Front de Gauche. » Donc ça veut dire aussi, que je crois que tous les militants, il faut que l’on aille dans les structures, que l’on se batte pour faire respecter le parti, le Parti Communiste. (Applaudissements)

André Gerin :

Je ne vais pas forcément faire un commentaire sur toutes les questions. Moi je pense que eu égard à ce qu’il se passe dans le monde, eu égard à ce qu’il se passe autour de la Méditerranée, eu égard à ce qu’il se passe en Europe, avec la crise systémique du capitalisme, une situation explosive, un pourrissement social, politique, culturel en France et en Europe. Qu’est ce qu’il va se passer demain, au niveau de l’agenda social et politique ? Personne ne peut le dire. Et nous, le Parti Communiste, on a une petite réponse, presque anecdotique de structures de partis. Or qu’est ce que l’on veut ? On veut battre Sarkozy, parce que l’accélération de la casse, elle n’est pas finie, on n’a pas encore vu le pire. Et on veut une gauche qui gagne, mais surtout une gauche qui réussie. Je pense que la question aujourd’hui est celle de l’union du peuple de France. Et qu’il faut un candidat du Parti Communiste Français pour porter cette idée du mouvement populaire au cœur de la question. Le problème ce n’est pas le choix de Strauss Kahn ou quoi, même si ce candidat ou d’autres ne nous plaisent pas… Qu’est ce qui va se passer en 2012 ? Est ce que l’on a un mouvement social ? Je rêve. Comme en 1936, avant les élections, pendant les élections, après les élections ? Donc voilà une première remarque. On n’est pas à la hauteur. Et l’intervention sur les nationalisations, il faut que l’on soit loyal entre nous. Si l’on a un corset, si l’on est plâtré à la colonne vertébrale, on ne pourra pas faire les jeux olympiques, on ne pourra pas courir. Donc d’accord avec le camarade sur les nationalisations mais faut faire péter les corsets. La Constitution de 58, la Constitution Européenne, il faut remettre en cause l’élection du Président de la République au suffrage universel qui a pourri, violé la souveraineté du peuple de France. Et c’est dans ce cadre que l’on va avancer des mesures de rupture avec le capitalisme. Donc cette question est très très importante ; parce que l’on peut aligner toutes les questions, mais il faut faire peter les corsets, et les corsets se sont les politiques qui les ont décidés au service du capital, au service de l’oligarchie politique et financière, ce n’est pas l’inverse ! Parce que c’est pervers cette question. Si ce sont les décideurs économiques qui décident, pourquoi se mêler de la politique ? Non, non, regardez ce qu’il se passe en ce moment en Egypte. Il y a un corset qui va péter ! Comment ça va être géré, on n’en sait rien… Mais le corset constitutionnel il faut qu’il pête. Et il faut réfléchir comme ça. Et cette Europe qui a été conçue depuis le Plan Marshal avec les américains, au service de l’oligarchie de la finance et de l’économie, que les décideurs ont renforcé avec le référendum dans le pays. Troisième remarque, pourquoi parler de la pureté des communistes, je ne comprend pas ? Alors ce que font les socialistes, c’est de la pureté socialiste ? Ce que fait l’UMP c’est de la pureté de droite ? Est ce que les communistes, est ce que la pensée communiste, est ce que le Parti Communiste représente quelque chose de fondamentale dans le pluralisme à gauche et dans la société française pour la République ? Qu’est ce que ça veut dire ça la pureté ? On est des hommes et des femmes comme tout le monde. Par contre il y a une pensé à gauche, puisque pour moi il y a trois pensées à gauche, il n’y a que regarder Jaurès aujourd’hui, c’est le pouvoir pour les travailleurs. Mais il y a des Révolutions à faire aujourd’hui dans la société française et en europe. Et puis franchement, si le premier parti ouvrier de France c’est le FN, moi j’ai mal au ventre. Quand je croise des militants que je connais, des communistes des années 70-80 qui votent Front National, je me dis il y a un problème. Donc pour moi une politique de Parti Communiste aujourd’hui est une politique de reconquête des classes populaires, du monde du travail. Et je termine, parce que je ne peux pas tout traiter, et pour ne pas rallonger plus. Tu as oublié une chose André quand on parle de Mélenchon ; moi je ne comprend pas que le Parti Communiste puisse désigner Mélenchon, qui assume l’héritage de François Mitterrand, il y a un problème, il y a un problème stratégique. Parce qu’il nous a tous roulé dans la farine et le coup d’état permanent de 64 , il a fait le costaud pour la 5ème République et Mélenchon il assume complètement l’héritage. Donc ça pose un problème historique y compris par rapport au rôle et à la place du Parti Communiste dans notre pays. Donc moi je trouve que c’est très très important, il le dit lui, il l’écrit lui et franchement il est très gentil sur Jospin. Parce qu’il ne faut pas qu’il nie ni Jean Claude Guessot, ni Marie George Buffet, je ne personnalise pas, ce sont des responsabilités politiques. Quand on est dirigeants on a des responsabilités politiques, c’est valable pour les Maires, on les critique en tant que fonction, en tant que personne morale, mais moi je trouve que c’est très très important. Donc pour moi la question d’un candidat des communistes aujourd’hui est un élément essentiel y compris pour regagner des gens qui ne votent plus et qui ont l’impression d’être abandonnés. (Applaudissements).

André Chassaigne :

Je permettrais à André, comme il est chez lui de rajouter une phrase ou deux après. Au risque de paraître décousu puisque l’on n’a pas beaucoup de temps. Puisqu’il est question de Mélenchon et du Parti de Gauche, sur Mélenchon et le Parti de Gauche, il n’y a pas de naïveté de ma part je le dis. Je découvre semaine après semaine qu’il y a véritablement dans les différents départements une véritable lutte d’influence. La volonté, qui est une volonté du Parti de Gauche de se construire sur… à partir du Parti Communiste Français. C’est une volonté que je constate mais ça ne remets pas en cause pour moi la dynamique du Front de Gauche, je suis conscient de la situation, y compris d’ailleurs dans la circonscription contenu de l’audience que l’on a eu et de l’audience du PCF et de son député, une conseillères générale du Parti Socialiste est passée au Parti de Gauche par opportunisme, déclare sa candidature au Conseil Général, choisi un suppléant sans nous consulter et donc nous on choisi un candidat communiste en suppléant. Je ne suis pas naïf par rapport à ça. Et je sais qu’il y a des candidats Parti de Gauche qui vont se présenter contre le Parti Communiste parce qu’il n’y aura pas eu moyen de trouver un accord dans de multiples départements. Donc je suis conscient qu’il existe une lutte d’influence, une volonté d’affaiblir notre organisation. La deuxième chose, je ne suis pas aussi naïf sur les média, attention, ce n’est quand même pas un hasard, moi qui suis en campagne depuis 6 mois, pas une fois j’ai été invité dans une grande matinale de radio, pas une fois. Et j’ai une personne qui travaille 2-3 jours par semaine pour essayer d’y arriver…vainement. Pas une fois je n’ai été invité sur un plateau télévisé, dans une émission politique, on m’a juste invité pour 2-3 divertissements. Donc est ce que c’est un hasard que l’on soit communiste et l’on n’invite pas pour expliquer ses idée, alors qu’effectivement Mélenchon a les plateaux ouverts tous les jours. Donc je suis conscient de cette situation là qui est autant ne me fait pas remettre en cause la démarche Front de Gauche, mais ça il faut l’avoir en tête. Deuxièmement, effectivement, quels sont nos objectifs ? Parce que c’est la bonne question. Je fais deux constats. J’ai une petite fille, Fanette, qui a 5 ans aujourd’hui et quelque fois je me dis, elle va avoir des enfants, des petits enfants j’espère, dans 50 ans, si il existe toujours les livres d’histoire, quand mes arrières petits enfants ouvriront un livre d’Histoire et qu’ils découvriront se qu’il s’est passé pendant les années 2000, je ne suis pas sur qu’ils seront bien fiers d’avoir eu un arrière grand-père député parce qu’ils se diront « comment se fait il qu’ils aient laissés faire ce qui est en train de se faire ? » [Bruno Benoît : Je te dirais qu’il n’y aura plus d’enseignement d’Histoire dans 50 ans]. Donc je pense que nous portons une responsabilité aujourd’hui avec l’entreprise de démolition qui est en œuvre, quelle responsabilité devant l’Histoire et qui me fait dire que l’on ne peut pas laisser Sarkozy à la tête de ce pays 5 ans de plus. Et pour moi c’est une priorité, ce n’est pas la seule mais c’est une priorité parce que nous mesurons la casse qui est en train de se faire. Deuxième chose au quotidien, pas dans 50 ans, il y a des difficultés des gens, dans la vie de tous les jours, vous, nous, tous, à coté de nous, dans notre famille, dans notre village, dans notre quartier, des gens qui sont en train de vivre une souffrance terrible aujourd’hui et qui je crois est différente et beaucoup plus forte que celle qu’il y a eu depuis des années et avec ce qu’il y a de plus dur : l’angoisse pour l’avenir, pour ses propres enfants ou arrières petits enfants. Parce que l’on se dit que l’on est dans une phase de décivilistion et de recul social qui fait que dans l’immense majorité de la population ne sait pas si sa descendance pourra avoir du boulot demain. Donc je dis, pour ma part je fais ces deux constats, constat de décivilisation terrible et constat de souffrance au quotidien, c’est terrible au niveau social. L’objectif c’est quoi ? L’objectif pour moi c’est avant tout une question d’utilité. Est ce que le Parti Communiste Français doit montrer son utilité au peuple de France et on fera en sorte de bouger les choses et que l’on pourra influer un contenu dans le changement pour que le sort des gens soient meilleurs qu’actuellement et pour que l’action de décivilisation s’arrête. C’est ça qui est important. Et tout le positionnement je crois qu’il faut l’avoir par rapport à ça. Y compris d’ailleurs dans le positionnement global du Front de Gauche aujourd’hui. Il y a un débat par rapport à ça. Est ce que le Front de Gauche, et par voie de conséquence le Parti Communiste Français doivent se conforter dans un positionnement vaguement contestataire ou voir de creuser une espèce de tranchée avec la mitraillette en arrêtant tout ce qui bouge en face au nom d’une pureté révolutionnaire ou est ce que l’on considère au contraire qu’il faut créer un rapport de force, une dynamique qui fasse que l’on pourra peser sur l’ensemble des orientation de la gauche et qu’au final c’est la gauche qui gagne. Au final, on aura une prise, plutôt que sur un cheval de bois sur lequel on aurait aucune prise. Et je crois que l’enjeux fondamental, il est là. C’est cet objectif, si Sarkozy passe c’est la catastrophe. Si la gauche passe sans avoir le contenu dont j’ai parlé tout à l’heure c’est aussi la catastrophe parce que l’on le paiera au prix cher dans 5 ans avec une monté terrible de la Droite et de l’extrême droite qui viendront au pouvoir dans 5 ans. Donc on a une telle responsabilité, qu’il faut que cette responsabilité on la prenne à bras le corps. On est lancé dans cette dynamique du Front de Gauche, c’est vrai que ça ne fait l’unanimité, c’est vrai, je l’ai montré, moi même je me pose des questions, mais je crois que aujourd’hui, il faut que l’on mette tout en œuvre pour que le Front de Gauche qui est sur les rails prenne la bonne direction et puisse peser sur l’ensemble de la politique de la Gauche et nous devons faire tout notre possible pour que le candidat Front de Gauche puisse être un candidat communiste, je l’espère au regard de ce que l’on a dit, au regard des valeurs que l’on porte et de l’analyse que l’on fait. Pour ma part je le vis bien tranquillement, ce qui compte surtout au final c’est ce que l’on pourra mettre en preuve au niveau politique dans les forces dans le pays. Je mouille la chemise, je me crève la paillasse pour que le candidat soit communiste, mais si au final ce n’est pas un candidat communiste qui garde les enjeux de civilisation, alors je continuerais à mouiller ma chemise. (Applaudissements).

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